Avertir le modérateur

Politique - Page 19

  • Vers un front républicain radical de gauche en 2011 ?

    PARIS, 1 fév 2011 (AFP) - Le Mouvement républicain et citoyen va présenter sa propre liste pour les élections sénatoriales de septembre 2011 à Paris, dont Georges Sarre ferait partie mais aussi peut-être des élus du PRG ou du Parti de gauche, a annoncé mardi l'élu Pierre Dubreuil, Premier secrétaire du MRC Paris.
    "Nous sommes en contact avec le PRG et le Parti de gauche pour créer une alliance et constituer une liste que je souhaiterais conduire pour les sénatoriales", a déclaré M. Dubreuil à la presse. Il a déploré l'attitude du PS qui n'a pas inclus le MRC dans sa liste de gauche (PS, EELV, PCF)
    "ni même pris contact avec nous" lors des tractations pour leur liste. Figure historique du MRC à Paris, Georges Sarre devrait être candidat dans cette future liste, a ajouté le conseiller régional.
    Il "entend aller jusqu'au bout afin notamment de défendre les idées de Jean-Pierre Chevènement" pour la présidentielle de 2012, jugeant que le PS a pris "le risque de faire perdre un siège à la gauche pour les sénatoriales" en ne les incluant pas.
    Douze sièges de sénateurs seront à renouveler en septembre 2011 à Paris (actuellement cinq sont à droite et sept à gauche, dont quatre PS, un PCF et un Verts). Fin novembre le Parti radical de gauche (PRG) avait aussi annoncé vouloir présenter sa propre liste pour les sénatoriales, emmenée par Jean-Bernard Bros, adjoint PRG au maire de Paris chargé du tourisme.

  • Une mairie socialiste construit une église !

    Les quelques lecteurs de ce blog penseront peut-être que chez moi la laïcité vire à l’obsession. Pourtant les tentatives de l'extrême droite de récupérer et d'instrumentaliser la laïcité - comme on a pu l'entendre récemment lors du premier discours de la nouvelle présidente du FN, prouve que les femmes et les hommes de gauche qui veillent depuis longtemps et inlassablement au respect de la loi de 1905 ne sont ni des obsessionnels ni des ringards, comme j'ai pu l'entendre parfois de la bouche d'élus UMP ou même de socialistes ou de Verts, mais à l'avant-garde du combat pour les valeurs républicaines.

    C'est un combat pour la tolérance, la fraternité et la liberté de croire comme de ne pas croire, mais aussi, par le maintien des convictions religieuses dans la sphère privée et une stricte neutralité de la puissance publique, pour le vivre ensemble républicain contre tous les communautarisme et les repli sur soi. J'ajouterai que c'est aussi une garantie de bonne utilisation des deniers publics car mieux vaut investir dans l'éducation publique ou la recherche que dans la religion.

    0611_eglise_une.jpgCes convictions ne sont malheureusement pas toujours partagées et l’on voit de plus en plus fréquemment certains hommes politiques, y compris à gauche, qui subventionnent d’une manière plus ou moins détournée les cultes, en totale contradiction avec la loi de 1905. Dernier exemple en date, la commune des Lilas a financé la construction d'une nouvelle église et annonce sans ciller sur son site Internet "Dimanche 30 janvier, Daniel Guiraud, Maire des Lilas remettra symboliquement les clés de la nouvelle église construite par la ville à Pascal Delannoy, Evêque de Saint-Denis. Cette cérémonie civile sera suivie par la messe de consécration." Et ce n'est pas fini puisque "le projet sera achevé en 2011, par la construction d'un nouveau centre paroissial, d'un jardin et d'un campanile de plus de 20 mètres de hauteur." Voilà donc un maire socialiste qui utilise l’argent du contribuable pour édifier une église avant de l’inviter à la messe ! Le montage qui a permis une telle entorse à la loi de 1905 mériterait d'être observé à la louche par le Tribunal administratif.

    Je ne m’épancherai pas plus sur ce cas « édifiant », d’autant que mon collègue Alexis Corbière, du Parti de Gauche, en a longuement parlé sur son blog, et que nous partageons régulièrement les mêmes indignations quand la laïcité est mise à mal à Paris.

    Ce combat est constitutif du radicalisme depuis plus d'un siècle et essentiel pour les Radicaux de Gauche, mais il dépasse les frontières partisanes et est partagé par beaucoup dans tous les partis. Je ne sais encore si ce qui réunit d’authentiques Républicains peut-être plus fort que leurs divergences. En tout cas je pense que, face aux dérives beaucoup pourraient se reconnaître dans un front républicain initié par le PRG, « un parti bourgeois qui a l'âme d'un parti du peuple » selon la formule de Ferdinand Buisson, un radical qui présida... la commission parlementaire chargée de mettre en oeuvre la séparation des Églises et de l'Etat.

  • Sur l'Immaculée Conception, l'UMP pèche par maladresse

    Lors du conseil de lundi, nous avons également débattu d'un voeu de Valérie Montendon (UMP) qui ne pouvait que laisser perplexe quant à ses intentions cachées.

    Elle demandait à notre mairie d'apposer sur le fronton d'un immeuble privé un panneau signalant l'entrée d'une école privée et confessionnelle, en l'occurence celle de l'Immaculée Conception. Outre que ce n'est pas de notre responsabilité, que la mairie n'a strictement rien à voir dans une discussion qui concerne un syndic et un bailleur, et que Valérie Montendon a admis que le syndic a accepté la demande du bailleur, donc le problème est déjà résolu, on peut s'interroger du motif de l'élue UMP.

    Pour ma part, j'ai dénoncé au nom du PRG et demandé le retrait de son voeu "innopportun et inutile" sauf "comme un signe à une clientèle électorale et une provocation quand on voit l'école publique et laïque mise à mal par la politique du gouvernement et de la majorité parlementaire UMP, notamment avec l'amendement Carles".

    De plus, ses considérants étaient basés sur une confusion tellement absurde qu'on se demande si elle ne tient pas du prétexte. En effet, Valérie Montendon a expliqué craindre que le Règlement Local de la Publicité (RLP) élaboré par la Ville de Paris interdise à l'école d'afficher son nom sur l'immeuble, alors que le RLP veille a interdire la publicité commerciale aux abords des écoles ! C'est au nom de la laïcité défendue par les radicaux de gauche que nous souhaitons éviter aux enfants de subir le prosélytisme des grandes marques jusque dans les établissements scolaires, et c'est aussi au nom de notre conception de la laïcité, cque nous estimons que ce n'est sûrement pas à une municipalité de faire de la pub pour une école  privée confessionnelle.

    Mon collègue Alexis Corbière (PG) s'est également opposé fermement à ce voeu et nous avons demandé son retrait. Le PS, qui n'a pas été des plus offensif, a aussi demandé le retrait et indiqué qu'il ne participerait pas au vote (au risque tout de même de laisser adopter le voeu), alors que les Verts sont restés silencieux. Valérie Montendon, réalisant sans doute qu'il lui faudrait trouver plus habile pour relancer la guerre scolaire, a cédé et retiré son voeu.

  • Berges, logements et hélicos, quand la droite se contredit...

    Au menu notamment du conseil d'arrondissement de janvier, le projet d'aménagement  voies sur berges qui s’étend maintenant au 12e arrondissement, notamment le bassin de l'Arsenal, ce qui est une chance. Face à l'opposition concertée de la CCIP et de la droite, le débat a permis de rappeler que le projet du tramway avait connu les mêmes oppositions au nom de la défense du petit commerce, avant que sa réalisation prouve au contraire l'apport de revitalisation des quartiers au plus grand bénéfice des commerçants. En terme d'attractivité touristique, et donc d'activité économique et d'emplois, la création d'espaces de loisirs et culturels sur les berges dans Paris est une bonne chose, inspirée de plusieurs exemples de métropole touristiques dans le monde. D'ailleurs, une ville comme Bordeaux ne s'y est pas trompé puisque son maire, Alain Juppé, qui est rappelons-le un ministre de droite, n'a pas hésité à bousculer les conservatismes et modifier considérablement le plan de circulation sur les quais de la Garonne. J'invite notre opposition à constater l'activité commerciale dans ses espaces réhabilités.

    Un voeu du groupe socialiste et radical de gauche appelant le gouvernement à prendre ses responsabilités - notamment financières - a prouvé une nouvelle fois l'incurie de la droite qui ne cesse de parler du besoin de logement des classes moyennes à Paris tout en refusant de nous donner les moyens de le faire. Autre moment amusant : un voeu du PC contre l'implantation d'un héliport à Bercy, projet soutenu par les leaders de la droite parisienne, Jean-François Lamour et Philippe Goujon, mais pas par la droite du 12e, qui ne savait pas trop quoi répondre... et a finit par soutenir le fond du voeu sans le voter !

  • Deux disparitions dans l'arrondissement

    Ce début d'année aura été marqué par la disparition de 2 figures "historiques" de notre arrondissement.

    D'abord, celle de Vincent Casa, conseiller municipal d'opposition UMP, élu depuis 1995 et qui fut adjoint sous le mandat de Pernin. Après avoir consacré de nombreuses années à faire de la politique dans le 12e, il devait enfin siéger au Conseil de Paris en février suite à la démission du tête de liste UMP-NC de 2008, Jean-Marie Cavada. Cruelle ironie du destin, il est décédé quelques semaines auparavant.

    La maire du 12e, Michèle Blumenthal lui a rendu un hommage émouvant et je crois sincèrement ému lors de notre conseil d'arrondissement.

    De ces quelques années où j'ai pu le rencontrer et le voir à l'oeuvre dans nos activités municipales, je retiens comme elle, malgré nos divergences politiques  et une certaine propension à la mauvaise foi (mais n'est-ce pas un défaut fréquent et partagé en politique?), une présence assidue à tout ce qui touchait à la vie de l'arrondissement.

    Je peux en témoigner dans ma charge de Maire-adjoint à la Mémoire et au monde combattant. Membre de la FNACA, Vincent Casa y était actif. Contrairement à ses collègues de l'opposition, il était toujours présent aux cérémonies commémoratives (sauf paradoxalement celle du 19 mars 1962, pour des raisons évidemment politiques) et je crois qu'il va manquer aux anciens combattants. Il était toujours courtois et je crois avoir veillé à ces moments là que sa présence soit respectée comme il se doit dans des manifestations républicaines. Il n'y a pas non plus une assemblée générale d'une association ou une veillée du 11 novembre où je ne l'ai vu passer une tête ou dire un mot, et même s'il avait du mal à défendre la politique de son gouvernement très décriée par un monde combattant qui se sent abandonné et méprisé, il n'avait visiblement pas l'intention de laisser le terrain à notre majorité sans combattre. Et pour cela aussi, je regrette sa disparition.

    Autre disparition qui a profondément marqué les associations de Mémoire et du monde combattant, celle de Joseph Jourdren, résistant qui connu la déportation et la détention à Dora et dans pas moins de 7 camps nazis.

    Ancien président de la Fédération National des Déportés et Internés de la Résistance - Département de Paris. Il était ainsi membre de l’Amicale des Déportés politiques et de la Résistance de Dora Ellrich, de la Fondation des Français Libres et de la Fondation Charles de Gaulle. Membre de la Commission Nationale de la Croix du Combattant volontaire de la Résistance puis Délégué à la Commission Départementale chargée de donner un avis sur l’attribution de la Carte du Combattant et Délégué Départemental auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris. Dans le 12ème arrondissement. Il a été Président de la SEMLH pendant 24 ans et en était depuis devenu le Président honoraire.

