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Laïcité et loi de 1905 - Page 4

  • Voile: Baylet (PRG) pour une loi

    PARIS, 4 mai 2010 (AFP) - Voile: Baylet (PRG) fait part à Fillon de son soutien à la loi

    Le président des radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet, reçu mardi par le Premier ministre François Fillon au sujet du voile intégral, s'est dit "favorable" à un projet de loi visant à l'interdire, mais s'est dit "opposé" à une procédure accélérée pour son examen par l'Assemblée.

    "Le port du voile intégral est une pratique à la fois sectaire et politique, et les représentants du Parti radical de gauche se sont déclarés favorables à l'avant-projet de loi du gouvernement en application des principes républicains qui fondent notre démocratie", affirme le PRG dans un communiqué.

    Le juriste Roger-Gérard Schwartzenberg, président d'honneur du PRG et membre de la délégation reçue par M. Fillon, s'est déclaré "peu convaincu par l'avis du Conseil d'Etat", "trop prudent et trop complexe à mettre en oeuvre".

    Les parlementaires du PRG présenteront "certainement un amendement pour aggraver les peines encourues pour le fait d'imposer le port du voile intégral à des mineures", a souligné M. Baylet.

    Le sénateur du Tarn-et-Garonne a toutefois indiqué au Premier ministre que "les radicaux de gauche étaient opposés à la procédure accélérée pour l'examen de ce texte".

    Le PRG dénonce la burqa "au nom du principe de laïcité", "de la liberté", "de l'égalité - car notre constitution proclame l'égalité des sexes -" et "de fraternité - car refuser d'exposer son visage au regard d'autrui, c'est nier la volonté de vivre ensemble sur laquelle repose la Nation".

    Le projet de loi du gouvernement, qui projette d'interdire le port du voile intégral, doit être présenté au Conseil des ministres le 19 mai avant un examen à l'Assemblée nationale en juillet.

  • La République à visage découvert

    Dans le cadre des consultations des partis politiques sur l’avant-projet de loi relatif au port du voile intégral et interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, le Premier ministre et la Garde des Sceaux ont reçu Jean-Michel Baylet et Roger-Gérard Schwartzenberg, accompagnés d’une délégation du PRG composée de Yvon Collin, président du groupe RDSE, Chantal Robin-Rodrigo, députée des Hautes-Pyrénées et Pascal-Eric Lalmy, secrétaire national.

    La délégation a exposé l’orientation de principe des radicaux de gauche, telle que votée par le Comité Directeur du 28 avril dernier.

    Le texte expliquant la position du PRG, rédigé par Roger-Gérard Schwartzenberg, a été remis au Premier ministre. :



    LA REPUBLIQUE À VISAGE DECOUVERT

    Les Radicaux de gauche sont opposés au port dans l'espace public du voile intégral ou de toute tenue ou accessoire destiné à dissimuler son visage au regard d'autrui.
    Étant les principaux fondateurs de la République, les Radicaux ont toujours considéré celle-ci non seulement comme un ensemble de règles régissant le pouvoir et son exercice, mais surtout comme un ensemble de valeurs humanistes orientant la vie en société. Valeurs et principes fondamentaux qui ont nom laïcité, dignité de la personne humaine, égalité des sexes et fraternité.

    Au regard de ces principes essentiels, figurant dans le bloc de constitutionnalité et dans nos engagements internationaux relatifs aux droits de l'homme, le port de tenues visant à dissimuler son visage dans l'espace public ne peut être admis.

    Par ailleurs, la "sûreté" constitue, elle aussi, un droit fondamental garanti par la Déclaration de 1789 à laquelle se réfère le Préambule de la Constitution de 1958. Ce droit implique que la sécurité des personnes et des biens ne puisse être éventuellement mise en danger par le port de tenues risquant de faciliter la commission d'infractions en empêchant l'identification de leurs auteurs. D'où la nécessité pour l'Etat, qui en est le garant, de prendre les mesures propres à assurer la sauvegarde de l'ordre public.

     

    Retrouvez l'ensemble du texte sur le site de la fédération de Paris : www.parisprg.org

  • Le PRG propose de "délégiférer"

    Les députés PRG ont décidé de prendre le président Nicolas Sarkozy au mot en déposant une proposition de loi visant à "délégiférer". "Au second semestre 2011, le gouvernement marquera une pause pour que le Parlement puisse, s'il le souhaite, délégiférer", avait déclaré le chef de l'Etat dans un entretien mi-mars au Figaro Magazine.

    Le texte PRG entend notamment réparer "une maladresse législative, désormais rendue célèbre sous le nom d'+amendement Warsmann+, qui a malencontreusement mis l'Eglise de la Scientologie, tout comme l'ensemble des sectes, à l'abri de la dissolution, qui était le résultat attendu d'une procédure de justice alors en cours". Il supprime aussi "des références obsolètes à la peine de mort qui demeurent aux articles 83 et 85 du code civil".

    La proposition propose encore d'abroger "les dispositions elles aussi obsolètes de la loi du 26 brumaire an VIII qui précisent que +oute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l'autorisation". Elles ont pour l'heure seulement été "modifiées par deux circulaires de 1892 et 1909 autorisant le port féminin du pantalon si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval", précise le PRG.

    Par AFP, le 01/04/10

  • Un voile sur Trotsky

    Une candidate voilée sur une liste du NPA aux régionales dans le Vaucluze ? On dirait une blague mais non, c'est vrai, elle se déclare même, malgré son foulard islamique, "féministe" et bien sûr "anti-capitaliste" ! Olivier Besancenot, lui, n'y voit rien à redire et accuse même d'islamophobie ceux qui osent critiquer ce voile jeté sur sa liste.On croirait entendre Tariq Ramadan ! Etrange paradoxe que de voir troskystes et intégristes sur la même ligne. Sans parler de la défense apportée par la très catholique Christine Boutin ou la députée européenne d'Europe écologie Eva Joly qui défendent de concert le port du foulard islamique dans une assemblée d'élus... C'est Trotsky qui doit se retrouner dans sa tombe, dont le prétendu héritier ne semble pas se souvenir de l'adage marxiste qui voit dans la religion "l'opium du peuple".

    Il ne s'agit pas de stigmatiser une jeune femme dans sa pratique d'une religion dans la sphère privée. Mais cette femme est aussi responsable politique, trésorière départementale du NPA, et personne ne peut nier qu'à ce titre, sa présence sur une liste éléctorale arborant un foulard islamique est un surgissement du religieux dans la sphère publique qui porte atteinte au principe républicain de laïcité. Rien d'illégal évidemment mais tout de politique !

    Et le fait politique est que l'ex-LCR, dont la mue en NPA n'a pas donné les résultats escomptés, tente de surfer sur le ressentiment social et le sentiment de stigmatisation provoqué par le débat sur l'identité nationale pour conquérir un électorat issu de l'immigration. Confondant, au même titre que l'UMP et Nicolas Sarkozy, ce dit électorat avec une hypothétique communauté musulmane. C'est ainsi qu'un signe de soumission patriarcal est brandi sans rire comme l'étendard de la libération des masses et de l'émencipation des Français discriminés... A qui veut-on faire croire que le voile est compatible avec la libération de la femme, sauf à accréditer l'idée que la soumission à Dieu et aux hommes est une idée des Lumières ? Quel message envoie le NPA à toutes les femmes et tous les hommes qui veulent s'affranchir du poids des traditions et de l'obscurantisme religieux et se vivre avant tout comme membres égaux et à part entière d'une République fraternelle ?

    Plus que d'un anti-capitalisme inopérant, la France de la diversité a avant tout besoin que la gauche tienne bon sur les principes républicains à même de fonder une communauté de destin. La liberté de pratiquer sa religion est un fait, mais c'est aussi un fait que porter un signe ostentatoire d'appartenance religieuse est incompatible avec une fonction politique de par le caractère laïc de la charge d'un élu de la République, qui se doit de représenter l'ensemble du peuple et non une communauté.

    Il est vrai que le NPA, qui refuse toujours toute alliance dans des majorités de gauche pour contrecarrer la politique du gouvernement, ne risque pas de représenter qui que ce soit ! Ouf !

    Par Fabrice Moulin

  • Une dénomination Ilan Halimi, pour quoi faire ?

    Notre Conseil municipal a voté hier soir à l'unanimité (des présents) un voeu présenté par Karen Taïeb au nom de tous les groupes de notre majorité demandant que le nom d'Ilan Halimi soit attribué à un lieu de vie ou un jardin de l'arrondissement.

