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Mémoire et Monde Combattant - Page 8

  • Les députés PRG pour la campagne double pour les anciens combattants d'Algérie

     

    Gérard CHARASSE, Député PRG de l'Allier, est intervenu mercredi 5 novembre dans
    la discussion sur le budget de la "mission Anciens combattants"


    Monsieur le secrétaire d'État, ma question porte sur la campagne double.
    En janvier 2007, votre prédécesseur nous avait informés que l'avis du
    Conseil d'État concernant la campagne double en AFN et le rapport Gai
    avaient été rendus. Nous avons mis quelques mois à en obtenir la diffusion
    publique, ce qui laissait présager que notre position, contre laquelle le
    Gouvernement s'élevait avec vigueur, avait été retenue par la haute
    juridiction. Nous n'avions pas tort.
    Je rappelle que le Conseil d'État a tout d'abord cité son propre arrêt du 5
    avril 2006, dit arrêt "Officiers de la marine marchande" qui confirme que la
    loi du 18 octobre 1999 qualifiant le conflit en Algérie de "guerre" a créé
    une situation juridique nouvelle. Le Gouvernement aurait donc dû en tirer
    les conséquences en modifiant la réglementation en tant que de besoin
    puisque les personnes ayant été exposées à des situations de combat lors
    d'opérations de guerre au cours de la guerre d'Algérie sont susceptibles de
    bénéficier de la campagne double.
    Le Conseil d'État a également indiqué que les différentes modalités
    proposées dans le rapport Gai ne pouvaient être retenues pour des raisons
    juridiques que je ne peux pas détailler ici.
    Vous avez donc, monsieur le secrétaire d'État, reçu une invitation explicite
    de la haute juridiction à définir les circonstances de temps et de lieu
    permettant d'identifier les situations de combat qui pourraient ouvrir droit
    au bénéfice de la campagne double.
    Nous avons déposé un amendement pour mettre fin à la discrimination au
    détriment des anciens combattants de la guerre d'Algérie qui n'en
    bénéficient pas, contrairement aux deux autres générations du feu et aux
    anciens combattants des conflits récents dont la guerre du Golfe.
    Nous souhaitons que cet amendement, inspiré par l'équité mais aussi par le
    respect du droit, d'un droit rappelé en 2006 par la plus haute juridiction
    administrative, soit accepté. Nous vous remercions par avance de votre
    réponse.

    Réponse de M. Jean-Marie Bockel, Secrétaire d'Etat à la défense
    et aux anciens combattants


    La campagne double est un sujet sensible, vous le savez bien. Je n'ignore ni
    le rapport Gai ni l'avis du Conseil d'Etat qui s'en est suivi, et je
    n'ignore pas non plus les difficultés d'application d'une telle mesure.
    Cependant il faut savoir dire ce qu'on fera et ce qu'on ne pourra pas faire.
    J'ai lancé la consultation interministérielle sur ce sujet. C'est une
    première étape. Je l'ai dit aux représentants du monde combattant que j'ai
    reçus avec mon directeur de cabinet. Je me donne jusqu'à la fin du printemps
    2009 pour faire part de propositions concrètes sur ce dossier, et je le
    ferai clairement, même si elles ne répondent pas totalement à vos souhaits
    et à ceux du monde combattant. Par respect pour lui, je lui dois de prendre
    des positions claires.
    M. Alain Néri. Ce qui est gênant, c'est l'absence de réponse.
    M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d'État. Inutile de polémiquer sur des
    sujets que personne n'a réglés jusqu'à présent. C'est probablement qu'ils ne
    sont pas simples. Dans ces domaines, soyons tous modestes et commençons par
    balayer devant nos portes.
    Par ailleurs, monsieur Charasse, l'incidence budgétaire de la campagne
    double ne s'impute pas sur le programme 169, mais sur le programme 741,
    celui relatif aux pensions civiles et militaires et retraites d'invalidité
    de la mission « Pensions ». Toutefois je reconnais que cela ne change rien
    sur le fond. La clarification est pour bientôt.

  • Levée de boucliers contre la réduction du nombre de commémorations nationales

    AP | 10.11.2008 | 18:09

    "Je n'ai jamais demandé à ce qu'une date soit supprimée", a assuré lundi l'historien André Kaspi, alors que sa proposition de diviser par quatre le nombre de commémorations nationales fait déjà polémique.