    Malgré son grand age, les séquelles des tortures nazies et la maladie, Jospeh Jourdren était présent à toutes les cérémonies commémoratives. Il voulait inlassablement témoigner de son expérience terrible auprès des jeunes, avait écrit plusieurs textes à l'occasion du Concours de l'Education national sur la Résistance. Je tacherai à ce qu'ils soient plus connus dans l'arrondissement et je ne peux que regretter que nos initiatives auprès de la communauté scolaire n'aient pas reçues plus d'écho... Je me souviens de lui lors de la dernière journée de la Déportation dans le 12e , très digne, témoignant des horreurs qu'il avait vécu, ainsi que lors du débat sur la mémoire auquel j'ai eu l'honneur de participer à ses côtés, organisé par mon ami Gilles Alayrac et son association ADER15 dans le 15e arrondissement.

    J’étais présent à ses obsèques le 24 janvier, aux côtés de sa famille et de ses proches, des associations, de la maire ainsi que de la députée du 12e, Sandrine Mazetier. Celle-ci avait entamé des démarches officielles pour que Joseph Jourdren soit élevé de son vivant au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur. Au nom de notre mairie et des associations du Monde combattant du 12e, j'avais soutenu son initiative et le courrier en retour du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants (à l'époque où il y en avait un) était encourageant. Malheureusement, près de deux ans plus tard, rien n'avait avancé, ce qu'on ne peut que regretter amèrement. C'est à croire qu'aux grands hommes la Patrie est de moins en moins reconnaissante...

  • L'opposition perd la tête

    Jean-Marie Cavada a donc démissionné du Conseil de Paris et du conseil d'arrondissement après deux ans de quasi-absence et d'une inactivité municipale qui n'étonnera que ceux qui n'avaient pas compris dès le début qu'il ne s'était présenté dans notre arrondissement que pour garantir sa réélection au Parlement européen. Ce qui fut fait en 2009, date à laquelle on ne l'a plus jamais revu en conseil d'arrondissement. La droite perd donc sa tête de liste ! La suivante sur la liste aura été moins assidue puisqu'on a vu Christine Lagarde qu'une fois dans notre mairie, en 2008. Mais elle ne démissionne pas. Cavada quitte le navire, et Le Monde résume bien ce pathétique naufrage de la droite du 12e :

    "Nicolas Sarkozy avait contribué à convaincre Jean-Marie Cavada, transfuge du MoDem en 2008, de se présenter dans le 12e arrondissement de Paris, un territoire clé pour la droite. Une stratégie qui n'a pas payé, Jean-Marie Cavada et la ministre de l'économie, Christine Lagarde, avaient été balayés, réunissant au second tour seulement 35 % des voix contre plus de 64 % à la maire sortante socialiste, Michèle Blumenthal. Le parachutage de l'ex-présentateur de "La Marche du siècle" à Paris devait renouveler les leaders de la droite dans un arrondissement clé pour la conquête de l'Hôtel de Ville. Finalement, le siège de Jean-Marie Cavada reviendra à l'UMP Vincent Casa, 75 ans, élu du 12e depuis 1995."

    Vincent Casa qui devrait peut-être rejoindre le groupe Nouveau centre, où siégait Cavada, en contrepartie de sa promotion au Conseil de Paris, après avoir fait toute sa carrière au RPR. Cela doit être cela, le "renouvellement" ! Cette opportunisme ne trompera personne, et surtout pas les électeurs du centre-droit qui n'ont plus de représentant crédible dans l'opposition. Il faut dire que personne n'a encore compris quoi et qui représentait cette opposition hétéroclite ni quelles positions ils défendent, à part une sorte de conservatisme brouillon.

    Dernière anecdote en date en guise de démonstration : dans le journal de la droite, Les nouvelles du 12e, Vincent Casa critique l'attribution de deux subventions dont j'étais rapporteur au dernier conseil. Soit le soutien à deux associations pour la création de balades patrimoniales que Vincent Casa juge "ridicule" en parlant "d'argent gaspillé". Rappelons d'abord que ces associations vont faire découvrir aux nouveaux habitants (plusieurs milliers chaque année) leur arrondissement et initier la création de circuits touristiques hors des sentiers battus pour mettre en valeur le tissu, associatif, commerçant, artisan et artistiques ainsi que les richesses du patrimoine et les nouvelles réalisations architecturales du 12e. C'est du tourisme participatif et associatif, sur le même modèle que d'autres initiatives créées depuis 2001 qui drainent des milliers de personnes dans notre arrondissement. Monsieur Casa pourrait se réjouir que les habitants du 12e profitent de ces initiatives comme d'autres arrondissements avant. Mais sa critique est très révélatrice de l'esprit réactionnaire des élus de droite. Et je suis généreux en parlant "d'esprit"...

    Mais rappelons surtout que ces subventions n'ont soulevé ni questions, ni objections des amis de monsieur Casa en conseil d'arrondissement qui, si ma mémoire est bonne, ont voté avec la majorité pour leur attribution. Amnésie collective ou mauvaise foi caractérisée ? Ce n'est pas la première fois que Vincent Casa critique une décision pour laquelle il a votée. Mais peut-être que cette fois la droite a vraiment perdu la tête !

  • Ne laissons pas la laïcité aux mains des ennemis de la République

    Les "Assises sur l'islamisation de nos pays" auront donc bien eu lieu ce samedi dans notre arrondissement. Et ce malgré les protestations de toutes les forces politiques de gauche, les associations de l'arrondissement, l'intervention du maire de Paris auprès de la Préfecture. Pourtant il suffit d'entendre les propos des intervenants de cette réunion d'extrême-droite et de néo-fascistes européens pour comprendre que l'objectif n'était pas de réfléchir comme ils le prétendent mais de délivrer un message de haine, de stigmatisation, bien résumé par ce propos d'un des organisateurs "le problème n'est pas qu'il y a trop de mosquées mais qu'il y a trop de musulmans", et que la laïcité n'est qu'un prétexte pour promouvoir la supériorité d'une religion sur une autre. L'extrême-droite française, à commencer par le FN, n'a-t-elle pas toujours pourfendu la laïcité et trouver ses soutiens chez les intégristes catholiques ? Et on retrouve aujourd’hui ces-dernier grimés en faux-laïcs.

    J'ai été l'un des premiers à demander solennellement au nom du PRG au Directeur de l'Espace Charenton d'annuler ces prétendues « assises » sous-titrée « Défendre la laïcité, défendre les valeurs de notre civilisation » car elles sont fondamentalement en opposition avec les valeurs qui fondent notre République et la laïcité, telle que définie par la Loi de 1905 dont les Radicaux sont à l’origine.

    Rassemblement élus contre Assises de l'extrême-droite.jpgLes élus du 12e se sont réunis la veille pour une protestation symbolique contre "l'instrumentalisation de la laïcité" devant l'Espace, rejoint par d'autres élus parisiens parmi lesquels beaucoup de mes amis radicaux de gauche, et la maire du 12e arrondissement a également demandé à la Préfecture l'annulation. A lire son interview sur le Post. Je note que ce rassemblement que nous souhaitions ouvert à tous les "élus républicains" n'a pas été rejoint par les élus de l’opposition municipale ni aucun autre du Nouveau Centre ou de l'UMP, qu'on n'a pas du tout entendu pendant toute cette affaire. Il me semble pourtant que des héritiers du général de Gaule devraient s'étrangler de voir des gens à l'idéologie pétainistes se prétendre "résistants" et utiliser des symboles comme la croix de Lorraine ! Mais il faut croire qu'ils partagent les accointances de certains maires et députés UMP qui approuvent les thèses de cette nouvelle extrême-droite.

    Le PRG avec la quasi-totalité des organisations de gauche (excepté le PS mais dont des militants sont tout de même venus) et associations comme la LDH ou Sos Racisme, avait appelé à manifester samedi même à proximité de l'Espace Charenton. On y a entendu tout de même la députée socialiste Sandrine Mazetier faire une intervention remarquable. Et aussi la journaliste et essayiste Caroline Fourest qui continue de défendre courageusement une conception de la laïcité intelligente, sans naïveté et sans compromis d’aucune sorte. Sur ce sujet, elle est à mon sens complètement en accord avec les positions que nous défendons depuis des années avec le PRG à Paris, y compris parfois en désaccord avec notre majorité.

    D’autres organisations, qui n’étaient pas inscrite dans cette démarche unitaire mais ont protesté parallèlement, ont un discours qui me semble par contre contre-productif, et il faut surtout que la gauche républicaine garde son cap. Que ce combat contre la xénophobie ne nous détourne pas de nos fondamentaux ! La vraie réponse à l’offensive anti-musulmans, qui se nourrit des inquiétudes et des peurs de nos concitoyens plongés dans un monde en crise, c’est l’application ferme et juste de la Loi de 1905. La loi de séparation des églises et de l'Etat qui garantit la « Liberté de conscience » et stipule que « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ».

    Rien que la loi mais toute la loi. Il faut donc rappeler que l’Etat n’a pas plus à financer la construction de lieux de culte que des maires à refuser des permis de construire pour en édifier. Les collectivités locales n’ont pas plus à subventionner les associations cultuelles ou confessionnelles qu’à en entraver l’action dans le cadre prévu par la loi. La loi pour tous les citoyens libres et égaux en droits.

    Ferdinand Buisson disait « la laïcité est le droit et le devoir de parler haut et ferme au nom de la raison ». Ceux qui agitent la menace d’« islamisation de nos sociétés » comme un épouvantail pour monter les citoyens les uns contre les autres ne sont surement pas animés par la raison, et leur outrance verbale est la preuve de leur mauvaise foi. Mais les revendications des communautaristes religieux existent. Rien ne serait plus terrible que de laisser croire qu’on y cède pour combattre d’autres extrémistes, car ces-derniers en feraient alors le triomphe de leurs thèses. La Loi de 1905 est un point d’équilibre et la laïcité à la française le ciment du vivre ensemble de notre République. Ne la laissons pas dans les mains des extrêmes.

     


  • Rassemblement vendredi 17 décembre contre l'extrême droite

    Dans un courrier, le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), a demandé au préfet de police, Michel Gaudin, «de bien vouloir prendre toutes les mesures nécessaires» afin que le colloque contre "l'islamisation de nos pays" organisé par l'extrême-droite identitaire et Riposte laïque dans le 12e «ne puisse avoir lieu». Elle «ne peut qu'engendrer haine, xénophobie et trouble à l'ordre public», a-t-il justifié.

    M. Delanoë a rappelé que le Bloc Identitaire «multiplie depuis des années les provocations, organisant à Paris ou à Nice des soupes au cochon pour les sans-abri» ou encore l'«apéro saucisson-pinard en juin à la Goutte d'Or».

    Cette demande du maire de Paris fait echo à celle du PRG auprès du directeur de l'Espace Charenton et aux interventions d'autres élus de la majorité pour que notre arrondissement n'accueille pas cette réunion à laquelle doivent participer Oskar Freysinger, l'une des figures de proue du parti UDC en Suisse, qui avait fait approuver en 2009 l'interdiction des minarets par référendum populaire, Bloc Identitaire, l'organisation «Riposte laïque» qui limite la défense de la laïcité à une dénonciation virulente de l'islam ainsi que Tommy Robinson, porte-parole de la Ligue anglaise de défense (English Defense League, EDL), un groupe d'extrême droite anti-musulman.

    Les thèses développés par ces gens dont certains se prétendent "républicains laïques" comme les dernières déclarations de Marine Le Pen touchent au cœur notre combat laïque qu'ils pervertissent et desservent en en faisant une arme xénophobe.

    En signe de protestation, la mairie du 12e et la mairie de Paris appellent à un rassemblement silencieux devant l’Espace Charenton, 327 rue de Charenton (métro Porte de Charenton), le vendredi 17 décembre à 13h, afin de manifester notre opposition à la tenue de cet évènement contraire en tous points aux idéaux républicains. Elus et citoyens républicains sont attendus !

  • Des élus dénoncent la tenue d'un colloque d'extreme-droite

    Article paru dans le Parisien du 15 décembre, par Sebastien Ramnoux.

    parisien.jpgL'intitulé annonce la couleur sans hypocrisie : « Assises internationales sur l'islamisation de notre pays ». Ce colloque qui tente de se donner des allures scientifiques et sérieuses doit avoir lieu samedi dans un centre de conférences privé du XIIe arrondissement, l'espace Charenton, qui a confirmé la réservation. Sur les  sites faisant état de cette réunion; les organisateurs annoncent « des personnalités de plus de dix pays, et de sensibilités fort différentes, seront réunies pour clamer l'impérieux devoir de défendre, en France comme dans toute l'Europe, nos valeurs laïques et civilisationnelles ».

    Une initiative qui commence à soulever un mouvement de protestation de la part d'élus et d'associations. « Les coorganisateurs de cette journée sont le Bloc identitaire, un mouvement d'extrême droite, et Riposte laïque, qui s'étaient déjà associés pour le tristement célèbre apéro saucisson-pinard antimusulman, explique Fabrice Moulin, élu radical de gauche dans le XIIe. Encore une fois, ils tentent d'instrumentaliser' la laïcité, une valeur fondamentale de notre République, pour en faire une arme anti-islam. » L'élu a adressé un courrier à la direction de l'espace Charenton leur demandant d'annuler cette réunion. Il n'a pas eu de réponse. Contactée hier, la direction de l'espace Charenton n'a pas souhaité répondre à nos questions, se bornant a expliquer qu'ils sont « apolitiques ».

    D'autres élus du XIIe, comme le conseiller de Paris (du Parti de gauche) Alexis Corbière, ont aussi dénoncé la tènue de ce meeting, demandant même son interdiction. « On ne peut pas laisser passer ça, au moment où le Front national et Marine Le Pen reprennent leur vieille rhétorique », explique Alexis Corbière.

    Parmi les participants au colloque, dont on ne sait s'ils viendront tous, on trouve l'activiste suisse Oskar Freysinger, à l'origine de la campagne anti-musulmans montrant sur des affiches des minarets en forme de missiles. Reste que l'interdiction devrait être difficile à prononcer. Saisie par des élus, la préfecture de police étudie le dossier, mais l'événement a lieu dans une salle privée, et est donc très difficile à interdire juridiquement.

    Pour marquer le coup, la mairie du XIIe arrondissement appelle à un rassemblement silencieux la veille, vendredi, à 13 heures devant l'espace Charenton. Une autre manifestation est prévue par des associations le jour même. « Il y a un risque d'affrontement avec des groupes antifascistes, estime Alexis Corbière. Ce n'est pas notre manière d'agir, mais si il y a un risque de trouble à l'ordre public, les autorités devront agir. »

     

  • Le coup de semonce des radicaux de gauche

    Article paru dans le Parisien de ce jour, par Sebastien Ramnoux.

    parisienLes radicaux de gauche (PRG) de Paris ne sont pas contents et le font savoir. Dans un communiqué, ils viennent d'annoncer qu'ils constitueraient, pour les sénatoriales de septembre 2011, une liste indépendante de celle concoctée vendredi par le PS et ses alliés habituels (Verts et PC). « A notre grande surprise, nous avons appris qu'aucun candidat du PRG ne figurait sur la liste du PS, explique Fabrice Moulin, élu PRG dans le XIIe. C'est inacceptable, d'autant plus qu'en 2004, aux précédentes sénatoriales, nous avions une candidate. » Le PRG va donc s'atteler à composer une liste de quatorze noms, dont le conseiller de Paris et adjoint au maire Jean-Bernard Bros devrait être le leader.

    Pour la gauche parisienne et le PS, c'est le grain· de sable qui pourrait faire dérailler la machine. En effet, la gauche espère conquérir un huitième siège de sénateur (elle en détient actuellement sept sur douze dans la capitale), mais la dispersion des voix pourrait être fatale à cette ambition. «Nous ne faisons pas ça contre le PS, mais pour que notre sensibilité soit présente dans cette élection, poursuit Fabrice Moulin. Nous voulons défendre nos valeurs habituelles : la laïcité, la défense des idéaux républicains, citoyens, humanistes, dans un esprit de rassemblement de toutes celles et tous ceux qui partagent ces valeurs. »

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu