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PRG - Page 25

  • La Scientologie enfin dissoute ?

    La Scientologie bientôt dissoute ? Nous en avons rêvé, le tribunal va peut-être le faire ! Si les réquisitions du Parquet sont suivies et que la décision de dissolution aboutit, il faudra que notre municipalité se mette sur les rangs pour récupérer un immeuble entier 7 rue Jules César, siège de l'Association Spirituelle de L'Eglise de Scientologie d'Ile de France. Enfin "désin-sectisée", cette rue pourrait ainsi accueillir de véritables équipements pour les habitants, des logements, des crèches ou une activité honnête créatrice d'emplois, et non plus une bande de charlatans dont l'activité première est d'escroquer les gens fragiles. A ce sujet voici l'extrait  d'une dépêche AP sur le procès actuel qui donne un éclairage très éclairant sur les pratiques condamnables de la secte :

    Le parquet de Paris a requis lundi la condamnation suivie de la dissolution de l'association spirituelle de l'Eglise de Scientologie-Celebrity Center et de la librairie SEL (Scientologie espace liberté), jugées en tant que personne morale par le tribunal correctionnel de Paris pour "escroquerie en bande organisée", et a réclamé une amende de deux millions d'euros contre chacune de ces deux associations.

    Ces réquisitions sont d'autant plus sévères que le ministère public avait dans ses réquisitions écrites, transmises au juge d'instruction en septembre 2006, demandé un non-lieu général au profit des deux personnes morales et des sept prévenus qui n'étaient plus que six devant le tribunal, l'un d'entre eux étant mort depuis.

    Le ministère public a requis des peines d'emprisonnement avec sursis -de deux à quatre ans- assorties d'amende -de 10.000 euros à 150.000 euros- à l'encontre de quatre des six anciens membres de l'Eglise de Scientologie jugés depuis le 25 mai.

    Maud Morel-Coujard, l'un des deux procureurs de la République, a estimé que les tests de personnalité réalisés sur les futurs membres, la pratique de l'électromètre, "le harcèlement commercial" et la "cohorte de programmes de formation" vendus aux adeptes étaient autant de "manoeuvres frauduleuses" caractérisant l'infraction d'escroquerie en bande organisée.

    La Scientologie est un "système de marketing", un "système maniaque et paranoïaque" au "service d'un projet d'une valeur religieuse dont il ne convient pas de débattre" dans l'enceinte d'un tribunal, a-t-elle expliqué. "Mais c'est cette valeur religieuse qu'on a opposé sans cesse à l'action légitime de la justice. Ce bouclier religieux, la liberté de culte et de conscience, a été utilisé sans cesse pour délégitimer d'entrée l'idée d'une sanction pénale", a-t-elle souligné.

    "Depuis le début du procès, nous avons entendu à maintes reprises que le bonheur n'a pas de prix. Nous avons acquis la conviction au ministère public que s'il n'a pas de prix, il a un coût, un coût considérable. Notre position a beaucoup évolué depuis l'instruction". L'une des plaignantes, Aude-Claire Malton, a versé ainsi 80.000 FF en 1997 tandis qu'une autre adepte, a déboursé 140.000 FF la même année.

    Maud Morel-Coujard a qualifié le test, méthode de recrutement des novices, d'"outil de démarchage, outil de sélection et outil de conditionnement". L'électromètre, censé localiser la charge mentale négative de chaque scientologue, n'est qu'un "leurre" servant "uniquement à la mise en scène qui caractérise l'escroquerie". Quant au formulaire de religion, sorte de protocole que signent les déçus de l'Eglise de Scientologie, "c'est un véritable pacte faustien" par lequel les adeptes "renoncent par avance à toute réclamation et toute plainte"...

    "Depuis cette plongée dans l'univers de la scientologie, nous avons découvert une méthode née dans le cerveau d'un écrivain de science-fiction dans la Californie des années 50". "Ron Hubbard a créé un prêt-à-penser aux allures de bric à brac", a-t-elle ironisé.

