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mardi, 27 mai 2008

Préservons l'héritage du Conseil National de la Resistance

 

65e anniversaire de la création

du Conseil National de la Résistance

mardi 27 mai 2008 

Discours de Fabrice MOULIN


 

Mesdames, messieurs les élus,

Mesdames et messieurs les présidents et représentants des associations du Monde combattant,

Mesdames, Messieurs,

 

Nous sommes réunis ce matin devant la mairie du 12e arrondissement pour commémorer le 65e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance.

 

Je tiens tout d’abord à remercier messieurs Robert Hallouin et Jacques Weiller, qui président dans notre arrondissement l'Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance (ANACR), ainsi que monsieur Maurice Cassan, président du Comité d’Entente, pour l’organisation de cette cérémonie.

 

Vous savez que la maire du 12e arrondissement, Michèle Blumenthal, que j’ai l’honneur de représenter ce matin, est membre de l’ANACR 12e. Elle ne peut être parmi nous ce matin car elle assiste au Conseil de Paris mais vous connaissez son attachement comme l’ensemble de la municipalité à commémorer la création du CNR.

 

Pourquoi le 27 mai 1943 est-elle une date d’importance ?

 

Souvenons-nous d’abord que c’est dans un Paris occupé, où résonnent les bruits de botte de l’Allemagne nazie, que se réuniront 19 hommes recherchés.

 

De l’armistice de 1940 jusqu’à la libération, des milliers d’hommes et de femmes vont former ce qu’on appellera l’armée des ombres, ceux qui refuseront la capitulation et le déshonneur de la collaboration.

 

Mais pour que la Francese relève, qu'elle retrouve son rang et son indépendance parmi les Alliés, il fallait que cette Résistance intérieure qui n'était d'abord, selon le mot d'André Malraux, qu'un « désordre de courage », soit unifié autour du général de Gaulle. Cette unification de la Résistance restera l'œuvre capitale de Jean Moulin.

 

Le renouveau de la Francepassait par le redressement de l'État. Et ce n'est pas une simple coïncidence que le premier chef de la Résistance fut un préfet d'une République qui n'avait pas abdiqué. C'est le signe qu'il ne pouvait y avoir de sursaut sans renaissance de l'Esprit républicain, prélude au retour de l'État républicain.

 

Représentant du Général de Gaulle, Jean Moulin va réussir le tour de force de réunir au sein du CNR les représentants des huit grands mouvements de résistance, des deux grands syndicats d'avant-guerre et des six principaux partis politiques de la Troisième République.

 

Peu après sa création, Jean Moulin sera capturé par les SS, torturé, et décèdera sans avoir rien dit à ses tortionnaires. Son courage empêchera les nazis de démanteler le CNR.

 

Fidèle de Jean Moulin, Robert Chambeiron, Président-délégué de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) expliquera les conséquences de la création du CNR, dont il a organisé cette première réunion le 27 mai 43, avant d’en devenir le Secrétaire général adjoint :

 

« Le CNR n’est l’instrument ni de la droite ni de la gauche. Par sa composition même, il est le reflet de la France en lutte dans sa diversité. Les conséquences sont considérables : en métropole, avant le 27 mai, il y avait des résistances ; après, il y a la Résistance. Le combat a changé d’âme et l’espoir de camp. »

 

Avec la création du Conseil national de la Résistance, la France occupée devient un pays allié à part entière et, à ce titre, sera présente lors de la capitulation des armées nazies, le 8 mai 1945.

 

Le CNR a également constitué une plate-forme politique pour la France d'après la Libération, un programme dont les mesures appliquées après la guerre, comme la création de la Sécurité Sociale, des Comités d’entreprises, la création du Salaire minimum ou encore la réduction du temps hebdomadaire de travail, ont fondé le modèle social auquel les Français sont encore aujourd’hui très attachés.

 

Le temps passe inexorablement mais l’événement d’aujourd’hui participe du devoir de mémoire et cet anniversaire n’est pas sans enseignement pour les Français d’aujourd’hui.

Car nous devons nous souvenir du courage et des idéaux qui animaient les 19 personnes recherchées par la Gestapo et la police de Vichy qui se sont réunis le 27 mai 1943, et de toutes celles et tous ceux qui ont résisté au nazisme l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

 

Parce qu’il y a eu le CNR et de Gaulle, la France sera, lors de la création de l’Organisation des Nations unies, l’une des cinq grandes puissances à occuper un siège permanent au sein du Conseil de sécurité. Et la France doit aujourd’hui continuer à défendre les Droits de l’Homme comme une valeur universelle.

 

Avec eux, nous devons garder l’esprit de Résistance pour défendre la démocratie et les libertés partout où elles sont menacées, porter plus haut l’idéal de la justice sociale, tendre la main aux opprimés, qui sont parfois si proche de nous.

 

Dans la France en paix, c’est la défense de ces valeurs toujours d’actualité qui doit nous réunir aujourd’hui dans la commémoration de la création du CNR.

17:12 Écrit par Fabrice Moulin dans Mémoire et Monde Combattant | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | |

 
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