    Ilan Halimi, chacun le sait, est un jeune homme enlevé par le "gang des barbares" et victime d'un calvaire de 24 jours de tortures ignobles qui se sont achevés par une mort encore plus atroce. De l'aveu même du chef de ce gang, Youssouf Fofana, la victime a été choisi car né juif sous prétexte que les juifs ont de l'argent. Le caractère foncièrement antisémite de cet acte n'est donc pas à prouvé et a même été juridiquement reconnu lors du procès des membres du "gang des barbares". Il nous interpelle sur la persistance des préjugés et d'une haine antisémites chez certains de nos concitoyens, souvent des jeunes qui nient la Shoah ou cultivent leur haine des juifs sur le terreau des guerres au Moyen-Orient.

    J'ai voté pour ce voeu car j'adhérais à tous ses considérants et il me semble important de rappeler solennellement et collectivement notre refus vicéral de tout racisme et anitsémitisme contre lesquels les Radicaux de gauche se sont toujours battus. C'est ainsi que nous avons créé le Comité de vigilance contre l'extrème-droite dans les années 90, rejoint par tous les partis de gauche.

    Mais je ne peux m'empécher de me poser des questions sur l'opportunité de proposer l'attribution du nom d'Ilan Halimi à un lieu de l'arrondissement.

    Notre municipalité fait beaucoup pour transmettre la mémoire de l'holocauste, lutter contre le négationnisme et passer ainsi aux jeunes générations la connaissance des horreurs commises au nom d'un antisémitisme d'Etat. C'est ainsi qu'en tant qu'adjoint à la Mémoire, j'ai sollicité l'Association pour les Déportés, Internés et Résistants (ADIRP 12) pour réaliser une exposition sur les camps d'extermination dans notre mairie, ou commémoré les poses de plaques pour les enfants juifs déportés avec l'AMEJD.

    Et justement, je m'interroge sur le rapprochement symbolique que ce voeu crée entre les victimes de la barbarie nazie, d'une machine étatique au service d'une idéologie meurtriète, d'un crime contre l'Humanité d'un côté, et d'une victime d'un fait divers antisémite commis par une bande de voyous de l'autre. Le crime est dans tous les cas effroyable mais fait-on oeuvre de bonne pédagogie en les rapprochant ? J'avoue ne pas parvenir à trancher cette question.

    Autre interrogation : ce voeu ne risque-t-il pas de relancer la compétition des mémoires ou des tensions communautaires comme on l'a vu sur d'autres sujets ? Ou encore une certaine surenchère politicienne au cas où d'autres crimes racistes ou particulièrement odieux touchaient un habitant du 12e ? Comme son chef de file, Nicolas Sarkozy, l'UMP est en effet toujours prompte à surfer sur l'actualité pour faire triompher le pathos sur la raison. On l'a bien vu par l'instrumentalisation des problèmes d'insécurité en 2002 que leur gouvernement est pourtant incapable d'enrayer depuis 8 ans.

    Enfin, reste la question du quand et où ? Ilan Halimi était un enfant du 12e qui travaillait dans le 11e, où il a fait connaissance de la jeune fille qui servit d'appat au "gang des barbares". Il a subi les horreurs de sa détention à Bagneux dans les Hauts-de-Seine avant de mourir en Essonne. Où une plaque en sa mémoire est-elle la plus utile pour avoir un effet pédagogique sur ceux qui pourraient développer des sentiments antisémites ? Le procès en appel du "gang des barbares" doit avoir lieu fin 2010. Il ne remettra pas en cause le caractère antisémite du crime, mais ne devrions-nous pas par principe temporiser et respecter le calendrier judiciaire ?

    Un élément de réponse à mes interrrogations est qu'il existe déjà à Paris des plaques en mémoire de Malik Oussekine (victime de la police), Brahim Bouharam (tué par des skinheads) et Sohanne (brulée vive pour avoir voulu vivre en femme libre). Alors pourquoi pas Ilan ?

    Toutes ces questions et d'autres, je sais que beaucoup de mes collègues élus de la majorité se les sont posés. Certains ont choisi de ne pas prendre position, préférant s'éclipser au moment du vote... C'est malheureusement un travers classique chez nos amis socialistes que de ne pas choisir...

    Il me semble que le sujet est trop important pour ne pas assumer un vote, j'ai donc voté pour l'attribution du nom d'Ilan Halimi à un lieu de vie ou un jardin de l'arrondissement, en espérant que mes craintes ne soient pas fondées. Je n'ai pas souhaité non plus les exprimer publiquement pour ne pas créer un débat public qui pourrait être mal interprété ou utilisé à des fins politiciennes. Je pense pour autant que l'apposition d'une plaque Ilan Halimi doit s'accompagner pour être efficace d'un travail pédagogique auprès des habitants de l'arrondissements, prioritairement des jeunes autour du respect des Droits de l'Homme, de la République, de l'Humanisme, contre le racisme, l'antisémitisme et l'intolérance.

    Par Fabrice MOULIN

  • L'Eglise de scientologie échappe à l'interdiction de ses activités

    Mardi 27 octobre, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement à l'encontre de l'Eglise de Scientologie et ses représentants français, conjointement reconnus coupables "d'escroquerie en bande organisée" et "d'exercice illégal de la pharmacie ".

    Maleureusement, aux termes de ce jugement et sous réserve de la décision du procès d'appel qui se tiendra dans une douzaine de mois, l'Eglise de scientologie peut poursuivre ses activités car elle échappe à la sanction la plus lourde : l'interdiction d'exercer ses activités. En effet, suite à un étrange amendement au Code pénal voté à l'Assemblée nationale, la loi ne le permet plus.

    Tout en condamnant l'association spirituelle de l'Eglise de scientologie et la société Scientologie espace librairie (SEL) à des amendes respectives de 400 000 et 200 000 euros, le tribunal a prononcé des peines de prison avec sursis contre quatre responsables français de l'Eglise fondée aux Etats-Unis en 1954 par l'auteur de science-fiction Ron Hubbard.

    Rappelons que la SEL est située rue Jules César dans le 12e arrondissement.

    Considéré comme le principal dirigeant, Alain Rosenberg écope de la peine la plus lourde. Absent à l'audience de jugement, il est condamné à deux ans de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende. Pour trois autres responsables qui avaient aussi comparu du 25 mai au 17 juin devant la 12e chambre correctionnelle, les peines prononcées vont de dix-huit mois à dix mois de prison, assortis du sursis et d'amendes de 20 000 à 5 000 euros ; tandis que deux autres prévenues s'en tirent avec des amendes de 2 000 et 1 000 euros.

    Pour "mettre en garde d'éventuelles victimes par le biais d'une très grande publicité de la décision", le tribunal a exigé la publication de ce jugement dans plusieurs journaux, et, notamment, dans deux journaux étrangers : le Herald Tribune et Times Magazine.

    Le tribunal ne s'est pas prononcé "sur la valeur d'une doctrine", "mais sur des méthodes". Ses attendus sont sans équivoque. Escroquerie que ces tests de personnalité qui n'ont aucune valeur scientifique ; escroquerie encore, les cures de purification avec sauna et jogging à la clé ; escroquerie enfin, le fameux électromètre, objet fétiche des scientologues, vendu à des tarifs prohibitifs. "La place dans la scientologie dépend des capacités financières des adeptes", dénonce le tribunal.

    C'est une belle victoire pour tous ceux, comme la Miviludes ou l'association "Attention enfants", qui luttent contre l'influence néfaste et les pratiques charlatanesque des sectes en France. Néanmoins l'impossibilité légale de dissoudre la Scientologie et de fermer sa librairie malgré cette lourde condamnation et les arguments tirés par les cheuveux des juges pour la justifier laisse un goût amer.
    En effet le tribunal redouterait qu'"une interdiction d'exercer engendre la continuation des activités en dehors de toute structure légale" et considère oncernant la SEL, que "la fermeture d'une librairie irait à l'encontre des grands principes de liberté de pensée et d'expression qui sont le fondement de toute démocratie ".
    Pourtant cette affaire a démontré une fois de plus que la Scientologie n'est pas une église mais une entreprise commerciale assimilée  par le tribunal à une "bande organisée", donc la défense de la liberté de pensée n'a aucun fondement ici.

    Il me semble par exemple qu'une librairie révisionniste n'aurait pas bénéficié - fort heureusement - d'une telle mansuétude de la justice. De même pour n'importe quelle entreprise mafieuse condamnée pour escroquerie. Alors pourquoi la Scientologie pourrait-elle continuer ses activités et vendre sa propagande mensongère dans notre arrondissement ?

    Fabrice Moulin (avec article du Monde)
  • Amendemant Carle : une atteinte à la laïcité au détriment des communes

    Le Parlement a définitivement voté lundi une proposition de loi pour limiter l'obligation faite aux communes de financer la scolarité d'élèves résidant sur leur territoire, mais inscrits dans des écoles privées d'autres communes. Les députés ont entériné le texte du sénateur UMP Jean-Claude Carle tel que le Sénat l'avait voté le 10 décembre 2008. Les groupes UMP et du Nouveau Centre (NC) ont voté pour. Les groupes socialiste, radical et citoyen (SRC) et de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) ont voté contre. Le député UMP Pierre Cardo a voté contre.

    Le texte propose de préciser un article de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Cet article, introduit par un amendement du sénateur socialiste Michel Charasse, instaure l'obligation pour la commune de résidence de prendre en charge les frais de scolarité d'un enfant étudiant dans une école privée sous contrat d'une autre commune. Plusieurs communes ont refusé de s'acquitter de ce "forfait". D'où la multiplication de contentieux devant les tribunaux administratifs.

    "Atteinte au principe républicain de la laïcité"

    Aussi le texte adopté lundi oblige-t-il les mairies à financer les écoles privées d'autres communes si leurs résidents ont choisi d'y scolariser leurs enfants, mais seulement dans quatre cas : lorsque les parents peuvent prouver que la capacité d'accueil de la commune de résidence est insuffisante, pour des raisons médicales, en cas "d'obligations professionnelles" des parents si la commune "n'assure pas directement ou indirectement la restauration et la garde des enfants", ou bien encore lorsqu'un frère ou une soeur de l'enfant est déjà scolarisé hors de la commune.

    "Le gouvernement se félicite de cette proposition de loi et la soutient totalement", a dit Luc Chatel, ministre de l'Education nationale. "Ce texte est le fruit d'un consensus. Il est éloigné des débats idéologiques. C'est un texte d'apaisement et d'équilibre", a-t-il affirmé. Très critique, la gauche a défendu en vain plusieurs motions de procédure. "Ce texte porte atteinte au principe républicain de la laïcité", déclarent dans un communiqué les députés radicaux de gauche. "Ce texte ne va pas dans le sens de l'apaisement", a dit pour sa part le député socialiste Yves Durand. "Ce texte va organiser l'exode scolaire. Vous allez assécher, désertifier les écoles rurales (...). Même chose pour les quartiers de banlieue dits défavorisés", a-t-il estimé.

    Par AFP

  • Infiltration de la Scientologie jusqu'à l'Assemblée ?

    La nouvelle révélée par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Miviludes) a de quoi troubler tous les Républicains et tous ceux qui ont confiance dans les représentants de la Nation. En effet, alors que la Justice a requis la dissolution de l'Eglise de Scientologie en France mise en cause dans un procès pour escroquerie, l'Assemblée nationale aurait supprimé dans la plus grande discrétion les dispositions légales autorisant une telle dissolution.

    Les députés auraient-ils changé la loi pour sauver la scientologie de manière délibérée ? Si c'est le cas, qui est responsable ? Dans quelles circonstances ? Quels députés ? Les UMP qui soutiennent un Président qui a accueilli en grande pompe Tom Cruise, le porte-drapeau de la Scientologie ?

    La représentation nationale voire les plus hautes sphères de l'Etat sont-elles noyautées par une secte ? Seule une enquête indépendante pourrait répondre à cette question. Après la disparition en plein tribunal, il y a quelques années, des dossiers d'instruction contre la scientologie, cette nouvelle mésaventure judiciaire doit aussi remettre en cause le projet du gouvernement de supprimer le juge d'instruction indépendant. Sans tomber dans la théorie du complot, ce coup de pouce législatif aux scientologes pose plus largement la question sur la porosité entre le pouvoir en place et les groupes d'intérêts divers qui pratiquent un lobbying effréné. Si ces groupes poursuivent leurs intérêts privés, qu'ils soient laboratoires, industriels ou communautés, l'intérêt général doit être le seul guide de l'action des Parlementaires !

    par Fabrice Moulin

  • Burqa: mission d'information gauche-droite avec le soutien du gouvernement

    PARIS, 1 juillet 2009 (AFP) - Avec le plein soutien du gouvernement, les quatre groupes politiques de l'Assemblée nationale (UMP, NC, PS, PCF) ont mis officiellement en place mercredi une mission d'information sur la burqa, chargée de dépassionner le débat et d'"ouvrir un dialogue".

