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PRG - Page 24

  • "Il est temps de construire une nouvelle gauche"

    PARIS, 20 juillet 2009 (AFP)

    Le président du Parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet, a déclaré lundi dans un communiqué que la "gauche doit se ressaisir pour assurer la victoire en 2012", déplorant que le PRG ait été "réduit à l'état de satellite du PS".
    "La gauche doit se ressaisir pour assurer la victoire en 2012, le PS se déchire sur la place publique au grand dam des électeurs et des militants de gauche, une démocratie ne peut pas vivre comme cela", déclare le sénateur du Tarn-et-Garonne.
    "Nous ne pouvons pas avoir une droite puissante, en ordre de bataille, combative, parfois presque violente, et de l'autre coté le désespoir", ajoute-t-il.
    Pour lui, "la démocratie doit marcher sur ses deux pieds, il est temps de construire une nouvelle gauche". Il constate que le PRG "a été réduit à l'état de satellite du PS" alors qu'il a "les capacités de jouer un rôle majeur dans la transformation de notre société, si toutefois on lui permettait de le réaliser pleinement". "Le PRG est une des composantes de la gauche, la plus ancienne et pourtant moderne, elle entend s'investir dans la construction d'une nouvelle gauche", proclame-t-il.
    Il indique que l'université d'été du PRG aura lieu à La Rochelle les 5 et 6 septembre.

  • Dray dit vrai

    Dans cette avalanche cacophonique de critiques de socialistes contre leur propre parti, je ne retiendrai que ce qui peut intéresser un élu radical de gauche et tous ceux qui espèrent encore retrouver une gauche capable de s'unir, de travailler et de proposer un projet de société. C'est-à-dire la critique de la méthode faite par Julien Dray concernant la lettre envoyée à tous les partis de gauche pour construire une "maison commune" en vue des prochaines échéances :

    "Trop tard, et surtout avec trop peu de crédibilité, quand on voit comment certains de nos partenaires – PRG, MRC – aujourd'hui caressés dans le sens du poil, ont été à l'occasion des européennes traités comme de vulgaires squatteurs, que l'on ne tolérait pas même dans le jardin de ladite maison ! Quelle crédibilité, donc, pour cette démarche qui se pare de la grandeur de la main tendue, mais est d'abord et avant tout perçue par tous comme une émission de fusées de détresse, de la part d'une force politique aux abois ?"

    (lire la note complète sur le blog de Julien Dray)

    On peut difficilement résumer aussi bien la situation et le sentiment de ceux qui ont reçu ce courrier !

    Pourtant le PRG a toujours prôné le rassemblement, et souvent dans l'indifférence. Déjà au congrès du PS de Dijon de 2003, le président du PRG était allé faire une proposition de confédération de la gauche mais le PS était déjà trop occupé à chercher une synthèse entre ses courants. Premier rendez-vous manqué, avant bien d'autres qui laissent la gauche désorganisé et poussent tous les partis dans une surenchère constante avant les élections pour espérer être respecté par les socialistes. Le manque de respect entre partenaires et les remarques volontiers condescendantes de certains dirigeants socialistes, jusque dans la dernière campagne européenne, a fini par créer des inimitiés tenaces et des rancoeurs qui entravent aujourd'hui l'union de la gauche. Y compris au PRG où les mauvaises manières du PS ont laissé des traces.

    Pourtant, le PS aurait bien besoin d'un centre-gauche comme le PRG à ses côtés pour retrouver son équilibre. Je suis de ceux qui espèrent que les pratiques hégémoniques sont du passé et que le rassemblement dans le respect est encore possible mais il est à craindre que l'affaiblissement du PS poussent certains à mordre la main tendue...

    Fabrice Moulin

  • L'augmentation d'EDF est inacceptable

    Déclaration du PRG suite à l'annonce d'EDF d'augmenter ses tarifs de 20 % :

    Jean-Michel Baylet, président du PRG : "L'augmentation de 20% des tarifs d'électricité réclamée par le PDG d'EDF est inacceptable!
    Ce comportement de marchand de tapis qui consiste à réclamer l'inacceptable pour obtenir plus que de nécessaire à l'issue d'une négociation est indigne d'un grand groupe industriel comme EDF".

  • Burqa: mission d'information gauche-droite avec le soutien du gouvernement

    PARIS, 1 juillet 2009 (AFP) - Avec le plein soutien du gouvernement, les quatre groupes politiques de l'Assemblée nationale (UMP, NC, PS, PCF) ont mis officiellement en place mercredi une mission d'information sur la burqa, chargée de dépassionner le débat et d'"ouvrir un dialogue".

    Composée de 32 membres (17 UMP, 11 PS et PRG, 2 GDR, 2 NC), souvent des élus de banlieue, présidée par le communiste André Gerin, la mission reflète la volonté unanime de dépasser les clivages politiques pour réfléchir au port du voile intégral en France.

    "Il n'y a aucune question taboue. On va faire un état des lieux de cette prison de tissu et on va ouvrir un dialogue avec les associations féminines, les associations laïques et les musulmans", a déclaré à la presse M. Gerin. Il avait le premier demandé la création de cette mission.

    "Nous voulons répondre à un malaise dans la société française, y compris chez la majorité des musulmans", a-t-il insisté. Car "il faut que les musulmans silencieux prennent la parole, il faut faire reculer l'entrisme des fondamentalistes"

    "On a mis notre étiquette politique de côté", a renchéri Eric Raoult (UMP), rapporteur de la mission. Selon lui, "le problème est réel" et "il faut comprendre et apporter un certain nombre de propositions".

    Dans chacune des formations politiques, il y aura "une réflexion propre", a ajouté M. Raoult confirmant la mise sur pied par le groupe UMP d'un groupe de travail sur le voile intégral, burqa ou niqab, (avec Jean-François Copé, François Baroin et Nicole Ameline).

    Pierre Forgues (PS) a jugé primordial de "veiller à ne pas construire une France des communautarismes" et "éviter la guerre entre les Français".

    Nicolas Perruchot (NC) s'est placé "aux côtés d'André" Gerin, car il est "essentiel d'apporter des réponses à cette question qui touche l'égalité des sexes, de trouver un chemin et envoyer un message aux fondamentalistes qui défient les valeurs républicaines".

    "Il nous faut réagir" car "les choses se dégradent dans nos quartiers, le communautarisme prend parfois le dessus", a renchéri Chantal Robin-Rodrigo (PRG), pour qui "il s'agit d'une cause commune, celle de la défense des valeurs de laïcité et d'égalité homme-femme".

    La mission se réunira tous les mercredis et commencera ses auditions dès la semaine prochaine, avant de suspendre ses travaux du 15 juillet à début septembre.

    "On n'a pas l'intention de lâcher le morceau, on a l'intention d'aller jusqu'au bout de la démarche, quelle que soit l'issue de la mission", a prévenu M. Gerin.

    "Tout est ouvert", a-t-il ajouté en n'évoquant pas spécifiquement une future loi. Pour Lionnel Luca (UMP), elle est pourtant nécessaire. "On n'échappera à la législation, sinon ce sera une mission pour rien".

    Jacques Myard (UMP) aussi la réclame "pour poser le principe d'une interdiction au nom de la dignité de la personne et de l'égalité de droits".

    Représentants de circonscriptions rurales, Dominique Souchet et Véronique Besse (MPF), se sont également associés à la démarche pour "faire de la prévention".

    Quant au président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), il a souhaité que "les conclusions soient partagées et adoptées de manière unanime".

    La mission a reçu mercredi le total soutien du gouvernement qui s'est dit, par la voix de Nadine Morano (Famille), "très attaché à l'initiative parlementaire" pour "déterminer le phénomène et son évolution sur le territoire" et "voir quelles réponses apporter".

    "Nous attendons avec beaucoup d'attention les résultats de vos travaux", a-t-elle ajouté.

    (Jeanny Marc députée app PRG de Gaudeloupe et Chantal Robin Rodrigo députée PRG des Hautes Pirénnées siègeront dans cette mission.)

  • Jean-Bernard Bros réélu Président du PRG Paris, Fabrice Moulin secrétaire général adjoint

    Communiqué de presseCommuniqué de la Fédération de Paris du Parti Radical de Gauche, le 1er juillet 2009,


    Réunis en assemblée départementale le 30 juin 2009, les radicaux parisiens ont renouvelé à l’unanimité leur confiance à leur président pour les conduire au cours des 3 prochaines années.

     

    Les militants et élus ont répondu favorablement au souhait du président de voir les fonctions de Secrétaire générale confiées à Laurence Goldgrab, conseillère de Paris, à laquelle sont adjoints Fabrice Moulin, maire-adjoint du 12ème arrondissement, et Olivier Maillebuau, responsable des Jeunes radicaux de gauche (JRG) et militant du 2ème arrondisement.

     

    A l’occasion de cette réunion, Jean-Bernard Bros a souhaité qu’élus et militants parisiens se mobilisent pour faire croître, au sein de la majorité municipale et régionale, un véritable centre-gauche humaniste et laïque.

     

    Jean-Bernard Bros est trésorier national du PRG, conseiller de Paris depuis mars 2001 et maire-adjoint de Paris chargé du tourisme et des nouveaux média locaux. Il est président délégué de l'Office de tourisme et des congrès de Paris (OTCP) et président de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE). Il est également le suppléant d’Annick Lepetit dans la 17e circonscription de Paris.

     

    Le PRG parisien compte 1 conseiller régional d’Ile-de-France siégeant au sein du groupe radical de gauche et apparentés, 3 conseillers de Paris siégeant au sein du groupe socialiste et radical de gauche, ainsi que 9 autres maires-adjoints, conseillers délégués et conseillers municipaux dans les arrondissements, et près de 500 militants et sympathisants parisiens.

  • Dreyfus, pour la justice et contre l'antisemitisme

    Des élus réunis au nom de Dreyfus

    IL y a cent trois ans, le 12 juillet 1906, le capitaine Dreyfus était réhabilité.
    A l'occasion de cet anniversaire, plusieurs élus de gauche ont décidé de se rassembler aujourd'hui à 19 heures sur la place qui porte le nom du capitaine dans le XVe arrondissement, à l'initiative du Parti radical de gauche. Alfred Dreyfus, capitaine de l'année française, avait été condamné pour trahison en 1894 et déporté au bagne avant d'être réhabilité.

    Paru dans le Parisien, le 1er juillet

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  • Hommage à Saïd Bouziri

    Le Parti socialiste, le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë et les Radicaux de gauche (PRG) ont rendu hommage à Saïd Bouziri, "militant infatigable des libertés publiques et du droit des étrangers" disparu mardi à Paris.

    "C'est avec une vive émotion que les socialistes ont appris la disparition de Saïd Bouziri, militant infatigable des libertés publiques et du droit des étrangers", a déclaré le PS jeudi, dans un communiqué.

    "Comme toutes les organisations membres du collectif Votation Citoyenne, le Parti socialiste perd avec Saïd Bouziri un animateur et un militant exceptionnel", ajoute le communiqué.

    "Ce militant infatigable de la dignité humaine, généreux, ardent, désintéressé, nous manquera à tous", écrit Bertrand Delanoë, exprimant sa "très grande émotion".

    "Il était le président de l'association Génériques, qui met admirablement en valeur la mémoire de l'immigration. Je connaissais ses immenses qualités d'intelligence et de coeur, son dévouement, son exigence intellectuelle et morale", ajoute le maire de la capitale.

    Le PRG et les Jeunes Radicaux de gauche (JRG) ont rappelé le "combat partagé" avec Saïd Bouziri "pour la reconnaissance du droit de vote des étrangers aux élections locales".

    Saïd Bouziri était militant de longue date des droits des étrangers et membre du bureau national de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) dont il était le trésorier.

    AFP.

  • Crise : les députés PRG tirent la sonnette d'alarme sur la situation des petites entreprises


    Les députés PRG et apparentés ont alerté le Gouvernement sur l'inégalité de traitement judiciaire des entreprises face à la crise.

    Ils ont interpellé Christine LAGARDE sur la disproportion entre les petites entreprises, qui représentent 95 % des sociétés condamnées en Tribunal de Commerce, et les entreprises de plus de 200 salariés, qui n'en représentent que 0.1 %.

    Ils ont notamment souligné les effets pervers du nouveau dispositif de l'auto-entrepreneur, exposé à une extrême fragilité face à la crise, alors que les grandes entreprises disposent de l'assistance juridique nécessaire pour bénéficier d'arrangements à l'amiable et assurer la continuité de l'activité.

    Gérard CHARASSE, chef de file des députés PRG et apparentés et vice-président du PRG, avait déjà eu l'occasion d'interpeler leGouvernement, relayant ces préoccupations légitimes des petits entrepreneurs.

  • CONGRES du Parlement : Yvon COLLIN : intervention dans le débat qui a suivi la déclaration du Président de la République‏

    Intervention d'Yvon COLLIN, Président du RDSE et Sénateur PRG de Tarn-et-Garonne, au Congrès de Versailles lundi 22 juin, en réponse à l'intervention du Président de la République.

    M. le président. La parole est à M. Yvon Collin, pour le groupe du Rassemblement démocratique et social européen du Sénat.


    M. Yvon Collin. Monsieur le président du Congrès, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, cette première réunion du Congrès sous l’empire de la nouvelle rédaction de l’article 18 de la Constitution marque le triomphe de la conception très personnelle qu’a le Président de la République du rôle et du fonctionnement de nos institutions : un président qui impulse, oriente et décide dans tous les domaines, un Gouvernement sans marges de manœuvre et souvent impuissant, un Parlement victime du fait majoritaire et qui n’influe qu’à la marge. Comment ne pas voir dans l’organisation même de cette journée et dans la place dévolue dans cet hémicycle à chacune des trois institutions, l’illustration de ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’« hyper-présidence » ?


    Jamais depuis Adolphe Thiers, en 1873, un Président de la République n’avait été autorisé à s’adresser en personne à la représentation nationale. La peur raisonnée des parlementaires de l’époque les avait conduits, deux ans plus tard, à proscrire la présence physique du chef de l’État dans l’hémicycle pour couper court à toute tentation de glissement vers le présidentialisme.


    Ainsi il fut permis que s'enracinât la République dans notre pays. Et c'est cet héritage républicain, à la fois laïc et humaniste, qu'il nous revient de préserver. Car la République est notre bien commun le plus précieux. (« Très bien ! » sur plusieurs bancs.)


    Ainsi, le Parlement, érigé en pouvoir constituant, a donc décidé, l'année dernière, de mettre fin à une règle vieille de 135 années. En dépit des vives oppositions qui s'étaient alors exprimées, le droit de la République doit s'appliquer, car il incarne la volonté générale du peuple souverain et de ses représentants. Je le dis avec d'autant plus de conviction que je me suis prononcé contre la révision constitutionnelle du 21 juillet dernier. Nul ici n'a aujourd'hui violé la Constitution. Il est donc de notre devoir de républicain de participer à ce débat. (Applaudissements.)


    M. François Sauvadet. Très bien !


    M. Yvon Collin. C'est la position unanime du plus ancien groupe parlementaire que j'ai l'honneur de présider, comme c'est aussi celle des Radicaux de gauche, ma famille politique. (Applaudissements.)


    M. François Sauvadet. Très bien !


    M. Yvon Collin. Cette réunion du Congrès restera dans l'histoire comme la première déclaration de politique générale prononcée par un Président de la République devant les parlementaires, tâche qui incombait, jusqu'à présent, au chef du Gouvernement. D'ores et déjà, une question se pose : que va-t-il advenir de la fonction de Premier ministre ?


    Arrivé à la moitié de son quinquennat, le Président de la République a choisi cette date pour faire usage de cette nouvelle disposition. Le bilan dressé de son action est, de mon point de vue, loin d'être aussi flatteur que l’image idyllique que nous venons d'entendre, notamment de la part des orateurs qui m'ont précédé.


    Force est de constater, mes chers collègues, que je suis le seul orateur pouvant se réclamer de l'opposition à intervenir à cette tribune, une opposition jamais systématique, une opposition toujours constructive, une opposition qui préfère toujours le débat au combat ! (Applaudissements.)


    À présent, parlons d'Europe ! La présidence française de l'Union européenne a certes été empreinte d'un dynamisme utile qu'il faut reconnaître. Le Président de la République n'a pas ménagé ses efforts sur certains dossiers,
    comme la guerre en Géorgie ou la sécurité énergétique. Mais force est de constater que très peu de nouveaux chantiers ont été ouverts. Certains, urgents et très attendus par les professionnels – je pense à la politique de santé et à la PAC –, n'ont pratiquement pas évolué.


    Le groupe du RDSE, qui revendique son attachement à l'Europe, s'interroge. Quel est aujourd'hui l'avenir institutionnel de l'Europe, à l'heure où le traité de Lisbonne reste une Arlésienne ? Comment permettre au Parlement de prendre toute sa place ? Pourquoi ne pas élargir le mandat de la BCE à la stabilisation macro-économique ? Autant de grands sujets auxquels le Président de la République n’a apporté aucune réponse dans son discours.


    Quoi qu'on en dise, nos compatriotes ne s'y sont pas trompés : les résultats des dernières élections européennes ne sont flatteurs pour personne. Le succès revendiqué par la majorité n'est qu'un trompe-l’œil, dès lors que 60 % de nos concitoyens ne se sont pas déplacés et que 73 % n'ont pas adhéré à sa politique.


    Malgré la très grave crise économique que nous traversons, le Président de la République refuse d'infléchir une politique en total décalage avec ses discours prônant la régulation et le retour de l'État. Le bouclier fiscal en est la cruelle illustration, malgré une partie croissante de la majorité qui appelle à sa suppression.


    Il est certain aujourd'hui qu'une autre politique, fondée sur une coordination des politiques économiques en Europe, aurait permis d'amortir le terrible choc que nous subissons. Les dysfonctionnements macro-économiques en Europe et leurs conséquences financières et monétaires déploient leurs effets dans une crise qu'on aurait tort de n'imaginer qu'importée des États-Unis.


    Les résultats de cette politique sont malheureusement tangibles au quotidien. Les services publics subissent les conséquences d'un détournement de l'orthodoxie budgétaire : hier Gaz de France et AREVA, aujourd'hui la SNCF et La Poste. À qui le tour demain ?


    Je ne nie pas le besoin de réformes, mais je conteste que la seule rentabilité l'emporte sur l'intérêt général. Je pense ici, en particulier, aux territoires ruraux, qui ont pourtant tant besoin de services publics de proximité et de qualité.


    M. Raymond Vall. Très bien !


    M. Yvon Collin. De la même façon, il est inacceptable que l'addition d'une politique de dépenses publiques non maîtrisée soit payée par les collectivités locales !


    On cherche à faire croire aux Français que les collectivités sont aujourd'hui responsables de l'explosion de la dette publique, qu'elles sont incapables de gérer leurs budgets ou qu'elles ne savent qu'augmenter les impôts. Rien de plus faux, quand on sait que l'État, qui a transféré de nouvelles compétences, n'a jamais donné les moyens financiers correspondants !


    Mme Brigitte Barèges. C’est souvent le cas, notamment dans le Tarn-et-Garonne !


    M. Yvon Collin. Pire, les dotations compensent de moins en moins les charges nouvelles des collectivités : plafonnement de l'enveloppe normée de la DGF, plafonnement de la taxe sur le foncier non bâti, plafonnement de la valeur ajoutée dans le calcul de la taxe professionnelle. Enfin, dois-je rappeler que la RGPP s'entend autant pour l'État que pour les collectivités ?


    Par ces temps difficiles, le sénateur que je suis est fier d'œuvrer à la défense des petites communes, de plus en plus mises à mal par la dégradation continue de leur environnement juridique et financier. Avec mes collègues du RDSE, il ne nous a manqué que trois voix le 26 mars pour faire adopter une proposition de loi visant à exclure les communes de moins de 2 000 habitants du dispositif de service d'accueil des élèves. Faut-il rappeler que le Président de la République avait lui-même promis cette mesure à l'occasion du dernier Congrès des maires ? Personne ici ne peut me contredire.


    Le récent rapport de la mission d'information du Sénat sur l'organisation et l’évolution des collectivités locales a dégagé des propositions pour clarifier leurs compétences. Elles ont le grand mérite de ne pas faire du rapport de force l’unique méthode de réforme. Quelle suite sera donnée à ce rapport ? Est-il parvenu jusqu'au Président de la République ? Ayant bien écouté sa déclaration, j'en doute, et je le regrette.


    Car, à l'inverse, le big bang territorial annoncé par le Chef de l'État porte bien son nom et illustre tout aussi bien la méthode retenue. Rompre ou plier : voilà l'alternative proposée, plutôt que de faire émerger un consensus que chacun appelle de ses vœux. Et si l'on refuse de céder, voici qu'on brandit la menace du référendum. Mais il serait absolument inacceptable que la volonté du Parlement ne soit pas entendue, à plus forte raison celle du Sénat qui assure « la représentation des collectivités territoriales de la République ».


    Que l'on songe aussi à la suppression de la taxe professionnelle annoncée le 5 février dernier pour le 1er janvier prochain. Alors que la loi de finances pour 2010 est entrée dans sa phase de préparation, le Gouvernement est incapable d'expliquer aux parlementaires et aux élus locaux quel sera le nouveau dispositif. Or, aujourd'hui, les collectivités ont besoin des 23 milliards d'euros qu'elles représentent, surtout dans un contexte de crise. Comment alors garantir le principe constitutionnel d'autonomie des collectivités, si l'État vient, une nouvelle fois, substituer une dotation à un impôt local librement déterminé ?


    Nos compatriotes sont également très inquiets pour l'avenir de leur système de retraites. La solidarité nationale n'est pas négociable : le système par répartition ne doit pas être sacrifié. La loi Fillon est loin d'avoir réussi le miracle annoncé, à savoir garantir l'avenir du système de retraites. Et voici que l'on nous explique qu'il faudra travailler jusqu'à soixante-sept ans ! Pourquoi cette annonce, alors qu'un rendez-vous avait été fixé avec les partenaires sociaux en 2012 ? Et pourquoi priver le Parlement d'un débat qui lui revient de droit ?


    Mais, s'il est un domaine où l'activisme présidentiel interpelle, c'est bien celui de la justice et des libertés publiques. Après la chaotique réforme de la carte judiciaire, l'inquiétante loi sur la rétention de sûreté, la très répressive loi sur la récidive, la très décevante réforme pénitentiaire, voici que se profilent la suppression des avoués, le renforcement de la répression des clandestins et la suppression du juge d'instruction.


    La combinaison de ces réformes ne manque pas d’inquiéter tous ceux qui sont attachés à la défense des droits fondamentaux et à la protection de la dignité humaine.


    Avant de conclure, je voudrais préciser que la démarche à la fois critique et constructive dans laquelle s'inscrit mon groupe m'amène à reconnaître les progrès accomplis depuis le début de ce quinquennat en matière de développement durable. Sur ce sujet, nous sommes collectivement, par-delà les clivages partisans, en train de remporter la plus difficile des batailles : changer les mentalités pour parvenir à la révolution verte.


    Enfin, les dernières propositions annoncées en faveur de la jeunesse me semblent aller dans le bon sens. Et c'est avec satisfaction que je constate, quelques semaines seulement après le débat qui s'est tenu au Sénat, à l'initiative de mon groupe, que l'on préconise aujourd'hui de renforcer la participation citoyenne des jeunes avec un véritable service civique.


    Le groupe du RDSE demeure attentif et vigilant à la politique du Président de la République. C'est pourquoi il entend faire le meilleur usage des prérogatives que lui confère désormais son statut de groupe minoritaire, au sens de l'article 51-1 de la Constitution.


    Soucieux du respect des minorités politiques et du pluralisme sénatorial, mon groupe continuera de privilégier le dialogue et le débat. Nous refusons le manichéisme politique érigé en consigne de vote : voter systématiquement contre quand on est dans l’opposition et pour quand on est dans la majorité ne sera jamais notre marque de fabrique. (Applaudissements.) De même, ceux d'entre nous qui sont Radicaux de gauche, et donc aujourd'hui dans l'opposition, refusent toute opposition systématique. (Applaudissements.)

    Le groupe du RDSE est plus que jamais fier d'être constitué de sénateurs issus d'horizons politiques différents, mais qui tous se rassemblent sur l’essentiel : des affinités communes mais aussi des valeurs partagées. N'est-ce pas là l'essence même du Parlement ? C'est avec ce type d'attitudes politiques et de comportements responsables que nous entrerons alors, peut-être, dans l'ère trop vite annoncée de l’hyper Parlement ! Mais, pour l'heure, ne nous y trompons pas : c'est bien l’hyper présidence qui prédomine. (Applaudissements.)


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