    Une peine de quatre ans avec sursis, 150.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques et civils a été requise contre Alain Rosenberg, l'un des dirigeants de la principale structure française de la Scientologie. Une peine de trois ans avec sursis, 50.000 euros d'amende et cinq ans d'interdiction des droits civiques et civils a été demandée contre Didier Michaux.

    Contre Jean-François Valli et Sabine Jacquart, le parquet a respectivement requis trois ans avec sursis assortis de 25.000 euros d'amende et deux ans avec sursis et 10.000 euros d'amende. A l'encontre de Marie-Anne Pasturel et Aline Fabre, poursuivies pour "exercice illégal de la pharmacie" -vente de "vitamines"-, il a été demandé une amende de 2.000 euros.

    Dans sa plaidoirie, Me Olivier Morice, l'avocat de Mme Malton, a considéré que les pratiques de la Scientologie étaient des "méthodes systématiques et récurrentes relevant de l'escroquerie". Le jugement de la 12e chambre sera mis en délibéré à l'issue des plaidoiries de la défense qui s'achèvent mercredi. AP

  • Un nouveau sénateur PRG

    Le PRG a gagné un nouveau parlementaire en la personne de Jean-Pierre Plancade, sénateur et conseiller général de Haute-Garonne. Il avait déjà rejoint le groupe RDSE au Sénat, avant d'adhérer enfin chez nous il y a quelques jours.

    Ex-socialiste, Jean-Pierre Plancade a crée une association appelée Libres, Radicaux, Démocrates, Républicains, pour rassembler sympathisants et élus radicaux mais fédérer aussi ceux qui sont proches de notre sensibilité dans son département.

    Une idée aussi pour Paris et l'Ile-de-France où ces 4 mots fortsde sens pourraient fédérer les nombreux électeurs de centre-gauche déçus du Modem, les orphelins du MRC, ou encore tous ceux qui ne se retrouvent plus dans le PS.

  • « le droit de vivre sa mort »

    Les députés PRG viennent de déposer à l'Assemblée une proposition de loi permettant une euthanasie active encadrée.

    Signée par les 11 députés Radicaux de Gauche et apparentés, cette proposition s'intitule « droit de vivre sa mort », en hommage au tout premier texte de loi visant à permettre l'euthanasie en France, déposé en avril 1978 par le sénateur Radical de Gauche Henri CAILLAVET.

    Trente et un ans après, les députés PRG constatent que la lutte humaniste pour le droit de finir sa vie dans la dignité et la responsabilité est plus
    d'actualité que jamais.

    Avec ce texte, qui comporte des propositions novatrices, notamment en ce qui concerne les souhaits que les personnes peuvent exprimer sous la forme de « directives anticipées », les députés Radicaux et apparentés espèrent apporter une nouvelle pierre à l'édifice initié par leur illustre collègue.

  • Financement communal des écoles privées: le texte ajourné à l'Assemblée

    (selon AFP)

    L'examen à l'Assemblée nationale de la proposition de loi sénatoriale UMP sur le financement des écoles privées accueillant des élèves habitant dans une autre commune que celle de leur école, programmé lundi 15, a été ajourné par le gouvernement, a-t-on appris jeudi.

    Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, a demandé par lettre la modification en ce sens de l'ordre du jour du palais Bourbon.

    Selon une source parlementaire, ce report est lié au débat en deuxième lecture sur le Grenelle de l'environnement, que le gouvernement aimerait pouvoir boucler lundi.

    Les députés PRG, hostiles à un texte qui constitue "une attaque en règle contre le principe de laïcité", se sont aussitôt félicités, dans un communiqué, de cet ajournement et ont prévenu qu'ils resteraient "vigilants".

    Selon le texte du Sénat, une commune où résident des enfants scolarisés dans des écoles privées hors de son territoire devra contribuer au financement de ces écoles dans quatre cas précis.

    Pour les radicaux de gauche, "il est contraire à la laïcité d'assurer un égal financement public entre les écoles publiques, soumises à une obligation de gratuité, de continuité et d'accueil de tous les publics, et les écoles privées, qui pratiquent une sélection des élèves et, surtout, des frais de scolarisation souvent élevés".

    Une source parlementaire UMP a indiqué à l'AFP que le report du texte pouvait être lié au remaniement que prépare Nicolas Sarkozy, le nom du député PRG Paul Giacobbi étant régulièrement cité parmi les possibles promus au titre de l'ouverture. Une explication "tirée par les cheveux", a-t-on rétorqué chez les députés PRG.

  • Après l'élection, rassembler !

    Il faut tirer les leçons des élections européennes à Paris où les listes Europe Ecologie sont arrivées loin devant celles du PS, et ce dans presque tous les arrondissements. Cela veut-il dire que les Verts parisiens sont devenus majoritaires à gauche un an à peine après avoir subi un sérieux revers aux municipales face aux listes PS-PC-PRG-MRC conduites par Bertrand Delanoë ? Ou bien le PS a-t-il payé le prix de la division et de sa stratégie d'enfermement qui l'a poussé a refuser tout accord avec ses alliés traditionnels que sont les Radicaux de gauche ? Partisans d'une Europe fédérale, nous avions finalement renoncé à présenter des listes autonomes dans un scrutin déjà confus. Et bien parions que le message du PRG comme nos voix ont manqué au PS pour s'imposer devant les Verts et l'UMP qui, elle, commence à relever la tête dans la capitale.

    Le PS ne peut plus prétendre incarner seul tout l'échiquier politique. Il a besoin d'allié à sa gauche et au centre. Or la chute du MoDem au profit des listes emmenées par Daniel Cohn-Bendit démontre que c'est au centre que s'est joué le scrutin. L'analyse des votes du 7 juin montre qu'à Paris, les voix qui se sont portées vers Europe Ecologie sont celles des cadres et des classes moyennes ,séduits par le "liberal-libertaire" Dany Cohn-Bendit ou déçues par François Bayrou, et sensibles à un discours pro-européen. Ils pourront se reconnaître demain dans un humanisme de centre-gauche que nous entendons incarner et pas forcément dans les positionnements très à gauche des Verts parisiens. Rappelons au passage que l'écologie est un combat que nous portons depuis longtemps et que dès les européennes de 1984, les Radicaux de gauche avaient conduit les listes "Entente radicale écologiste pour les États-Unis d'Europe (ERE)".

    Cette conquête du centre comptera tout autant pour les scrutins à venir. Les Verts ne confirmeront sans doute pas l'essai de Dany, Bayrou n'est pas mort, la droite tente de capter leur électorat. Et si on veut éviter une nouvelle OPA de la démocratie-chrétienne sur l'opposition, ou bien une captation des voix centristes par la droite, notre humanisme radical, notre défense de la République et de la laïcité, nos valeurs de solidarisme, notre aspiration à la liberté individuelle et à une société fraternelle seront utiles à nos partenaires. Comme toujours, le PRG appelle au rassemblement de tous les progressistes pour construire ensemble un projet crédible et désigner dans des primaires ouvertes un candidat commun pour 2012. Aux régionales, si cette union n'a pas lieu, si aucun enseignement n'est tiré, si notre voix est encore ignorée, alors que nous avons un groupe de 9 élus dans la majorité du Conseil régional d'Ile-de-France, nous irons sous nos propres couleurs et personne ne pourra nous reprocher les conséquences toujours néfastes de la division...

  • Le POPB va-t-il devenir une mega-church ?

    On connaissait le Palais Omnisport de Paris Bercy (POPB) pour ses concerts de stars et ses manifestations sportives, on découvre que Bercy peut également se transformer en lieu de culte géant !

    Lors du dernier conseil de Paris, Gilles Alayrac a dénoncé au nom du PRG cette nouvelle "entorse à la laïcité" que constitue la "location de Bercy aux évangelistes qui se sont offerts une cérémonie religieuse à l'américaine aux gourous et fidèles en transe".

    En effet, le POPB a récemment accueilli le week-end du 1er juin, pendant 3 jours, des milliers d'évangelistes pour la "Convention internationale de Pentecôte". Une manière pour les églises évangelistes, que certains comparent à des sectes, de recréer en plein Paris les ambiances de "mega-church", venues des Etats-Unis.

    Selon le pasteur français Freddy De Coster, organisateur de cette initiative dont c'est la 10e édition, les participants étaient "sensibilisés, à raison de trois séances par jour, au "message de paix et de fraternité" dans un monde déchiré par les violences, les guerres et la crise". Sur scène, il aurait, selon un article du Monde, tour à tour fustigé "l'autorité de Satan", assuré que "la gloire de Jésus est sur Paris, au-dessus de la sorcellerie, de l'occultisme, du péché et du suicide", et demandé à l'Esprit saint de " (le) posséder".

    Ce qu'oublie de dire ce Gentil Organisateur, c'est que ce rassemblement est aussi l'occasion de militer contre l'avortement, pour un modèle conservateur de la famille ou de promouvoir le créationnisme.

    Le pasteur De Coster est aussi homme d'affaires dans l'hôtellerie et la finance. Pas de contradiction avec la prédication pour Paul Goulet, pasteur canadien de l'Eglise internationale de Las Vegas, pour qui selon l'AFP, "la foi se pratique dans la vie quotidienne, cela concerne aussi les avocats, les docteurs, les financiers". Le POPB ce situant à deux pas du ministère des Finances, il faut reconnaître l'aspect pratique pour les déductions fiscales des dons des fidèles aux associations cultuelles...

    Bien que radicalement opposé aux messages véhiculés par les Evangelistes, ma conception de la liberté et de la laïcité (dont la remise en question est leur cheval de bataille) m'interdit d'interdire aux gens de penser et de dire ce qu'ils veulent, même des inepties, comme de pratiquer leur religion dans la sphère privée. Mais il me semble inapproprié, toujours selon le principe de la laïcité, qu'une structure publique comme le POPB, qui est une Société d'économie mixte (SEM) à capital majoritairement détenu par la Ville de Paris, dont le président n'est autre que Pascal Cherki, maire PS du XIVe arrondissement, loue sa salle à des organisations religieuses, quelles qu'elles soient.

    Les riverains du POPB sont déjà remontés contre les nuisances sonores lors des concerts. Le POPB va-t-il devenir demain un nouveau lieu de culte accueillant tous les pélerinages, comme par exemple le pélerinage catholique intégriste qui s'est lui rassemblé pour la Pentecote sur la Place des Invalides avec la bénédiction de la Prefecture de Police ?Encore une fois, comment les représentants de la collectivité, les élus, peuvent-ils choisir quelles associations cultuelles est fréquentable ou pas ? Sur quels critères ? Une seule règle est transparente et simple : refuser à toutes les associations cultuelles de louer gratuitement ou pas des salles municipales ou liées à la municipalité comme le POPB.

    Notons qu'une semaine après le rassemblement évangelique, c'est le Dalaï Lama qui réunissait au POPB bouddhistes,  défenseurs du Tibet libre et simples curieux pour une conférence sur l"éthique laïque"... Nous avons encore du travail pour faire comprendre et respecter la laïcité à Paris !

  • Après les européennes, construire face à l’UMP un rassemblement pluraliste

    Communiqué de Jean-Michel BAYLET Président du PRG

    Au nom du PRG, Jean-Michel Baylet dénonce une nouvelle fois le mode de scrutin de ces élections qui aboutit à cette abstention considérable,préjudiciable à la démocratie. Le Président du PRG souhaite que très rapidement le mode d’élection des députés européens soit changé dans le sens d’une plus grande lisibilité pour les électeurs.

    Jean-Michel Baylet s’étonne que la majorité présidentielle crie victoire alors que moins d’un électeur sur trois lui a apporté son suffrage.

    Enfin à gauche l'heure est à la reconstruction.En effet la division a été une fois de plus meurtrière et il est indispensable de prendre des initiatives de rassemblement qui permettent de présenter une alternative crédible à la majorité actuelle.

    Face à cette situation la gauche doit prendre toutes ses responsabilités d’une part pour rapprocher les citoyens français de l’Union Européenne et d’autre part construire face à l’UMP un rassemblement pluraliste et respectueux de ses traditions.

