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Mémoire et Monde Combattant - Page 5

  • Une plaque pour les 4 parlementaires du 10 juillet 1940

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    Suite à l'adoption à l'unanimité d'un vœu qu'ils avaient présenté en 2009 au Conseil Régional d'Ile-de-France, les élus PRG Franciliens, parmi lesquels Eddie Aït, président du groupe PRG au Conseil régional et Muriel Guenoux, conseillère régionale parisienne, ainsi que des militants radicaux ont participé à l'inauguration d'une plaque commémorative en l'honneur des 4 parlementaires Franciliens qui, aux côtés des 76 autres, ont dit non à la fin de la république et au régime de Pétain le 10 juillet 1940.

    La plaque est apposée sur la façade du Conseil Régional, 57 rue de Babylone, 75007 Paris.

    Cette cérémonie s'est déroulée à 11 heures, le 10 juillet 2010. Après les interventions de Jean-Paul HUCHON, président du Conseil Régional, d'Eddie AIT, Président du groupe PRG-MUP et de Jacques PANTONNE, petit-fils de l'un des parlementaires honorés, un cocktail a été servi dans les murs de la Région.

     

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    La Région Ile-de-France est ainsi la première à poursuivre le travail de mémoire entamé par le parlement.

  • Raviver le souvenir et l'exemple d'Eboué

    Discours pour le dévoilement de la plaque

    à la mémoire de Félix EBOUE

    18 juin 2010

    par Fabrice MOULIN

    Madame la Maire,

    Madame la Députée,

    Mesdames, Messieurs les élus,

    Chers Présidents, Mesdemoiselles de l'Ecole de la Légion d'Honneur, Mesdames, Messieurs,

    Madame la Maire aura l’occasion d’évoquer l’appel du 18 juin et le rôle décisif de celui qui le lança, mais je parlerai maintenant d’un de ceux qui fut dans les premiers à répondre à cet appel.

    L’exhortation lancée par « l’homme du 18 juin » est désormais gravée dans nos mémoires : « La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre. La flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ».

    Cet appel est devenu un symbole. Symbole de la France qui dit non, de la France qui se bat et refuse la défaite. C’est un message d’espoir et de mobilisation.

    En raison de l’exode massif déclenché par l’avancée des troupes allemandes, peu de Français entendront le message.

    Au cours de ce Mois de la Résistance et de la France libre que nous avons souhaité organisé en mairie du 12e, nous avons célébré l’homme de l’Appel, le général de Gaulle, ceux qui l’ont suivi et aidé à Londres, comme Jean-Louis Crémieux-Brihac et Franck Bauer de Radio Londres que nous avons entendu lors d’un conférence, la Résistance intérieure rassemblée autour de Jean Moulin dans le conseil national de la Resistance.

    Nous avons souhaité aussi honorer tout particulièrement la mémoire d’un homme qui a entendu cet appel, Félix EBOUE, ce visionnaire, ici, sur la place qui porte son nom.

    Petit fils d’esclave, né à Cayenne en 1884, Félix EBOUE est nommé Gouverneur du Tchad en 1938 avec pour mission d’assurer la protection de la voie stratégique vers le Congo français. Il fait d’ailleurs construire les routes qui permettront en janvier 1943 à la colonne Leclerc de remonter rapidement vers l’Afrique du Nord.

    Bouleversé par l’appel du général de GAULLE, il rallie le général et s’en explique en ces termes : « c’est une force individuelle profonde qui nous a conduit individuellement à agir. Un précepte moral absolu qui nous a interdit de capituler et commandé de reprendre chacun à son compte, le destin de la Patrie. »

    Le 26 août, à la mairie de Fort-Lamy, il proclame, avec le colonel MARCHAND, commandant militaire du territoire, le ralliement officiel du Tchad au général de GAULLE, donnant ainsi « le signal de redressement de l'empire tout entier» et la légitimité politique et l'assise territoriale qui lui manquait, ainsi que l'apport inestimable des soldats "indigènes" dans la guerre contre le nazisme. René PLEVEN, envoyé du général de Gaulle assistait à cette proclamation. Le 15 octobre Félix Éboué reçoit de Gaulle à Fort-Lamy, qui va le nommer, le 12 novembre, gouverneur général de l'Afrique équatoriale française. Le 29 janvier 1941, il sera parmi les cinq premières personnes à recevoir du général de Gaulle la croix de l'Ordre de la Libération. Il transforme l'AEF en une véritable plaque tournante géostratégique d'où partent les premières forces armées de la France libre, conduites par les généraux de LARMINAT, KOENIG et LECLERC.

