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Laïcité et loi de 1905 - Page 5

  • Financement communal des écoles privées: le texte ajourné à l'Assemblée

    (selon AFP)

    L'examen à l'Assemblée nationale de la proposition de loi sénatoriale UMP sur le financement des écoles privées accueillant des élèves habitant dans une autre commune que celle de leur école, programmé lundi 15, a été ajourné par le gouvernement, a-t-on appris jeudi.

    Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, a demandé par lettre la modification en ce sens de l'ordre du jour du palais Bourbon.

    Selon une source parlementaire, ce report est lié au débat en deuxième lecture sur le Grenelle de l'environnement, que le gouvernement aimerait pouvoir boucler lundi.

    Les députés PRG, hostiles à un texte qui constitue "une attaque en règle contre le principe de laïcité", se sont aussitôt félicités, dans un communiqué, de cet ajournement et ont prévenu qu'ils resteraient "vigilants".

    Selon le texte du Sénat, une commune où résident des enfants scolarisés dans des écoles privées hors de son territoire devra contribuer au financement de ces écoles dans quatre cas précis.

    Pour les radicaux de gauche, "il est contraire à la laïcité d'assurer un égal financement public entre les écoles publiques, soumises à une obligation de gratuité, de continuité et d'accueil de tous les publics, et les écoles privées, qui pratiquent une sélection des élèves et, surtout, des frais de scolarisation souvent élevés".

    Une source parlementaire UMP a indiqué à l'AFP que le report du texte pouvait être lié au remaniement que prépare Nicolas Sarkozy, le nom du député PRG Paul Giacobbi étant régulièrement cité parmi les possibles promus au titre de l'ouverture. Une explication "tirée par les cheveux", a-t-on rétorqué chez les députés PRG.

  • Le POPB va-t-il devenir une mega-church ?

    On connaissait le Palais Omnisport de Paris Bercy (POPB) pour ses concerts de stars et ses manifestations sportives, on découvre que Bercy peut également se transformer en lieu de culte géant !

    Lors du dernier conseil de Paris, Gilles Alayrac a dénoncé au nom du PRG cette nouvelle "entorse à la laïcité" que constitue la "location de Bercy aux évangelistes qui se sont offerts une cérémonie religieuse à l'américaine aux gourous et fidèles en transe".

    En effet, le POPB a récemment accueilli le week-end du 1er juin, pendant 3 jours, des milliers d'évangelistes pour la "Convention internationale de Pentecôte". Une manière pour les églises évangelistes, que certains comparent à des sectes, de recréer en plein Paris les ambiances de "mega-church", venues des Etats-Unis.

    Selon le pasteur français Freddy De Coster, organisateur de cette initiative dont c'est la 10e édition, les participants étaient "sensibilisés, à raison de trois séances par jour, au "message de paix et de fraternité" dans un monde déchiré par les violences, les guerres et la crise". Sur scène, il aurait, selon un article du Monde, tour à tour fustigé "l'autorité de Satan", assuré que "la gloire de Jésus est sur Paris, au-dessus de la sorcellerie, de l'occultisme, du péché et du suicide", et demandé à l'Esprit saint de " (le) posséder".

    Ce qu'oublie de dire ce Gentil Organisateur, c'est que ce rassemblement est aussi l'occasion de militer contre l'avortement, pour un modèle conservateur de la famille ou de promouvoir le créationnisme.

    Le pasteur De Coster est aussi homme d'affaires dans l'hôtellerie et la finance. Pas de contradiction avec la prédication pour Paul Goulet, pasteur canadien de l'Eglise internationale de Las Vegas, pour qui selon l'AFP, "la foi se pratique dans la vie quotidienne, cela concerne aussi les avocats, les docteurs, les financiers". Le POPB ce situant à deux pas du ministère des Finances, il faut reconnaître l'aspect pratique pour les déductions fiscales des dons des fidèles aux associations cultuelles...

    Bien que radicalement opposé aux messages véhiculés par les Evangelistes, ma conception de la liberté et de la laïcité (dont la remise en question est leur cheval de bataille) m'interdit d'interdire aux gens de penser et de dire ce qu'ils veulent, même des inepties, comme de pratiquer leur religion dans la sphère privée. Mais il me semble inapproprié, toujours selon le principe de la laïcité, qu'une structure publique comme le POPB, qui est une Société d'économie mixte (SEM) à capital majoritairement détenu par la Ville de Paris, dont le président n'est autre que Pascal Cherki, maire PS du XIVe arrondissement, loue sa salle à des organisations religieuses, quelles qu'elles soient.

    Les riverains du POPB sont déjà remontés contre les nuisances sonores lors des concerts. Le POPB va-t-il devenir demain un nouveau lieu de culte accueillant tous les pélerinages, comme par exemple le pélerinage catholique intégriste qui s'est lui rassemblé pour la Pentecote sur la Place des Invalides avec la bénédiction de la Prefecture de Police ?Encore une fois, comment les représentants de la collectivité, les élus, peuvent-ils choisir quelles associations cultuelles est fréquentable ou pas ? Sur quels critères ? Une seule règle est transparente et simple : refuser à toutes les associations cultuelles de louer gratuitement ou pas des salles municipales ou liées à la municipalité comme le POPB.

    Notons qu'une semaine après le rassemblement évangelique, c'est le Dalaï Lama qui réunissait au POPB bouddhistes,  défenseurs du Tibet libre et simples curieux pour une conférence sur l"éthique laïque"... Nous avons encore du travail pour faire comprendre et respecter la laïcité à Paris !

  • Le droit accordé au Vatican de reconnaître des diplômes est une entorse à la laïcité

    Le droit accordé au Vatican de reconnaître des diplômes est une entorse à la laïcité, par Jean-Michel Baylet

    Tribune parue dans Le Monde, du 21 mai 2009

    Dans la conception qu'en ont toujours eue les radicaux, le principe de laïcité n'est absolument pas une pensée de combat antireligieuse. C'est, au contraire, la vision d'un rempart de neutralité absolue protégeant toutes les institutions publiques - et spécialement l'école - contre les influences confessionnelles certes, mais aussi économiques ou partisanes. Selon cette approche, c'est la laïcité elle-même qui garantit le libre exercice des choix de conscience, notamment des choix religieux par des citoyens librement éclairés. Telle est la philosophie qui nous permet aujourd'hui encore, pour ce qui concerne la France, d'affirmer que l'école libre est l'école de la République.

    En application de ce principe, l'Etat détient le monopole de la délivrance des diplômes, monopole qu'il exerce, pour l'enseignement supérieur, par le biais des universités publiques. Hors le cas des départements concordataires d'Alsace-Moselle, les instituts d'enseignement supérieur privés existant en France doivent faire valider leurs formations profanes (l'enseignement théologique n'étant à l'évidence pas de la compétence de l'Etat) par des universités publiques ou par des jurys installés par l'autorité étatique.

    Tout aurait pu continuer ainsi, à la satisfaction des parties concernées, sans la volonté du chef de l'Etat, exprimée dans son fameux discours de Latran, de replacer l'identité collective et républicaine française dans une sorte de berceau chrétien, ou encore de matrice catholique, renvoyant à égalité les figures emblématiques du curé et de l'instituteur, incarnations de la foi et de la raison.

    C'est sous cet éclairage très particulier que doit être lu le décret subreptice paru le 19 avril et rendant applicable un accord signé le 18 décembre 2008 entre la France et le Vatican, celle-là s'engageant à reconnaître, sans autre procédure, les diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur habilités par celui-ci. Il appartiendra aux juristes de dire si un accord d'une telle importance pouvait être rendu applicable comme une simple mesure technique et non par une autorisation législative. Tenons-nous en pour l'heure aux principes en cause. Ils sont nombreux et essentiels.

    SOUS L'AUTORITÉ CANONIQUE

    Tout d'abord, le monopole de délivrance des diplômes constitue une garantie concrète de l'égalité entre les étudiants d'une part, entre leurs professeurs d'autre part. C'est aux mêmes critères, à la même aune, que l'autorité publique évalue la qualité des formations universitaires. Cette règle d'égalité est aujourd'hui rompue puisqu'une simple habilitation par le Saint-Siège, dont on comprend bien qu'elle peut être accordée sur des critères non scientifiques, vaut reconnaissance par l'Etat de certains diplômes.

    Ensuite, il convient de souligner que la colonne vertébrale laïque de notre enseignement supérieur garantit également l'égalité entre les religions elles-mêmes. Qu'adviendra-t-il demain si d'autres autorités religieuses exigent, comme elles y seraient fondées, la reconnaissance par la France de titres universitaires sur lesquels l'Etat serait privé de toute appréciation ? La faveur aujourd'hui accordée à la religion catholique fournit l'occasion de rappeler à Nicolas Sarkozy que l'idée laïque n'est pas le plus petit dénominateur commun des influences religieuses, mais un principe intransigeant, non susceptible de négociation, voire de modernisation.

    Mais le paradoxe est peut-être ailleurs : la rupture opérée par le décret porte atteinte à la liberté des institutions d'enseignement catholique elles-mêmes. Etre strictement laïque ne signifie pas être intégriste de la laïcité et, pour les radicaux (qu'on se rappelle les controverses entre Clemenceau et Jaurès !), l'enseignement peut n'être pas public. Il doit toutefois éclairer les consciences. Or en étendant l'accord aux enseignements profanes, la France a remis sous l'autorité canonique mais aussi "scientifique" du Vatican des institutions qui s'accommodaient mieux du contrôle tolérant de l'Etat que des injonctions vétilleuses de l'Eglise catholique. Un seul exemple en convaincra : les cinq "cathos" françaises devront-elles demain traiter à parts "scientifiques" égales le créationnisme et l'évolutionnisme ? Allons, il est encore temps de reculer et de renoncer à ce funeste accord. Temps aussi de dire aux autorités de l'Etat que, dans une République conséquente, la loi doit respecter la foi, mais la foi ne doit pas dicter la loi.


    Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG) et sénateur du Tarn-et-Garonne

  • Le PRG attaque la reconnaissance des diplomes du Vatican

    DIPLÔMES UNIVERSITAIRES VISÉS PAR LE VATICAN : LE GROUPE DU RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN (RDSE)  DEMANDE L’ANNULATION DU DÉCRET AU CONSEIL D’ÉTAT

    Quatorze sénateurs du Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE) déposent devant le Conseil d’État, ce mardi après-midi, un recours en référé demandant la suspension du décret paru au Journal Officiel le 19 avril dernier qui rend applicable l’accord signé le 18 décembre 2008 entre le gouvernement français et le Vatican. Ils demandent dans le même temps l’annulation sur le fond de ce décret.

    Au travers de l’accord signé le 18 décembre 2008 entre le gouvernement français et le Vatican, la France s’engage à reconnaître les diplômes délivrés par les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d’enseignement supérieurs habilités par le Saint-Siège.

    Jusqu’à présent, seul l’État avait le monopole de la reconnaissance des diplômes. Cet accord permet désormais la reconnaissance automatique par la France des diplômes visés par le Vatican, sans passer par la labellisation et l’aval de l’Université publique. Or, cet accord, qui modifie la loi du 18 mars 1880, aurait dû être ratifié par le Parlement en vertu de l’article 53 de la Constitution.

    Au cours de la séance des questions d’actualité au gouvernement du jeudi 14 mai dernier, Yvon COLLIN, Président du RDSE et sénateur PRG du Tarn-et-Garonne, avait déjà interpellé le Premier ministre au sujet de ce décret.

    Le Président Yvon COLLIN (RDSE - PRG) et ses collègues condamnent un tel accord qui entame le monopole de l’État dans la délivrance des diplômes universitaires et *remet en cause la neutralité de l’État et le principe de laïcité, cher aux sénateurs RDSE et aux Radicaux de Gauche.

    Liste des signataires : Yvon COLLIN, Nicolas ALFONSI, Jean-Michel BAYLET, Michel CHARASSE, Anne-Marie ESCOFFIER, François FORTASSIN, Françoise LABORDE, Daniel MARSIN, Jacques MEZARD, Jean MILHAU, Aymeri de MONTESQUIOU, Jean-Pierre PLANCADE, Robert TROPEANO et Raymond VALL.

  • L'intégration de la Turquie dans l'UE est une priorité

    L'intégration de la Turquie dans l'UE, une "priorité", selon Baylet (PRG)

    PARIS, 18 mai 2009 (AFP) - Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), a estimé lundi que l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne était "une priorité si on souhaite que la démocratie se fortifie dans ce grand pays musulman et moderne".

    "La position de la France et de l'Allemagne doit évoluer si on ne veut pas que le peuple turc se tourne vers des choix politiques qui l'éloigneraient de nous", écrit-il dans un communiqué, soulignant que le PRG s'était prononcé dès 2004 "pour une adhésion de la Turquie dans un délai de dix ans".

    Le sénateur de Tarn-et-Garonne s'est également "félicité de la vigueur du courant laïque en Turquie qui a encore démontré sa vivacité en organisant une grande manifestation à Ankara" ce dimanche.

    Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre a rappelé lundi l'opposition de Nicolas Sarkozy et du parti présidentiel à l'entrée de la Turquie dans l'UE et leur préférence pour "un partenariat privilégié" avec ce "grand pays", et a demandé aux candidats socialistes, écologistes et MoDem "de dire clairement leurs positions" sur cette question.

  • Le gouvernement refuse de lister les sectes

    Voilà un rapport qui a de quoi intéresser notre arrondissement, nous qui avons le triste privilège d'avoir le siège de la Scientologie en France situé rue Jules Cesar, entre la Gare de Lyon et la Bastille. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDE) vient en effet de publier son rapport annuel.

    Selon ses préconisations, les sectes présentant un danger seraient listées. Selon Georges Fenech, son Président, « il s’agit, lorsque nous sommes saisis de plaintes – c’est-à-dire qu’il y a un danger réel – d’ouvrir des dossiers, des référentiels qui serviront à répondre aux maires, aux présidents de conseils généraux, etc., quand ceux-ci nous interrogent sur tel ou tel mouvement. Nous avons déjà commencé, et répertorié environ 200 mouvements ou pratiques qui posent un problème. Il devrait y en avoir 500 ou 600 à terme. Ces référentiels seront à disposition des professionnels qui pourront venir les consulter dans nos locaux. Ils respecteront le contradictoire : les organisations seront informées du fait qu’elles sont répertoriées et leurs observations seront versées au dossier. »

    Problème : le gouvernement, notamment le bureau des cultes au Ministère de l'Intérieur, s'y oppose.

    Est-ce une conséquence de la sympathie de Nicolas Sarkozy envers Tom Cruise, et plus généralement de sa conception très américaine de la "liberté" religieuse qui entraîne chez son gouvernement une réticence à s'attaquer de front aux dérives sectaires ?

    Matignon craindrait une "stigmatisation" des organisations cultuelles... Il semblerait qu'il ait moins de réticence quand il s'agit de ficher les personnes innocentes pour toutes sortes de raisons comme on l'a vu avec EDVIGE.

    Autres volonté de la MIVILUDE : s'attaquer à l'actuelle multiplication des pseudos psychotérapeutes et autres charlatans des médecines douces, un milieu où pullulent les rabatteurs des sectes et autres gourous aux pratiques douteuses.

    Bonne nouvelle : un amendement au Sénat devrait permettre de réglementer la profession des psys et de faire enfin le ménage.

    Vous pouvez consulter sur le site de la MIVILUDE l'intégralité du rapport 2008.

  • Statistiques éthniques : où est l'éthique ?

    Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, nommé par Sarkozy, Yazid Sabeg a annoncé qu’il formulerait un projet ou une proposition de loi visant à «rendre licite la mesure de la diversité».

    S'il n’entend pas classer les personnes interrogées dans des catégories ethno-raciales comme cela se fait aux Etats-Unis mais les questionner sur leur sentiment «d’appartenance à une communauté».


    Il me semble que ce découpage ethnique de la société et cette méthode statistique qui oblige les gens à se définir selon des critères communautaires est à la fois contraire aux valeurs du radicalisme et aux principes républicains que nous défendons, à la République une et indivisible, et n'apporte aucune solution au problème réel des discriminations ou au racisme.

    C'est oublier aussi qu'en France la discrimination notamment vis-à-vis des jeunes de banlieues est un phénomène non pas racial mais social dû à la getthoïsation des logements et scolaire et au manque de mixité sociale, des problèmes réels auxquels la droite n'entend pas vraiment s'attaquer.

    Quel peut-être l'usage concret de telles mesures des discriminations et de la diversité ? L'adoption de statistiques ethniques conduira inévitablement à ficher les populations sur des bases ethniques (voir déjà les dangers du fichier Edvige), aux quotas sur base ethnique, aux politiques sur éléments ethniques, et donc à des politiques communautaristes.

    Le projet de statistiques ethniques a toujours été mis en avant par Nicolas Sarkozy, non pour de bonnes raisons mais parce que son projet depuis toujours est l'atomisation de la société et à sa fragmentation en sous-groupe, en communautés éthniques ou religieuses qui
    seraient plus facile à contrôler que des syndicats ou d'autres corps intermédiaires.

    C'est la même logique que celle qui soustend ses attaques contre la laïcité maquillées en "laïcité positive". Souvenons-nous aussi qu'il avait affirmé que c'était aux imams de banlieues de maintenir l'ordre dans les quartiers...

    Les présidents de SOS Racisme et de nombreuses personnalités de gauche comme de droite se sont élevés contre le projet statisitques ethniques qui pose comme on le voit des problèmes éthiques.

    Peut-être est-il encore temps de stopper ce projet avant un nouveau passage en force du pouvoir !

    Les Radicaux, qui n'ont a recevoir des leçons de diversité de personne, dont l'un de leur leader n'est autre que Christiane Taubira, candidate à l'élection présidentielle de 2002. ne peuvent que condamner cette nouvelle atteinte à l'indivisibilité de notre République.

  • Les crèches loubavitch divisent la gauche

    Les débats sur la laïcité et son respect par la mairie de Paris ont montré une forte divergence entre une partie de la majorité et Bertrand Delanoë. Malgré les efforts de la garde rapprochée du maire, les Verts et les radicaux de gauche, ainsi que deux élus socialistes, Danielle Simonnet et Alexis Corbière, ont voté contre les subventions - à hauteur de 3 millions d' € accordées à une vingtaine de crèches loubavitch.

    Hier, les radicaux de gauche ont de nouveau dénoncé ces crèches « à caractère communautaire, qui refusent de participer aux commissions municipales d'attribution desplaces et qui sont fermées pendant les fêtes religieuses ». Sylvain Garel, président du groupe des Verts, a rappelé qu'avant son élection à la mairie de Paris en 2001, « Bertrand Delanoë ne votait pas ces subventions ».

    Création d'un observatoire

    Hier, l'équipe du maire de Paris a accepté, reprenant l'initiative des radicaux de gauche, de créer un observatoire de la laïcité. Mais certains élus doutent déjà de son efficacité : « Depuis sept ans, on nous promet que cela va changer, et rien n'a été fait ! rétorque Sylvain Garel.

    Les subventions à d'autres crèches confessionnelles, qu'elles soient juives ou catholiques, ne posent, elles, pas de problèmes « car elles respectent les conditions d'attribution des places » explique Gilles Alayrac, conseiller PRG.

    Piqué au vif par certaines attaques, Bertrand Delanoë n'a pas reculé pour autant : « Ils font une fixation sur les crèches loubavitch. Nous avons répondu à leurs préoccupations avec ce groupe de travail sur l'Observatoire de la laïcité. Moi, je ne change pas pas question de stigmatiser ni d'exclure. Aujourd'hui il y a un réel besoin d'accueil des enfants. »

    Par Sebastien Ramnoux, paru dans le Parisien, le 30 septembre 2008


  • Pour un Observatoire parisien de la laïcité

    Communiqué de Jean-Bernard BROS, adjoint au maire PRG de Paris, Président de la Fédération de Paris, Gilles ALAYRAC et Laurence GOLDGRAB, Conseillers de Paris et les élus parisiens du PRG

    C’est avec stupéfaction que le PRG a découvert la décision de la Mairie du 12ème arrondissement de transformer pendant les quatre vendredi après-midi du Ramadan, de 14h à 17h, le gymnase municipal de Reuilly, en salle de prière.

    Cette décision est d’autant plus troublante qu’elle crée un précédent fâcheux en incitant d’autres communautés religieuses à formuler des demandes identiques.

    Dans le même temps, en dépit de la mise en garde formulée en juillet au Préfet de Police par les élus Radicaux au Conseil de Paris, force est de constater que d’ores et déjà des moyens considérables qui vont perturber les déplacements, sont mobilisés pour la venue du Pape ce week-end : barrages, rues fermées, stationnement interdit, lignes de bus détournées, stations RER et métro closes, messe géante sur l’espace public.

    Des subventions à des crèches confessionnelles,dont le fonctionnement n’est pas continu puisqu’elles ferment lors des fêtes religieuses seront encore une fois soumises au vote du prochain Conseil de Paris. De plus en plus, les pouvoirs publics sont confrontés à des demandes accrues d’autorisations diverses, de mise à disposition de lieux publics et de financements publics émanant des communautés religieuses.

