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vendredi, 04 juillet 2014

La mairie de Paris fête le Ramadan. Et le principe de laïcité ? Mauvaise idée

Notre tribune signée par tous les élus Radicaux de Gauche parisien publiée sur http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1220440-la-mairi...

Publié le 03-07-2014 à 13h10 - Édité par Rozenn Le Carboulec - Modifié à 14h52

Avatar de Olivier Maillebuau et Fabrice Moulin

Par 
Élus parisiens du Parti radical de gauche

Le 9 juillet, la mairie de Paris organise une réception pour célébrer le début du Ramadan. Une fête qui n'est pas du goût de tous les élus parisiens, qui dénoncent une initiative allant à l'encontre du respect de la laïcité. Parmi eux, ceux du Parti radical de gauche, qui co-signent cette tribune collective.

L’organisation à l’Hôtel de Ville de Paris le 9 juillet prochain, d’une nouvelle fête culturelle, calée sur un calendrier religieux, nous interpelle.   

Une ville irréprochable, notamment quant au respect de la laïcité, voilà un des combats que les Radicaux de gauche mènent depuis 2001, au Conseil de Paris ou au sein des mairies d’arrondissement.

Certaines pratiques des élus parisiens, de toute appartenance politique, prêtent en effet largement à confusion. Nous n’avons eu de cesse de le dénoncer.

Ainsi, nous nous sommes successivement mobilisés contre le déplacement de la date d’un Conseil de Paris pour cause de fête religieuse, contre l’attribution de subventions à des crèches confessionnelles ou encore contre les baisses de loyers injustifiées pour des associations religieuses. Et nous étions aussi au premier rang de la fronde lorsqu’une place de Paris a été rebaptisée au nom de Jean-Paul II, sans vote au Conseil de Paris.

C’est dans ce même esprit que nous dénonçons aujourd’hui la célébration de la fête du Ramadan organisée à l’Hôtel de Ville. Et cette indignation vaut pour l’ensemble des événements à caractère religieux organisés avec la Ville de Paris : qu’ils soient catholiques, juifs ou musulmans, nous les considérons inopportuns au sein du centre des institutions municipales, l’Hôtel de Ville de Paris, comme dans tous les édifices municipaux.

Précisons que si la mairie de Paris avait accueilli une fête autour des cultures de l’Orient sans aucune référence religieuse, nous l’aurions soutenue sans réserve.

Les critiques à géométrie variable de la droite

Certains élus de droite, et surtout d’extrême-droite, brandissent la laïcité comme étendard pour critiquer, cette fête du Ramadan, mais sont surtout enclins aux guerres de religions, visant exclusivement la confession musulmane et plus largement l’immigration plus ou moins récente.

Nous nous inscrivons au contraire dans la constance d’une démarche globale, valable pour l’ensemble des demandes émanant d’associations et de responsables religieux.

La gauche, et plus généralement les partis républicains, ne doivent pas craindre de défendre fermement la laïcité, ni l’abandonner aux extrêmes. C’est en étant irréprochable dans son application que nous empêcherons le FN d’en faire un instrument de stigmatisation.

Si la République laïque garantit la liberté de culte, ce n’est pas notre rôle d’encourager la pratique religieuse et nous devons préserver la neutralité des institutions.

Pour le déploiement d’une "laïcité du concret"

Les Radicaux de gauche sont les héritiers de cette laïcité ambitieuse, exigeante et universelle. À Paris plus qu’ailleurs, en 2014 plus que par le passé, la laïcité a du sens face aux défis de notre société.

Au-delà des grandes déclarations de principe, nous souhaitons, à l’échelon local, le déploiement d’une "laïcité du concret" qui soit irréprochable et indiscutable, construite avec bon sens et simplicité.

Nous considérons par exemple que les élus parisiens n’ont pas vocation, au titre de leur mandat, à prendre la parole à des offices religieux, comme cela est malheureusement souvent le cas.

Une vigilance de mise sur les financements 

Les deniers publiques ne doivent pas contribuer au financement de crèches confessionnelles qui n’assurent pas un service public continu, ne participent pas aux commissions de places en crèches ou sont prosélytes, via leurs salariés ou l’aménagement des locaux accueillant du public.

Les élus doivent également être vigilants et s’opposer aux baisses de loyers injustifiées, aux facilitations financières, aux ventes de terrain et aux prêts gracieux de salles municipales aux associations confessionnelles, comme aux associations classiques pour leurs activités confessionnelles.

La vigilance est également nécessaire au sein de l’administration parisienne et la Ville doit être proactive quant aux comportements de l’ensemble de ses agents.

Les Radicaux de gauche, au-delà de la défense du principe laïque, ont toujours privilégié une approche constructive de la question. Ainsi, c’est à notre initiative qu’a été mis en place, en 2012, un Observatoire municipal de la laïcité, chargé d’offrir un cadre de discussion autour de l’application du principe de laïcité dans la capitale.

C’est cet observatoire que nous allons saisir sur le cas de la fête du Ramadan, comme nous le ferons sur tout ce qui constitue à nos yeux une entorse au principe républicain de laïcité.

La religion ne doit pas être un enjeu de pouvoir politique

Nous souhaitons proscrire toute intervention abusive de la Ville dans la vie des religions à Paris : elles ne doivent pas devenir un enjeu de pouvoir. Il en va du respect et de la liberté des croyants, comme des non-croyants, et de leur place en tant que citoyens.

Bien sûr, la force publique peut et doit intervenir quand la situation le demande : il n’est pas interdit de travailler avec des associations religieuses, de répondre à leurs demandes et de les épauler dans les initiatives non-prosélytes qu’elles souhaitent porter.

Mais l’étanchéité entre la vie religieuse et l’action des élus doit être véritablement maintenue. L’ensemble des élus Radicaux de gauche parisiens ont en ce sens tous signé une "charte d’engagement laïque"  afin d’opérer une véritable coupure avec toute utilisation du fait religieux à des fins politiques.

Dans le respect constant de nos valeurs républicaines, nous exprimons notre opposition et nos regrets quant à l’organisation d’un événement religieux à l’Hôtel de Ville de Paris et nous dénoncerons, tout au long de cette mandature, tout ce qui constituera selon nous un non-respect du principe de neutralité qui incombe à notre municipalité.

Tribune co-signée par Jean-Bernard Bros, Laurence Goldgrab, Olivier Maillebuau, Jean-Christophe Mikhailoff, Fabrice Moulin, Cyril Mourin, Françoise Dorocq, Thierry Blandin et Muriel Guenoux.

10:48 Écrit par Fabrice Moulin dans Conseil de Paris, Laïcité et loi de 1905, Politique, PRG | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | |

Commentaires

Je vous félicite pour votre paragraphe. c'est un vrai charge d'écriture. Continuez .

Écrit par : permis accéléré paris | dimanche, 20 juillet 2014

Les commentaires sont fermés.

 
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