    Résidant à Brazzaville, il organise une armée de 40 000 hommes et accélère la production de guerre. N’oublions jamais que les colonies françaises, d’Afrique et d’Asie joueront un rôle majeur dans la guerre contre les puissances de l’Axe.

    Il est l’un de ceux qui prendront le plus part à la conférence de Brazzaville du 30 janvier 1944, car il estime que c’est une mauvaise méthode de remettre au jour de la Victoire toutes les réformes nécessaires.

    Epuisé à la tâche, Félix EBOUE, Compagnon des premières heures, meurt au Caire le 17 mai 1944, à l’aube de la Libération.

    Quelques temps après sa mort, le général de GAULLE, lui rendant un dernier hommage, déclarait à Alger : « Félix EBOUE, grand Français, grand Africain, est mort à force de servir. Mais voici qu’il est entré dans le génie même de la France ».

    En 1947, le Conseil municipal de Paris décidait que la place centrale de notre arrondissement, la place Daumesnil, deviendrait place Félix Éboué.

    Deux ans plus tard il entre au Panthéon. Président du Conseil de la République, l’équivalent du Sénat, Gaston Monnerville rappellera à cet instant que "c'est (un) message d'humanité qui a guidé Félix Éboué (…) à l'heure où le fanatisme bestial menaçait d'éteindre les lumières de l'esprit et où, avec la France, risquait de sombrer la liberté".

    Homme d’une rare qualité, dont toute la carrière faite de dévouement et de dignité, grand serviteur de l’Etat, le souvenir de Félix Eboué s’est pourtant estompé chez beaucoup de Parisiens et même d’habitants de notre arrondissement qui traversent cette place sans savoir qui il était vraiment. C’est cet oubli que nous voudrions, humblement, essayer de réparer.

    Et envoyer également un message à nos concitoyens, notamment les jeunes qui peuvent voir en Felix Eboué un symbole de l’engagement républicain contre les injustices et l’image d’une France riche de sa diversité qui résiste à l’intolérance et ne renonce jamais quelles que soient les difficultés présentes.

    Désormais, avec la pose de cette plaque commémorative, le souvenir et l’exemple de Félix Eboué seront ravivés sur cette place du 12e arrondissement.

    Je vous remercie.

  • 70e anniversaire de l'Appel du 18 juin 1940


    Michèle BLUMENTHAL
    Maire du 12e arrondissement

    Fabrice MOULIN
    Adjoint à la Maire, chargé de la mémoire,
    du monde combattant et du tourisme

    l'équipe municipale

    et le Comité d'Entente des Associations d'Anciens Combattants
    vous convient à la cérémonie du

    70e anniversaire de l'Appel Historique du Général de Gaulle
    du 18 juin 1940

    Vendredi 18 juin 2010


    10h30 : Dévoilement d'une plaque commémorative à la mémoire de Félix Éboué
    Place Félix Éboué à l'angle de l'avenue Daumesnil et de la rue de Reuilly

    11h30 : Dépôt de gerbe au Monument aux morts

    12h : Concert-spectacle "Les Français chantent aux Français", lecture de dépêches et chansons
    diffusées sur les ondes de la BBC entre 1943 et 1944
    Salle des fêtes de la Mairie du 12e
    130, avenue Daumesnil


    17h : Projection du film "Félix Éboué, le visionnaire", réalisé par Barcha Bauer
    La Cinémathèque française - 51, rue de Bercy



    La Mairie du 12e a choisi de rendre un hommage solennel à Félix Éboué (1884-1944), Compagnon de la Libération.

    Petit fils d'esclave, né à Cayenne (Guyane française), nommé gouverneur au Tchad par le gouvernement français en 1938, Félix Éboué refuse la défaite de 1940 et est l'un des premiers à répondre à l'Appel du 18 Juin du Général de Gaulle pour la poursuite du combat aux côtés des forces Alliées.

    Sous son impulsion, le 26 août 1940, le Tchad rallie officiellement la France Libre, donnant un exemple immédiatement suivi par la quasi totalité des territoires de l'Afrique-Équatoriale Française (A.E.F.).
    Au début du mois d'octobre 1940 le général de Gaulle le nomme membre du Conseil de Défense de l'Empire et le 12 novembre 1940, gouverneur général de l'A.E.F.