    Les grandes lois comme celle de 1905 sont petit à petit vidées de leur substance par des compromis successifs.

    Aussi, les Radicaux de gauche demandent-ils la création d’un Observatoire Parisien de la Laïcité indépendant chargé d’étudier et d’évaluer la place du religieux dans la sphère publique, de donner des avis sur toutes les questions relatives au respect de la loi de séparation de 1905 dans la capitale et d’exercer un pouvoir de veille et d’alerte face aux abus manifestes.

    Les Radicaux de gauche présenteront un vœu en ce sens au prochain Conseil de Paris.

  • Le gymnase de Reuilly ouvert à la prière du ramadan : attention au risque de jurisprudence anti-laïque !

    Dans un article du Parisien paru ce matin, j'apprends que le vendredi de 14 heures à 17 heures, le Gymnase de Reuilly sera fermé au public, aux sportifs du quartier, pour être transformé en mosquée ! Le temps du ramadan, la mairie du 12e aurait mis le gymnase à disposition d'une association musulmane du quartier.

    En effet selon l'article, "Privée de lieu de prière, l'association Nour ("lumière" en langue arabe) a demandé à la mairie de l'héberger provisoirement".

    Je ne doute pas que notre maire et son cabinet ont voulu bien faire en répondant en urgence à la demande de fidèles. Il n'en reste pas moins que cette démarche pour le moins inhabituelle trouble les défenseurs de la laïcité et que les arguments donnés par le cabinet du maire de Paris pour la justifier sont encore plus troublants.

    Il dit ainsi « Nous restons respectueux de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat puisque nous ne subventionnons pas l'association. Nous mettons juste à sa disposition des locaux ». Pourtant ce prêt peut s'apparenter à une subvention déguisée puisque l'association n'a plus à payer de loyer pour réunir les fidèles, ce qui est en contradiction avec l'article 2 de la Loi de 1905.

    Cette démarche crée également un précédent dangereux pour le respect de la laïcité dans notre arrondissement et à Paris. Et ce de l'aveu même du conseiller du maire qui dit au Parisien : « Dans certaines conditions exceptionnelles il est normal que la Ville veille à ce que toutes les religions puissent être pratiquées dans de bonnes conditions. C'est dans le même esprit que certains gymnases seront prêtés à la communauté juive à l'occasion de yom Kippour ». Est-ce que cela veut dire que l'on va priver souvent les enfants de gymnase pour répondre à des demandes communautaristes ?

    Car que répondrons nous aux autres associations cultuelles lorsqu'elles demanderont également d'être hébergées pour leurs cérémonies religieuses ? Elles auront sûrement toutes de bonnes raisons pour demander notre aide, qu'elles soient catholiques, protestantes, juives, bouddhistes, loubavitch, chrétiens évangelistes, adventistes du Septième jour, ou que sais-je encore ? Comment ferons-nous le tri entre ces demandes ? Qui décidera que les uns ont ce droit et les autres pas ? C'est pour que les élus ne soient pas confrontés à ce choix que les pouvoirs publics doivent rester neutre ! C'est pour cela qu'il faut appliquer à la lettre l'article 2 de la loi de 1905 :  « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »

    Certes, les gymnase sont déjà mis à disposition à des associations ou des formations politiques. Mais le prêt de gymnase à des associations non-cultuelles sont justifiés par leur ouverture à tous les publics et par les services qu'elles rendent à la collectivité dans son ensemble, et dans le cadre de prêt aux partis politiques, ils se font généralementle en soirée hors période scolaire, et permettent l'expression du débat démocratique pluraliste. Ce n'est pas le cas des réunions religieuses qui sont par définition réservées aux fidèles.

    Apprenant cela dans le journal du jour, j'en déduis que la décision a été prise sans consulter l'ensemble de l'exécutif municipal ni les élus de la majorité du Conseil du 12e arrondissement.

    Après les subventions aux creches confessionnelles, alors que se profile une messe géante organisée Place des Invalides pour la venue du Pape, que les tensions communautaires sont croissantes, il me semble plus que jamais que se justifie la proposition des Radicaux de Gauche aux dernières municipales de créer un Conseil Parisien du Respect des Droits et de la Laïcité, qui tranchera ce type de question en toute indépendance et sans être soumis aux pressions.

    Fabrice MOULIN

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