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Laïcité et loi de 1905 - Page 3

  • Le FN rejoint l'«apéro saucisson», version 2011

    Riposte laïque n'a rien de républicaine ou laïque. C'est une organisation d'extreme-droite qui, au cas où certains en douteraient, n'hésite plus à s'afficher au côté du FN pour stigmatiser une partie de nos concitoyens en attisant les peurs. La fédération de Paris du PRG a été la seule formation politique a dénoncer cette manifestation provocatrice sur la voie publique, avec notamment le député suisse Oskar Freysinguer, dont le slogan était « Non à l’islamisation de la France ». (FM)


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    Le FN rejoint l'«apéro saucisson», version 2011

    A l'occasion de l'anniversaire de l'appel du 18 juin, les organisateurs du controversé « apéro saucisson-pinard » ont remis le couvert. Cette année une délégation du Front national de la jeunesse a rejoint Riposte laïque, tandis que le Bloc identitaire est resté à la maison.



    (photo Marianne2)

    Un appel à revisiter les standards de la chanson française sur les Champs-Elysées pour la commémoration du 18 juin 1940 ? A première vue, rien de bien méchant. Tout juste une initiative un peu chauvine. Au menu : Sardou, Brel, Piaf, Trenet… Sans oublier le « Chant des Partisans » et la « Marseillaise ».  Et pour le décor : quelques drapeaux et des macarons bleu blanc rouge accrochés à la boutonnière, un ou deux bonnets phrygiens en prime…

    Mais derrière le dress code tricolore et le karaoké géant se cachent le site militant Riposte Laïque et l'association Résistance Républicaine de Pierre Cassen et Chritine Tasin - ces ultra laïcs qui avaient déjà été à l’origine du controversé « apéro saucisson-pinard », il y a tout juste un an. L’évènement qui devait se tenir rue Myrha dans le quartier de la Goutte d'or (19ème) - connue pour être investie par des prières de rue, faute de place dans la Mosquée voisine - avait alors été interdit par la préfecture de police avant d'échouer place de l’Etoile.

    Cette fois, le thème a été choisi avec minutie : « chanter l’amour de la France ». Pas de quoi mettre en émoi la préfecture de police. Pourtant, pas de doute possible, lorsque les badauds – tantôt interloqués tantôt choqués - sortent du métro à la station Charles-de-Gaulle-Etoile, le slogan affiché est sans équivoque : « Non à l’islamisation de la France ». Et ce n’est pas le cordon de sécurité que forme le service d’ordre aux crânes rasés convié pour l’occasion qui va nous convaincre du contraire.

    Une nouvelle provocation à peine voilée

    Depuis un an, le vocabulaire de combats de ces « ultra-laïcs » est bien rodé. Ils s’estiment en résistance contre un nouveau fascisme : l’Islam. Et considèrent comme des « collabos » tous ceux qui les privent de leur liberté d’expression, à savoir pêle-mêle les « islamistes », les « gauchistes » ou encore les associations qui les poursuivent en justice (comme le MRAP ou la LDH). Ils dénoncent le port du voile, le Quick Halal et les subventions pour la construction des mosquées.

    « Ils essayent de faire passer ça pour une gentille chorale, mais c’est un meeting politique », s’insurge Fabrice Moulin, élu du parti radical de gauche du XIIe qui a demandé l’interdiction du rassemblement. Pour lui, le fait qu’Oskar Freysinger, - le Suisse du parti UDC (Union démocratique du centre) à l’origine de la votation sur l’interdiction des minarets - soit sur la liste des invités en est une preuve flagrante. Et d’ajouter : « c'est un détournement de la résistance et de la commémoration de l’appel du 18 juin du général de Gaulle par des gens dont la prose laïque a dérivée ».

    « Ce n’est qu’une nouvelle provocation qui euphémise un discours raciste et xénophobe », acquiesce Alexis Corbière. Pourtant, cette fois-ci, l’élu du parti de gauche du XIIe n’a quant à lui pas jugé bon d’appeler à une interdiction de la manifestation comme il l’avait fait lors des « Assises contre l’islamisation de la France » de février dernier – autre événement-phare organisé par la mouvance ultra laïque. « Cela n’aurait été que prêter le flanc à des gens qui n’attendent que cela de se présenter en victimes. »

    « Dénoncer au risque de faire de la publicité ou se taire au risque de banaliser », voilà l’éternel dilemme pour Fabrice Moulin. Qui doit constater que les élus et les associations coutumiers du fait n’ont majoritairement pas réagi à cette nouvelle manifestation, qui passera encore une fois assez inaperçue, sauf pour une poignée de touristes qui auront été attirés par les drapeaux flottants au vent au dessus de la centaine de personnes réunie en face de l’ambassade du Qatar près de l’Arc-de-Triomphe.