    En janvier 1941, il est décoré de la Croix de la Libération, nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération et soutient la poussée des Forces françaises combattantes en Afrique du Nord.
    Début 1944, il participe activement à la conférence de Brazzaville ouverte par le Général de Gaulle qui sera la première étape vers la décolonisation de l'Afrique noire française.

    Felix Éboué meurt d'une congestion pulmonaire le 17 mai 1944, au Caire, en Egypte. Le 20 mai 1949, il est inhumé au Panthéon.

    Mois de la Résistance et de la France Libre
    Du mardi 25 mai au vendredi 18 juin

    Conférence, expositions, concert-spectacle, projection ...

    En savoir plus

  • 2 expos, 2 résistants mardi à la mairie

    Mois de la Résistance et de la France Libre

    Conférence, expositions, concert-spectacle, projection ... : du mardi 25 mai au vendredi 18 juin, la Mairie du 12e vous invite à découvrir de nombreuses manifestations dans le cadre du 70e anniversaire de l’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940.

    "Quoiqu’il arrive la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas…"
    Extrait de l’appel du 18 juin 1940


    À l'heure où le fanatisme bestial menaçait d'éteindre les lumières de l'esprit...

    Le 18 juin 1940, alors que l'armistice avec l'Allemagne nazie a été annoncé la veille par le maréchal Pétain, entamant ainsi une politique de collaboration avec l'occupant, le général de Gaulle appelle sur les ondes de la BBC à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi aux côtés des Alliés.
    Cet appel historique qui marque le début de la France Libre sera suivi de beaucoup d'autres "voix de la liberté" sur Radio Londres. Dès lors et pendant toute la durée du conflit mondial, les "Français parlent aux Français" : l'espoir de libération et le lien entre les Forces Françaises Libres et la Résistance intérieure ne seront jamais brisés.

    L'un des premiers à répondre dès le 18 juin à l'appel de de Gaulle fut Félix Éboué. Petit-fils d'esclave de Guyane devenu gouverneur du Tchad, il entraîna ainsi le ralliement de toute l'Afrique Équatoriale Française (AEF) à la France libre, donnant à celle-ci la légitimité politique et l'assise territoriale qui lui manquaient, ainsi que l'apport inestimable des soldats "indigènes" dans la guerre contre le nazisme. Félix Eboué, qui fut parmi les cinq premières personnes à recevoir du général de Gaulle la croix de l'Ordre de la Libération, mourut en mai 1944 sans avoir vu la victoire alliée.

    En 1947, le Conseil municipal de Paris décidait que la place centrale de notre arrondissement, la place Daumesnil, deviendrait place Félix Éboué. Deux ans plus tard la dépouille du "premier résistant de la France d'outre-mer" est inhumée au Panthéon avec celle de l'abolitionniste Victor Schoelcher.
    Président du Conseil de la République, Gaston Monnerville rappellera à cet instant que "c'est (un) message d'humanité qui a guidé Félix Éboué, et nous tous, Résistants d'outre-mer, à l'heure où le fanatisme bestial menaçait d'éteindre les lumières de l'esprit et où, avec la France, risquait de sombrer la liberté". L'épouse d'Éboué, Eugénie Éboué-Tell, élue de l'Assemblée nationale constituante en 1945, a elle aussi donné son nom à une rue du 12e.

    À l'occasion de l' année du 70e anniversaire de l'Appel du 18 Juin, c'est la France résistante et éprise de liberté comme la France plurielle et fraternelle, les grands hommes comme les résistants moins connus que nous voulons mettre à l'honneur avec ce Mois de la Résistance et de la France Libre dans le 12e arrondissement.

    Michèle BLUMENTHAL
    Maire du 12e arrondissement.

    Fabrice MOULIN
    Adjoint à la Maire du 12e, chargé de la mémoire, du monde combattant et du tourisme.



    Exposition : "L'espérance doit-elle disparaître ?" Général de Gaulle, 18 juin 1940
    Vernissage de l'exposition le mardi 25 mai à 18h
    Salon des Outre-Mers de la Mairie du 12e

    130, avenue Daumesnil
    Du mardi 25 mai au lundi 7 juin 2010
    Cette exposition conçue par le Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne permet de saisir la portée de l'appel du 18 juin 1940 au travers de nombreux documents d'archives, pour partie inédits. Construite de manière chronologique, l'exposition suit les étapes de la conjonction entre la France Libre et la Résistance intérieure qui aboutit à l'unification de la Résistance puis à la victoire. L'appel du général de Gaulle est en effet l'acte fondateur de la France Libre. En même temps que se construit la France Libre à l'extérieur, parallèlement, en France même, naissent et se développent des résistances.