  • La vraie gauche du Oui, c'est pourtant le PRG !

    Finalement, nous pouvons presque être satisfait d'avoir fait le choix de ne pas participer à ces élections européennes qui auront tout du long été détournées de leur signification par une multiplication de listes fantaisistes, un mode de scrutin absurde, le refus de faire campagne de l'UMP, la megalomanie stérile d'un Bayrou et le nombrilisme des socialistes.

    Ceux-ci auraient été bien inspirés de ne pas rejeter l'accord avec les tenants de la gauche du Oui et les fédéralistes que les radicaux ont toujours été, tout au long de l'histoire de la construction européenne, à commencer par le Traité de Rome négocié pour la France par Maurice Faure. Sans nous, le centre-gauche, et avec comme principal argument de vente une photo de famille recomposée assez pathétique, le PS risque de voir s'échapper vers d'autres contrées de précieuses voix.

    Nous verrons le 7 juin, mais en attendant, le spot officiel du PRG passe en boucle à la TV. Un clip de non-campagne qui, même fait à l'économie contrairement aux véritables pubs marketings des gros partis, est assez efficace pour montrer que notre absence ne vaut pas démission de la cause euroépenne :

     

  • Le droit accordé au Vatican de reconnaître des diplômes est une entorse à la laïcité

    Le droit accordé au Vatican de reconnaître des diplômes est une entorse à la laïcité, par Jean-Michel Baylet

    Tribune parue dans Le Monde, du 21 mai 2009

    Dans la conception qu'en ont toujours eue les radicaux, le principe de laïcité n'est absolument pas une pensée de combat antireligieuse. C'est, au contraire, la vision d'un rempart de neutralité absolue protégeant toutes les institutions publiques - et spécialement l'école - contre les influences confessionnelles certes, mais aussi économiques ou partisanes. Selon cette approche, c'est la laïcité elle-même qui garantit le libre exercice des choix de conscience, notamment des choix religieux par des citoyens librement éclairés. Telle est la philosophie qui nous permet aujourd'hui encore, pour ce qui concerne la France, d'affirmer que l'école libre est l'école de la République.

    En application de ce principe, l'Etat détient le monopole de la délivrance des diplômes, monopole qu'il exerce, pour l'enseignement supérieur, par le biais des universités publiques. Hors le cas des départements concordataires d'Alsace-Moselle, les instituts d'enseignement supérieur privés existant en France doivent faire valider leurs formations profanes (l'enseignement théologique n'étant à l'évidence pas de la compétence de l'Etat) par des universités publiques ou par des jurys installés par l'autorité étatique.

    Tout aurait pu continuer ainsi, à la satisfaction des parties concernées, sans la volonté du chef de l'Etat, exprimée dans son fameux discours de Latran, de replacer l'identité collective et républicaine française dans une sorte de berceau chrétien, ou encore de matrice catholique, renvoyant à égalité les figures emblématiques du curé et de l'instituteur, incarnations de la foi et de la raison.

    C'est sous cet éclairage très particulier que doit être lu le décret subreptice paru le 19 avril et rendant applicable un accord signé le 18 décembre 2008 entre la France et le Vatican, celle-là s'engageant à reconnaître, sans autre procédure, les diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur habilités par celui-ci. Il appartiendra aux juristes de dire si un accord d'une telle importance pouvait être rendu applicable comme une simple mesure technique et non par une autorisation législative. Tenons-nous en pour l'heure aux principes en cause. Ils sont nombreux et essentiels.

    SOUS L'AUTORITÉ CANONIQUE

    Tout d'abord, le monopole de délivrance des diplômes constitue une garantie concrète de l'égalité entre les étudiants d'une part, entre leurs professeurs d'autre part. C'est aux mêmes critères, à la même aune, que l'autorité publique évalue la qualité des formations universitaires. Cette règle d'égalité est aujourd'hui rompue puisqu'une simple habilitation par le Saint-Siège, dont on comprend bien qu'elle peut être accordée sur des critères non scientifiques, vaut reconnaissance par l'Etat de certains diplômes.