    Le Bloc Identitaire absent, la jeunesse FN s’invite

    Curieusement, le Bloc identitaire (BI), inséparable de Riposte Laïque et Résistance Républicaine depuis l'« apéro saucisson-pinard », n'a pas pris part officellement à la fête.  Pour rassurer leurs fidèles, presque «inquiets » de cette absence, Chritine Tasin et Pierre Cassen se sont fendus d'une petite mise au point préalable. Non, ils ne sont « pas fâchés » avec les Identitaires. C'est juste que ces derniers ont eu beaucoup à faire avec leur propre manifestation : la « marche aux cochons » du 15 mai à Lyon, et qu'ils ne partagent pas cette « tradition républicaine et jacobine ».

    Joint par Marianne2, Fabrice Robert, président du BI, a confirmé cette explication en invoquant un problème de timing : « J'ai trop tardé à répondre » à leur invitation. Mais il a surtout rappelé que chanter l'amour de la France en bleu blanc rouge,  ce n'était pas trop « leur tasse de thé ». « Nous ne sommes pas habitués à ce genre, ce n'est pas ce qui nous intéresse », insiste-t-il. Et Christine Tasin de confirmer : « Ce n’était pas assez provocateur pour le Bloc Identitaire ».

    (photo Marianne2)
    A contrario, une poignée de jeunes du Front national avaient trouvé cette initiative à leur goût, alors que Marine Le Pen, en campagne interne pour la présidence du FN, avait pris soin l'an dernier de rester à l'écart de l'opération apéro-saucisson. Alignés avec des drapeaux bleu blanc rouge en face de la sortie du métro, ils ont tenté de dérouler une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Vive la France libre, Vive la République », avant que les organisateurs le leur interdisent. Raison invoqué : « Un motif administratif ». Pas de banderoles, que des drapeaux tricolores. C’était pourtant bien « marqué sur le prospectus », sermonne un militant de Résistance Républicaine.

    Ce couac montre combien les ultra laïcs peinent à véhiculer un discours sans équivoque. Au générique de fin, au moment où Christine Tasin remercie les différents acteurs (Union gaulliste, Ligue du droit des femmes, etc...) qui ont soutenu l'opération, Oskar Freysinger - clairvoyant  -  murmure à l'un de ces voisins :  « Il va falloir fédérer toutes ces chapelles ! »

    Dimanche 19 Juin 2011
    Chloé Demoulin - Marianne


  • Une mairie socialiste construit une église !

    Les quelques lecteurs de ce blog penseront peut-être que chez moi la laïcité vire à l’obsession. Pourtant les tentatives de l'extrême droite de récupérer et d'instrumentaliser la laïcité - comme on a pu l'entendre récemment lors du premier discours de la nouvelle présidente du FN, prouve que les femmes et les hommes de gauche qui veillent depuis longtemps et inlassablement au respect de la loi de 1905 ne sont ni des obsessionnels ni des ringards, comme j'ai pu l'entendre parfois de la bouche d'élus UMP ou même de socialistes ou de Verts, mais à l'avant-garde du combat pour les valeurs républicaines.

    C'est un combat pour la tolérance, la fraternité et la liberté de croire comme de ne pas croire, mais aussi, par le maintien des convictions religieuses dans la sphère privée et une stricte neutralité de la puissance publique, pour le vivre ensemble républicain contre tous les communautarisme et les repli sur soi. J'ajouterai que c'est aussi une garantie de bonne utilisation des deniers publics car mieux vaut investir dans l'éducation publique ou la recherche que dans la religion.

    0611_eglise_une.jpgCes convictions ne sont malheureusement pas toujours partagées et l’on voit de plus en plus fréquemment certains hommes politiques, y compris à gauche, qui subventionnent d’une manière plus ou moins détournée les cultes, en totale contradiction avec la loi de 1905. Dernier exemple en date, la commune des Lilas a financé la construction d'une nouvelle église et annonce sans ciller sur son site Internet "Dimanche 30 janvier, Daniel Guiraud, Maire des Lilas remettra symboliquement les clés de la nouvelle église construite par la ville à Pascal Delannoy, Evêque de Saint-Denis. Cette cérémonie civile sera suivie par la messe de consécration." Et ce n'est pas fini puisque "le projet sera achevé en 2011, par la construction d'un nouveau centre paroissial, d'un jardin et d'un campanile de plus de 20 mètres de hauteur." Voilà donc un maire socialiste qui utilise l’argent du contribuable pour édifier une église avant de l’inviter à la messe ! Le montage qui a permis une telle entorse à la loi de 1905 mériterait d'être observé à la louche par le Tribunal administratif.

    Je ne m’épancherai pas plus sur ce cas « édifiant », d’autant que mon collègue Alexis Corbière, du Parti de Gauche, en a longuement parlé sur son blog, et que nous partageons régulièrement les mêmes indignations quand la laïcité est mise à mal à Paris.

    Ce combat est constitutif du radicalisme depuis plus d'un siècle et essentiel pour les Radicaux de Gauche, mais il dépasse les frontières partisanes et est partagé par beaucoup dans tous les partis. Je ne sais encore si ce qui réunit d’authentiques Républicains peut-être plus fort que leurs divergences. En tout cas je pense que, face aux dérives beaucoup pourraient se reconnaître dans un front républicain initié par le PRG, « un parti bourgeois qui a l'âme d'un parti du peuple » selon la formule de Ferdinand Buisson, un radical qui présida... la commission parlementaire chargée de mettre en oeuvre la séparation des Églises et de l'Etat.

  • Sur l'Immaculée Conception, l'UMP pèche par maladresse

    Lors du conseil de lundi, nous avons également débattu d'un voeu de Valérie Montendon (UMP) qui ne pouvait que laisser perplexe quant à ses intentions cachées.

    Elle demandait à notre mairie d'apposer sur le fronton d'un immeuble privé un panneau signalant l'entrée d'une école privée et confessionnelle, en l'occurence celle de l'Immaculée Conception. Outre que ce n'est pas de notre responsabilité, que la mairie n'a strictement rien à voir dans une discussion qui concerne un syndic et un bailleur, et que Valérie Montendon a admis que le syndic a accepté la demande du bailleur, donc le problème est déjà résolu, on peut s'interroger du motif de l'élue UMP.

    Pour ma part, j'ai dénoncé au nom du PRG et demandé le retrait de son voeu "innopportun et inutile" sauf "comme un signe à une clientèle électorale et une provocation quand on voit l'école publique et laïque mise à mal par la politique du gouvernement et de la majorité parlementaire UMP, notamment avec l'amendement Carles".

    De plus, ses considérants étaient basés sur une confusion tellement absurde qu'on se demande si elle ne tient pas du prétexte. En effet, Valérie Montendon a expliqué craindre que le Règlement Local de la Publicité (RLP) élaboré par la Ville de Paris interdise à l'école d'afficher son nom sur l'immeuble, alors que le RLP veille a interdire la publicité commerciale aux abords des écoles ! C'est au nom de la laïcité défendue par les radicaux de gauche que nous souhaitons éviter aux enfants de subir le prosélytisme des grandes marques jusque dans les établissements scolaires, et c'est aussi au nom de notre conception de la laïcité, cque nous estimons que ce n'est sûrement pas à une municipalité de faire de la pub pour une école  privée confessionnelle.

    Mon collègue Alexis Corbière (PG) s'est également opposé fermement à ce voeu et nous avons demandé son retrait. Le PS, qui n'a pas été des plus offensif, a aussi demandé le retrait et indiqué qu'il ne participerait pas au vote (au risque tout de même de laisser adopter le voeu), alors que les Verts sont restés silencieux. Valérie Montendon, réalisant sans doute qu'il lui faudrait trouver plus habile pour relancer la guerre scolaire, a cédé et retiré son voeu.

  • Ne laissons pas la laïcité aux mains des ennemis de la République

    Les "Assises sur l'islamisation de nos pays" auront donc bien eu lieu ce samedi dans notre arrondissement. Et ce malgré les protestations de toutes les forces politiques de gauche, les associations de l'arrondissement, l'intervention du maire de Paris auprès de la Préfecture. Pourtant il suffit d'entendre les propos des intervenants de cette réunion d'extrême-droite et de néo-fascistes européens pour comprendre que l'objectif n'était pas de réfléchir comme ils le prétendent mais de délivrer un message de haine, de stigmatisation, bien résumé par ce propos d'un des organisateurs "le problème n'est pas qu'il y a trop de mosquées mais qu'il y a trop de musulmans", et que la laïcité n'est qu'un prétexte pour promouvoir la supériorité d'une religion sur une autre. L'extrême-droite française, à commencer par le FN, n'a-t-elle pas toujours pourfendu la laïcité et trouver ses soutiens chez les intégristes catholiques ? Et on retrouve aujourd’hui ces-dernier grimés en faux-laïcs.

    J'ai été l'un des premiers à demander solennellement au nom du PRG au Directeur de l'Espace Charenton d'annuler ces prétendues « assises » sous-titrée « Défendre la laïcité, défendre les valeurs de notre civilisation » car elles sont fondamentalement en opposition avec les valeurs qui fondent notre République et la laïcité, telle que définie par la Loi de 1905 dont les Radicaux sont à l’origine.

    Rassemblement élus contre Assises de l'extrême-droite.jpgLes élus du 12e se sont réunis la veille pour une protestation symbolique contre "l'instrumentalisation de la laïcité" devant l'Espace, rejoint par d'autres élus parisiens parmi lesquels beaucoup de mes amis radicaux de gauche, et la maire du 12e arrondissement a également demandé à la Préfecture l'annulation. A lire son interview sur le Post. Je note que ce rassemblement que nous souhaitions ouvert à tous les "élus républicains" n'a pas été rejoint par les élus de l’opposition municipale ni aucun autre du Nouveau Centre ou de l'UMP, qu'on n'a pas du tout entendu pendant toute cette affaire. Il me semble pourtant que des héritiers du général de Gaule devraient s'étrangler de voir des gens à l'idéologie pétainistes se prétendre "résistants" et utiliser des symboles comme la croix de Lorraine ! Mais il faut croire qu'ils partagent les accointances de certains maires et députés UMP qui approuvent les thèses de cette nouvelle extrême-droite.

    Le PRG avec la quasi-totalité des organisations de gauche (excepté le PS mais dont des militants sont tout de même venus) et associations comme la LDH ou Sos Racisme, avait appelé à manifester samedi même à proximité de l'Espace Charenton. On y a entendu tout de même la députée socialiste Sandrine Mazetier faire une intervention remarquable. Et aussi la journaliste et essayiste Caroline Fourest qui continue de défendre courageusement une conception de la laïcité intelligente, sans naïveté et sans compromis d’aucune sorte. Sur ce sujet, elle est à mon sens complètement en accord avec les positions que nous défendons depuis des années avec le PRG à Paris, y compris parfois en désaccord avec notre majorité.

    D’autres organisations, qui n’étaient pas inscrite dans cette démarche unitaire mais ont protesté parallèlement, ont un discours qui me semble par contre contre-productif, et il faut surtout que la gauche républicaine garde son cap. Que ce combat contre la xénophobie ne nous détourne pas de nos fondamentaux ! La vraie réponse à l’offensive anti-musulmans, qui se nourrit des inquiétudes et des peurs de nos concitoyens plongés dans un monde en crise, c’est l’application ferme et juste de la Loi de 1905. La loi de séparation des églises et de l'Etat qui garantit la « Liberté de conscience » et stipule que « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ».

    Rien que la loi mais toute la loi. Il faut donc rappeler que l’Etat n’a pas plus à financer la construction de lieux de culte que des maires à refuser des permis de construire pour en édifier. Les collectivités locales n’ont pas plus à subventionner les associations cultuelles ou confessionnelles qu’à en entraver l’action dans le cadre prévu par la loi. La loi pour tous les citoyens libres et égaux en droits.

    Ferdinand Buisson disait « la laïcité est le droit et le devoir de parler haut et ferme au nom de la raison ». Ceux qui agitent la menace d’« islamisation de nos sociétés » comme un épouvantail pour monter les citoyens les uns contre les autres ne sont surement pas animés par la raison, et leur outrance verbale est la preuve de leur mauvaise foi. Mais les revendications des communautaristes religieux existent. Rien ne serait plus terrible que de laisser croire qu’on y cède pour combattre d’autres extrémistes, car ces-derniers en feraient alors le triomphe de leurs thèses. La Loi de 1905 est un point d’équilibre et la laïcité à la française le ciment du vivre ensemble de notre République. Ne la laissons pas dans les mains des extrêmes.

     


  • Des élus dénoncent la tenue d'un colloque d'extreme-droite

    Article paru dans le Parisien du 15 décembre, par Sebastien Ramnoux.

    parisien.jpgL'intitulé annonce la couleur sans hypocrisie : « Assises internationales sur l'islamisation de notre pays ». Ce colloque qui tente de se donner des allures scientifiques et sérieuses doit avoir lieu samedi dans un centre de conférences privé du XIIe arrondissement, l'espace Charenton, qui a confirmé la réservation. Sur les  sites faisant état de cette réunion; les organisateurs annoncent « des personnalités de plus de dix pays, et de sensibilités fort différentes, seront réunies pour clamer l'impérieux devoir de défendre, en France comme dans toute l'Europe, nos valeurs laïques et civilisationnelles ».

    Une initiative qui commence à soulever un mouvement de protestation de la part d'élus et d'associations. « Les coorganisateurs de cette journée sont le Bloc identitaire, un mouvement d'extrême droite, et Riposte laïque, qui s'étaient déjà associés pour le tristement célèbre apéro saucisson-pinard antimusulman, explique Fabrice Moulin, élu radical de gauche dans le XIIe. Encore une fois, ils tentent d'instrumentaliser' la laïcité, une valeur fondamentale de notre République, pour en faire une arme anti-islam. » L'élu a adressé un courrier à la direction de l'espace Charenton leur demandant d'annuler cette réunion. Il n'a pas eu de réponse. Contactée hier, la direction de l'espace Charenton n'a pas souhaité répondre à nos questions, se bornant a expliquer qu'ils sont « apolitiques ».

    D'autres élus du XIIe, comme le conseiller de Paris (du Parti de gauche) Alexis Corbière, ont aussi dénoncé la tènue de ce meeting, demandant même son interdiction. « On ne peut pas laisser passer ça, au moment où le Front national et Marine Le Pen reprennent leur vieille rhétorique », explique Alexis Corbière.

    Parmi les participants au colloque, dont on ne sait s'ils viendront tous, on trouve l'activiste suisse Oskar Freysinger, à l'origine de la campagne anti-musulmans montrant sur des affiches des minarets en forme de missiles. Reste que l'interdiction devrait être difficile à prononcer. Saisie par des élus, la préfecture de police étudie le dossier, mais l'événement a lieu dans une salle privée, et est donc très difficile à interdire juridiquement.

    Pour marquer le coup, la mairie du XIIe arrondissement appelle à un rassemblement silencieux la veille, vendredi, à 13 heures devant l'espace Charenton. Une autre manifestation est prévue par des associations le jour même. « Il y a un risque d'affrontement avec des groupes antifascistes, estime Alexis Corbière. Ce n'est pas notre manière d'agir, mais si il y a un risque de trouble à l'ordre public, les autorités devront agir. »

     

  • Non aux assises de l'extrême-droite dans le 12e !

    J'ai bloqué la possibilité de poster et de lire des commentaires sur mon blog après avoir reçu plus d'une centaine de commentaires à la suite de la publication de l'article ci-dessous sur les "Assises" identitaires à l'Espace Charenton. La nature violente, haineuse, raciste ou antisémite de beaucoup de ceux-ci, que je condamne totalement, me renforce dans mes convictions. D'abord que les pourfendeurs de cette prétendue islamisation  et "occupation" de la France sont pour la plupart des militants d'extrême-droite aux méthodes condamnables. N'en déplaise à certains, en démocratie il y a aussi des limites à la liberté d'expression, celles fixées par la loi comme la diffamation, l'appel à la haine ou les menaces.

    Ensuite, pour les quelques personnes qui seraient de bonne foi en se disant laïques et de gauche mais défendent quand même avec la plus grande virulence la tenue de cette réunion qui réunit le grattin de la droite extrême européenne, je répéte qu'ils se fourvoient totalement et desservent la laïcité qu'ils entendent défendre.

    Le PRG est un parti de centre-gauche à l'origine de la Loi de 1905, avec Emile Combes, pour la séparation des églises et de l'Etat qui assure la Liberté de conscience et stipule que "La République ne reconnait, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". Le PRG s'est toujours battu pour un respect ferme et juste de la loi de 1905, et s'oppose à Paris à toutes les exigences communautaristes et toutes les compromissions avec les intégristes religieux. Nous avons proposé la création d'un Observatoire parisien de la laïcité pour régler ces problèmes par la concertation. Il suffit de lire véritablement les articles sur ce blog pour s'en apercevoir. Il est un des seuls partis de gauche a s'être prononcé clairement pour une loi contre la burqua, nous avons condamné toutes les prises de position de Nicolas Sarkozy comme les discours de Latran et Ryad ou la supériorité morale du curé sur l'instituteur, ou encore les amendements Carle qui dépouillent l'école publique. Mais le PRG est aussi un parti fondateur de la IIIe République, le parti de Clémenceau, de Jean Zay et Pierre Mendes-France, et nous combattrons toujours l'intolérance, le racisme, l'antisémitisme, le fascisme et l'extrême-droite, les nostalgiques de l'ordre nouveau petainiste et tous ceux qui veulent s'attaquer sans nuance et avec violence à une partie de nos concitoyens.

    Ce n'est certainement pas en reprenant les thèses des extremistes, en faisant tribune commune avec eux, en encourageant le choc des civilisations ou en pratiquant un écoeurant renversements des valeurs  entre soi-disant "collabos" et "résistants" qu'on fera avancer la cause laïque.

    Merci à ceux qui m'ont apporté leur soutien, radicaux de gauche, militants, amis et citoyens engagés. Toute la gauche de l'arrondissement est mobilisée pour que ces mensonges et cette propagande soient dénoncés, en témoignent la réaction parallèle de mon collègue Alexis Corbière, les prises de position des associations ou les initiatives prises par la mairie du 12e et la mairie de Paris.

    ***************************************

    J'ai appris que le Bloc Identitaire organise samedi prochain une réunion publique d'extrême-droite dite « Assises internationales sur l'islamisation de nos pays » dans notre arrondissement à l'Espace Charenton (voir le communiqué de presse des organisateurs). Cette manifestation extremiste instrumentalise le principe républicain de laïcité pour servir un discours xénophobe. Voici le courrier que j'ai écrit au Directeur de l'Espace Charenton.

     

     

    PARTI RADICAL DE GAUCHE

    Cercle du 12e arrondissement


    Paris, le 10 décembre 2010

     

     

    Monsieur le Directeur,

     

    C'est avec étonnement, consternation et colère que j'apprends la tenue à l'Espace Charenton, dans le 12e arrondissement, le samedi 18 décembre, d'une réunion publique intitulée « Assises internationales sur l'islamisation de nos pays ». Toute la journée « des personnalités de plus de dix pays, et de sensibilités fort différentes, seront réunies pour clamer l'impérieux devoir de défendre, en France comme dans toute l'Europe, nos valeurs laïques et civilisationnelles » selon les organisateurs.

    Parmi ceux-ci, on trouve Riposte laïque dont l'« apéro saucisson » à la Goutte d'Or a été interdit par la Préfecture de Police face aux risques de troubles à l'ordre public, ainsi que le Bloc Identitaire, organisation d'extrême droite bien connue, qui a été fondée en 2003 par des membres d'Unité Radicale, organisation dissoute en Conseil des ministres après l'attentat manqué contre le président Jacques Chirac le 14 juillet 2002.

    Ces prétendues « assises » sous-titrée « Défendre la laïcité, défendre les valeurs de notre civilisation » s'inscrivent, comme les groupuscules qui en sont à l'initiative, dans l'offensive actuelle de l'extrême-droite en Europe, en opposition justement avec les valeurs qui fondent notre République, sa devise « Liberté, égalité, fraternité » et la laïcité, telle que définie par la Loi de 1905 et inscrite dans notre Constitution.

    Cette laïcité qui est chère aux Républicains et qui n'est pas plus le combat d'une religion contre une autre religion ou le racisme que le communautarisme, mais le garant du vivre-ensemble par la séparation des églises et de l'Etat, la neutralité de l'espace public et la liberté de croire ou ne pas croire. Ce sont ces valeurs républicaines que je défends avec le Parti Radical de Gauche (PRG) dans le 12e arrondissement et à Paris, et nous n'entendons pas qu'elles soient dévoyées par des extrémistes néo-fascistes.

    Je respecte la liberté d'expression, mais si rien ne l'a interdit, rien n'a obligé l'Espace Charenton à accepter d'accueillir cette manifestation d'extrême-droite. Je pense également que l'organisation de ces « assises » est hautement préjudiciable à l'image de notre arrondissement comme de votre établissement et est susceptible d'éventuels débordements, faisant à ce titre courir un risque de trouble à l'ordre public.

    En tant que Directeur d'une entreprise privée, vous êtes moralement et éthiquement, si ce n'est légalement, responsable des manifestations publiques qui se tiennent dans votre établissement. Et c'est en en appelant à votre esprit citoyen que je vous demande d'étudier toutes les possibilités d'annuler l'accueil de ces « assises » d'extrême-droite samedi prochain.

     

    Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de mes salutations distinguées.

     

     

     

     

    Fabrice MOULIN

    PRG Paris 12

    Maire adjoint PRG du 12e arrondissement

     

    Espace Charenton

    Directeur général

    327, rue de Charenton

    75012 Paris

     

     

  • Fêtes de l’Aïd el-Fitr et du Yom Kippour à Paris : nouvelles entorses à la laïcité

    Lundi 20 Septembre 2010
    Paru dans Le Parisien suite au communiqué de la fédération de Paris du PRG

    COUAC

    Des salles municipales prêtées pour des fêtes religieuses
    Le Parti radical de gauche (PRG) est en colère. Plusieurs élus d'arrondissement ont appris que des salles municipales avaient été prêtées aux communautés religieuses pourles fêtes de l'Aïd-el-Fitr et du Yom Kippour. C'est notamment le cas dans les XVe et XXe arrondissement. Selon les élus du PRG, c'est une atteinte au principe de laïcité. Les radicaux de gauche déplorent en outre le manque de transparence dans la mise à disposition de ces équipements prêtés sans aucune consultation des élus de l'arrondissement.
    Fêtes de l’Aïd el-Fitr et du Yom Kippour : nouvelles entorses à la laïcité

    COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA FÉDÉRATION DE PARIS DU PRG

    Les radicaux de Gauche découvrent que cette année encore, la Mairie de Paris et plusieurs mairies d’arrondissement mettent à disposition aux communautés religieuses, et semble-t-il gratuitement, des locaux municipaux comme par exemple des gymnases.