    Le rapport de la commission Kaspi installée fin 2007, qui doit être présenté mercredi, souligne que les "commémorations publiques ou nationales sont trop nombreuses". A l'heure actuelle, on en compte une douzaine. La commission propose donc de ne garder que trois dates faisant l'objet d'une commémoration nationale: le 11-Novembre, le 8-Mai et le 14-Juillet.

    Parmi les journées de commémoration visées: celle de l'abolition de l'esclavage, fixée par l'ancien président Jacques Chirac au 10 mai. "Attention à ne pas ouvrir la boîte de Pandore et la concurrence des mémoires", a averti lundi le président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) Patrick Lozès, interrogé sur le sujet après avoir été reçu à l'Elysée par des collaborateurs du président Nicolas Sarkozy.

    "Est-ce que ce ne serait pas digne de commémorer l'esclavage? Cela ne serait pas digne de rappeler que l'Etat français a une responsabilité dans la déportation des juifs? Ce ne serait pas digne de célébrer les harkis qui se sont battus pour la France?", a-t-il lancé.

    "Il ne doit pas y avoir de concurrence des mémoires" et "nous sommes en train de réfléchir aux ripostes démocratiques que nous pouvons mettre en place", a prévenu M. Lozès.

    Dès dimanche, le secrétaire d'Etat à la Défense et aux anciens combattants Jean-Marie Bockel avait pris ses distances avec les conclusions de ce rapport. "Je ne pense pas qu'il faille garder uniquement trois dates", avait-il dit. "Je pense que les autres dates, que ce soit les 12 dates nationales ou d'autres dates encore, doivent pouvoir trouver pleinement leur place dans la mémoire nationale, dans les commémorations".

    "Tant qu'il y a des gens qui seront mobilisés autour d'une date, y compris des dates traduisant des événements terribles de la deuxième guerre mondiale comme la Shoah par exemple, eh bien, il faudra préserver ces dates", a ajouté le secrétaire d'Etat. "Peut-être dans un temps ultérieur, certaines dates pourront" se "rapprocher ou être commémorées peut-être tous les cinq ans, tous les dix ans, mais ce moment n'est pas encore venu".

    L'UMP a de son côté réaffirmé lundi "son attachement à la commémoration du 8-Mai et du 11-Novembre". "Ces deux dates appartiennent à notre histoire, à l'identité des Français. Le danger, aujourd'hui, n'est pas de trop commémorer mais plutôt d'oublier nos morts", a souligné sa porte-parole Chantal Brunel.

    "Les commémorations publiques ou nationales sont trop nombreuses, elles atteignent le nombre de 12, soit deux fois plus qu'en 1999", a souligné lundi André Kaspi sur France-Inter. Selon lui, "trois dates devraient faire l'objet d'une commémoration nationale" -le 11 novembre, le 8 mai et le 14 juillet-, et "les autres dates ne seraient pas supprimés, elles deviendraient des commémorations locales ou régionales". Simplement, "de temps à autre, elles revêtiraient un aspect exceptionnel, comme ce fut le cas en 2004 pour les débarquements alliés de 1944", a-t-il expliqué.

    Nicolas Sarkozy avait critiqué pendant la campagne présidentielle la vogue française des journées de commémoration, qui se sont multipliées sous les mandats de Jacques Chirac. Il déplorait alors un certain penchant pour la "repentance". Il n'en a pas moins voulu que le 22 octobre devienne une journée de la commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés.

    Le chef de l'Etat présidera mardi le 90e anniversaire de l'armistice de 1918 à Douaumont (Meuse). AP

  • La gratuité des transports s'invite à l'AG de la FNACA 12

    L'assemblée générale du comité 12e de la FNACA s'est réuni le dimanche 12 octobre 2008 dans la salle des fêtes de la mairie.

    Sous la présidence de Maurice Cassan, entouré des membres du bureau, et du Secrétaire général de la FNACA Paris, l'AG a pu écouter les interventions des 2 députés socialistes de l'arrondissement, Patrick Bloche et Sandrine Mazetier, qui leur ont assuré de leur soutien dans la défense de leur intérêts et de leur droits à l'Assemblée dans un contexte de crise et alors que le gouvernement oublie ses promesses au monde combattant.

    Catherine Vieu-Charrier, adjointe au maire de Paris chargé de la Mémoire et du Monde Combattant, a annoncé à l'assemblée que, comme l'avait promis Bertrand Delanoë pendant la campagne, la mairie accorderait la gratuité des transports en commun pour les veuves d'anciens combattants dès 2009.

    L'AG a ensuite voté et a accordé de nouveau sa confiance au président Cassan et à son bureau alors que Fabrice Moulin, adjoint à la maire du 12e, concluait en lançant la mobilisation vers l'avenir pour célébrer en 2012 les 60 ans du 19 mars 1962.

    Un banquet dans un restaurant de l'avenue Vivaldi a clos les travaux.

  • Ravivage de la Flamme du Soldat inconnu par le Comité d'entente du 12e arrondissement

    arc de triomphele 08 01 08 026.jpgLe 8 octobre 2008, le Comité d'entente des associations du monde combattant du 12e arrondissement a ravivé la Flamme du Soldat Inconnu à l'Arc de Triomphe. (Merci à Henri Vassy et sa femme pour les photos)

    Maurice Cassan, Président du Comité d'Entente et du Comité FNACA du 12e, et Fabrice Moulin, adjoint à la maire du 12e arrondissement chargé de la Mémoire, du Monde Combattant et du Tourisme ont déposé une gerbe.

    arc de triomphe le 08 01 08 046.jpgarc de triomphele 08 01 08 038.jpgarc de triomphele 08 01 08 039.jpgarc de triomphele 08 01 08 048.jpgarc de triomphele 08 01 08 054.jpg

  • AG de l'UFAC

    Discours d'accueil de l’Assemblée Générale de l’UFAC

    par Fabrice MOULIN

    Espace Reuilly

    7 et 8 octobre 2008

    Monsieur le Président Jacques GOUJAT,

    Monsieur le Secrétaire Général Yves DOURY

    Mesdames, Messieurs,

    C'est un honneur et une fierté de vous accueillir au nom de Michèle Blumenthal dans le 12e arrondissement de Paris l'assemblée générale annuelle de l'Union Française des Associations de Combattants et de Victimes de Guerre, qui se tiendront les 7 et 8 octobre à l’Espace Reuilly.

    Vous nous avez fait l’honneur une fois encore de choisir notre arrondissement pour vous réunir. Et notre équipe municipale y est très sensible car nous sommes très attaché à la reconnaissance du monde combattant et à la transmission de la mémoire.

    Le 12e est l'un des arrondissements de Paris qui compte le plus d'anciens combattants qui animent des associations dynamiques et actives.

    J'en profite d'ailleurs pour saluer leurs représentants et notamment Jacques Weiller, membre du bureau de l’UFAC et président de l'ANACR 12e.

    Ces associations sont réunies au sein d'un comité d'entente qui porte bien son nom car chacun y a coeur de travailler collectivement pour la défense du monde combattant et la perpétuation du souvenir des conflits qui ont endeuillé le 20e siècle et de leurs victimes.

    Nous avons accueilli ce matin à la mairie le travail de vos commissions

    L'UFAC a un rôle très important dans la défense des intérêts moraux et matériels des anciens combattants.

    Un rôle d'autant plus important que le pouvoir d'achat, le niveau des pensions et la situation économiques des retraités se dégradent au fil des mois.

    L’UFAC participe également au devoir de mémoire et suit également les réflexions nationales sur l'évolution des cérémonies et commémorations du monde combattant.

    Votre participation à cette réflexion est très importante à l’heure où nous devons transmettre la mémoire aux jeunes générations.

    Nous allons fêter le 11 novembre prochain le 90e anniversaire de l’armistice de la guerre de 14-18. Il n’y a plus de poilus pour témoigner de l’horreur de cette guerre mais souvenons-nous que les anciens combattants de l’époque disaient que cette guerre serait la « der des ders ».

    L’UFAC qui a été créé en 1945 est bien placée pour savoir que ce ne fut pas le cas !

    Mais malgré tout la paix a progressé en Europe et c’est aussi cela la contribution du monde combattant aujourd’hui : œuvrer en faveur de la paix !

    Il reste beaucoup de travail, c’est pourquoi je vous souhaite au nom de la maire la bienvenue et du courage pour vos travaux aujourd’hui.

