Avertir le modérateur

Vie de l'arrondissement - Page 17

  • Un zoo ou un jackpot ?

    Mercredi dernier, les ministres candidates Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, et Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, ont lancé officiellement le partenariat public privé pour la rénovation et réouverture du Zoo de Vincennes d'ici 2014.

    Une bonne nouvelle me direz-vous ! Oui pour tous ceux qui aiment le zoo. Mais surtout pour les partenaires privés qui n'ont fait qu'une bouchée des animaux analystes de Bercy...

    Nous voulons tous le retour du Zoo de Vincennes et son rocher et sur le papier le projet scientifique est prometeur. Mais c'est à se demander si on rebâtit un zoo ou un jackpot pour les groupes indutriels amis du pouvoir.

    En effet la rénovation, d'un coût total de 133 millions d'euros, sera pour partie financée à travers un contrat de partenariat public-privé (PPP) entre le Muséum d'histoire naturelle dont dépend le zoo et le groupe Chrysalis, un groupement d'entreprises mené par Bouygues Construction. L'Etat subventionne le projet à hauteur de 30 millions d'euros.

    Certes Chrysalis s'engage à financer, construire et entretenir ce zoo pendant 25 ans (l'entretien annuel est estimé à 4 millions d'euros par an). Mais il recevra, en contrepartie, une redevance de 12 millions d'euros par an de la part du museum, soit 300 millions d'euros. Les partenaires privés gagneront ainsi plus du double de l'investissement total, et le triple de ce que le groupe Chrysalis aura investit!

    Au moins me direz-vous, cela ne coûtera pas au contribuable que nous sommes !

    Pas si sûr...

    Car le modèle économique choisi du PPP mais surtout son équilibre est une aberration.

    Certes le PPP a été parfois utilisé par la Ville de Paris et peut avoir son utilité pour certains de ses projets.

    Mais dans ce cas, outre le fait qu'il offre à Bouygues de tripler sa mise, ce PPP repose en effet sur une fréquentation bien supérieure à ce qu'elle a jamais été : car pour pouvoir payer cette rente annuelle, le Muséum d'histoire naturelle devra tabler sur une fréquentation du zoo de 1,4 millions de visiteurs annuel.
    Si le Museum ne peut payer c'est l'Etat donc le contribuable qui se substituera pour payer... jusqu'à quand ?
    Ne risque-t-on pas de nous retrouver dans quelques temps de nouveau avec sur les bras un zoo en faillite abandonné, un éléphant blanc comme on dit aux J.O (et au zoo).

    Comme le dit le Ministère des Finances, le PPP confie à "une entreprise la mission globale de financer, concevoir tout ou partie, construire, maintenir et gérer des ouvrages ou des équipements publics et services concourant aux missions de service public de l’administration, dans un cadre de longue durée et contre un paiement effectué par la personne publique et étalé dans le temps."
    "Les avantages de cette forme nouvelle de contrats sont multiples : l’accélération, par le préfinancement, de la réalisation des projets ; une innovation qui bénéficie à la collectivité par le dynamisme et la créativité du privé ; une approche en coût global ; une garantie de performance dans le temps ; une répartition du risque optimale entre secteur public et privé, chacun supportant les risques qu’il maîtrise le mieux."

    Mais alors il faut que l'Etat donne une réponse précise aux parisiens-contribuables à toutes ces conditions ?

    Car l"écueil majeur de ce type de contrat est que la personne publique transfert au partenaire privé un certain nombre de risques mettant en jeu l'intérêt même de la collectivité : qualité et niveau du service attendu par exemple, exigences de maintenance, économies d'énergie...Le risque majeur de ne pas atteindre l'objectif initial de la collectivité est lié à l'écart potentiel des intérêts qui animent les deux partenaires public et privé.
    Sur quelles bases ce contrat a été négocié ? Quels sont les risques supportés par le partenaire privé ? Quel sera son rôle exact dans la gestion du zoo ?
    Comment compte-t-il atteindre 1,4 millions de visiteurs dans un contexte de crise et de baisse du tourisme international ?
    Le MNHN explique dès maintenant qu'il va falloir multiplier l'évènementiel pour rentabiliser, quel est exactement leur cahier des charges ? Restera-t-il scientifiquement pertinent où va-t-on développer un Disneyland dans le Bois de Vincennes ?

    Autre problème : pendant la période d'exécution du contrat de partenariat, notamment en phase d'exploitation et de maintenance, le savoir-faire et les moyens de la collectivité seront irrémédiablement diminués du fait du transfert vers le secteur privé. Se posera alors le problème de la qualité de la gestion et de l'exploitation de l'ouvrage lorsque, à la fin du contrat de partenariat, celle-ci reviendra à la collectivité qui se verra incapable de reprendre l'exploitation du site, faute des compétences nécessaires.

    D'un point de vue de l'efficacité économique pour nos consitoyens, quitte à réduire l'engagement initial de la collectivité, il eut été sans doute plus judicieux de créer une Société Anonyme d'Economie Mixte d'Etat avec une Délégation de Service Public.

    Ce PPP et son montage économique si avantageux pose question. La plus importante reste, avec un Etat qui se désengage chaque jour un peu plus de ses missions, quelle garantie réelle avons-nous de la pérennité de ce zoo si le Museum ne peut payer sa redevance durant les 25 prochaines années ?

    Et la question subsidiaire, avec des tarifs déjà annoncés pour l'instant à 14 euros pour les futurs visiteurs, sans parler des évènements, le zoo restera-t-il accessible à tous les Parisiens et les familles ?


    Par Fabrice MOULIN

  • Autolib', un projet qui avance et intéresse

    Hier à l'école Bignon, notre mairie accompagné de la Mission Autolib' et de la Direction de la Voirie et des Déplacements (DVD) de la Ville de Paris ont présenté aux habitants de l'arrondissements l'avancement du projet Autolib'.

    Nos amis Verts qui semblent refuser le système par pur idéologie anti-voiture - même électrique - (rappelons que Montreuil dont la maire est Dominique Voynet est une des rares communes limitrophes à avoir refusé de participer au syndicat mixte Autolib'), ne se sont pas exprimés cette fois, tant leurs arguments ne semblent plus porter. En effet, tous les participants montraient par leur questions précises que le public s'est déjà approprié le projet comme une alternative supplémentaires de transport "commun mais individuel" répondant à certains usages, à côté des transports en commun et des taxis.

    Les participants à la réunion étaient visiblement intéressés, avec beaucoup de questions sur le futur fonctionnement du service, le gabariit du véhicule, la possibilité de transporter familles, enfants, meubles et courses, les liens avec la banlieue, les tarifs, etc.

    L'appel d'offre est lancé et plusieurs groupements d'entreprises travaillent sur le projet selon les spécifications du cahier des charges de la mairie. On nous a confirmé notamment que les voitures électriques devraient être en "trace directe", c'est-à-dire qu'un véhicule est pris à une station et peut-être laissée dans une autre, comme Vélib'. Le tarif devrait être fixé à 15 euros d'abonnement par mois et 4 euros la demi-heure .

    Il semble y avoir actuellement une hésitation sur la taille du véhicule entre 2 et 4 places, et une possibilité laissée par la Ville à un projet de  système avec véhicule biplace, SMART aillant répondu à l'appel d'offre.

    J'ai rappelé à la DVD que les usages demandés par les gens imposent de choisir une voiture de 4 places pouvant embarquer enfants, fauteuils roulant, meubles, etc. C'est le système le plus facile à mettre en oeuvre et cohérent, bien plus encore qu'un système mixte avec voitures 2 et 4 places qui compliquera grandement la répartition des véhicules. J'espère que nos conseillers de Paris pourront veiller à ce que le projet s'oriente bien dans ce sens.

    Il faudra aussi que les projets d'urbanisme et de voirie intègrent dès leur conception l'arrivée prochaine d'Autolib' pour ne pas multiplier les travaux.

    J'ai enfin demandé de veiller à ce que le nombre de stations dans le 12e (35 en surface et 17 en souterrain) soient suffisante et assurent un maillage efficace de l'arrondissement. Il semble déjà que le plan est cohérent  et que les gares seront bien desservies, mais il faudra rester attentif et remonter au créneau si nécessaire au conseil d'arrondissement et dans les réunions internes en mairie.

     

  • Delanoë et Hidalgo sur le marché d'Aligre

     

    14 fév Aligre8.jpg

    Dimanche 14 février, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et sa première adjointe Anne Hidalgo, tête de liste PS/PRG à Paris pour Jean-Paul Huchon, sont venus sur le marché d'Aligre rencontrer les habitants du 12e avec notre maire Michèle Blumenthal et le député de la circonscription Patrick Bloche.

     

    14 fév Aligre6.jpg

    Saint-Valentin oblige, PS et PRG font campagne main dans la main, à l'image de la seule candidate du 12e, Magali Vergnier-Covo (PS), et moi-même.

     

    14 fév Aligre2.jpg

    J'avais ajouté une surprise aux projets Huchon distribués aux clients du marché, un tract PRG Paris présentant nos candidats et les propositions PRG reprises dans le programme, à commencer par l'ouverture du métro la nuit du samedi au dimanche !

     

    14 fév Aligre1.jpg

    Par Fabrice Moulin

    (merci à Mathieu Delmestre pour les photos)

  • Défendons Trousseau et Saint-Antoine, signez la pétition

    défendons AP-HP.jpg

    L'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est le grand hôpital de la métropole parisienne.
    Lieu d'excellence, de renommée internationale, et de proximité, l'AP-HP est l'acteur essentiel de la santé des Franciliens. Elle incarne les valeurs de l'hôpital public.
    Elle est le garant de l'accès aux soins de qualité pour tous, bien au-delà même de la région parisienne. Elle est aussi le lieu de la recherche médicale dont sont issus plus de 50 % de la recherche française en sciences du vivant.
    Pour toutes ces raisons, l'AP-HP est un pilier de la République, garant du pacte social. Aujourd'hui, l'AP-HP est menacée. La suppression annoncée dans la presse de milliers d'emplois la rendrait exsangue et paralysée. Le retard de l'investissement hospitalier entrave sa modernisation.
    La communauté hospitalière dans son ensemble - médecins, personnels soignants, administratifs, psycho-socio-éducatifs et techniques - est aujourd'hui mobilisée comme jamais contre cette mise en péril pour garantir un accès de chacun à une médecine de qualité, de proximité et d'excellence. C'est un combat éthique.
    C'est pourquoi, nous élu(e)s des territoires d'Ile de France, représentant(e)s au conseil d'administration de l'AP-HP, et président(e)s de conseil de surveillance, lançons solennellement un appel citoyen à la mobilisation pour la défense de notre hôpital.
    Nous appelons chacune et chacun d'entre vous à signer cet appel pour affirmer votre soutien aux équipes de l'AP-HP qui, chaque jour, se mobilisent pour notre santé. Nous demandons solennellement au gouvernement de retirer son plan de suppression d'emplois et de donner à l'AP-HP les moyens de notre avenir.

    Premiers signataires : Bertrand DELANOE, Président du conseil d’administration de l’AP-HP, Maire de Paris - Jean-Marie LE GUEN, président suppléant du conseil d’administration de L’AP-HP
    Les membres élu(e)s du CA : Aline ARROUZE - Francine BAVAY - Liliane CAPELLE - Pascal CHERKI - Alain DESMAREST - Christian FOURNIER - Jean-Louis MISSIKA - Pascal POPELIN - Abdel Madjid SADI - Yves TAVERNIER - Dr Sylvie WIEVIORKA.
    Les président(e)s de conseil de surveillance : Dominique BERTINOTTI - Michèle BLUMENTHAL - Gilles CATOIRE - Bernadette CALISKAN - Claudine CORDILLOT - Jérôme COUMET - Claude DARGENT - Claude ESTIER - Rémi FERAUD - Anne HIDALGO - Serge LAGAUCHE - Fatima LALEM - Geneviève LAROQUE - Jean-Luc LAURENT - Alain LOSTHIS - Christophe NAJEM - Catherine PEYGE - Danielle POURTAUD - Gilbert ROGER - Karen TAIEB - Didier VAILLANT - Serge WAJEMAN.

    facebook twitter groupe facebook
  • Un loi pour interdire le Bisphénol A ?

    Alors que la Ville de Paris vient de décider d'interdire les biberons contenant du Bisphénol A dans les crèches municipales, les sénateurs radicaux de gauche du groupe RDSE ont présenté une proposition de loi interdisant ce produit dangereux dans les plastiques alimentaires.

    Extrait d'un article d'Actualité Santé :

     

    Bisphenol A biberons

    Il y a tout juste une semaine, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments reconnaissait pour la première fois l'existence de signaux d'alerte relevés dans des études récentes sur le Bisphénol A. Toutefois l'agence estimait qu'il n'y avait pas urgence et indiquait poursuivre son travail d’expertise.

    Le 24 mars prochain les sénateurs seront appelés à se prononcer sur une proposition de loi tendant à interdire le Bisphénol A dans les plastiques alimentaires. Elle a été présentée le 27 juillet dernier par MM. Yvon COLLIN, Jean-Michel BAYLET, Michel CHARASSE, François FORTASSIN, Mme Françoise LABORDE, MM. Jacques MÉZARD, Jean MILHAU, Robert TROPEANO et Raymond VALL, sénateurs du groupe Rassemblement démocratique social européen (RDSE).

    Cette proposition de loi comporte un article unique : Sont interdites la fabrication, l'importation, l'offre, la détention en vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit, la mise en vente, la vente ou la distribution à titre gratuit de plastiques alimentaires contenant du Bisphénol A (n° CAS 80-05-7).

    Dans l'exposé des motifs ayant conduit les sénateurs à présenter cette proposition de loi, il est indiqué que certaines études ont démontré que ce composé chimique agissait comme perturbateur endocrinien et ont même établi des liens entre le BPA et les cancers de la prostate ou du sein, l'obésité, le diabète, les dysfonctionnements thyroïdiens ainsi que des troubles du comportement et de la reproduction. Il aurait également des effets néfastes sur le développement du cerveau des foetus et des nouveau-nés.

    Dans cet exposé il est également fait référence au principe de précaution appliqué par le Canada et plusieurs états américains qui ont interdit l'utilisation du BPA dans la production de biberons.

    Les auteurs de cette proposition de loi ont également rappelé que le Réseau environnement santé (RES), qui réunit des ONG, des professionnels de santé et des scientifiques, a déjà tiré le signal d'alarme en demandant l'interdiction du BPA dans les matériaux en contact avec les aliments.

    Rappelons qu'en France plusieurs municipalités ont procédé au retrait des biberons contenant du BPA de leurs crèches.

  • Présentation du projet régional par Anne Hidalgo

    En compagnie de nombreux élus et militants socialistes et aussi de beaucoup de Radicaux de gauche, j'étais ce mardi 9 février à la Maison de la Mutualité à la réunion où Anne Hidalgo et nos candidat-e-s ont présenté le programme régional de Jean-Paul Huchon et les grands projets qui concernent Paris.

    régionales1.jpg

     

     

     

     

     

     

     

    Régionales2.jpg

     

    Anne Hidalgo a présenté les propositions du projets et Bertrand Delanoë replacé cette campagne dans le contexte politique parisien face à l'offensive du gouvernement contre la démocratie locale , rappelant au passage que notre liste est la seule rassemblant plusieurs mouvements politiques de la majorité régionale.

    L'un de nos candidats PRG, Olivier Maillebuau, a présenté les propositions concernant la santé.

    Régionales3.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

    Seule candidate sur la liste issue du 12e, Magali-Vernier Covo était également présente, à côté de l'adjointe à la maire du 12e chargée de la petite enfance, Lunise Marquis.

    Régionales4.jpg

     

    (Photos Mathieu Delmestre et Adrien DERAIN)

  • Une dénomination Ilan Halimi, pour quoi faire ?

    Notre Conseil municipal a voté hier soir à l'unanimité (des présents) un voeu présenté par Karen Taïeb au nom de tous les groupes de notre majorité demandant que le nom d'Ilan Halimi soit attribué à un lieu de vie ou un jardin de l'arrondissement.

    Ilan Halimi, chacun le sait, est un jeune homme enlevé par le "gang des barbares" et victime d'un calvaire de 24 jours de tortures ignobles qui se sont achevés par une mort encore plus atroce. De l'aveu même du chef de ce gang, Youssouf Fofana, la victime a été choisi car né juif sous prétexte que les juifs ont de l'argent. Le caractère foncièrement antisémite de cet acte n'est donc pas à prouvé et a même été juridiquement reconnu lors du procès des membres du "gang des barbares". Il nous interpelle sur la persistance des préjugés et d'une haine antisémites chez certains de nos concitoyens, souvent des jeunes qui nient la Shoah ou cultivent leur haine des juifs sur le terreau des guerres au Moyen-Orient.

    J'ai voté pour ce voeu car j'adhérais à tous ses considérants et il me semble important de rappeler solennellement et collectivement notre refus vicéral de tout racisme et anitsémitisme contre lesquels les Radicaux de gauche se sont toujours battus. C'est ainsi que nous avons créé le Comité de vigilance contre l'extrème-droite dans les années 90, rejoint par tous les partis de gauche.

    Mais je ne peux m'empécher de me poser des questions sur l'opportunité de proposer l'attribution du nom d'Ilan Halimi à un lieu de l'arrondissement.

    Notre municipalité fait beaucoup pour transmettre la mémoire de l'holocauste, lutter contre le négationnisme et passer ainsi aux jeunes générations la connaissance des horreurs commises au nom d'un antisémitisme d'Etat. C'est ainsi qu'en tant qu'adjoint à la Mémoire, j'ai sollicité l'Association pour les Déportés, Internés et Résistants (ADIRP 12) pour réaliser une exposition sur les camps d'extermination dans notre mairie, ou commémoré les poses de plaques pour les enfants juifs déportés avec l'AMEJD.

    Et justement, je m'interroge sur le rapprochement symbolique que ce voeu crée entre les victimes de la barbarie nazie, d'une machine étatique au service d'une idéologie meurtriète, d'un crime contre l'Humanité d'un côté, et d'une victime d'un fait divers antisémite commis par une bande de voyous de l'autre. Le crime est dans tous les cas effroyable mais fait-on oeuvre de bonne pédagogie en les rapprochant ? J'avoue ne pas parvenir à trancher cette question.

    Autre interrogation : ce voeu ne risque-t-il pas de relancer la compétition des mémoires ou des tensions communautaires comme on l'a vu sur d'autres sujets ? Ou encore une certaine surenchère politicienne au cas où d'autres crimes racistes ou particulièrement odieux touchaient un habitant du 12e ? Comme son chef de file, Nicolas Sarkozy, l'UMP est en effet toujours prompte à surfer sur l'actualité pour faire triompher le pathos sur la raison. On l'a bien vu par l'instrumentalisation des problèmes d'insécurité en 2002 que leur gouvernement est pourtant incapable d'enrayer depuis 8 ans.

    Enfin, reste la question du quand et où ? Ilan Halimi était un enfant du 12e qui travaillait dans le 11e, où il a fait connaissance de la jeune fille qui servit d'appat au "gang des barbares". Il a subi les horreurs de sa détention à Bagneux dans les Hauts-de-Seine avant de mourir en Essonne. Où une plaque en sa mémoire est-elle la plus utile pour avoir un effet pédagogique sur ceux qui pourraient développer des sentiments antisémites ? Le procès en appel du "gang des barbares" doit avoir lieu fin 2010. Il ne remettra pas en cause le caractère antisémite du crime, mais ne devrions-nous pas par principe temporiser et respecter le calendrier judiciaire ?

