Avertir le modérateur

mardi, 13 décembre 2016

Soyons radicaux, soutenons Manuel Valls !

Le comité directeur du PRG doit décider, mercredi 14 décembre, de la stratégie des radicaux de gauche pour l'élection présidentielle.

Lors de la bien nommée « convention présidentielle » du PRG, notre présidente Sylvia Pinel a sollicité et obtenu à une écrasante majorité d’être désignée comme notre candidate à l’élection présidentielle. Cette décision faisait suite logique à la décision du parti de quitter et de ne pas participer à la primaire Belle Alliance Populaire (BAP). Or à peine deux semaines plus tard, le Comité directeur est appelé ce mercredi à entériner un changement « radical » de position, à savoir désigner Sylvia Pinel candidate à la primaire de la BAP ! Quelle est la cohérence dans cette volte-face ?

On nous dit que tout a changé parce qu’entre temps nous avons appris que François Hollande n’est pas candidat ? Mais qu’est-ce que ça change ? L’argument de notre Présidente était que ne voulions pas nous opposer dans une primaire à un Président que nous avons soutenu et qui risquait en plus de la perdre. Que nous ne pouvions pas nous engager à soutenir un Hamon ou un Montebourg ou tout autre candidat vainqueur de la primaire qui serait critique de notre action. Tout cela ne reste-t-il pas vrai avec la candidature du chef du gouvernement qui comptait 3 radicaux parmi ses ministres.

Manuel Valls n’est-il pas le seul candidat à assumer et défendre le bilan du quinquennat auquel nous avons contribué ? N’y a-t-il pas également un risque de le voir distancé par un de ses concurrents de la gauche du PS ?

Autre argument entendu : nous rentrerions dans le rang à cause de très mauvais sondages ? N’est-ce pas une prise de conscience un peu tardive qu'on ne crée pas une candidature crédible en quelques jours ? Sans positions fortes, sans expression médiatique, sans volonté de se démarquer de la ligne majoritaire, le parti n'a rien fait ces 5 dernières années pour être en capacité d'armer une candidature radicale autonome. Le premier tour de l’élection présidentielle est fin avril, celui de la primaire le 22 janvier et nous partons avec un sacré handicap. Alors qu'est-ce qui nous garantit un meilleur résultat à la primaire avec une campagne qui ne durera au mieux que 2 ou 3 semaines de janvier ?

Dernière question, un peu provocatrice : une candidature 100% PRG est-elle la meilleure solution pour défendre efficacement le radicalisme, nos idées et nos valeurs ?

Certes, les convictions et les idées ne s’héritent pas, mais certains comme Valls ou Cazeneuve ou Taubira, ou même Macron, partagent chacun à leur manière une part du lègue des grandes figures du radicalisme. Etre membre d’un même gouvernement avec eux ne sert-il pas mieux notre cause qu’une candidature de témoignage ?

Nous radicaux, nous avons inventé primaires (proposition de Loi des députés radicaux de gauche en 2006) pour rassembler la gauche en vue du premier tour. Mais candidater à cette primaire où ne concoure ni Mélenchon ni Macron, ne ferait qu’ajouter de la division au désordre, au risque de jouer les utilités avec des petits candidats ou de faire perdre de précieuses voix à celui qui fut notre Premier ministre.

Je ne prétends pas que le bilan de François Hollande et Manuel Valls est irréprochable, que tout nous a plu, que rien n’est contestable. Nous pourrons dresser l’inventaire des erreurs et des succès de cette séquence politique et de notre participation.

Mais par soucis de cohérence et d'efficacité, je le dis : si nous sommes dans l’incapacité de porter nous-mêmes nos idéaux directement à l'élection présidentielle, si nous prônons vraiment le rassemblement pour faire avancer nos idées et permettre la gauche de gouvernement d'être au second tour, épargnons-nous cette primaire et appelons à soutenir le seul candidat qui défendra notre bilan commun.

Les députés frondeurs du PS ont leur cohérence, les autres beaucoup moins quand ils critiquent ce qu’ils ont approuvé hier. Avec nos groupes parlementaires, le PRG a été le second pilier de la majorité gouvernementale. Nos dirigeants, nos parlementaires et nos ministres n’ont exprimé aucune divergence majeur avec la politique du quinquennat, à part sur le maintien des départements pour lesquels nous avons eu gain de cause. Ne faisons pas comme ces socialistes qui après avoir soutenu dans la majorité la politique du Premier ministre se dédient en faisant des choix d’appareil et des calculs de petits boutiquiers de congrès.

Faisons au contraire passer l’intérêt supérieur de la gauche et de la France avant celui de notre parti. Soyons fidèles à ce qu'est le radicalisme, une éthique de responsabilité, et prenons les devants du rassemblement de la gauche en soutenant dès maintenant la candidature de Manuel Valls à la Présidence de la République.

 

Par Fabrice Moulin, Secrétaire national du PRG, Maire-adjoint PRG du 12e arrondissement de Paris.

08:42 Écrit par Fabrice Moulin dans Campagne présidentielle 2017, Politique, PRG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

Écrire un commentaire

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu