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Politique - Page 22

  • Charte des Conseils de quartier et Vélo au menu

    Au menu du Conseil d'arrondissement du 31 mai, la nouvelle charte des conseils de quartier et le plan vélo.

    La nouvelle charte des conseils de quartiers devraient permettre d'en améliorer le fonctionnement et la participation citoyenne. Ainsi ils sont toujours composés de 3 collèges, l'un de membres désignés par les partis politiques représentés au conseil d'arrondissement, le second de représentants d'associations, et le troisième de citoyens tirés au sort. Mais ces derniers le seront non plus sur les listes électorales mais au sein de volontaires, ce qui devrait garantir d'avoir des conseillers motivés par la vie de leur quartier.

    De plus, l'articulation entre conseils de quartier et conseil d'arrondissement a été clarifiée de manière à respecter en même temps démocratie participative et le principe républicain de démocratie représentative. Ainsi le conseillers pourront interpeller les élus en posant des questions à la mairie et obtenir une réponse en conseil d'arrondissement. Par contre, un vœu émis par un conseil de quartier ne sera pas mis sur le même plan qu'un vœu d'un groupe politique, ce qui devrait éviter l'instrumentalisation par quelques conseillers de quartier minoritaires de cette procédure comme on l'a vu parfois.

    Le plan vélo présenté en séance a démontré les objectifs ambitieux de la Ville concernant le développement des parcours cyclables tout comme la mise en place, conformément au modification par décret du Code de la route, du dispositif de double sens cyclable dans toutes les rues à sens unique des quartiers en zones 30 (soit Aligre, Brèche aux Loups et Voute Bel Air). Notre collègue Catherine Barratti-Elbaz, maire-adjointe en charge des déplacements a bien fait d'ailleurs de rappeler que la Ville de Paris a lancé une campagne de communication sur ce dispositif décidé par l'Etat qui lui n'a pas daigné mettre la main à la poche pour informer le public...

    Petite inquiétude au détour du débat, les Verts semblent vouloir, à coups de voeu au Conseil de Paris, remettre en cause au profit du vélo les objectifs de création de place de stationnement de deux-roues motorisés. Toujours une certaine logique malthusienne très présente dans l'idéologie des Verts qui voudraient aujourd'hui de pénaliser les très nombreux parisiens qui roulent en scooters. Pourtant c'est notre politique de réduction de la circulation automobile qui a conduit au très fort développement des deux-roues motorisés et nous avons aujourd'hui le devoir non pas de limiter mais d'organiser leur circulation et leur stationnement, notamment sur les trottoirs de plus de 6 mètres de large.

    Contrairement aux Verts nous disons qu'il faut développer le vélo et sa pratique dans les meilleurs conditions mais comme une alternative attractive aux autres modes de transports (Vélib en fut un très bel exemple ), pas comme une punition pour ceux qui choisissent de se déplacer autrement.

    Enfin le Conseil a été l'occasion de parler de laïcité avec les dossiers du POPB et du collège privé Georges Leven (voir les notes suivantes). Notons qu'une fois de plus, les 2 cumulards de l'opposition, Christine Lagarde et Jean-Marie Cavada avaient mieux à faire que d'être présents au conseil d'arrondissement, au mépris du mandat que leur ont confié leurs électeurs.

  • 2 expos, 2 résistants mardi à la mairie

    Mois de la Résistance et de la France Libre

    Conférence, expositions, concert-spectacle, projection ... : du mardi 25 mai au vendredi 18 juin, la Mairie du 12e vous invite à découvrir de nombreuses manifestations dans le cadre du 70e anniversaire de l’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940.

    "Quoiqu’il arrive la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas…"
    Extrait de l’appel du 18 juin 1940


    À l'heure où le fanatisme bestial menaçait d'éteindre les lumières de l'esprit...

    Le 18 juin 1940, alors que l'armistice avec l'Allemagne nazie a été annoncé la veille par le maréchal Pétain, entamant ainsi une politique de collaboration avec l'occupant, le général de Gaulle appelle sur les ondes de la BBC à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi aux côtés des Alliés.
    Cet appel historique qui marque le début de la France Libre sera suivi de beaucoup d'autres "voix de la liberté" sur Radio Londres. Dès lors et pendant toute la durée du conflit mondial, les "Français parlent aux Français" : l'espoir de libération et le lien entre les Forces Françaises Libres et la Résistance intérieure ne seront jamais brisés.

    L'un des premiers à répondre dès le 18 juin à l'appel de de Gaulle fut Félix Éboué. Petit-fils d'esclave de Guyane devenu gouverneur du Tchad, il entraîna ainsi le ralliement de toute l'Afrique Équatoriale Française (AEF) à la France libre, donnant à celle-ci la légitimité politique et l'assise territoriale qui lui manquaient, ainsi que l'apport inestimable des soldats "indigènes" dans la guerre contre le nazisme. Félix Eboué, qui fut parmi les cinq premières personnes à recevoir du général de Gaulle la croix de l'Ordre de la Libération, mourut en mai 1944 sans avoir vu la victoire alliée.

    En 1947, le Conseil municipal de Paris décidait que la place centrale de notre arrondissement, la place Daumesnil, deviendrait place Félix Éboué. Deux ans plus tard la dépouille du "premier résistant de la France d'outre-mer" est inhumée au Panthéon avec celle de l'abolitionniste Victor Schoelcher.
    Président du Conseil de la République, Gaston Monnerville rappellera à cet instant que "c'est (un) message d'humanité qui a guidé Félix Éboué, et nous tous, Résistants d'outre-mer, à l'heure où le fanatisme bestial menaçait d'éteindre les lumières de l'esprit et où, avec la France, risquait de sombrer la liberté". L'épouse d'Éboué, Eugénie Éboué-Tell, élue de l'Assemblée nationale constituante en 1945, a elle aussi donné son nom à une rue du 12e.

    À l'occasion de l' année du 70e anniversaire de l'Appel du 18 Juin, c'est la France résistante et éprise de liberté comme la France plurielle et fraternelle, les grands hommes comme les résistants moins connus que nous voulons mettre à l'honneur avec ce Mois de la Résistance et de la France Libre dans le 12e arrondissement.

    Michèle BLUMENTHAL
    Maire du 12e arrondissement.

    Fabrice MOULIN
    Adjoint à la Maire du 12e, chargé de la mémoire, du monde combattant et du tourisme.



    Exposition : "L'espérance doit-elle disparaître ?" Général de Gaulle, 18 juin 1940
    Vernissage de l'exposition le mardi 25 mai à 18h
    Salon des Outre-Mers de la Mairie du 12e

    130, avenue Daumesnil
    Du mardi 25 mai au lundi 7 juin 2010
    Cette exposition conçue par le Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne permet de saisir la portée de l'appel du 18 juin 1940 au travers de nombreux documents d'archives, pour partie inédits. Construite de manière chronologique, l'exposition suit les étapes de la conjonction entre la France Libre et la Résistance intérieure qui aboutit à l'unification de la Résistance puis à la victoire. L'appel du général de Gaulle est en effet l'acte fondateur de la France Libre. En même temps que se construit la France Libre à l'extérieur, parallèlement, en France même, naissent et se développent des résistances.

    Le vernissage de l'exposition sera suivi d'une conférence "18 Juin 1940, Histoire d'un événement, Histoire d'un mythe"
    Salle des mariages à 19h
    Intervenants :
    Jean-Louis Cremieux-Brilhac,
    Ancien résistant engagé dans les Forces Françaises Libres, historien, ancien directeur de La Documentation Française.
    Franck Bauer,
    Speaker de Radio Londres de 1940 à 1945, auteur du livre "40 à Londres, la voix de la liberté".

    Exposition : "Félix Éboué, Premier résistant de la France d'Outre-mer"
    Vernissage de l'exposition le mardi 25 mai à 18h
    Salon des Outre-Mers de la Mairie du 12e

    Du mardi 25 mai au vendredi 11 juin 2010

    Commémoration du 67e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance
    Cérémonie le jeudi 27 mai à 11h
    Devant le Monument aux morts du 12e
    Parvis de la Mairie - 130, avenue Daumesnil

    Commémoration du 70e anniversaire de l’Appel Historique du général de Gaulle du 18 juin 1940
    Vendredi 18 juin 2010

    10h30 : Dévoilement d’une plaque commémorative à la mémoire de Félix Éboué, Compagnon de la Libération, ancien gouverneur du Tchad.
    Place Félix Éboué

    11h30 : Cérémonie devant le Monument aux morts du 12e
    Parvis de la Mairie - 130, avenue Daumesnil

    12h : Concert-spectacle “Les Français chantent aux Français” : lecture de dépêches et chansons diffusées sur les ondes de la BBC entre 1943 et 1944. Proposé par la Compagnie l’Autre Scène.
    Salle des Fêtes de la Mairie

    12h30 : Vin d’honneur offert par la Mairie du 12e.
    Salle des Fêtes de la Mairie

    17h : Projection du film “Félix Éboué, le visionnaire”, réalisé par Barcha Bauer en 2000, à la Cinémathèque française, organisée en partenariat avec l’association Ciné-Histoire et en présence du réalisateur Barcha Bauer (sous réserve).
    La Cinémathèque française - 51, rue de Bercy

    Ce film retrace la vie de Félix Éboué, qui s'illustra à plusieurs reprises dans l'Histoire de France.
    Petit fils d'esclave, né à Cayenne (Guyane française), nommé gouverneur au Tchad par le gouvernement français en 1938, Félix Éboué refuse la défaite de 1940 et est l'un des premiers à répondre à l'Appel du 18 Juin du général de Gaulle pour la poursuite du combat aux côtés des forces Alliés. Sous son impulsion, le 26 août 1940, le Tchad rallie officiellement la France libre, donnant un exemple immédiatement suivi par la quasi totalité des territoires de l'Afrique Équatoriale Française (AEF).
    Au début du mois d'octobre 1940 le général de Gaulle le nomme membre du Conseil de Défense de l'Empire et le 12 novembre 1940, gouverneur général de l'AEF. En janvier 1941, il est décoré de la Croix de la Libération, nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération et soutient la poussée des Forces françaises combattantes en Afrique du Nord. Début 1944, il participe activement à la conférence de Brazzaville ouverte par le général de Gaulle qui sera la première étape vers la décolonisation de l'Afrique noire française.
    Felix Éboué meurt d'une congestion pulmonaire le 17 mai 1944, au Caire, en Egypte. Le 20 mai 1949, il est inhumé au Panthéon.

    Événement organisé avec le soutien du Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne, le concours de l'écrivain Henri Hazaël-Massieux et en partenariat avec l'association Ciné-Histoire.

  • Débranchons les écrans publicitaires

    Depuis un mois, Metrobus s’est remis à installer des écrans publicitaires LCD dans les stations du métro parisien. Et pourtant un voeu présenté en mars 2009 par le PRG demandait à la RATP et au STIF un arrêt de la pose de ce nouveau type de publicité intrusive et et une concertation avec les élus parisiens et les usagers. Après son adoption au Conseil de Paris et plusieurs actions en justice lancées par les associations anti-pub, la RATP avait effectivement retiré son matériel.

    Mais elle n'a jamais engagé avec nous une quelconque concertation ! Pire, aujourd’hui, le réseau compte une soixantaine de ces panneaux LCD (à cristaux liquides) de 90 cm sur 160 cm, répartis dans quelque 27 stations (Charles-de-Gaulle-Etoile, Argentine, Porte-Maillot, Trocadéro, Palais-Royal…). Et d’ici la fin de l’année, il devrait y en avoir 400 dans 90 stations de métro et de RER ainsi que dans les gares parisiennes, essentiellement à l’intérieur de Paris. Pour le 12e on peut tabler au minimum sur la Gare de Lyon, Nation, Bastille.

    Bien que la régie publicitaire de la RATP, Metrobus, s'en défende, ces placards publicitaires high-tech peuvent être sonorisés et pourraient en un rien de temps devenir des écrans publicitaires "espions" puisqu'ils intégrent des capteurs censés compter le nombre de passant qui les regardent et repérer où se pose le regard ainsi qu'un système de transmission bluetooth susceptible d'envoyer des messages publicitaires sur les mobiles des passants. C'est d'ailleurs tout leur intérêt pour les annonceurs. Ajoutons églement que ces écrans LCD sont particulièrement énergivores.

    Hier, alors que le Conseil de Paris débattait à nouveau du retour de ces panneaux, l'adjointe au maire de Paris chargé des Transports, Annick Lepetit, a condamné l'attitude de la RATP et relayé les craintes que nous avions formulé : "Métrobus finira bien par installer un jour ces deux fonctions..."

    Mais de celà comme du reste, la RATP refuse de parler car elle reprend l'installation sans qu'il 'y ait toujours aucune concertation en vue, comme l'a dénoncé Annick Lepetit : "Depuis un an, la RATP n'a pas bougé".

    La RATP n'a d'ailleurs toujours pas répondu non plus à une autre demande récurrente du PRG de fournir des espaces d'affichages pour l'information citoyenne, associative et de tourisme dans les quartiers.

    Par contre, on assiste à un infléchissement de la position de l'exécutif de la mairie de Paris qui semble beaucoup plus ferme et exigeant qu'il y a un an. Je me souviens que lorsque j'avais présenté notre voeu en conseil d'arrondissement du 12e, j'avais essuyé les critiques assez violentes et injustes de certains collègues. Espérons que cette détermination nouvelle que l'on sent chez Annick lepetit aura un impact sur la RATP et Metrobus !

    Par Fabrice Moulin

  • Le PRG vote la résolution "sur l'attachement au respect des valeurs républicaines"

    Extrait de l'intervention à l'Assemblée nationale de Sylvia Pinel, députée du Tarn-et-Garonne, au nom des députés PRG, sur la résolution condamnant le port du voile intégral :

    "L’idée républicaine de citoyenneté, fondée sur les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité, pourrait-elle s’accommoder d’une pratique intransigeante qui vise à déshumaniser et à exclure la femme ? Bien évidemment, pour les radicaux de gauche, qui portent en eux l’héritage républicain, laïc et humaniste, la réponse est sans ambiguïté : le port de tenues permettant de dissimuler son visage dans l’espace public ne saurait être admis.
    C’est en effet sur nos principes constitutionnels et sur nos engagements internationaux relatifs aux droits de l’homme qu’il convient de fonder juridiquement l’interdiction générale de recouvrir entièrement ou essentiellement son visage dans la sphère publique.
    Tout d’abord, le principe de laïcité, auquel les radicaux sont viscéralement attachés, implique la neutralité de l’espace public afin que chacun puisse y coexister en harmonie avec l’autre. (...)

    La pratique vestimentaire du voile intégral ne relève pas de la liberté de culte : elle n’est nullement une prescription religieuse, mais bien une interprétation abusive des textes religieux, qui peut être apparentée à une dérive sectaire. Le président du Conseil français du culte musulman a lui-même déclaré, lors de son audition par la commission, avoir pris position contre le port du voile intégral, qu’il ne considère pas comme une prescription religieuse, mais bien comme une pratique minoritaire, et a précisé qu’il s’agit d’une pratique extrême dont il ne souhaite pas qu’elle s’installe sur le territoire national.

    (...) En outre, cette discussion ne pourra avoir lieu indépendamment d’une réflexion sur la lutte contre les discriminations et la refonte nécessaire à une véritable égalité des chances. En effet, il faut le reconnaître, le modèle républicain est en panne dans la France d’aujourd’hui.
    Loin des manifestations de chauvinisme et des dérapages constatés lors du sinistre débat sur l’identité nationale, c’est sur les valeurs de libertés – au pluriel –, d’égalités – également au pluriel –, de fraternité, de laïcité et sur le vivre ensemble que repose aux yeux des radicaux l’identité républicaine."

     

  • Les députés entérinent la suppression des biberons au Bisphénol A demandée par les sénateurs PRG

    Les députés ont entériné, dans le cadre du projet de loi Grenelle 2 la suspension de la commercialisation des biberons contenant du Bisphénol A (BPA) qui avait été décidée fin mars par le Sénat.

    Le Sénat avait adopté à l'unanimité une proposition de loi du groupe RDSE, à majorité radicaux de gauche, destinée à suspendre la commercialisation de biberons produits à base de Bisphénol A (BPA), déjà en vigueur dans les crèches de plusieurs villes, dont Paris.

    Une disposition identique a été présentée, sous forme d'amendement, par le député PS Gérard Bapt, et votée sans être discutée, par les députés, dans la nuit de vendredi à samedi, avec l'accord de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno.

    "Néanmoins, l'objectif à atteindre est l'interdiction totale du BPA dans les contenants alimentaires destinés aux enfants de moins de 3 ans, mesure déjà adoptée par le Danemark", a indiqué lundi M. Bapt dans un communiqué.

    Un amendement en ce sens qu'a présenté le député a été refusé par Mme Jouanno puis rejeté par les députés en séance publique.

    M. Bapt demande par ailleurs au gouvernement de lancer une campagne d'information et de prévention "à destination des femmes enceintes" car "il a été démontré que le BPA se transmettait également par le cordon ombilical".

    Le projet de loi sur le Grenelle 2 sera soumis au vote des députés mardi 11 avant la réunion d'une commission mixte paritaire (CMP) sur un texte commun.

    Par AFP 10-05-10

  • L'Europe, la feta et la rigueur...

    Je ne prétends pas jouer les experts économiques sur ce blog mais la tempête grecque et ses effets collatéraux – la rigueur annoncée par le gouvernement – auront des conséquences sur la vie quotidienne de nos concitoyens et à ce titre ils nous intéressent tous. De plus, ces évènements ont relancé un vent d’euroscepticisme que même le plan d’aide de 600 milliards d’euros adopté cette nuit par l’Union européenne risque de ne pas apaiser.

    Il y a en effet des télescopages dans l'actualité qui interpellent. Alors que la crise grecque montre des Etats européens divisés et lents à réagir ainsi qu'une Union européenne réduite à quémander l'aide du FMI (à l'encontre de tous les objectifs de la construction européenne), nous avons fêté ce 9 mai le 60e anniversaire de la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) par Robert Schuman.

    Cruel rappel des espoirs placés dans une Europe qui est aujourd'hui accusée de tous les maux, et surtout d’immobilisme. Et c'est vrai que l'UE n'a clairement pas été à la hauteur face à la crise et aux attaques des spéculateurs dont est victime un de ses membres.

    Néanmoins n'oublions pas un évènement récent dont on pourrait aussi célébrer le triste anniversaire : en mai il y à 5 ans, la victoire en France du "non" au référendum sur la constitution européenne.

    Or loin de libérer nos pays d'un carcan libéral comme le prétendaient les tenants du Non, l'échec du référendum a marqué politiquement la fin du processus de construction d'une fédération européenne. Le « Non » prétendait refonder l’Europe des Peuples, nous avons hérité de marchés touts puissants. Le « Non » a substitué à l'objectif ambitieux de l’Europe puissance un grand retour des Etats nations. Les Etats ont repris la main et ce n'est pas l'adoption du traité de Lisbonne qui change la donne, avec un nobody placé sciemment par les chefs de gouvernement à la présidence de l'Europe : M. Herman Von Rompuy qui a récemment déclaré qu'il n’avait jamais voulu ce poste et dont on n'a pas entendu la voix depuis sa nomination.

    Ce sont bien les Etats et leurs intérêts nationaux (parfois contradictoires) qui sont aujourd'hui aux commandes. C'est bien parce qu'il n'y pas de gouvernance économique commune que notre continent souffre de la crise. C'est parce que la BCE n'a pas d'orientation claire qu'elle n'agit pas efficacement : même indépendante, elle agirait comme la FED aux Etats-Unis s'il existait un leadership européen incontestable.

    Ce n'est pas l'Europe qui est responsable du traitement de choc infligé à la Grèce. Car premièrement, la dégradation des comptes publics, l'explosion de la dette, l'existence d'une économie parallèle qui grève les rentrées fiscales sont des problèmes qu'un pays doit régler, qu'il soit ou non membre de l'UE ou de la zone euro. Ce n'est pas non plus l'Europe qui impose au gouvernement grec de faire concentrer ses efforts uniquement sur les citoyens modestes, les retraités et les fonctionnaires - même si ces efforts sont nécessaires - alors que les plus riches et les entreprises semblent mystérieusement épargnés. Ni de conserver envers et contre tout un budget militaire astronomique, supérieur à la plupart des pays européens !

    L’Euro est lui aussi remis en question par certains. Pourtant, notons que l'appartenance à la zone euro a surement évité aux grecs des dévaluations en série qui auraient conduit à une inflation explosive. Sans l'euro, il faudrait sans doute au consommateur grec une brouette de billets pour s'acheter 100g de féta !

    En France, le gouvernement prône maintenant la rigueur et s'apprête à prendre des mesures pour réduire les déficits, au nom de l'exemple grec. C'est vrai qu'il faudra réduire les déficits et la dette qui atteignent des niveaux sans précédents. Mais rien n'empêche le gouvernement de supprimer le bouclier fiscal dont l'inefficacité n'est plus à prouver (à commencer par le faible nombre des rapatriés fiscaux depuis sa création). Pourquoi ne pas s'attaquer à  certaines niches fiscales dont bénéficient les plus riches ou aux dégrèvements de charges qui bénéficient plus aux grandes entreprises qu'aux TPE-PME qui en auraient besoin ? Pourquoi ne pas demander aux banques et aux institutions financières de participer à l'effort national ? Pourquoi pénaliser la consommation alors qu’il faut relancer la croissance en France et en Europe ?

    Alors oui, ce n’est pas de la rigueur imposée toujours aux mêmes dont nous avons besoin, mais du retour d’une Europe volontariste.

    A l'heure où la crise économique mondiale met en évidence l'impuissance des États à apporter seuls des solutions pérennes, le plan voté cette nuit, première action européenne coordonnée doit constituer l'amorce du réel gouvernement économique au niveau de l'Union que les radicaux de gauche ont toujours appelé de leurs vœux.

    Il s'agit d'un impératif si l'Europe souhaite se doter des moyens de faire face aux difficultés financières, économiques et sociales qui s'annoncent pour plusieurs autres États membres, dont la France n'est pas des moindres.

    Par Fabrice Moulin

  • Soutien aux salariés de Surcouf

    Ce n’est bien entendu pas à la Ville de Paris d’administrer les entreprises privées parisiennes mais ce n’est pas pour cela que nous devons rester indifférent quand des emplois sont menacés et des conditions de travail dégradées.

    Je suis avec le Parti Radical de Gauche pour une entreprise responsable dans une économie équitable et régulée par des objectifs sociaux, environnementaux et civiques.

    Ce sont ces principes que nous devons rappeler au propriétaire des magasins Surcouf et c’est dans cette optique que j'ai voté le voeu présenté au conseil d'arrondissement du 4 mai pour demander une reprise du dialogue social avec les salariés sur une base équitable.

  • Vincent d'Indy, le doigt dans l'engrenage ?

    Au conseil d'arrondissement du 4 mai, notre collègue du Parti de Gauche, Alexis Corbière, s'est mis en tête de déposer un vœu demandant de débaptiser le collège Vincent d'Indy car ce musicien, qui fut au tournant du 19e siècle le pendant français de Richard Wagner, a écrit des propos antisémites.

    Il est vrai que les propos antisémites de d'Indy sont inqualifiables, mais je me demande s'il n'aurait pas mieux valu qu'oubliés de tous, ils le restent plutôt que d'en faire la publicité.

    Surtout, cette initiative ne risque-t-elle pas d'ouvrir une boîte de Pandore ? Car pourquoi se limiter au collège et non à la rue ? Pourquoi se limiter à d'Indy si d'autres ont tenus des propos similaires voir pire ? Va-t-on devoir supprimer toutes les dénominations dans le 12e et à Paris de personnes qui à un moment ou un autre ont-eu des attitudes condamnables ?

    A notre demande insistante, Alexis Corbière a accepté d'atténuer la portée de son vœu pour demander seulement le lancement d'un débat sur cette appellation.

    Voilà ce que j'ai répondu à en séance :

     

    "Tout d'abord, le fait que la dénomination de l'avenue Vincent d'Indy soit intervenue un an à peine après sa mort, sans le recul historique nécessaire, devrait nous faire réfléchir sur la précipitation dont nous pouvons faire preuve dans une politique d'attribution de noms à nos artères et équipements

    Cela dit, je crois que débaptiser une rue ou un équipement, même avec de bonnes intentions, doit rester un cas exceptionnel. Beaucoup de grandes figures artistiques ou historiques dont les noms ornent les rues de Paris cachent dans leur parcours des écrits ou des actes discutables voire condamnables au 21e siècle. Y compris de grands républicains ou des personnalités politiques de droite comme de gauche.

    Je ne cautionne évidemment pas les propos de Vincent d'Indy qui nous sont rapportés par notre collègue Alexis Corbière mais la mémoire est un équilibre fragile autant que le vivre-ensemble, et en tant qu'adjoint à la maire chargé de la Mémoire, j'invite notre collègue à la prudence.

    Un vœu ne s'imposait pas et surtout pas au conseil de Paris. Certes, un débat peut s'engager au sein du Conseil d'administration du collège, mais encore une fois soyons prudent sur ces questions."

     

    Par soucis de garder la cohérence de notre majorité, je n'ai pas voulu ouvrir un débat trop passionné en séance mais certains propos qui m'ont paru franchement démagogiques me poussent à réagir. D'autant qu'il va sûrement rebondir au Conseil de Paris et sans aucun doute dans la presse par l'entremise du président du groupe communiste-PG Ian Brossat qui semble avoir un goût prononcé pour l'agit-prop et les coups médiatiques.

    Précisons ici qu'il y a déjà eu deux personnes dont les noms ont été effacés des rues de Paris. Alexis Carrel, scientifique eugéniste et membre du Parti Populaire Français (PPF) de Doriot, principal parti collaborationniste de Vichy. Et Antoine Richepanse, général napoléonien dont les mains sont tachées de sang du massacre de centaines d'esclaves révoltés. Sans excuser d'Indy pour autant, je pense qu'on peut affirmer qu'il ne présente pas exactement le même degré de culpabilité.

    Je souhaiterai ici lancer un avertissement, en premier lieu à mes amis de gauche. Car il y aurait beaucoup à dire des hommes de droite mais que fera-t-on de Proudhon (l'auteur de Philosophie de la Misère et du célèbre "la propriété c'est le vol" qui a donné son nom à une artère du 12e) qui est surement dans le panthéon politique du Parti de Gauche mais qui n'en a pas moins écrit qu'il fallait « exterminer les juifs » ! Et Voltaire qui a écrit de beaux textes contre l'esclavage mais n'en a pas moins été complice en ayant des parts dans une société du commerce triangulaire ? Financer ce que nous qualifions aujourd'hui de crime contre l'humanité n'est-il pas au moins aussi grave que d'en faire l'apologie ? Voltaire doit-il disparaitre de notre capitale ?

    De même, la colonisation et bien souvent la supériorité de l'Homme blanc qui la sous-tendait a été soutenue par tous les gouvernements et une majeure parti du personnel politique de droite comme de gauche de la IIIe République jusqu'à la décolonisation de 1960. Comment juger avec les yeux d'aujourd'hui ces propos de Léon Blum : « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès » ? Soyons fair-play, ma famille politique - les Radicaux-Républicains - ne fut pas non plus épargnée par la bêtise de l'époque !

    Il y a peu de temps nous avons vu avec l'inauguration de l'esplanade Ben Gourion par le maire de Paris et les réactions passionnées qu'elle a provoqué chez certains que le travail de mémoire est un exercice complexe. Il faut éviter de multiplier les sujets de crispation et se garder de relancer une compétition des mémoires qui pourrait faire plus de mal que de bien au vivre-ensemble dans la République fraternelle que nous appelons de nos vœux.

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