    Un élément de réponse à mes interrrogations est qu'il existe déjà à Paris des plaques en mémoire de Malik Oussekine (victime de la police), Brahim Bouharam (tué par des skinheads) et Sohanne (brulée vive pour avoir voulu vivre en femme libre). Alors pourquoi pas Ilan ?

    Toutes ces questions et d'autres, je sais que beaucoup de mes collègues élus de la majorité se les sont posés. Certains ont choisi de ne pas prendre position, préférant s'éclipser au moment du vote... C'est malheureusement un travers classique chez nos amis socialistes que de ne pas choisir...

    Il me semble que le sujet est trop important pour ne pas assumer un vote, j'ai donc voté pour l'attribution du nom d'Ilan Halimi à un lieu de vie ou un jardin de l'arrondissement, en espérant que mes craintes ne soient pas fondées. Je n'ai pas souhaité non plus les exprimer publiquement pour ne pas créer un débat public qui pourrait être mal interprété ou utilisé à des fins politiciennes. Je pense pour autant que l'apposition d'une plaque Ilan Halimi doit s'accompagner pour être efficace d'un travail pédagogique auprès des habitants de l'arrondissements, prioritairement des jeunes autour du respect des Droits de l'Homme, de la République, de l'Humanisme, contre le racisme, l'antisémitisme et l'intolérance.

    Par Fabrice MOULIN

  • Assumons la vidéo-protection !

     

     

     

    Conseil du 12e arrondissement du 16 novembre 2009

     

    Explication de vote du PRG et présentation du vœu

    du groupe SRC sur la Vidéo Protection

     

    Madame la Maire, chers collègues,

     

    Quelques mots d’abord sur cette délibération pour répondre aux propos de nos collègues des autres groupes de la majorité et pour dire que les Radicaux de Gauche, que j’ai l’honneur de représenter dans ce conseil, ne sont pas hostiles par principe à la vidéo protection. Nous assumons notre programme commun de 2008, si vous m’accordez cette expression.

     

    Ne nous cachons pas que la vidéo protection existe déjà et qu’elle peut être utile pour remplir certains objectifs en compléments d’une présence humaine et d’une politique de prévention sur le terrain. Il n’y a pas d’exclusive entre ces moyens d’assurer la sécurité.

     

    Ainsi la vidéo est utile pour mieux gérer la circulation et rendre plus réactifs les services de police. Il n’est pas discutable non plus que la vidéo facilite la tâche de la police en matière de gestion de l’ordre public ou bien encore contre le risque terroriste, par exemple autour d’une grande gare comme la Gare de Lyon. La vidéo peut également être un outil précieux dans la fourniture de preuves pour les enquêtes de police et pour la justice, comme on l’a vu lors d’une agression d’un journaliste dans le 19e ou d’un agent dans un gymnase parisien. Enfin elle est utile parce que nos concitoyens la demandent pour être rassuré.

     

    Bien entendu, il faut qu’il y ait un contrôle rigoureux des images, des garanties indiscutables pour les citoyens.

     

    Il faut aussi rappeler que la vidéo-protection n’est pas la panacée, ne règle pas tout, et doit s’intégrer dans une politique globale de prévention et de sécurité respectueuse des libertés, et ce sont ces exigences que porte le vœu que j’ai l’honneur de présenter au nom du groupe Socialiste, Radical de Gauche et Citoyens.

     

    La Ville de Paris a pris les garanties nécessaires pour encadrer ce système : des caméras seulement sur la voie publique ou dans les lieux accueillant du public, on ne filme pas les entrées et les halls d’immeubles, les sites filmés sont rendus publics, et surtout nous avons une charte et un comité éthiques.

     

    Les élus devront se montrer attentifs au respect de la Charte et du Comité d’éthique par la Préfecture de Police de sorte qu’aucun soupçon ne pèse sur une éventuelle atteinte à nos libertés.

     

    Je crois d’ailleurs que nous pouvons tous ici reprendre à notre compte les propos du nouveau président de ce comité d’éthique, le haut-magistrat Roland Kessous, lorsqu’il dit  que « la vidéosurveillance est une réalité, nous devons tenir compte de cette réalité, mais il faut un droit de regard. »

     

     

    Nous n’oublions pas non plus que les phénomènes de violence ont pour principales victimes les habitants les plus fragiles et les plus modestes, souvent en situation d’insécurité sociale en raison de la politique économique de l’actuel gouvernement.

     

    La Préfecture de Police doit assumer pleinement sa responsabilité à leur égard comme nous le faisons dans notre municipalité.

    Il ne faut pas qu’avec le décret du 24 juillet 2009 relatif à la création de la police d’agglomération, les problématiques de sécurité des départements limitrophes ne fassent pas l’objet d’investissements humains et financiers à la hauteur des difficultés rencontrées, mais ne se résument qu’en un redéploiement des effectifs de police au détriment de la capitale.

     

    La mise en place d’un tel dispositif de vidéo-protection ne saurait se substituer à la police de proximité et à une politique pérenne de prévention, seuls garants d’une sécurité efficace.

     

    Il ne saurait pas non plus être exempt d’évaluation régulière et d’évolution, notamment pour les implantations des caméras.

     

    C’est pour ces raisons que les élus du groupe Socialistes, Radicaux et Citoyens du Conseil du 12ème arrondissement émettent le vœu :

     

    - que dans le cadre d’une politique globale de sécurité, la mise en œuvre de dispositifs préventifs de la délinquance constitue une priorité réaffirmée de l’action de la Ville de Paris,

     

    - que tous les dispositifs destinés à protéger les libertés individuelles, et en particulier ceux concernant la Charte d’éthique et le Comité d’éthique, soient effectivement mis en place, respectés, évalués de façon régulière et que ladite évaluation fasse l’objet de publication,

     

    - que dans le 12ème arrondissement, le préfet de police ou son représentant s’engage une fois par an à présenter le bilan en terme de prévention et d’efficacité de chacune des caméras devant le CSPDA et qu’au sein de cette instance puissent être apportées des modifications d’implantations,

     

    - que le Préfet de Police de Paris s’engage devant les élus parisiens à garantir le maintien des effectifs de police à Paris, et apporte régulièrement toutes les informations relatives à l’état des effectifs opérationnels sur le territoire de la capitale.

     

    Je vous invite tous à voter pour cette délibération qui avec ce vœu présente un projet équilibré et encadré conforme à notre contrat de mandature. Pour répondre à l’appel de notre collègue communiste, c’est à mes yeux cela la démarche unitaire de gauche qui doit être la notre.

     

    par Fabrice MOULIN

  • L'Eglise de scientologie échappe à l'interdiction de ses activités

    Mardi 27 octobre, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement à l'encontre de l'Eglise de Scientologie et ses représentants français, conjointement reconnus coupables "d'escroquerie en bande organisée" et "d'exercice illégal de la pharmacie ".

    Maleureusement, aux termes de ce jugement et sous réserve de la décision du procès d'appel qui se tiendra dans une douzaine de mois, l'Eglise de scientologie peut poursuivre ses activités car elle échappe à la sanction la plus lourde : l'interdiction d'exercer ses activités. En effet, suite à un étrange amendement au Code pénal voté à l'Assemblée nationale, la loi ne le permet plus.

    Tout en condamnant l'association spirituelle de l'Eglise de scientologie et la société Scientologie espace librairie (SEL) à des amendes respectives de 400 000 et 200 000 euros, le tribunal a prononcé des peines de prison avec sursis contre quatre responsables français de l'Eglise fondée aux Etats-Unis en 1954 par l'auteur de science-fiction Ron Hubbard.