    Le vernissage de l'exposition sera suivi d'une conférence "18 Juin 1940, Histoire d'un événement, Histoire d'un mythe"
    Salle des mariages à 19h
    Intervenants :
    Jean-Louis Cremieux-Brilhac,
    Ancien résistant engagé dans les Forces Françaises Libres, historien, ancien directeur de La Documentation Française.
    Franck Bauer,
    Speaker de Radio Londres de 1940 à 1945, auteur du livre "40 à Londres, la voix de la liberté".

    Exposition : "Félix Éboué, Premier résistant de la France d'Outre-mer"
    Vernissage de l'exposition le mardi 25 mai à 18h
    Salon des Outre-Mers de la Mairie du 12e

    Du mardi 25 mai au vendredi 11 juin 2010

    Commémoration du 67e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance
    Cérémonie le jeudi 27 mai à 11h
    Devant le Monument aux morts du 12e
    Parvis de la Mairie - 130, avenue Daumesnil

    Commémoration du 70e anniversaire de l’Appel Historique du général de Gaulle du 18 juin 1940
    Vendredi 18 juin 2010

    10h30 : Dévoilement d’une plaque commémorative à la mémoire de Félix Éboué, Compagnon de la Libération, ancien gouverneur du Tchad.
    Place Félix Éboué

    11h30 : Cérémonie devant le Monument aux morts du 12e
    Parvis de la Mairie - 130, avenue Daumesnil

    12h : Concert-spectacle “Les Français chantent aux Français” : lecture de dépêches et chansons diffusées sur les ondes de la BBC entre 1943 et 1944. Proposé par la Compagnie l’Autre Scène.
    Salle des Fêtes de la Mairie

    12h30 : Vin d’honneur offert par la Mairie du 12e.
    Salle des Fêtes de la Mairie

    17h : Projection du film “Félix Éboué, le visionnaire”, réalisé par Barcha Bauer en 2000, à la Cinémathèque française, organisée en partenariat avec l’association Ciné-Histoire et en présence du réalisateur Barcha Bauer (sous réserve).
    La Cinémathèque française - 51, rue de Bercy

    Ce film retrace la vie de Félix Éboué, qui s'illustra à plusieurs reprises dans l'Histoire de France.
    Petit fils d'esclave, né à Cayenne (Guyane française), nommé gouverneur au Tchad par le gouvernement français en 1938, Félix Éboué refuse la défaite de 1940 et est l'un des premiers à répondre à l'Appel du 18 Juin du général de Gaulle pour la poursuite du combat aux côtés des forces Alliés. Sous son impulsion, le 26 août 1940, le Tchad rallie officiellement la France libre, donnant un exemple immédiatement suivi par la quasi totalité des territoires de l'Afrique Équatoriale Française (AEF).
    Au début du mois d'octobre 1940 le général de Gaulle le nomme membre du Conseil de Défense de l'Empire et le 12 novembre 1940, gouverneur général de l'AEF. En janvier 1941, il est décoré de la Croix de la Libération, nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération et soutient la poussée des Forces françaises combattantes en Afrique du Nord. Début 1944, il participe activement à la conférence de Brazzaville ouverte par le général de Gaulle qui sera la première étape vers la décolonisation de l'Afrique noire française.
    Felix Éboué meurt d'une congestion pulmonaire le 17 mai 1944, au Caire, en Egypte. Le 20 mai 1949, il est inhumé au Panthéon.

    Événement organisé avec le soutien du Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne, le concours de l'écrivain Henri Hazaël-Massieux et en partenariat avec l'association Ciné-Histoire.

  • Un homme contre l'esclavage

    A l'occasion de la Journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage instituée par la Loi Taubira, j'ai souhaité avec l'association Protea qu'un film sur l'abolitioniste Victor Schoelcher soit projeté dans le 12e arrondissement et suivi d'un débat.

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  • Vincent d'Indy, le doigt dans l'engrenage ?

    Au conseil d'arrondissement du 4 mai, notre collègue du Parti de Gauche, Alexis Corbière, s'est mis en tête de déposer un vœu demandant de débaptiser le collège Vincent d'Indy car ce musicien, qui fut au tournant du 19e siècle le pendant français de Richard Wagner, a écrit des propos antisémites.

    Il est vrai que les propos antisémites de d'Indy sont inqualifiables, mais je me demande s'il n'aurait pas mieux valu qu'oubliés de tous, ils le restent plutôt que d'en faire la publicité.

    Surtout, cette initiative ne risque-t-elle pas d'ouvrir une boîte de Pandore ? Car pourquoi se limiter au collège et non à la rue ? Pourquoi se limiter à d'Indy si d'autres ont tenus des propos similaires voir pire ? Va-t-on devoir supprimer toutes les dénominations dans le 12e et à Paris de personnes qui à un moment ou un autre ont-eu des attitudes condamnables ?

    A notre demande insistante, Alexis Corbière a accepté d'atténuer la portée de son vœu pour demander seulement le lancement d'un débat sur cette appellation.

    Voilà ce que j'ai répondu à en séance :

     

    "Tout d'abord, le fait que la dénomination de l'avenue Vincent d'Indy soit intervenue un an à peine après sa mort, sans le recul historique nécessaire, devrait nous faire réfléchir sur la précipitation dont nous pouvons faire preuve dans une politique d'attribution de noms à nos artères et équipements

    Cela dit, je crois que débaptiser une rue ou un équipement, même avec de bonnes intentions, doit rester un cas exceptionnel. Beaucoup de grandes figures artistiques ou historiques dont les noms ornent les rues de Paris cachent dans leur parcours des écrits ou des actes discutables voire condamnables au 21e siècle. Y compris de grands républicains ou des personnalités politiques de droite comme de gauche.

    Je ne cautionne évidemment pas les propos de Vincent d'Indy qui nous sont rapportés par notre collègue Alexis Corbière mais la mémoire est un équilibre fragile autant que le vivre-ensemble, et en tant qu'adjoint à la maire chargé de la Mémoire, j'invite notre collègue à la prudence.

    Un vœu ne s'imposait pas et surtout pas au conseil de Paris. Certes, un débat peut s'engager au sein du Conseil d'administration du collège, mais encore une fois soyons prudent sur ces questions."

     

    Par soucis de garder la cohérence de notre majorité, je n'ai pas voulu ouvrir un débat trop passionné en séance mais certains propos qui m'ont paru franchement démagogiques me poussent à réagir. D'autant qu'il va sûrement rebondir au Conseil de Paris et sans aucun doute dans la presse par l'entremise du président du groupe communiste-PG Ian Brossat qui semble avoir un goût prononcé pour l'agit-prop et les coups médiatiques.

    Précisons ici qu'il y a déjà eu deux personnes dont les noms ont été effacés des rues de Paris. Alexis Carrel, scientifique eugéniste et membre du Parti Populaire Français (PPF) de Doriot, principal parti collaborationniste de Vichy. Et Antoine Richepanse, général napoléonien dont les mains sont tachées de sang du massacre de centaines d'esclaves révoltés. Sans excuser d'Indy pour autant, je pense qu'on peut affirmer qu'il ne présente pas exactement le même degré de culpabilité.

    Je souhaiterai ici lancer un avertissement, en premier lieu à mes amis de gauche. Car il y aurait beaucoup à dire des hommes de droite mais que fera-t-on de Proudhon (l'auteur de Philosophie de la Misère et du célèbre "la propriété c'est le vol" qui a donné son nom à une artère du 12e) qui est surement dans le panthéon politique du Parti de Gauche mais qui n'en a pas moins écrit qu'il fallait « exterminer les juifs » ! Et Voltaire qui a écrit de beaux textes contre l'esclavage mais n'en a pas moins été complice en ayant des parts dans une société du commerce triangulaire ? Financer ce que nous qualifions aujourd'hui de crime contre l'humanité n'est-il pas au moins aussi grave que d'en faire l'apologie ? Voltaire doit-il disparaitre de notre capitale ?

    De même, la colonisation et bien souvent la supériorité de l'Homme blanc qui la sous-tendait a été soutenue par tous les gouvernements et une majeure parti du personnel politique de droite comme de gauche de la IIIe République jusqu'à la décolonisation de 1960. Comment juger avec les yeux d'aujourd'hui ces propos de Léon Blum : « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès » ? Soyons fair-play, ma famille politique - les Radicaux-Républicains - ne fut pas non plus épargnée par la bêtise de l'époque !

    Il y a peu de temps nous avons vu avec l'inauguration de l'esplanade Ben Gourion par le maire de Paris et les réactions passionnées qu'elle a provoqué chez certains que le travail de mémoire est un exercice complexe. Il faut éviter de multiplier les sujets de crispation et se garder de relancer une compétition des mémoires qui pourrait faire plus de mal que de bien au vivre-ensemble dans la République fraternelle que nous appelons de nos vœux.

  • Le témoignage d'une déportée censurée dans les Deux-Sèvres

    La mairie de Parthenay a censuré une lettre écrite par Ida Grinspan, dans laquelle elle racontait son arrestation par "trois gendarmes" à 14 ans et qui devait être lue lors de la Journée nationale du souvenir de la Déportation.

    "Mes élèves ne participeront plus au devoir de mémoire et aux cérémonies commémoratives. Je renonce à souscrire à ce que j'appelle une forme de censure", s'indigne mercredi Nathalie Lanzi, conseillère régionale PS et professeur d'histoire-géographie au collège de la Couldre (Deux-Sèvres), dans le Courrier de l'Ouest. La professeure, qui accompagne depuis cinq ans ses élèves aux cérémonies commémoratives et patriotiques qui ont lieu à Parthenay, avait demandé à l'ancienne déportée d'Auschwitz, Ida Grinspan, de rédiger un texte que les élèves devaient lire dimanche dernier. Mais ce témoignage a heurté Michel Birault, ancien gendarme et adjoint en charge des affaires patriotiques à la mairie de Parthenay. Ida Grinspan y évoque son arrestation par "trois gendarmes" à 14 ans. La professeure a accepté, à contrecoeur, de remplacer le mot "gendarmes" par "hommes".

    Mais cela n'aura pas suffi. Michel Birault a présenté le texte au maire de la ville, Xavier Argenton (NC) qui, lui, a refusé sa lecture. "Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l'autorité légitime", aurait-il dit à son adjoint, selon le Courrier de l'Ouest. Ce texte "n'est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue", aurait-il ajouté. "Dans un pays démocratique comme le nôtre, c'est triste de penser qu'on ne peut pas raconter l'histoire telle qu'elle s'est passée", a déploré pour sa part Ida Grinspan. "C'est terrible, cette mentalité-là. Il faut savoir regarder la vérité en face. Ce que je dis dans ce texte, je le dis à chaque fois que j'interviens dans une école. Je dis simplement ce qui a été", poursuit-elle dans les colonnes du quotidien local.

    Par TF1News (avec agence) le 28 avril 2010 à 16:07
  • Schwartzenberg s'insurge contre les déclarations de Le Pen sur Vichy et les Juifs

    900514_photo-1272273958792-1-0_150x113.jpgL'ancien ministre et d'honneur du PRG, Roger-Gérard Schwartzenberg, s'est insurgé lundi contre les déclarations du président du () Jean-Marie Le Pen qui a défendu l'action du gouvernement de Vichy envers les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale.
    Invité du Grand jury RTL/LCI/Le Figaro dimanche, M. Le Pen a déclaré que "feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des Juifs pendant la guerre était une pensée scandaleuse", car "les Juifs français ont bénéficié (. ..) de l'action de (son) gouvernement".
    "L'indécence de Jean-Marie Le Pen serait-elle sans limites", demande M. Schwartzenberg dans un communiqué.
    "Le jour même où notre pays honore le souvenir des déportés, le président du FN (...) fait l'éloge de Pétain, évoque sans aucunement le condamner le statut des Juifs édicté par celui-ci et semble vouloir ignorer que la rafle du Vel d'hiv a été organisée par René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, et exécutée par 4.500 policiers aux ordres de l'Etat français", poursuit l'ancien ministre.
    Dimanche, Jean-Marie Le Pen était interrogé sur la venue à Vichy du grand rabbin de France, Gilles Bernheim, pour la journée de commémoration du soixante-cinquième anniversaire de la libération des camps de concentration.
    "Il l'a peut-être fait aussi en remerciement de l'action du gouvernement de Vichy", a avancé le président du FN, estimant que "les Juifs français ont bénéficié, somme toute, d'une indulgence que leur a valu l'action du gouvernement français".
    "Face à cette attitude inconvenante du président du FN, il importe de se rappeler le discours, d'une grande élévation de pensée, prononcé par le président Chirac lors du cinquante-troisième anniversaire de cette rafle", souligne M. Schwartzenberg. "Cela permet de mesurer tout ce qui sépare la droite républicaine d'une extrême-droite qui n'a rien appris et rien oublié", conclut-il.


  • Parce que nés juifs, parce que résistants, parce que tziganes, parce qu’homosexuels ou francs-maçons...

    Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation dans le 12e

    Discours de Fabrice Moulin

    Mesdames et Messieurs les élus,

    Monsieur le Président de l’Association des Déportés et Internés Résistants du 12ème,

    Monsieur le Président du Comité d’Entente des Associations d’Anciens

    Combattants et Victimes de Guerre,

    Monsieur le Président de l’Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés,

    Mesdames et Messieurs les Déportés et Résistants et Anciens Combattants,

    Mesdames et Messieurs,

    La cérémonie qui nous rassemble aujourd’hui, comme chaque année, est une cérémonie de recueillement et de souvenir dédiée à l’ensemble des victimes de la Déportation, cette machine d’extermination conçue et mise en œuvre par le régime nazi au début des années 1940.

    Après les déportations politiques, l'élimination des "associaux", la Shoah par balles, le 3 septembre 1941, au camp d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, 4 chambres à gaz pouvant contenir chacune plus de 1.000 personnes commencent à fonctionner. La barbarie nazie repousse ainsi les limites de l’abject. Le voile noir des ténèbres recouvre pendant près de quatre longues années la quasi-totalité de l’Europe asservie. La terreur est omniprésente. L’idéologie nazie se répand partout, une idéologie raciste, xénophobe  et antisémite, fondée sur la croyance abjecte et folle qu’une « race » est supérieure à une autre.

    Il y a 65 ans les camps d’extermination et de concentration étaient libérés. Lorsque les troupes Alliées y pénètrent, ils découvrent l’horreur d’une réalité cachée ou supposée telle : des charniers à ciel ouvert, des rescapés squelettiques et hagards, des entrepôts remplis de monceaux de valises, de chaussures, et surtout de cheveux … qui témoignent des millions d’hommes, de femmes et d’enfants victimes de cette machine effroyable.

    Comme chaque année, nous sommes réunis en ce dernier samedi d’avril pour rendre un hommage indéfectible aux martyrs et aux héros de la déportation, et pour honorer la mémoire de celles et de ceux qui ne revinrent jamais des camps de la mort.

    En ce jour particulier, le silence et la méditation conviendraient peut-être mieux.

    Mais l’homme a besoin de se souvenir avec des mots pour l’aider à vaincre la tentation de l’oubli.

    Vouloir se souvenir est une démarche exigeante.

    Pourtant, il est de notre devoir de rappeler ce que fut l’une des plus effroyables et honteuses pages de notre histoire : la déportation fut bien davantage que le transport d’ennemis en terre étrangère ; elle fut, avec la collaboration servile du gouvernement de Vichy et de l’Etat français, une implacable machine à déshumaniser, à tuer hommes, femmes et enfants au service d’une funeste idéologie.

    Des millions d’êtres humains à travers l’Europe, dépossédés de leur nom, furent réduits à l’état d’un matricule tatoué sur le bras, expédiés à la mort dans les chambres à gaz ou les fours crématoires, privés de sépultures, parce que nés juifs – ils furent six millions -, parce que résistants, parce que tziganes, parce qu’homosexuels ou francs-maçons. Très peu en réchappèrent.

    Déportation, camps de concentration, génocide témoignent du mal et de la barbarie absolus, dont l’homme peut, hélas, se révéler capable.

    Dans notre pays, plus de 140.000 personnes furent déportées à la demande des autorités nazies avec la complicité du gouvernement de Vichy et de l’Etat français.

    Parmi elles, 76.000 étaient des juifs de nationalité française ou étrangère, dont 11.000 enfants – 4.000 ont été arrêtés à Paris le 16 juillet 1942 lors de la terrible rafle du Vel d’Hiv. Plus de la moitié furent gazés dès leur arrivée dans les camps nazis.

    Le bilan de cette extermination, de cet anéantissement des juifs, de tous les juifs, voulus, organisés, planifiés sur une grande échelle, avec une précision qui donne le vertige, est effroyable : seuls 2.000 juifs déportés depuis la France ont survécu à cet enfer.