    Composée de 32 membres (17 UMP, 11 PS et PRG, 2 GDR, 2 NC), souvent des élus de banlieue, présidée par le communiste André Gerin, la mission reflète la volonté unanime de dépasser les clivages politiques pour réfléchir au port du voile intégral en France.

    "Il n'y a aucune question taboue. On va faire un état des lieux de cette prison de tissu et on va ouvrir un dialogue avec les associations féminines, les associations laïques et les musulmans", a déclaré à la presse M. Gerin. Il avait le premier demandé la création de cette mission.

    "Nous voulons répondre à un malaise dans la société française, y compris chez la majorité des musulmans", a-t-il insisté. Car "il faut que les musulmans silencieux prennent la parole, il faut faire reculer l'entrisme des fondamentalistes"

    "On a mis notre étiquette politique de côté", a renchéri Eric Raoult (UMP), rapporteur de la mission. Selon lui, "le problème est réel" et "il faut comprendre et apporter un certain nombre de propositions".

    Dans chacune des formations politiques, il y aura "une réflexion propre", a ajouté M. Raoult confirmant la mise sur pied par le groupe UMP d'un groupe de travail sur le voile intégral, burqa ou niqab, (avec Jean-François Copé, François Baroin et Nicole Ameline).

    Pierre Forgues (PS) a jugé primordial de "veiller à ne pas construire une France des communautarismes" et "éviter la guerre entre les Français".

    Nicolas Perruchot (NC) s'est placé "aux côtés d'André" Gerin, car il est "essentiel d'apporter des réponses à cette question qui touche l'égalité des sexes, de trouver un chemin et envoyer un message aux fondamentalistes qui défient les valeurs républicaines".

    "Il nous faut réagir" car "les choses se dégradent dans nos quartiers, le communautarisme prend parfois le dessus", a renchéri Chantal Robin-Rodrigo (PRG), pour qui "il s'agit d'une cause commune, celle de la défense des valeurs de laïcité et d'égalité homme-femme".

    La mission se réunira tous les mercredis et commencera ses auditions dès la semaine prochaine, avant de suspendre ses travaux du 15 juillet à début septembre.

    "On n'a pas l'intention de lâcher le morceau, on a l'intention d'aller jusqu'au bout de la démarche, quelle que soit l'issue de la mission", a prévenu M. Gerin.

    "Tout est ouvert", a-t-il ajouté en n'évoquant pas spécifiquement une future loi. Pour Lionnel Luca (UMP), elle est pourtant nécessaire. "On n'échappera à la législation, sinon ce sera une mission pour rien".

    Jacques Myard (UMP) aussi la réclame "pour poser le principe d'une interdiction au nom de la dignité de la personne et de l'égalité de droits".

    Représentants de circonscriptions rurales, Dominique Souchet et Véronique Besse (MPF), se sont également associés à la démarche pour "faire de la prévention".

    Quant au président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), il a souhaité que "les conclusions soient partagées et adoptées de manière unanime".

    La mission a reçu mercredi le total soutien du gouvernement qui s'est dit, par la voix de Nadine Morano (Famille), "très attaché à l'initiative parlementaire" pour "déterminer le phénomène et son évolution sur le territoire" et "voir quelles réponses apporter".

    "Nous attendons avec beaucoup d'attention les résultats de vos travaux", a-t-elle ajouté.

    (Jeanny Marc députée app PRG de Gaudeloupe et Chantal Robin Rodrigo députée PRG des Hautes Pirénnées siègeront dans cette mission.)

  • La Scientologie enfin dissoute ?

    La Scientologie bientôt dissoute ? Nous en avons rêvé, le tribunal va peut-être le faire ! Si les réquisitions du Parquet sont suivies et que la décision de dissolution aboutit, il faudra que notre municipalité se mette sur les rangs pour récupérer un immeuble entier 7 rue Jules César, siège de l'Association Spirituelle de L'Eglise de Scientologie d'Ile de France. Enfin "désin-sectisée", cette rue pourrait ainsi accueillir de véritables équipements pour les habitants, des logements, des crèches ou une activité honnête créatrice d'emplois, et non plus une bande de charlatans dont l'activité première est d'escroquer les gens fragiles. A ce sujet voici l'extrait  d'une dépêche AP sur le procès actuel qui donne un éclairage très éclairant sur les pratiques condamnables de la secte :

    Le parquet de Paris a requis lundi la condamnation suivie de la dissolution de l'association spirituelle de l'Eglise de Scientologie-Celebrity Center et de la librairie SEL (Scientologie espace liberté), jugées en tant que personne morale par le tribunal correctionnel de Paris pour "escroquerie en bande organisée", et a réclamé une amende de deux millions d'euros contre chacune de ces deux associations.