    Rappelons que la SEL est située rue Jules César dans le 12e arrondissement.

    Considéré comme le principal dirigeant, Alain Rosenberg écope de la peine la plus lourde. Absent à l'audience de jugement, il est condamné à deux ans de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende. Pour trois autres responsables qui avaient aussi comparu du 25 mai au 17 juin devant la 12e chambre correctionnelle, les peines prononcées vont de dix-huit mois à dix mois de prison, assortis du sursis et d'amendes de 20 000 à 5 000 euros ; tandis que deux autres prévenues s'en tirent avec des amendes de 2 000 et 1 000 euros.

    Pour "mettre en garde d'éventuelles victimes par le biais d'une très grande publicité de la décision", le tribunal a exigé la publication de ce jugement dans plusieurs journaux, et, notamment, dans deux journaux étrangers : le Herald Tribune et Times Magazine.

    Le tribunal ne s'est pas prononcé "sur la valeur d'une doctrine", "mais sur des méthodes". Ses attendus sont sans équivoque. Escroquerie que ces tests de personnalité qui n'ont aucune valeur scientifique ; escroquerie encore, les cures de purification avec sauna et jogging à la clé ; escroquerie enfin, le fameux électromètre, objet fétiche des scientologues, vendu à des tarifs prohibitifs. "La place dans la scientologie dépend des capacités financières des adeptes", dénonce le tribunal.

    C'est une belle victoire pour tous ceux, comme la Miviludes ou l'association "Attention enfants", qui luttent contre l'influence néfaste et les pratiques charlatanesque des sectes en France. Néanmoins l'impossibilité légale de dissoudre la Scientologie et de fermer sa librairie malgré cette lourde condamnation et les arguments tirés par les cheuveux des juges pour la justifier laisse un goût amer.
    En effet le tribunal redouterait qu'"une interdiction d'exercer engendre la continuation des activités en dehors de toute structure légale" et considère oncernant la SEL, que "la fermeture d'une librairie irait à l'encontre des grands principes de liberté de pensée et d'expression qui sont le fondement de toute démocratie ".
    Pourtant cette affaire a démontré une fois de plus que la Scientologie n'est pas une église mais une entreprise commerciale assimilée  par le tribunal à une "bande organisée", donc la défense de la liberté de pensée n'a aucun fondement ici.

    Il me semble par exemple qu'une librairie révisionniste n'aurait pas bénéficié - fort heureusement - d'une telle mansuétude de la justice. De même pour n'importe quelle entreprise mafieuse condamnée pour escroquerie. Alors pourquoi la Scientologie pourrait-elle continuer ses activités et vendre sa propagande mensongère dans notre arrondissement ?

    Fabrice Moulin (avec article du Monde)
  • Grand succès de la votation citoyenne

    La votation citoyenne contre la privatisation de la Poste a été un grand succès dans le 12e. Organisé par la Comité local auquel participaient syndicats, associations et tous les partis de gauche dont le PRG 12e, la votation a montré l'attachement des habitants de l'arrondissement au service public de la poste. PAr exemple, les gens faisaient la queue en continu devant l'urne installée sur le parvis de la Mairie du 12e et s'interrogeaient sur la suite qui serait donnée par le gouvernement à cette mobilisation.

    Les résultats après dépouillement sont parlants pour ce type de consultation symbolique :

    8246 votants

    7949 NON

    261 OUI

    36 Blancs ou Nuls

    Le sondage Ifop qui dit que 70% des Français sont pour un référendum sur la Poste est une preuve suppplémentaire que le débat est ouvert. Le gouvernement reviendra-t-il sur son projet de changement de statut de la Poste ? Publiera-t-il le décret autorisant les référendum d'initiatives populaires, comme s'y était engagé Sarkozy lors de la réforme de la Constitution, et donc de donner une suite à cette votation ?

    Rien n'est moins sûr malheureusement !

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu