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Seul homme politique chef d'entreprise, Baylet parle aux "forces vives économiques"

LILLE

Baylet se pose en pragmatique

Jean-Michel Baylet, pour son étape de campagne à Lille, a choisi de rencontrer les «forces vives économiques». Photo Hubert Van Maele
Jean-Michel Baylet, pour son étape de campagne à Lille, a choisi de rencontrer les «forces vives économiques». Photo Hubert Van Maele

Le seul candidat non-socialiste à la primaire « citoyenne » a débattu avec des représentants du monde économique, hier à Lille. L'occasion d'exposer les fondamentaux de sa ligne politique.



« Je viens surtout pour écouter », glisse Jean-Michel Baylet, le président du Parti radical de gauche, en posant le pied sur l'épaisse moquette rouge d'un salon de l'hôtel Carlton, à Lille, où ont été conviés des représentants du monde économique de la région. Pour son étape à Lille, forcément symbolique, le seul candidat non-socialiste à la primaire a choisi, hier, de faire face aux interrogations des « forces vives ».
Artisans, chefs d'entreprise, représentants des secteurs du transport, de l'énergie, de la restauration et même de la banque... Ils sont une petite trentaine de « décideurs » à avoir répondu à l'invitation. Jean-Michel Baylet se pose en pragmatique, se présentant comme « l'un des rares chefs d'entreprise » dans le paysage politique. Mais le débat a surtout pour objectif de lui permettre d'exposer ses positions et d'appuyer sur ses différences avec les candidats PS.

« Exercice de haute volée »
Alain Griset, président de la chambre de métiers du Nord, ouvre le bal des doléances et interrogations, se plaignant du poids des charges. Il demande « une révision de l'assiette des cotisations sociales » dans le sens d'un « rééquilibrage entre capital et travail » . La réponse du patron des radicaux de gauche est immédiate : l'heure n'est pas à la baisse des recettes de l'État. « Dire qu'on ne créera pas d'impôts nouveaux, ce serait un exercice de haute volée », lance-t-il, se déclarant partisan d'un impôt progressif basé sur le bénéfice des sociétés, « à l'image des États-Unis ».
L'instant d'après, Jean-Michel Baylet rejoint un représentant des métiers du bâtiment dans sa critique du statut d'auto-entrepreneur. « Ce n'est pas une bonne idée. C'est une concurrence organisée pratiquement sans aucun contrôle », juge-t-il, se disant favorable à la suppression pure et simple du statut.
Lorsque Dany Deleval, de l'UMIH (métiers de l'hôtellerie-restauration) s'inquiète du sort que réserverait la gauche à la baisse de la TVA (5,5 %), Jean-Michel Baylet rappelle qu'il y était opposé quand il était ministre du Tourisme (1990-1993). Mais, prudent, il avance qu'on « n'est pas obligé de revenir à 19,6 %, on peut aussi passer à 10 %... » Le candidat à la primaire profite aussi de la présence de René Carpentier, délégué régional de GDF-Suez, pour évoquer le nucléaire, sujet des plus clivants au sein de la gauche. « Dire qu'on va sortir du nucléaire en quinze ans, c'est se foutre de la gueule du monde », lâche-t-il, tout en acceptant d'évoquer un possible « rééquilibrage avec les autres énergies ».


« Je suis fédéraliste ! »
Un instant plus tard, le sénateur s'empare d'une autre question pour défendre son principe des « 30 % de commandes publiques réservées aux entreprises locales », assurant que la France est « la seule à exiger une telle rigueur dans l'application des règles européennes ». L'Europe, c'est pourtant l'un de ses chevaux de bataille, un sujet sur lequel il affirme sa différence. « Je suis fédéraliste ! Et je les vois (les autres candidats à la primaire) très divisés et très timides sur ce sujet », affirmait-il juste avant la rencontre.
De fait, il est peu de sujet sur lesquels Jean-Michel Baylet omet d'évoquer l'Union européenne. De l'appel à l'harmonisation des règles fiscales à la mise en place d'un gouvernement économique européen, en passant par la fin de l'indépendance de la Banque centrale européenne, le patron du PRG plaide pour « aller au bout parce que seule l'Europe fédérale nous sortira de l'Union européenne technocratique ».w

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