    Ces réquisitions sont d'autant plus sévères que le ministère public avait dans ses réquisitions écrites, transmises au juge d'instruction en septembre 2006, demandé un non-lieu général au profit des deux personnes morales et des sept prévenus qui n'étaient plus que six devant le tribunal, l'un d'entre eux étant mort depuis.

    Le ministère public a requis des peines d'emprisonnement avec sursis -de deux à quatre ans- assorties d'amende -de 10.000 euros à 150.000 euros- à l'encontre de quatre des six anciens membres de l'Eglise de Scientologie jugés depuis le 25 mai.

    Maud Morel-Coujard, l'un des deux procureurs de la République, a estimé que les tests de personnalité réalisés sur les futurs membres, la pratique de l'électromètre, "le harcèlement commercial" et la "cohorte de programmes de formation" vendus aux adeptes étaient autant de "manoeuvres frauduleuses" caractérisant l'infraction d'escroquerie en bande organisée.

    La Scientologie est un "système de marketing", un "système maniaque et paranoïaque" au "service d'un projet d'une valeur religieuse dont il ne convient pas de débattre" dans l'enceinte d'un tribunal, a-t-elle expliqué. "Mais c'est cette valeur religieuse qu'on a opposé sans cesse à l'action légitime de la justice. Ce bouclier religieux, la liberté de culte et de conscience, a été utilisé sans cesse pour délégitimer d'entrée l'idée d'une sanction pénale", a-t-elle souligné.

    "Depuis le début du procès, nous avons entendu à maintes reprises que le bonheur n'a pas de prix. Nous avons acquis la conviction au ministère public que s'il n'a pas de prix, il a un coût, un coût considérable. Notre position a beaucoup évolué depuis l'instruction". L'une des plaignantes, Aude-Claire Malton, a versé ainsi 80.000 FF en 1997 tandis qu'une autre adepte, a déboursé 140.000 FF la même année.

    Maud Morel-Coujard a qualifié le test, méthode de recrutement des novices, d'"outil de démarchage, outil de sélection et outil de conditionnement". L'électromètre, censé localiser la charge mentale négative de chaque scientologue, n'est qu'un "leurre" servant "uniquement à la mise en scène qui caractérise l'escroquerie". Quant au formulaire de religion, sorte de protocole que signent les déçus de l'Eglise de Scientologie, "c'est un véritable pacte faustien" par lequel les adeptes "renoncent par avance à toute réclamation et toute plainte"...

    "Depuis cette plongée dans l'univers de la scientologie, nous avons découvert une méthode née dans le cerveau d'un écrivain de science-fiction dans la Californie des années 50". "Ron Hubbard a créé un prêt-à-penser aux allures de bric à brac", a-t-elle ironisé.

    Une peine de quatre ans avec sursis, 150.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques et civils a été requise contre Alain Rosenberg, l'un des dirigeants de la principale structure française de la Scientologie. Une peine de trois ans avec sursis, 50.000 euros d'amende et cinq ans d'interdiction des droits civiques et civils a été demandée contre Didier Michaux.

    Contre Jean-François Valli et Sabine Jacquart, le parquet a respectivement requis trois ans avec sursis assortis de 25.000 euros d'amende et deux ans avec sursis et 10.000 euros d'amende. A l'encontre de Marie-Anne Pasturel et Aline Fabre, poursuivies pour "exercice illégal de la pharmacie" -vente de "vitamines"-, il a été demandé une amende de 2.000 euros.

    Dans sa plaidoirie, Me Olivier Morice, l'avocat de Mme Malton, a considéré que les pratiques de la Scientologie étaient des "méthodes systématiques et récurrentes relevant de l'escroquerie". Le jugement de la 12e chambre sera mis en délibéré à l'issue des plaidoiries de la défense qui s'achèvent mercredi. AP

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