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  • Les propositions du Parti radical de Gauche pour les retraites

    PARIS, 29 avril 2010 (AFP) - Le Parti radical de Gauche (PRG) a rendu publiques jeudi ses propositions pour une réforme des retraites, notamment
    "passer à un système toujours de répartition, mais à points" et instaurer une "politique des temps sociaux" reconnaissant pénibilité ou travail bénévole.
    Lors de leur comité directeur national mercredi, les radicaux de gauche ont adopté à l'unanimité un rapport dans lequel ils estiment que "l'approche actuelle du gouvernement, purement comptable et financière, est vouée à l'échec si elle ne s'élargit pas à une réflexion globale sur la société et ses évolutions".

    La réforme doit "d'abord comporter un volet consacré à la lutte contre le chômage", ciblée sur jeunes et seniors, et également "s'appuyer sur un plan de relance industrielle".


    Elle doit ensuite "consolider le système par répartition en proposant de nouvelles sources de financement pour tenir compte de l'évolution de la part salariale dans la valeur ajoutée (qui n'a cessé de diminuer depuis 20 ans) et du ratio actifs/inactifs".
    Il faut "accepter de taxer plus fortement les dividendes, de revenir sur certaines diminutions de charges sociales et sur certaines exemptions fiscales", "réfléchir à une taxation plus juste des patrimoines", jugent-ils.


    La réforme doit "enfin stabiliser durablement l'âge de départ en retraite". "Certes allongée", l'espérance de vie en bonne santé "reste à peine supérieure à 60 ans", note le parti présidé par l'ancien ministre Jean-Michel Baylet.
    Pour eux, "allonger les durées de cotisation exigées revient donc à allonger les périodes chômées si on ne tient pas compte des mutations de la société".


    Les radicaux de gauche proposent ainsi une politique des "temps sociaux" qui "reconnaissent le travail bénévole (cinq pour cent du Produit intérieur brut), la pénibilité au travail et la prise en charge du +cinquième risque dépendance+".
    Il faut instaurer un "système progressif et conséquent de bonus" à la fois pour les jeunes qui effectuent des stages, des temps d'apprentissages et pour les personnes dépassant volontairement l'âge de la retraite.
    Le PRG propose également "comme de nombreux mutualistes", de "passer à un système toujours de répartition, mais à points, en rejetant les formules à la suédoise".

  • Le Grand Paris adopté, le PRG s'oppose

    Avec un peu de retard sur le calendrier, les sénateurs ont voté, après les députés en décembre, le projet de loi sur le Grand Paris Le texte a été adopté, dans la nuit de lundi à mardi, par 179 voix contre 153. Il a été approuvé par la majorité UMP et Union Centriste, tandis que l'opposition PS, PCF, Verts et radicaux de gauche du RDSE ont voté contre.

    Explication de vote de Françoise Laborde, sénatrice PRG :

    "Même si l'on faisait abstraction du schéma de gouvernance, ce texte permettra-t-il de répondre à la question la plus fondamentale: comment relever le défi de la fracture sociale au sein de ce territoire ?

    Comment prétendre donner de l'attractivité à une région sans anticiper davantage sur les questions de l'emploi, du logement et de l'environnement ?

    Ce texte manque cruellement de souffle démocratique, mais aussi d'ambition pour la population francilienne. Bien en deçà de nos espérances, il réduit la belle idée du Grand Paris à sa seule dimension technocratique. C'est pourquoi les parlementaires que nous sommes ne devraient pas se faire les complices de son adoption. Vous l'aurez compris, mes chers collègues, ce projet de loi, même après les modifications apportées par notre Haute Assemblée, ne sera voté par aucun sénateur radical de gauche."

  • Schwartzenberg s'insurge contre les déclarations de Le Pen sur Vichy et les Juifs

    900514_photo-1272273958792-1-0_150x113.jpgL'ancien ministre et d'honneur du PRG, Roger-Gérard Schwartzenberg, s'est insurgé lundi contre les déclarations du président du () Jean-Marie Le Pen qui a défendu l'action du gouvernement de Vichy envers les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale.
    Invité du Grand jury RTL/LCI/Le Figaro dimanche, M. Le Pen a déclaré que "feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des Juifs pendant la guerre était une pensée scandaleuse", car "les Juifs français ont bénéficié (. ..) de l'action de (son) gouvernement".
    "L'indécence de Jean-Marie Le Pen serait-elle sans limites", demande M. Schwartzenberg dans un communiqué.
    "Le jour même où notre pays honore le souvenir des déportés, le président du FN (...) fait l'éloge de Pétain, évoque sans aucunement le condamner le statut des Juifs édicté par celui-ci et semble vouloir ignorer que la rafle du Vel d'hiv a été organisée par René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, et exécutée par 4.500 policiers aux ordres de l'Etat français", poursuit l'ancien ministre.
    Dimanche, Jean-Marie Le Pen était interrogé sur la venue à Vichy du grand rabbin de France, Gilles Bernheim, pour la journée de commémoration du soixante-cinquième anniversaire de la libération des camps de concentration.
    "Il l'a peut-être fait aussi en remerciement de l'action du gouvernement de Vichy", a avancé le président du FN, estimant que "les Juifs français ont bénéficié, somme toute, d'une indulgence que leur a valu l'action du gouvernement français".
    "Face à cette attitude inconvenante du président du FN, il importe de se rappeler le discours, d'une grande élévation de pensée, prononcé par le président Chirac lors du cinquante-troisième anniversaire de cette rafle", souligne M. Schwartzenberg. "Cela permet de mesurer tout ce qui sépare la droite républicaine d'une extrême-droite qui n'a rien appris et rien oublié", conclut-il.


  • L'économie sociale, la bonne alternative au capitalisme ?

    Publié sur Rue89 (http://www.rue89.com) par Thierry Jeantet et Jean Matouk

    La planète toute entière semble s'être interdit un quelconque droit d'inventaire vis-à-vis du capitalisme. On critique ses excès, sa financiarisation, mais on semble attendre, comme seule issue, son rebond, quitte à admettre qu'il est normal qu'il ait des poussées de fièvre, des crises et des purges salvatrices.

  • Parce que nés juifs, parce que résistants, parce que tziganes, parce qu’homosexuels ou francs-maçons...

    Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation dans le 12e

    Discours de Fabrice Moulin

    Mesdames et Messieurs les élus,

    Monsieur le Président de l’Association des Déportés et Internés Résistants du 12ème,

    Monsieur le Président du Comité d’Entente des Associations d’Anciens

    Combattants et Victimes de Guerre,

    Monsieur le Président de l’Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés,

    Mesdames et Messieurs les Déportés et Résistants et Anciens Combattants,

    Mesdames et Messieurs,

    La cérémonie qui nous rassemble aujourd’hui, comme chaque année, est une cérémonie de recueillement et de souvenir dédiée à l’ensemble des victimes de la Déportation, cette machine d’extermination conçue et mise en œuvre par le régime nazi au début des années 1940.

    Après les déportations politiques, l'élimination des "associaux", la Shoah par balles, le 3 septembre 1941, au camp d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, 4 chambres à gaz pouvant contenir chacune plus de 1.000 personnes commencent à fonctionner. La barbarie nazie repousse ainsi les limites de l’abject. Le voile noir des ténèbres recouvre pendant près de quatre longues années la quasi-totalité de l’Europe asservie. La terreur est omniprésente. L’idéologie nazie se répand partout, une idéologie raciste, xénophobe  et antisémite, fondée sur la croyance abjecte et folle qu’une « race » est supérieure à une autre.

    Il y a 65 ans les camps d’extermination et de concentration étaient libérés. Lorsque les troupes Alliées y pénètrent, ils découvrent l’horreur d’une réalité cachée ou supposée telle : des charniers à ciel ouvert, des rescapés squelettiques et hagards, des entrepôts remplis de monceaux de valises, de chaussures, et surtout de cheveux … qui témoignent des millions d’hommes, de femmes et d’enfants victimes de cette machine effroyable.

