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dimanche, 27 mai 2012

L'héritage du Conseil National de la Résistance doit être préservé

Belle cérémonie ce matin pour le 69e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance avec l'ANACR, où j'avais l'honneur de représenter la maire. Voici mon discours :

Mesdames et Messieurs les membres des associations d’anciens combattants,

Mesdames et Messieurs les anciens résistants,

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le Commissaire central,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis pour commémorer une date capitale de l’histoire de notre pays : le 27 mai 1943.

Ce jour anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance prend une dimension particulière cette année car il y a quelques semaines nous a quitté Raymond Aubrac le dernier survivant des chefs de la Résistance arrêtés en juin 1943 à Caluire, avec Jean Moulin.

Raymond Aubrac qui a transmis toutes ces années aux jeunes générations une leçon d’espérance qu’il résumait ainsi : « Voici ce que je dis aux jeunes : si vous partez battus, vous n'arriverez à rien ; si vous vous battez, alors vous aurez peut-être une chance d'arriver à quelque chose. »

Cette année a aussi vu l’intolérance et le rejet de l’autre revenir sur le devant de la scène en Europe – il y a un parti néo-nazie en Grèce- et même en France, il est plus important que jamais de rappeler et faire écho des valeurs humaines qui ont habité jusqu'au bout les Résistants français lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Nous devons rendre hommage à ces combattants qui ont lutté par des missions de renseignement, de sabotage ou des opérations militaires contre les troupes allemandes et les forces du régime de Vichy.

C’est le moment où nous pouvons rendre hommage aussi à tous ces combattants qui ont développé une presse clandestine, diffusé des tracts, fabriqué des faux papiers, organisé des grèves et des manifestations, sauvé des Juifs traqués, des prisonniers de guerre, des réfractaires au Service du Travail Obligatoire.

Quel courage et quel acharnement fallait-il à ces femmes et ces hommes pour mener toutes ces actions.

Rappelons que tout commence avec la création du Conseil National de la Résistance (CNR) par Jean Moulin.  Grande figure historique, il entre en contact avec la Résistance française après avoir entendu l'appel du 18 juin 1940 prononcé par le général de Gaulle depuis Londres. Il devient le 1er janvier 1942 représentant du général de Gaulle auprès des mouvements de Résistance, qu’il parvient à unifier lors de la réunion fondatrice du 27 mai 1943 à Paris. Jour après jour il s’est employé à donner corps à cette Armée de l’ombre qui au cours des mois qui suivirent va, par le harcèlement des troupes d’occupation, la transmission d’information, les sabotages d’infrastructures, contribuer grandement à la Libération de la France. Il mourra sous la torture de la Gestapo lors de son transfert en Allemagne … sans avoir parlé.


La création du CNR donne une réelle dimension à la Résistance qui franchit une nouvelle étape en plein conflit mondial.

La date du 27 mai 1943 changea le cours de la lutte contre l’occupant et les collaborateurs du gouvernement de Pétain : le général De Gaulle, chef de la France Libre devenait le chef de la France combattante, le chef de toute la Résistance.


Cette journée de commémoration est l’occasion de rappeler à ceux qui tendent à l'oublier la complexité de la Seconde Guerre Mondiale dans sa dimension idéologique et politique. Mais, elle est aussi l'occasion de rappeler le rôle crucial joué par la Résistance française dans la libération de notre pays du joug des armées nazies. Notre devoir de mémoire est de reconnaître les services rendus par les combattants de la Liberté depuis l'Armistice du 22 juin 1940 jusqu'à la Libération en 1944.


Parmi eux, 20 000 résistants des Forces Françaises de l'Intérieur tués au combat, 30 000 autres fusillés et plus de 60 000 autres déportés dans les camps. En leur nom et en ceux des résistants qui nous quittent au fil des années, il est bon de toujours faire écho de leur dévouement pour la France auprès de tous et surtout auprès de la jeunesse afin de ne jamais oublier ce grand chapitre de notre Histoire.


Les valeurs défendues par la Résistance restent des valeurs modèles pour notre société actuelle. J'évoquerais, par exemple, la défense des valeurs patriotiques, démocratiques et humanistes, la lutte contre les regains des idéologies fascistes et la défense de la Paix.

Pensons également aux mesures du programme du CNR qui a jeté les bases du changement intervenu dans la France libérée de 1945 et fondé le modèle social français que nous devons toujours défendre, surtout en cette période de crise en Europe.

Le temps passe inexorablement mais la reconnaissance de la nation reste et doit demeurer toujours aussi vive. Le message de la Résistance, loin de s'épuiser, doit persister, doit être exalté, doit être rappelé !

« Je ne savais pas qu'il était si simple de faire son devoir quand on est en danger », écrit Jean MOULIN dans une lettre à sa mère en juin 1940.

Je terminerai en citant de nouveau Raymond Aubrac : « Dès le premier jour, dès l'appel du 18 juin 1940 dans lequel de Gaulle a expliqué que la perte d'une bataille ne voulait pas dire que nous avions perdu la guerre, une seule chose nous a guidés : l'optimisme, la conviction qu'en nous engageant, nous pouvions changer les choses. »

Je crois que cette phrase résume très bien le dévouement, le courage et l’abnégation dont ont fait preuve ces soldats de l’ombre qui donnèrent leur vie à la liberté, notre liberté, et que cette leçon d’engagement et d’espoir est encore d’actualité.

Je vous remercie.

16:52 Écrit par Fabrice Moulin dans Mémoire et Monde Combattant, Vie de l'arrondissement | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | |

 
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