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lundi, 30 juin 2014

Réformer le système des fourrières, oui mais sans céder à la démagogie

Comme dans tous les arrondissements de Paris, le groupe UMP UDI MODEM a déposé un vœu au conseil d'arrondissement du 30 juin "Relatif à la mise en régie de l’enlèvement et la mise en fourrière des véhicules".

Dans une explication longue et très virulente, l'élu UMP a fait état d'accusation grave à l'encontre des Auxiliaire de la Sécurité Publique (ASP), chargé de la régulation de la circulation et du stationnement sous l'autorité de la Préfecture de Police, et des sociétés privées d'enlèvement, délégataires également de la Préfecture de Police. Il apparait dans les arguments de la droite que, moins qu'une municipalisation d'un service déficitaire, c'est un système moins efficace dans la sanction des automobilistes qu'ils souhaitent... Et au passage, il insulte des fonctionnaires.

Sur un sujet polémique comme celui-ci, qui ne peut que leur attirer les faveurs de certains automobilistes, les élus de l'UMP ne semblent pas s'inquiéter de correspondre parfaitement à la caricature qu'ils aiment tant faire de la gauche : paraître laxiste en matière de sécurité et laxiste en matière de gestion budgétaire, car municipaliser une DSP déjà déficitaire avec comme objectif de réduire le nombre d'enlèvements, donc les recettes, reviendrait à transférer un déficit de la Préfecture de Police au budget municipal!

Voici ma réponse au nom de l'exécutif :

Avec l'UMP, il y a toujours un tolérance pour certains et pas pour d'autres. Pourtant l’enlèvement et la mise en fourrière des véhicules ayant fait l’objet d’une verbalisation est un sujet sérieux. Il est important, en effet, de faire respecter les règles de stationnement, pour assurer la sécurité de tous et réguler, comme il se doit, l’occupation de l’espace public.

Il est légitime que nous regardions très précisément la façon dont les choses fonctionnent aujourd’hui et les améliorations qu’il conviendrait d’apporter. Comme dans tous les domaines d’intervention publique, il est bon de réinterroger les pratiques, pour prendre en compte les évolutions et les nouveaux enjeux.

Mais c’est une autre démarche de formuler très brutalement des accusations comme vous le faites au sujet d'entreprises et de fonctionnaires. Si vous avez des preuves de ce que vous avancez, saisissez la Justice. Il n'y a pas, contrairement à ce que vous affirmez, de "course à l'enlèvement": les mises en fourrière sont à peu près stables, à 250 000 véhicules par an. D'où d'ailleurs le déficit dont vous parlez. Il ne faudrait pas tomber dans la caricature, ni dans une approche par trop politicienne… Mais nous l’avons compris – et la lecture des journaux du jour le confirme -  l’opposition a décidé de faire de ce sujet une campagne de communication parisienne, facile, orchestrée par monsieur Goujon.

Je regrette donc que le fond ne soit pas traité avec un peu plus de nuances. Car vous avez une drôle d'opinion des agents de la force publique puisque c'est TOUJOURS à leur demande et suite au constat de stationnement gênant que les sociétés d'enlèvement interviennent. Vous semblez dire qu'il y aurait une sorte de collusion entre celle-ci et les ASP, ce sont des accusations extrêmement grave!

C’est ensuite dans la solution préconisée – la reprise du service en régie – que l’on recherche la cohérence des positions de votre groupe. Vous proposez donc la création d’un service administratif, l’embauche de fonctionnaires, leur formation, l'achat et l'entretien de véhicules – à contre courant de toutes vos déclarations sans cesse réitérées sur un service public trop lourd, qu’il conviendrait de réduire, des fonctionnaires trop nombreux… On a du mal à vous suivre, car vous dites une chose et son contraire.Vous faîtes un coup politique et démagogique!

Plus sérieusement, sur le fond, la bonne approche est de demander à la Préfecture de Police de regarder très précisément l’activité des délégataires, pour l’améliorer si nécessaire. J’en profite pour vous rappeler que la verbalisation et la mise en fourrière ne relèvent pas de la Ville de Paris mais de la Préfecture de police. Sachez également que les contrats des sociétés d'enlèvement prévoient des clauses de pénalité financière en cas de manquement avéré, notamment dans le comportement des grutiers. Le Préfet de Police a d'ailleurs fait un rappel ferme à la réglementation en vigueur. Nous souhaitons donc travailler avec elle pour qu’elle garantisse l’égalité de traitement sur l’ensemble du territoire parisien et  investisse dans des engins capables d’enlever tous les véhicules. Sur le premier point, déjà, les marchés passés ont été modifiés pour moduler le tarif d'enlèvement en fonction de sa situation géographique.

En l’état, votre vœu ne peut pas être retenu et j’invite notre Assemblée à le repousser.

 
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