    Comme chaque année, nous sommes réunis en ce dernier samedi d’avril pour rendre un hommage indéfectible aux martyrs et aux héros de la déportation, et pour honorer la mémoire de celles et de ceux qui ne revinrent jamais des camps de la mort.

    En ce jour particulier, le silence et la méditation conviendraient peut-être mieux.

    Mais l’homme a besoin de se souvenir avec des mots pour l’aider à vaincre la tentation de l’oubli.

    Vouloir se souvenir est une démarche exigeante.

    Pourtant, il est de notre devoir de rappeler ce que fut l’une des plus effroyables et honteuses pages de notre histoire : la déportation fut bien davantage que le transport d’ennemis en terre étrangère ; elle fut, avec la collaboration servile du gouvernement de Vichy et de l’Etat français, une implacable machine à déshumaniser, à tuer hommes, femmes et enfants au service d’une funeste idéologie.

    Des millions d’êtres humains à travers l’Europe, dépossédés de leur nom, furent réduits à l’état d’un matricule tatoué sur le bras, expédiés à la mort dans les chambres à gaz ou les fours crématoires, privés de sépultures, parce que nés juifs – ils furent six millions -, parce que résistants, parce que tziganes, parce qu’homosexuels ou francs-maçons. Très peu en réchappèrent.

    Déportation, camps de concentration, génocide témoignent du mal et de la barbarie absolus, dont l’homme peut, hélas, se révéler capable.

    Dans notre pays, plus de 140.000 personnes furent déportées à la demande des autorités nazies avec la complicité du gouvernement de Vichy et de l’Etat français.

    Parmi elles, 76.000 étaient des juifs de nationalité française ou étrangère, dont 11.000 enfants – 4.000 ont été arrêtés à Paris le 16 juillet 1942 lors de la terrible rafle du Vel d’Hiv. Plus de la moitié furent gazés dès leur arrivée dans les camps nazis.

    Le bilan de cette extermination, de cet anéantissement des juifs, de tous les juifs, voulus, organisés, planifiés sur une grande échelle, avec une précision qui donne le vertige, est effroyable : seuls 2.000 juifs déportés depuis la France ont survécu à cet enfer.

    Au total, c’est près d’un quart des juifs résidant dans notre pays au début de la seconde guerre mondiale qui furent exterminés dans le cadre de la « solution finale ».

    Leurs noms et prénoms sont désormais gravés pour l’éternité sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah, ouvert en 2005 dans l’ancien quartier juif du Marais à l’occasion du soixantième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.

    Il y eut aussi plusieurs dizaines de milliers d’hommes et de femmes, résistants ou « simples » otages, déportés par l’armée allemande, dans le cadre de la répression sans pitié des actes de la Résistance. Moins de la moitié d’entre eux rentrèrent en France. Il faut aussi honorer la mémoire de celles et ceux, ces héros, qui bravèrent la terreur, pour s’élever contre cette occupation et contre la collaboration. Ils ont sacrifié leur vie au service d’un idéal, celui de la liberté, et d’une lutte qu’ils savaient supérieure ; d’une lutte contre la barbarie d’un régime totalitaire qui avait asservi l’Europe.

    Je voudrais aussi que nous nous souvenions des déportés pour raisons politiques, de ces Parisiennes et Parisiens qui ont fait acte de résistance et d’héroïsme pour la défense de nos libertés.

    Aux hommes et aux femmes qui survécurent à l’enfer des camps, nous devons rendre hommage.

    Leurs vies, qui se sont prolongées au-delà de ces terribles souffrances, leurs vies pourtant blessées à jamais par l’absence des êtres chers qu’ils ont perdu, sont un témoignage inestimable dont nous devons assurer la transmission, pour que vive leur mémoire. Pour que jamais nous n’oublions. Pour que jamais de telles atrocités ne se reproduisent.

    Dans quelques années, les rescapés des camps ne seront plus là pour témoigner. Il appartiendra alors aux jeunes générations, de rappeler cette effroyable tragédie et de perpétuer cet indispensable devoir de mémoire. Une mémoire que nous devons faire vivre dans nos cœurs, que nous devons partager et faire partager.

    Permettez-moi d’emprunter quelques mots au poète et résistant Paul ELUARD : « Si l’écho de leur voix faiblit, nous périrons ». Ces quelques mots sont à la fois si justes et si forts ! Ensemble, faisons que jamais l’écho de vos voix ne faiblisse !

    Les leçons du passé, de l’histoire, l’actualité de ce début de XXIème siècle dans notre pays comme dans le monde nous appellent à faire preuve d’une extrême vigilance et de la plus grande détermination dans la défense des droits de l’Homme, de la dignité humaine et des valeurs qui fondent notre République.

    Mais nous devons aussi être vigilant devant la résurgence de ce mal absolu aussi bien sur d’autres continents qu’au cœur de nos villes et de nos quartiers.

    Négationnisme, antisémitisme, racisme, xénophobie, sont en effet toujours présents dans notre société. Dans un monde qui tend à perdre ses repères, en proie à des tensions de toute sorte, certains incitent à la guerre des civilisations et des religions, attisent les intégrismes, font le choix du communautarisme.

    Nous savons que tout langage d’exclusion, tout discours xénophobe, tout comportement raciste ne sont ni anodins, ni innocents : ils précèdent souvent les actes les plus barbares.

    Le combat contre l’oubli, l’ignorance, l’intolérance, la haine et le racisme reste aujourd’hui, et pour l’avenir, un des combats les plus nécessaires et les plus justes.

    Nous nous devons, collectivement, de rester vigilant et de ne pas laisser les fondements d’un mal terrible de nouveau se répandre dans la société.

    Comme le disait, Lucie AUBRAC « résister se conjugue au présent ». A nous de faire en sorte que l’homme consacre ses forces à l’édification d’une société et d’un monde de justice, de paix et de solidarité.

    Je vous remercie.

  • Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation

    Michèle BLUMENTHAL
    Maire du 12e arrondissement

    Fabrice MOULIN
    Maire adjoint chargé de la mémoire, du monde combattant et du tourisme

    l'équipe municipale

    et le Comité d'Entente des Associations d'Anciens Combattants

    vous convient aux cérémonies de la
    Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation

    Samedi 24 avril 2010


    11h : Dépôt de gerbe

    Monument aux Morts
    Mairie du 12e arrondissement
    130, avenue Daumesnil

     

  • La mémoire en plaques

    Ci-dessous une chronique parue dans le Monde signée Nancy Huston. Je ne partage bien sûr pas l'ensemble des critiques - humorisitiques - de l'auteur sur la commémoration de la mémoire car je pense justement que l'apposition des plaques, au-delà de l'hommage rendu aux héros ou victimes est un outil d'éducation citoyenne qui permet aux habitants d'un quartier, d'une ville, aux flaneurs et même aux étrangers de s'approprier leur histoire ou un pan d'histoire de l'Humanité au fil des rues. Le questionnement même de la romancière prouve leur utilité. Et il est vrai que l'apposition de telle ou telle plaque est un geste politique que nous devons assumer. D'ailleurs, indiquons à l'auteur que si la Seine ne s'appelle pas "Fleuve du 17 octobre 1961", il existe une place du 8 février 1962 (suite à un voeu de mon collègue PRG du 11e Jean-Christophe Mikhaïloff) en mémoire des Algériens tués au métro Charonne. Tout comme le maire a inauguré dans le 12e une place du 19 mars 1962 célébrant la fin de la Guerre d'Algérie ; date contestée par la droite parisienne. Reste que cette chronique suscite avec un certain humour une réflexion et un débat intéressant sur les objectifs et les moyens de transmission de la mémoire.
    Fabrice MOULIN

    Inauguration de la place du 8 février 1962 par Bertrand Delanoë, maire de Paris

    _________________________________________________
    Chronique LE MONDE

    ans L'Empire des signes, écrit après un séjour au Japon, Roland Barthes parle du soulagement qu'il y a à passer du temps dans un pays dont on ne comprend pas la langue. "La masse bruissante d'une langue inconnue, dit-il, constitue une protection délicieuse." Je l'ai senti moi aussi en découvrant récemment le Japon : quel repos de sillonner une grande ville en ne comprenant rien aux panneaux publicitaires, bavardages et bagarres dans la rue, réclames, graffitis, publicités... Chez soi, on est bombardé du matin au soir de messages, conseils, injonctions et réclames de toutes sortes ; l'on n'a d'autre choix que d'entendre ce qui est dit et de lire ce qui est écrit.
    Les plaques, par exemple...

    Le quartier où j'habite, l'un des plus anciens de Paris, est littéralement truffé de plaques. Si l'on part de la place de la Contrescarpe et longe la seule rue Rollin, c'est toute une leçon d'identité française que l'on peut glaner. On saluera d'abord le cher Ernest Hemingway, un de ces romanciers américains ayant choisi de s'expatrier à Paris dans les années 1920 ; "Tel était le Paris de notre jeunesse, écrit-il dans "Paris est une fête", cité sur la plaque, au temps où nous étions très pauvres et très heureux." Comme bohème romantique, on ne fait pas mieux - même si, certes, il ne suffit pas d'être pauvre pour être heureux. Quelques pas plus loin, on apprend que le philosophe René Descartes, bien qu'établi aux Pays-Bas, a vécu ici lors de ses séjours parisiens. "Me tenant, comme je le fais, un pied dans un pays et l'autre en un autre, a-t-il écrit dans une lettre, je trouve ma condition très heureuse, en ce qu'elle est libre." Voilà une phrase qui pourrait utilement être commentée dans tous les cours d'éducation civique, tous les bacs philo de France et de Navarre. Plus loin encore, une autre plaque cite le "poète et philosophe, déporté assassiné à Auschwitz" Benjamin Fondane, 1898-1944 : "Souvenez-vous seulement que j'étais innocent et que, tout comme vous, mortels de ce jour-là, j'avais eu, moi aussi, un visage marqué par la colère, par la pitié et la joie, un visage d'homme tout simplement !" Ainsi, en l'espace de 200 mètres : un étranger ayant choisi de vivre en France ; un Français ayant choisi de vivre à l'étranger ; et un Français qui, jugé insuffisamment français par d'autres Français, a été violemment expulsé du pays et envoyé à la mort.

    Cela fait longtemps que je montre cette instructive série de plaques à mes compagnons de flânerie dans le quartier. Depuis peu, il y a un post-scriptum : la minuscule placette au bout de la rue Rollin, qui donne sur un escalier, s'appelle désormais place Benjamin-Fondane ; pas moins de quatre plaques bleu et vert des rues de la ville de Paris nous en informent. Auschwitz, partout où l'on pose les yeux.

    Certes, il faut de la mémoire. Toutes les mémoires, cela dit, n'ont pas également droit de cité dans notre cité. Une jolie petite place du Marais, quartier où j'ai vécu durant un quart de siècle, contient une plaque toute "virtuelle". L'été 1989, parmi mille autres célébrations du bicententaire de la Révolution française, se tint sur la place du marché Sainte-Catherine une réunion d'hommage aux femmes révolutionnaires. On dévoila notamment une plaque à l'honneur d'Olympe de Gouges, écrivaine et militante, décapitée pour avoir osé suggérer que les femmes aussi devaient bénéficier des droits de l'homme. Ayant scruté la plaque de près, je demandai aux organisateurs pour quelle raison elle était en plastique. Il s'agissait, m'assura-t-on, d'une plaque provisoire, en attendant la définitive. Vingt ans plus tard, j'attends encore.

    La façon qu'a chaque pays de nommer et de commémorer ou, au contraire, d'oublier et d'effacer les événements marquants de son histoire en dit long sur sa capacité d'en assumer (ou non) les ombres comme les lumières. En 2003, huit ans après que de jeunes skinheads liés au Front national eussent jeté dans la Seine un jeune Marocain, qui s'y noya, Bertrand Delanoë apposait sur le pont du Carrousel une plaque à la mémoire de la victime. Mais peut-être eût-il fallu que le pont lui-même prenne le nom de Brahim Bouarram ? Peut-être que la Seine aussi devrait-elle changer de nom, pour qu'on n'oublie jamais les dizaines d'Algériens qui, s'étant joints à une manifestation pacifique en faveur de l'indépendance de leur pays, y furent jetés par des policiers français ? Il est vrai que "Fleuve du 17 octobre 1961" sonnerait moins bien dans les chansons... Oh, je plaisante .

    Dans le parc municipal d'un village près de Boston, j'ai été choquée de lire, sur une plaque tout récemment gravée, l'histoire de "nos intrépides colons" ayant réussi à soumettre les "sauvages Indiens". Zéro plaque, en revanche, dans la réserve des Indiens Blackfoot près de Calgary, ma ville natale. Lors de ma visite, je fus autorisée à me recueillir sur le "site historique" de cette réserve : simple cercle de pierres blanches marquant le lieu où mourut le grand chef Crow Foot. En me pénétrant du souvenir des ancêtres des habitants de cette terre, soumis et anéantis par mes ancêtres à moi, je fus, plus encore qu'au Japon, soulagée par le silence.

    A dire vrai, s'il faut à tout prix mettre des plaques... je préfère celles fixées çà et là, discrètement, par le merveilleux poète italien Tonino Guerra dans son village de Pennabilli en Emilie-Romagne. Guerra a choisi de célébrer la mémoire d'individus ordinaires, simples, qui de leur vivant ont fait preuve de générosité, de douceur ou d'humour, nourrissant les affamés, amusant les enfants...


    par Nancy Huston, romancière et essayiste canadienne. Article paru dans l'édition du 04.04.10

  • Grand Paris : le groupe PRG demande la démission de Blanc

    Le président du groupe PRG-MUP au conseil régional d'Ile-de-France, Eddie Aït, a adressé à François Fillon une lettre ouverte demandant la démission du secrétaire d'Etat Christian Blanc, chargé du développement de la région capitale, a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué. Il dénonce en effet "la méthode anti-démocratique de l'Etat sur la mise en œuvre du Grand Paris". L'élu des Yvelines a notamment indiqué que "le projet d'ensemble était en contradiction avec les compétences d'aménagement et de transport de la région et des autres collectivités".

    Publié Par Europe1.fr le 01 Avril 2010

  • Le PRG propose de "délégiférer"

    Les députés PRG ont décidé de prendre le président Nicolas Sarkozy au mot en déposant une proposition de loi visant à "délégiférer". "Au second semestre 2011, le gouvernement marquera une pause pour que le Parlement puisse, s'il le souhaite, délégiférer", avait déclaré le chef de l'Etat dans un entretien mi-mars au Figaro Magazine.

    Le texte PRG entend notamment réparer "une maladresse législative, désormais rendue célèbre sous le nom d'+amendement Warsmann+, qui a malencontreusement mis l'Eglise de la Scientologie, tout comme l'ensemble des sectes, à l'abri de la dissolution, qui était le résultat attendu d'une procédure de justice alors en cours". Il supprime aussi "des références obsolètes à la peine de mort qui demeurent aux articles 83 et 85 du code civil".

    La proposition propose encore d'abroger "les dispositions elles aussi obsolètes de la loi du 26 brumaire an VIII qui précisent que +oute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l'autorisation". Elles ont pour l'heure seulement été "modifiées par deux circulaires de 1892 et 1909 autorisant le port féminin du pantalon si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval", précise le PRG.

    Par AFP, le 01/04/10

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