    Une fois de plus, il faut déplorer que la laïcité, qui implique une neutralité des pouvoirs publics vis-à-vis des religions, est bafouée.

    Les élus qui procèdent de la sorte pénètrent ainsi dans la sphère religieuse et procèdent à un mélange des genres contraire aux principes Républicains.

    Allant plus loin encore, certains élus s’adressent même publiquement aux fidèles à l’occasion de ces fêtes. La prochaine étape consistera-t-elle pour eux à les haranguer dans les églises le jour de Noël au nom de l’équité ?

    Les radicaux de gauche déplorent également le manque de transparence dans la mise à disposition de ces équipements, prêtés en catimini et qui ne font jamais l’objet de débat dans les instances délibérantes où ils sont élus.

  • Le PRG a demandé l'interdiction de l'apéro "Saucisson et pinard"

    Un article sur un fait de société dans un autre arrondissement, juste pour dire que pour le PRG la laïcité n'est pas la stigmatisation ou la haine de l'autre comme voudrait le faire croire l'extrême-droite...

    A LIRE AUSSI NOTRE COMMUNIQUE DE PRESSE sur www.parisprg.org

    Par Amélie Gautier le 15 juin 2010 à 16:074022701ikwar.png?v=1

    La préfecture de police de Paris a décidé mardi d'interdire un apéritif géant avec alcool et charcuterie prévu dans un quartier multiethnique de Paris vendredi, jour de prière pour les musulmans.


    L'organisatrice de l'"Apéro géant Saucisson et pinard" confiait lundi à TF1 News ne pas envisager une interdiction de son rendez-vous, programmé vendredi à la Goutte d'Or contre l'islamisation de ce quartier du XVIIIe arrondissement de Paris. "On veut faire les choses calmement", expliquait alors cette femme de 43 ans, "Française de souche" et se faisant appeler "Sylvie François". Elle va pourtant devoir bel et bien se faire à l'idée : mardi les autorités ont décidé d'interdire le rassemblement "franchouillard".

    Dans son communiqué, la préfecture de police précise avoir reçu le 9 juin une demande d'autorisation pour un "pique-nique géant des Titis parisiens", opération rebaptisée par la suite "saucisson et pinard". "En raison de ses conditions d'organisation, du lieu, du jour et de l'horaire retenu, ainsi que des projets de contre-manifestations qui sont apparus en réaction, cet événement de voie publique est créateur de risques graves de troubles à l'ordre public", justifie-t-elle. Daniel Vaillant, le maire PS du XVIIIe arrondissement a salué l'annulation d'une opération "cousue de fil blanc" par des "groupuscules d'extrême droite".

    "Sylvie François" avait lancé le projet fin mai via un groupe Facebook. Habitante de ce quartier cosmopolite et populaire "depuis trois générations", elle justifie alors son apéro comme expression de son ras-le-bol : celui de ne plus "pouvoir boire un coup tranquillement", d'être "regardée de travers parce non voilée"... Et aussi par ce sentiment d'être un "produit exotique" dans son propre quartier "très islamisé". Et parmi l'objet de sa colère : ces rues du quartier où sont situées des mosquées qui "sont bloquées à la circulation à chaque prière du vendredi". Bref, l'objectif : "montrer que les Français de souche sont aussi chez eux dans ce quartier", précise-t-elle à TF1 News en expliquant que "c'est une réponse laïque aux interdits islamiques".

    Le groupe "Apéro géant Saucisson et pinard" a grossi jusqu'à plus de 6.500 membres mardi. Il a même fait des petits puisque certains veulent organiser des organiser des soirées avec le même mot d'ordre à Lyon, Toulouse, Bruxelles et Londres ("Bacon & Beer").

    La polémique, elle aussi, avait enflé. Pour SOS Racisme, cet apéro était une "une provocation", un "rassemblement qui s'annonce comme haineux, violent et raciste", selon le Parti radical de gauche. Mardi, la secrétaire d'Etat à la Ville et du maire de Paris. Fadela Amara qualifiait l'initiative de "porteuse de haine, de racisme et de xénophobie". "Porteur de haine, de racisme et de xénophobie" parce que outre le menu de l'apéro avec alcool et charcuterie, excluant de fait musulmans et juifs, des mouvements d'extrême-droite, tels Riposte laïque ou Bloc identitaire ont soutenu, voire aidé "Sylvie François" à l'organisation. Sylvie François, elle, a moult reprises a parlé d'une initiative individuelle précisant ne pas avoir de convictions politiques, sic. Au début des années 2000, des identitaires avaient déjà organisé des soupes populaires au cochon à Paris et Strasbourg. Ces dernières avaient été interdites car jugées discriminatoires, selon le Conseil d'Etat. Lundi, Sylvie François nous racontait également qu'elle ferait autre chose. Selon Le Parisien, elle et les autres organisateurs ont décidé de contester en référé la décision prise par la préfecture. Mardi, après l'annonce de l'interdiction de son apéro, la messagerie de Sylvie François était pleine.


  • Contre la vente du terrain au collège privé

    Au Conseil d'arrondissement du 31 mai, je suis intervenu pour m'opposer au vote de la délibération DU 21 qui propose de vendre un terrain municipal au collège-lycée Georges Leven :

    "Au nom du PRG, je ne peux voter favorablement ce projet de délibération qui vend le patrimoine municipal au collège et lycée George Leven, qui est un établissement privé et confessionnel.

    La parcelle vendue à l’établissement privé est de l’ordre de 723 m2 pour ériger un bâtiment de 2000 m2, mais elle coupe en deux un terrain municipal de 3400 m2 boulevard Carnot. Resteront au nord une surface de 1700 m2 à aménager dans le cadre du GPRU Porte de Vincennes et au sud un projet de mini-déchetterie et un petit espace vert.

    Bref cette vente nous oblige à de mini-projets là ou nous avons de maxi-besoins.

    Le foncier est trop rare dans Paris pour que chaque parcelle de terrain ne soit pas optimisée pour réaliser notre programme municipal : espace verts, école publique, pépinière d’entreprises, etc.

    Rappelons également que nous sommes attachés au principe et à la promotion de l’école publique, laïque et obligatoire qui est soumise à une obligation de gratuité, de continuité et d'accueil de tous les publics, contrairement aux écoles privées, qui pratiquent une sélection des élèves et, surtout, des frais de scolarisation souvent élevés.

    Nous pouvons trouver une utilisation meilleure à ce terrain que de le céder à une école privée et confessionnelle."

    Mon explication de vote a été suivie par le PG, le PC et les Verts qui ont également voté contre. Le PS a voté pour la délibération, moins 1 abstention, et l'UMP a sans surprise voté pour en défendant l'école privée.

  • Le PRG vote la résolution "sur l'attachement au respect des valeurs républicaines"

    Extrait de l'intervention à l'Assemblée nationale de Sylvia Pinel, députée du Tarn-et-Garonne, au nom des députés PRG, sur la résolution condamnant le port du voile intégral :

    "L’idée républicaine de citoyenneté, fondée sur les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité, pourrait-elle s’accommoder d’une pratique intransigeante qui vise à déshumaniser et à exclure la femme ? Bien évidemment, pour les radicaux de gauche, qui portent en eux l’héritage républicain, laïc et humaniste, la réponse est sans ambiguïté : le port de tenues permettant de dissimuler son visage dans l’espace public ne saurait être admis.
    C’est en effet sur nos principes constitutionnels et sur nos engagements internationaux relatifs aux droits de l’homme qu’il convient de fonder juridiquement l’interdiction générale de recouvrir entièrement ou essentiellement son visage dans la sphère publique.
    Tout d’abord, le principe de laïcité, auquel les radicaux sont viscéralement attachés, implique la neutralité de l’espace public afin que chacun puisse y coexister en harmonie avec l’autre. (...)

    La pratique vestimentaire du voile intégral ne relève pas de la liberté de culte : elle n’est nullement une prescription religieuse, mais bien une interprétation abusive des textes religieux, qui peut être apparentée à une dérive sectaire. Le président du Conseil français du culte musulman a lui-même déclaré, lors de son audition par la commission, avoir pris position contre le port du voile intégral, qu’il ne considère pas comme une prescription religieuse, mais bien comme une pratique minoritaire, et a précisé qu’il s’agit d’une pratique extrême dont il ne souhaite pas qu’elle s’installe sur le territoire national.

    (...) En outre, cette discussion ne pourra avoir lieu indépendamment d’une réflexion sur la lutte contre les discriminations et la refonte nécessaire à une véritable égalité des chances. En effet, il faut le reconnaître, le modèle républicain est en panne dans la France d’aujourd’hui.
    Loin des manifestations de chauvinisme et des dérapages constatés lors du sinistre débat sur l’identité nationale, c’est sur les valeurs de libertés – au pluriel –, d’égalités – également au pluriel –, de fraternité, de laïcité et sur le vivre ensemble que repose aux yeux des radicaux l’identité républicaine."

     

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