    Ensuite, il convient de souligner que la colonne vertébrale laïque de notre enseignement supérieur garantit également l'égalité entre les religions elles-mêmes. Qu'adviendra-t-il demain si d'autres autorités religieuses exigent, comme elles y seraient fondées, la reconnaissance par la France de titres universitaires sur lesquels l'Etat serait privé de toute appréciation ? La faveur aujourd'hui accordée à la religion catholique fournit l'occasion de rappeler à Nicolas Sarkozy que l'idée laïque n'est pas le plus petit dénominateur commun des influences religieuses, mais un principe intransigeant, non susceptible de négociation, voire de modernisation.

    Mais le paradoxe est peut-être ailleurs : la rupture opérée par le décret porte atteinte à la liberté des institutions d'enseignement catholique elles-mêmes. Etre strictement laïque ne signifie pas être intégriste de la laïcité et, pour les radicaux (qu'on se rappelle les controverses entre Clemenceau et Jaurès !), l'enseignement peut n'être pas public. Il doit toutefois éclairer les consciences. Or en étendant l'accord aux enseignements profanes, la France a remis sous l'autorité canonique mais aussi "scientifique" du Vatican des institutions qui s'accommodaient mieux du contrôle tolérant de l'Etat que des injonctions vétilleuses de l'Eglise catholique. Un seul exemple en convaincra : les cinq "cathos" françaises devront-elles demain traiter à parts "scientifiques" égales le créationnisme et l'évolutionnisme ? Allons, il est encore temps de reculer et de renoncer à ce funeste accord. Temps aussi de dire aux autorités de l'Etat que, dans une République conséquente, la loi doit respecter la foi, mais la foi ne doit pas dicter la loi.


    Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG) et sénateur du Tarn-et-Garonne

  • Le PRG attaque la reconnaissance des diplomes du Vatican

    DIPLÔMES UNIVERSITAIRES VISÉS PAR LE VATICAN : LE GROUPE DU RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN (RDSE)  DEMANDE L’ANNULATION DU DÉCRET AU CONSEIL D’ÉTAT

    Quatorze sénateurs du Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE) déposent devant le Conseil d’État, ce mardi après-midi, un recours en référé demandant la suspension du décret paru au Journal Officiel le 19 avril dernier qui rend applicable l’accord signé le 18 décembre 2008 entre le gouvernement français et le Vatican. Ils demandent dans le même temps l’annulation sur le fond de ce décret.

    Au travers de l’accord signé le 18 décembre 2008 entre le gouvernement français et le Vatican, la France s’engage à reconnaître les diplômes délivrés par les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d’enseignement supérieurs habilités par le Saint-Siège.

    Jusqu’à présent, seul l’État avait le monopole de la reconnaissance des diplômes. Cet accord permet désormais la reconnaissance automatique par la France des diplômes visés par le Vatican, sans passer par la labellisation et l’aval de l’Université publique. Or, cet accord, qui modifie la loi du 18 mars 1880, aurait dû être ratifié par le Parlement en vertu de l’article 53 de la Constitution.

    Au cours de la séance des questions d’actualité au gouvernement du jeudi 14 mai dernier, Yvon COLLIN, Président du RDSE et sénateur PRG du Tarn-et-Garonne, avait déjà interpellé le Premier ministre au sujet de ce décret.

    Le Président Yvon COLLIN (RDSE - PRG) et ses collègues condamnent un tel accord qui entame le monopole de l’État dans la délivrance des diplômes universitaires et *remet en cause la neutralité de l’État et le principe de laïcité, cher aux sénateurs RDSE et aux Radicaux de Gauche.

    Liste des signataires : Yvon COLLIN, Nicolas ALFONSI, Jean-Michel BAYLET, Michel CHARASSE, Anne-Marie ESCOFFIER, François FORTASSIN, Françoise LABORDE, Daniel MARSIN, Jacques MEZARD, Jean MILHAU, Aymeri de MONTESQUIOU, Jean-Pierre PLANCADE, Robert TROPEANO et Raymond VALL.

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