    Au total, c’est près d’un quart des juifs résidant dans notre pays au début de la seconde guerre mondiale qui furent exterminés dans le cadre de la « solution finale ».

    Leurs noms et prénoms sont désormais gravés pour l’éternité sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah, ouvert en 2005 dans l’ancien quartier juif du Marais à l’occasion du soixantième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.

    Il y eut aussi plusieurs dizaines de milliers d’hommes et de femmes, résistants ou « simples » otages, déportés par l’armée allemande, dans le cadre de la répression sans pitié des actes de la Résistance. Moins de la moitié d’entre eux rentrèrent en France. Il faut aussi honorer la mémoire de celles et ceux, ces héros, qui bravèrent la terreur, pour s’élever contre cette occupation et contre la collaboration. Ils ont sacrifié leur vie au service d’un idéal, celui de la liberté, et d’une lutte qu’ils savaient supérieure ; d’une lutte contre la barbarie d’un régime totalitaire qui avait asservi l’Europe.

    Je voudrais aussi que nous nous souvenions des déportés pour raisons politiques, de ces Parisiennes et Parisiens qui ont fait acte de résistance et d’héroïsme pour la défense de nos libertés.

    Aux hommes et aux femmes qui survécurent à l’enfer des camps, nous devons rendre hommage.

    Leurs vies, qui se sont prolongées au-delà de ces terribles souffrances, leurs vies pourtant blessées à jamais par l’absence des êtres chers qu’ils ont perdu, sont un témoignage inestimable dont nous devons assurer la transmission, pour que vive leur mémoire. Pour que jamais nous n’oublions. Pour que jamais de telles atrocités ne se reproduisent.

    Dans quelques années, les rescapés des camps ne seront plus là pour témoigner. Il appartiendra alors aux jeunes générations, de rappeler cette effroyable tragédie et de perpétuer cet indispensable devoir de mémoire. Une mémoire que nous devons faire vivre dans nos cœurs, que nous devons partager et faire partager.

    Permettez-moi d’emprunter quelques mots au poète et résistant Paul ELUARD : « Si l’écho de leur voix faiblit, nous périrons ». Ces quelques mots sont à la fois si justes et si forts ! Ensemble, faisons que jamais l’écho de vos voix ne faiblisse !

    Les leçons du passé, de l’histoire, l’actualité de ce début de XXIème siècle dans notre pays comme dans le monde nous appellent à faire preuve d’une extrême vigilance et de la plus grande détermination dans la défense des droits de l’Homme, de la dignité humaine et des valeurs qui fondent notre République.

    Mais nous devons aussi être vigilant devant la résurgence de ce mal absolu aussi bien sur d’autres continents qu’au cœur de nos villes et de nos quartiers.

    Négationnisme, antisémitisme, racisme, xénophobie, sont en effet toujours présents dans notre société. Dans un monde qui tend à perdre ses repères, en proie à des tensions de toute sorte, certains incitent à la guerre des civilisations et des religions, attisent les intégrismes, font le choix du communautarisme.

    Nous savons que tout langage d’exclusion, tout discours xénophobe, tout comportement raciste ne sont ni anodins, ni innocents : ils précèdent souvent les actes les plus barbares.

    Le combat contre l’oubli, l’ignorance, l’intolérance, la haine et le racisme reste aujourd’hui, et pour l’avenir, un des combats les plus nécessaires et les plus justes.

    Nous nous devons, collectivement, de rester vigilant et de ne pas laisser les fondements d’un mal terrible de nouveau se répandre dans la société.

    Comme le disait, Lucie AUBRAC « résister se conjugue au présent ». A nous de faire en sorte que l’homme consacre ses forces à l’édification d’une société et d’un monde de justice, de paix et de solidarité.

    Je vous remercie.

  • Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation

    Michèle BLUMENTHAL
    Maire du 12e arrondissement

    Fabrice MOULIN
    Maire adjoint chargé de la mémoire, du monde combattant et du tourisme

    l'équipe municipale

    et le Comité d'Entente des Associations d'Anciens Combattants

    vous convient aux cérémonies de la
    Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation

    Samedi 24 avril 2010


    11h : Dépôt de gerbe

    Monument aux Morts
    Mairie du 12e arrondissement
    130, avenue Daumesnil

     

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