  • Inauguration de la place Moussa et Odette Abadi

    La Mairie du 12e rend hommage aux fondateurs et animateurs du « Réseau Marcel » (1943-1945) qui sauva 527 enfants juifs de la déportation. Odette et Moussa Abadi nous ont donné une leçon de courage et d'humanité à dimension universelle :

    "Qu'est-ce qu'un Enfant Caché ? C'était un enfant en danger. C'était un enfant qui avait besoin des autres. C'était un enfant qui risquait de mourir. Alors je vous le demande, je vous en prie, regardez autour de vous. Pensez aux enfants du Rwanda, aux enfants de la Somalie, aux enfants des trottoirs de Manille, aux enfants de Tchernobyl, aux enfants de Sarajevo. Ce sont des enfants cachés ! Et vous leur devez quelque chose. Alors, faites quelque chose. Et, si vous n'avez pas les moyens de faire quelque chose pour eux, alors, criez , hurlez, n'acceptez pas que dans ce monde, on tue, à quelques centaines de kilomètres de chez vous."

    Extraits de l'allocution de Moussa Abadi (Colloque des Enfants Cachés - 21 mai 1995)


    Inauguration de la place Moussa et Odette Abadi
    Samedi 13 septembre à 11h, au croisement de la rue Montgallet, de l’avenue Daumesnil et de la rue de Charenton.


    Michèle BLUMENTHAL, Maire du 12e arrondissement

    Fabrice MOULIN, Maire adjoint, chargé de la mémoire,
    du monde combattant et du tourisme

    L’association “Les Enfants et Amis Abadi”

    ont le plaisir de vous convier à l’inauguration de

    la Place Moussa et Odette Abadi
    en l’honneur des fondateurs et animateurs du « Réseau Marcel » (1943-1945) qui sauva 527 enfants juifs de la déportation

    Samedi 13 septembre 2008

    10h : projection du film documentaire “Le réseau Marcel”
    de Maria Landau et Jaqueline Sigaar
    Mairie du 12e, 130 av Daumesnil

    11h : inauguration de la place
    Croisement de la rue Montgallet, de l’avenue Daumesnil et de la rue de Charenton

     

  • Conférence "Le rôle des Républicains espagnols à la Libération de Paris"

     

    Ouverture de la Conférence

    « Le rôle des Républicains espagnols à la Libération de Paris »

    Jeudi 28 août 2008 à 18h

    Mairie du 12e – Salle des Fêtes

    Mesdames, Messieurs,

    Permettez-moi de vous accueillir au nom de Michèle Blumenthal dans cette mairie du 12e arrondissement où se tiendra pendant plus d’une semaine une Exposition intitulée « 1930-1975 l’Espagne et des Républicains pour témoins »

    1719425302.2.jpg

    Il y a quelques jours, nous avons commémoré le 64e anniversaire de la Libération de Paris.

    Et en tant qu’adjoint à la Mémoire, avec ma collègue Adjointe à la Culture, Violette Attal-Levi, et l’association « Mémoires partagées », il nous a paru intéressant de rappeler l’histoire des Républicains espagnols.

    Et grâce à cette conférence, de mettre en lumière leur rôle dans la libération de la capitale. Un rôle méconnu auquel nous devons rendre justice.

    La guerre d’Espagne fut un peu le prologue de la Seconde Guerre mondiale, une sorte de répétition générale, qui vit s’affronter non seulement républicains contre franquistes dans une terrible guerre civile, mais aussi des démocrates de tous les pays, réunies dans les Brigades internationales, et des communistes, contre fascistes italiens et troupes de l’Allemagne nazie.

    La guerre d’Espagne a connu les premières atrocités du conflit mondial à venir, comme Guernica, et a révélé aussi les premiers héros qui se sont élevés contre la barbarie et qui, même vaincu dans leur pays, ont continué le combat, passant du prologue à l’épilogue, libérant notre capitale et arrivant victorieux jusqu’en Allemagne avec la 2e DB de Leclerc.930551154.jpg


    Cette histoire des Républicains espagnols en France qui n’a pas été reconnue à sa juste valeur, à laquelle il faut rendre justice, sans oublier que le martyr espagnol ne s’est achevé qu’en 1975, à la mort de Franco.

    Et sans oublier non plus qu’aujourd’hui encore le devoir de mémoire déchire les Espagnols, comme en témoigne les difficultés du gouvernement Zapattero pour rendre hommage aux combattants anti-franquistes.

    Il nous apparaît important de faire connaître aux habitants de notre arrondissement le sacrifice des Républicains espagnols pour rétablir la démocratie dans notre pays et de partager avec vous cette mémoire.

    C’est pourquoi je laisse la parole à Véronique Olivares, écrivain, qui va nous rappeler  les grands épisodes qui ont présidé au déclenchement de la guerre civile de 1936 jusqu'à la défaite face aux franquistes et l'exil de 500.000 Républicains en France, puis à Evelyn Mesquida, journaliste, qui nous présentera le rôle des Républicains de la compagnie Nueve dans la libération de la France.

    Je vous remercie.

     

  • Armée : l'argent prime la stratégie

     

    "Pour la première fois dans l'histoire militaire de la France, l'argent prime la stratégie,

    la communication prime l'analyse"

     

    Gérard CHARASSE, Député PRG de l'Allier, a posé une question d'actualité
    mercredi 25 juin sur le Livre Blanc de la Défense.

    *M. le président.* La parole est à M. Gérard Charasse, pour le groupe
    socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

    M. Gérard Charasse. Monsieur le ministre de la défense, dans quelques jours,
    vous allez annoncer la mise en œuvre du Livre blanc sur la défense et la
    sécurité nationale, même si le Président de la République l'a déjà présenté,
    le 17 juin dernier, et en a défloré le contenu.

    Pour la première fois dans l'histoire militaire de la France, l'argent prime
    la stratégie, la communication prime l'analyse. Et ce n'est que demain que
    la représentation nationale pourra enfin en débattre !

    Pour ma part, avec nombre de mes collègues, je veux souligner quelques
    fortes incohérences du Livre blanc : vous entendez limiter notre effort de
    défense au moment où toutes les puissances militaires l'augmentent ; vous
    refusez des arbitrages, à moyens constants, dans le budget de la défense ;
    vous envisagez de restreindre la capacité de projection de nos forces et de
    réorienter les programmes d'armement alors que l'évolution même des conflits
    réclame l'inverse.

    De plus, le Président de la République veut le retour de la France dans la
    structure intégrée de l'OTAN, avec une vision du monde calquée sur celle
    d'une administration Bush finissante, ce qui inquiète même l'ancien Premier
    ministre et ancien chef de notre diplomatie, Alain Juppé. Comment alors
    est-il possible de bâtir une véritable politique européenne de sécurité et
    de défense qui ne soit pas pensée à Washington ?

    Enfin, si la lutte contre le terrorisme doit être une priorité, la réponse
    militaire n'est pas suffisante. Elle en est même parfois la source, comme en
    Irak. Il faut donc s'attaquer aux racines du terrorisme.

    Monsieur le ministre, votre Livre blanc et le volet militaire de la RGPP
    procèdent clairement d'une logique budgétaire, et non stratégique. Le
    3 juillet, vous annoncerez suppressions de postes et fermetures de casernes,
    de garnisons et autres bases militaires.

    M. Michel Sapin. Eh oui !

    M. Gérard Charasse. D'ailleurs, en Auvergne, le détachement Air 277 de
    Varennes-sur-Allier est curieusement menacé malgré toutes ses potentialités
    et malgré nos interventions.

    Certaines de ces décisions apparaissent comme le fruit de considérations
    partisanes : cela est totalement inacceptable !

    Dans ces conditions, monsieur le ministre, quelles réponses pouvez-vous
    apporter aux critiques et aux inquiétudes provoquées par le Livre blanc, et
    exprimées aussi bien par les militaires – et non des moindres – que par les
    élus de tous bords et par de nombreux Français ? *(Applaudissements sur les
    bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et sur
    plusieurs bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)*

    *M. le président.* La parole est à M. Hervé Morin, ministre de la défense.

    *M. Hervé Morin,** ministre de la défense.* Monsieur le député, je voudrais
    parvenir à vous convaincre…

    M. Alain Néri, Ce ne sera pas facile !

    *M. le ministre de la défense.* …en vous rappelant qu'un outil de défense
    doit s'adapter en permanence. Nous en avons eu une preuve historique
    lorsqu'en 1991, au moment de la guerre du Golfe, nous nous sommes rendus
    compte qu'avec une armée de terre de 300 000 hommes, nous n'étions capables
    d'en projeter que 12 000 parce que nous n'avions ni la professionnalisation
    ni les capacités de projection qui convenaient.

    Un outil de défense doit s'adapter en permanence à des menaces nouvelles, à
    des risques nouveaux et à des vulnérabilités nouvelles. On ne répond pas aux
    cyberattaques, qui peuvent désorganiser en profondeur nos sociétés, par des
    blindés ou par de l'artillerie. Nous en avons besoin, mais moins qu'avant ;
    d'où des restructurations qui concerneront ces forces. Au contraire, nous
    avons de plus en plus besoin d'équipements nouveaux liés à l'observation
    satellitaire, aux renseignements ou à de nouvelles capacités militaires.

    Par ailleurs, il y a déjà eu le vaste plan de la professionnalisation. Cet
    effort a restructuré en profondeur les forces opérationnelles. Nous devons
    désormais effectuer le même effort concernant l'administration générale et
    le soutien. Je vais vous citer un seul exemple : l'unique armée à laquelle
    nous pouvons nous comparer, c'est l'armée britannique, et, au sein de
    celle-ci, 60 % des ressources humaines sont consacrées aux forces
    opérationnelles et 40 % à l'administration générale et au soutien, alors que
    dans l'armée française, c'est l'inverse : 60 % à l'administration générale
    et au soutien, et 40 % aux forces opérationnelles. Nous devons désormais
    faire en sorte que les forces travaillent ensemble : il faut que nous
    mutualisions, que nous « interarmisions », afin de gagner des marges de
    manœuvre pour l'équipement des forces.

    Je vous rappelle les deux arbitrages du Président de la République qui font
    de la défense une priorité nationale : d'abord, l'ensemble des économies
    qu'effectuera le ministère de la défense sera conservé au profit de
    l'équipement des forces et de l'amélioration de la condition militaire ;…

    M. François Lamy. On verra ça !

    *M. le ministre de la défense. *…ensuite, la bosse budgétaire de 3 milliards
    d'euros, c'est-à-dire les besoins de financement liés aux décisions d'achat
    et d'équipement des dernières années, sera intégralement financée par des
    ressources extra-budgétaires exceptionnelles.

    La défense est une priorité. Et la France restera une puissance militaire
    globale. *(Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe de l'Union pour
    un mouvement populaire.)*
  • Préservons l'héritage du Conseil National de la Resistance

     

    65e anniversaire de la création

    du Conseil National de la Résistance

    mardi 27 mai 2008 

    Discours de Fabrice MOULIN


     

    Mesdames, messieurs les élus,

    Mesdames et messieurs les présidents et représentants des associations du Monde combattant,

    Mesdames, Messieurs,

     

    Nous sommes réunis ce matin devant la mairie du 12e arrondissement pour commémorer le 65e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance.

     

    Je tiens tout d’abord à remercier messieurs Robert Hallouin et Jacques Weiller, qui président dans notre arrondissement l'Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance (ANACR), ainsi que monsieur Maurice Cassan, président du Comité d’Entente, pour l’organisation de cette cérémonie.

     

    Vous savez que la maire du 12e arrondissement, Michèle Blumenthal, que j’ai l’honneur de représenter ce matin, est membre de l’ANACR 12e. Elle ne peut être parmi nous ce matin car elle assiste au Conseil de Paris mais vous connaissez son attachement comme l’ensemble de la municipalité à commémorer la création du CNR.

     

    Pourquoi le 27 mai 1943 est-elle une date d’importance ?

     

    Souvenons-nous d’abord que c’est dans un Paris occupé, où résonnent les bruits de botte de l’Allemagne nazie, que se réuniront 19 hommes recherchés.

     

    De l’armistice de 1940 jusqu’à la libération, des milliers d’hommes et de femmes vont former ce qu’on appellera l’armée des ombres, ceux qui refuseront la capitulation et le déshonneur de la collaboration.

     

    Mais pour que la Francese relève, qu'elle retrouve son rang et son indépendance parmi les Alliés, il fallait que cette Résistance intérieure qui n'était d'abord, selon le mot d'André Malraux, qu'un « désordre de courage », soit unifié autour du général de Gaulle. Cette unification de la Résistance restera l'œuvre capitale de Jean Moulin.

     

    Le renouveau de la Francepassait par le redressement de l'État. Et ce n'est pas une simple coïncidence que le premier chef de la Résistance fut un préfet d'une République qui n'avait pas abdiqué. C'est le signe qu'il ne pouvait y avoir de sursaut sans renaissance de l'Esprit républicain, prélude au retour de l'État républicain.

     

    Représentant du Général de Gaulle, Jean Moulin va réussir le tour de force de réunir au sein du CNR les représentants des huit grands mouvements de résistance, des deux grands syndicats d'avant-guerre et des six principaux partis politiques de la Troisième République.

     

    Peu après sa création, Jean Moulin sera capturé par les SS, torturé, et décèdera sans avoir rien dit à ses tortionnaires. Son courage empêchera les nazis de démanteler le CNR.

     

    Fidèle de Jean Moulin, Robert Chambeiron, Président-délégué de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) expliquera les conséquences de la création du CNR, dont il a organisé cette première réunion le 27 mai 43, avant d’en devenir le Secrétaire général adjoint :

     

    « Le CNR n’est l’instrument ni de la droite ni de la gauche. Par sa composition même, il est le reflet de la France en lutte dans sa diversité. Les conséquences sont considérables : en métropole, avant le 27 mai, il y avait des résistances ; après, il y a la Résistance. Le combat a changé d’âme et l’espoir de camp. »

     

    Avec la création du Conseil national de la Résistance, la France occupée devient un pays allié à part entière et, à ce titre, sera présente lors de la capitulation des armées nazies, le 8 mai 1945.

     

    Le CNR a également constitué une plate-forme politique pour la France d'après la Libération, un programme dont les mesures appliquées après la guerre, comme la création de la Sécurité Sociale, des Comités d’entreprises, la création du Salaire minimum ou encore la réduction du temps hebdomadaire de travail, ont fondé le modèle social auquel les Français sont encore aujourd’hui très attachés.

     

    Le temps passe inexorablement mais l’événement d’aujourd’hui participe du devoir de mémoire et cet anniversaire n’est pas sans enseignement pour les Français d’aujourd’hui.

    Car nous devons nous souvenir du courage et des idéaux qui animaient les 19 personnes recherchées par la Gestapo et la police de Vichy qui se sont réunis le 27 mai 1943, et de toutes celles et tous ceux qui ont résisté au nazisme l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

     

    Parce qu’il y a eu le CNR et de Gaulle, la France sera, lors de la création de l’Organisation des Nations unies, l’une des cinq grandes puissances à occuper un siège permanent au sein du Conseil de sécurité. Et la France doit aujourd’hui continuer à défendre les Droits de l’Homme comme une valeur universelle.

     

    Avec eux, nous devons garder l’esprit de Résistance pour défendre la démocratie et les libertés partout où elles sont menacées, porter plus haut l’idéal de la justice sociale, tendre la main aux opprimés, qui sont parfois si proche de nous.

     

    Dans la France en paix, c’est la défense de ces valeurs toujours d’actualité qui doit nous réunir aujourd’hui dans la commémoration de la création du CNR.

  • L'extermination de 6 millions de juifs, c'est loin d'être un détail

    Alors que dans le 12è et partout en France, nous venons de commémorer la Journée nationale du souvenir des vicitmes et des héros de la déportation, le président du Front National, Jean-Marie Le Pen récidive d'ignominie en prétendant de nouveau que les "chambres à gaz sont un détail de l'Histoire de la seconde guerre mondiale"...

    Le chef du FN a déjà été condamné pour des déclarations similaires, et les associations de déportés sont obligés de porter plainte comme les partis politiques et tous les citoyens de dénoncer ces propos, car l'inaction légitimerait de futures déclarations révisionnistes.

    C'est nécessaire mais c'est malheureusement offrir à Le Pen une occasion de se poser une nouvelle fois en victime et lui redonner une tribune médiatique alors que les médias commençaient enfin à se désentéresser à lui et au FN après les échecs électoraux successifs de l'extreme-droite.

    Toujours habile pour jouer sur les mots pour dire l'inadmissible, le Pen s'abrite souvent derrière ce qu'il qualifie d'"Histoire militaire" de la seconde guerre... Peut-être faudrait-il lui faire faire un petit calcul :

    Si l'histoire militaires des guerres se mesure au nombre de ses victimes, il y eu 50 millions de morts dans le conflit mondial en tout.

    Or 6 millions de juifs auxquels on doit ajouter les résistants, homosexuels, opposants politiques, handicapés exterminés par l'Allemagne nazie, souvent par l'armée elle-même et no les seuls SS.

    Cela fait plus de 12% des victimes de la guerre exterminés par les nazies ! Ce caclul macabre a au moins le mérite de prouver à ceux qui en douteraint encore qu'on est loin du détail, non ?

     

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