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dimanche, 19 juin 2011

Le FN rejoint l'«apéro saucisson», version 2011

Riposte laïque n'a rien de républicaine ou laïque. C'est une organisation d'extreme-droite qui, au cas où certains en douteraient, n'hésite plus à s'afficher au côté du FN pour stigmatiser une partie de nos concitoyens en attisant les peurs. La fédération de Paris du PRG a été la seule formation politique a dénoncer cette manifestation provocatrice sur la voie publique, avec notamment le député suisse Oskar Freysinguer, dont le slogan était « Non à l’islamisation de la France ». (FM)


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Le FN rejoint l'«apéro saucisson», version 2011

A l'occasion de l'anniversaire de l'appel du 18 juin, les organisateurs du controversé « apéro saucisson-pinard » ont remis le couvert. Cette année une délégation du Front national de la jeunesse a rejoint Riposte laïque, tandis que le Bloc identitaire est resté à la maison.



(photo Marianne2)

Un appel à revisiter les standards de la chanson française sur les Champs-Elysées pour la commémoration du 18 juin 1940 ? A première vue, rien de bien méchant. Tout juste une initiative un peu chauvine. Au menu : Sardou, Brel, Piaf, Trenet… Sans oublier le « Chant des Partisans » et la « Marseillaise ».  Et pour le décor : quelques drapeaux et des macarons bleu blanc rouge accrochés à la boutonnière, un ou deux bonnets phrygiens en prime…

Mais derrière le dress code tricolore et le karaoké géant se cachent le site militant Riposte Laïque et l'association Résistance Républicaine de Pierre Cassen et Chritine Tasin - ces ultra laïcs qui avaient déjà été à l’origine du controversé « apéro saucisson-pinard », il y a tout juste un an. L’évènement qui devait se tenir rue Myrha dans le quartier de la Goutte d'or (19ème) - connue pour être investie par des prières de rue, faute de place dans la Mosquée voisine - avait alors été interdit par la préfecture de police avant d'échouer place de l’Etoile.

Cette fois, le thème a été choisi avec minutie : « chanter l’amour de la France ». Pas de quoi mettre en émoi la préfecture de police. Pourtant, pas de doute possible, lorsque les badauds – tantôt interloqués tantôt choqués - sortent du métro à la station Charles-de-Gaulle-Etoile, le slogan affiché est sans équivoque : « Non à l’islamisation de la France ». Et ce n’est pas le cordon de sécurité que forme le service d’ordre aux crânes rasés convié pour l’occasion qui va nous convaincre du contraire.

Une nouvelle provocation à peine voilée

Depuis un an, le vocabulaire de combats de ces « ultra-laïcs » est bien rodé. Ils s’estiment en résistance contre un nouveau fascisme : l’Islam. Et considèrent comme des « collabos » tous ceux qui les privent de leur liberté d’expression, à savoir pêle-mêle les « islamistes », les « gauchistes » ou encore les associations qui les poursuivent en justice (comme le MRAP ou la LDH). Ils dénoncent le port du voile, le Quick Halal et les subventions pour la construction des mosquées.

« Ils essayent de faire passer ça pour une gentille chorale, mais c’est un meeting politique », s’insurge Fabrice Moulin, élu du parti radical de gauche du XIIe qui a demandé l’interdiction du rassemblement. Pour lui, le fait qu’Oskar Freysinger, - le Suisse du parti UDC (Union démocratique du centre) à l’origine de la votation sur l’interdiction des minarets - soit sur la liste des invités en est une preuve flagrante. Et d’ajouter : « c'est un détournement de la résistance et de la commémoration de l’appel du 18 juin du général de Gaulle par des gens dont la prose laïque a dérivée ».

« Ce n’est qu’une nouvelle provocation qui euphémise un discours raciste et xénophobe », acquiesce Alexis Corbière. Pourtant, cette fois-ci, l’élu du parti de gauche du XIIe n’a quant à lui pas jugé bon d’appeler à une interdiction de la manifestation comme il l’avait fait lors des « Assises contre l’islamisation de la France » de février dernier – autre événement-phare organisé par la mouvance ultra laïque. « Cela n’aurait été que prêter le flanc à des gens qui n’attendent que cela de se présenter en victimes. »

« Dénoncer au risque de faire de la publicité ou se taire au risque de banaliser », voilà l’éternel dilemme pour Fabrice Moulin. Qui doit constater que les élus et les associations coutumiers du fait n’ont majoritairement pas réagi à cette nouvelle manifestation, qui passera encore une fois assez inaperçue, sauf pour une poignée de touristes qui auront été attirés par les drapeaux flottants au vent au dessus de la centaine de personnes réunie en face de l’ambassade du Qatar près de l’Arc-de-Triomphe.

Le Bloc Identitaire absent, la jeunesse FN s’invite

Curieusement, le Bloc identitaire (BI), inséparable de Riposte Laïque et Résistance Républicaine depuis l'« apéro saucisson-pinard », n'a pas pris part officellement à la fête.  Pour rassurer leurs fidèles, presque «inquiets » de cette absence, Chritine Tasin et Pierre Cassen se sont fendus d'une petite mise au point préalable. Non, ils ne sont « pas fâchés » avec les Identitaires. C'est juste que ces derniers ont eu beaucoup à faire avec leur propre manifestation : la « marche aux cochons » du 15 mai à Lyon, et qu'ils ne partagent pas cette « tradition républicaine et jacobine ».

Joint par Marianne2, Fabrice Robert, président du BI, a confirmé cette explication en invoquant un problème de timing : « J'ai trop tardé à répondre » à leur invitation. Mais il a surtout rappelé que chanter l'amour de la France en bleu blanc rouge,  ce n'était pas trop « leur tasse de thé ». « Nous ne sommes pas habitués à ce genre, ce n'est pas ce qui nous intéresse », insiste-t-il. Et Christine Tasin de confirmer : « Ce n’était pas assez provocateur pour le Bloc Identitaire ».

(photo Marianne2)
A contrario, une poignée de jeunes du Front national avaient trouvé cette initiative à leur goût, alors que Marine Le Pen, en campagne interne pour la présidence du FN, avait pris soin l'an dernier de rester à l'écart de l'opération apéro-saucisson. Alignés avec des drapeaux bleu blanc rouge en face de la sortie du métro, ils ont tenté de dérouler une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Vive la France libre, Vive la République », avant que les organisateurs le leur interdisent. Raison invoqué : « Un motif administratif ». Pas de banderoles, que des drapeaux tricolores. C’était pourtant bien « marqué sur le prospectus », sermonne un militant de Résistance Républicaine.

Ce couac montre combien les ultra laïcs peinent à véhiculer un discours sans équivoque. Au générique de fin, au moment où Christine Tasin remercie les différents acteurs (Union gaulliste, Ligue du droit des femmes, etc...) qui ont soutenu l'opération, Oskar Freysinger - clairvoyant  -  murmure à l'un de ces voisins :  « Il va falloir fédérer toutes ces chapelles ! »

Dimanche 19 Juin 2011
Chloé Demoulin - Marianne


21:11 Écrit par Fabrice Moulin dans Laïcité et loi de 1905, Mémoire et Monde Combattant, Politique, PRG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

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