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mercredi, 12 octobre 2011

Succès populaire, la primaire citoyenne est restée malgré tous nos efforts une primaire socialiste...

Revenons sur les résultats de la primaire et les enseignements à en tirer, y compris dans l'arrondissement. Tout d'abord, j'ai été depuis le début un ardent partisan de la participation des Radicaux de gauche aux primaires, et ce sans illusion sur le score.

Et il faut avouer que les queues de gens enthousiastes que j'ai vu lors de ma tournée des bureaux de vote de l'arrondissement, en tant que mandataire de Jean-Michel Baylet, ont fini de me convaincre de la justesse et du succès de cet évènement démocratique.

Mais si seulement cette primaire avait été plus "citoyenne" que "socialiste"!

S'ils ne m'étonnent pas vraiment ni ne me satisfont, les résultats de Jean-Michel Baylet à la primaire, qui ne dépassent pas les 1% tant au niveau national que parisien, ne sont pas révélateurs.

Pas révélateur d'abord de l'influence réelle du radicalisme. Notre espace politique s'est vu réduit par le corps électoral de la primaire, par définition limité aux sympathisants de gauche politisés, alors même que la vocation du radicalisme est de bâtir les majorités d'idées chères à Pierre Mendès-France et d'élargir l'audience de la gauche en jetant des passerelles vers l'autre bord, à commencer par l'électorat centriste.

Pas révélateur non plus de la mobilisation de nos élus et militants et bien sûr de nos jeunes radicaux toujours enthousiastes, et de l'accueil reçu sur le terrain.

Pas révélateur surtout au vu de l'intérêt que nous avons vu monter pour nos propositions et notre formation politique qui trouvait enfin l'occasion de s'exprimer dans les grands médias, à la télé (5 millions de téléspectateur pour le 1er débat!), dans les journaux, les réseaux sociaux, etc.

"L'Audace à gauche" ne fut pas qu'un slogan.

Les propositions sociétales sur lesquels nous nous sommes fortement positionnés, ont suscité débat et intérêt, comme par exemple la conquête de nouveau droits : le Droit à mourir dans la dignité, le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, ou encore la légalisation du cannabis qui a d'abord été décriée avant de recevoir le soutien de médecins ou de spécialistes en matière de sécurité.

Même les medias ont changé leur discours entre notre entrée en lice (trop tardive) et le scrutin, passant de Baylet "l'intrus" au candidat "légitime". J'ai d'ailleurs apprécié le propos de François Bazin du Nouvel Obs : "le radicalisme de gauche a désormais une incarnation [...] juste au moment où le radicalisme de droite, représenté par Jean-Louis Borloo, tire sa révérence". Ou encore Alain Duhamel peignant Baylet en néomendesiste "héritier cordial du solidarisme".

Notre fédéralisme européen, que nous sommes les seuls à gauche à défendre depuis près de 20 ans, a fait la quasi-unanimité parmi les autres candidats. Nous avons d'ailleurs reçu le soutien d'associations euro-progressistes ou de gauche libérale.

Notre défense inlassable de la laïcité a reçu un écho, notamment à Paris où on m'en a beaucoup parlé. De même pour notre pragmatisme affiché en matière d'économie et notre refus des solutions idéologiques. Y compris sur l'écologie que nous refusons de voir érigé comme une religion et déconnecté du progrès scientifique, seul à même de relever les défis immenses du réchauffement climatique ou d'une sortie progressive du nucléaire.

Un David contre cinq Goliath

Cependant, resté en tête-à-tête avec les PS, le PRG était un peu David affrontant 5 Goliath! Nous n'avions pas l'espace politique suffisant pour que l'adhésion à nos valeurs se concrétise dans les urnes.

La plupart des gens qui nous ont découvert lors de cette primaire, y compris ceux qui ont apprécié nos propositions, ont finalement fait leur choix entre les 5 candidats socialistes, ayant même souvent des réflexes de "vote utile" comme s'il s'agissait du premier tour de la présidentielle.

D'autres personnes que je crois avoir convaincu auraient voté pour le PRG à une élection républicaine, mais  ne se voyaient pas participer à des primaires qui envers et contre tout sont restés des "primaires socialistes" (notamment des électeurs centristes). Les participants sont venus choisir un socialiste. Ce sont avant tout des militants, des sympathisants et des citoyens politisés de gauche venus influer sur le choix du candidat socialiste. Je sais que des consignes ont été données par des responsables du PC et du PG, tout comme des écologistes pour faire voter Montebourg ou Aubry. Nous, nous sommes allés en transparence défendre nos couleurs, nos valeurs, notre programme différent de celui des socialistes. Les écologistes et la gauche de la gauche ont voulu peser dans la balance sans se dévoiler ou courir le risque de se compter face à la machine PS. Tout cela n'enlève rien à la formidable mobilisation qu'on a vu dans le 12e, mais cela explique les résultats, et surtout la percée de Montebourg.

 

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De même que le score élevé d'Aubry dans la capitale s'explique grandement par la mobilisation du maire, de tout l'appareil du PS parisien et de la plupart des élus derrière sa candidature. Et dans le 12e se sont carrément la maire, le secrétaire de section et tous les élus de l'arrondissement, députés compris, qui soutenaient Aubry. Ce n'est pas un problème d'équité et je ne dis pas qu'ils n'ont pas été d'un total fair-play avec nous, mais ne facilite pas l'expression d'une voix nouvelle hors PS.

Je remercie donc les électeurs qui ont choisi de voter Baylet à Paris et dans le 12e et aussi ceux qui nous ont témoigné de la sympathie et du soutien et que nous retrouverons pour d'autres batailles.

Aubry et Hollande au siège du PRG

N'en déplaise à ceux qui négligent notre score, Aubry comme Hollande se sont rendus au siège du PRG pour demander le soutien de notre candidat pour le second tour, non comme des "impétrants" mais dans le respect entre alliés loyaux. Les Radicaux de gauche se sont toujours abstenus de se mêler des affaires internes d'autres partis et de soutenir tel ou tel candidat socialiste contre un autre. Et ce fut l'argument de certains membres du Bureau national, auquel j'ai l'honneur d'appartenir, au moment de prendre notre décision pour le second tour. Mais dans le cas d'une élection primaire, c'est la transparence qui doit être la règle. Passé le premier tour, notre candidat se devait choisir entre les 2 candidats en tête. Car c'est l'essence même de la politique que de choisir. Et nous avons choisi de soutenir François Hollande, sans pour autant dénigrer la candidature de Martine Aubry, mais tout simplement parce que Hollande est celui qui semble le plus proche des valeurs européennes et progressistes que nous portons. Et c'est le choix de la cohérence à mes yeux si l'on veut réussir le rassemblement le plus large possible et élargir à une majorité de Français lors du second tour des présidentielles.

Une expérience positive et porteuse d'avenir

N'en déplaise à Montebourg, qui a viré un peu mégalo, nous étions les premiers promoteurs de la primaire ouverte et citoyenne, dont nous avions proposé dès 2005 l'organisation via une proposition de Loi.

Mais il eut fallu qu'elle rassemble toute la gauche. Nous avons commis l'erreur d'entrer dans la campagne en juillet quand d'autres sont candidats depuis plus d'un an. Et pour les journalistes comme pour l'opinion, la primaire est restée jusqu'au bout "socialiste". Il y eut aussi certains couacs, puisque nos Jeunes ou les militants étrangers sans droit de vote n'ont pas été autorisé à voter contrairement à ceux du PS. Ce sont des problèmes à régler pour l'avenir. Tout comme le partage de l'immense fichier récupéré par le PS des sympathisants qui ont accepté de laisser volontairement leurs coordonnées lors du vote. Ne nions pas non plus que le "candidat du terroir avec l'accent" comme il s'est défini lui-même n'était pas forcément le profil le plus compatible avec des parisiens (y compris et surtout le microcosme parisien des journalistes politiques) qui oublient vites leur racines provinciales et souffrent d'un certain snobisme.

Toutefois cette expérience fut pour nous positive et porteuse d'avenir. Je suis sûr que beaucoup d'idées que nous avons portées avec Jean-Michel Baylet seront au coeur du débat en 2012 et se concrétiseront dans la politique mise en oeuvre par une majorité de progrès. Tout comme nous continuerons le combat pour les populariser et faire mieux connaitre nos valeurs dans les années à venir à Paris.

Le principe de la primaire est aujourd'hui ancré dans les mœurs politiques. Le Maire de Paris lui-même propose d'en organiser pour les municipales de 2014. Et on peut espérer que les prochaines fois les partis participants seront plus nombreux, les électeurs plus divers et les jeux alors plus ouverts.

14:16 Écrit par Fabrice Moulin dans Campagne primaires citoyennes, Laïcité et loi de 1905, Politique, PRG, Vie de l'arrondissement | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

 
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