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  • Un zoo ou un jackpot ?

    Mercredi dernier, les ministres candidates Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, et Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, ont lancé officiellement le partenariat public privé pour la rénovation et réouverture du Zoo de Vincennes d'ici 2014.

    Une bonne nouvelle me direz-vous ! Oui pour tous ceux qui aiment le zoo. Mais surtout pour les partenaires privés qui n'ont fait qu'une bouchée des animaux analystes de Bercy...

    Nous voulons tous le retour du Zoo de Vincennes et son rocher et sur le papier le projet scientifique est prometeur. Mais c'est à se demander si on rebâtit un zoo ou un jackpot pour les groupes indutriels amis du pouvoir.

    En effet la rénovation, d'un coût total de 133 millions d'euros, sera pour partie financée à travers un contrat de partenariat public-privé (PPP) entre le Muséum d'histoire naturelle dont dépend le zoo et le groupe Chrysalis, un groupement d'entreprises mené par Bouygues Construction. L'Etat subventionne le projet à hauteur de 30 millions d'euros.

    Certes Chrysalis s'engage à financer, construire et entretenir ce zoo pendant 25 ans (l'entretien annuel est estimé à 4 millions d'euros par an). Mais il recevra, en contrepartie, une redevance de 12 millions d'euros par an de la part du museum, soit 300 millions d'euros. Les partenaires privés gagneront ainsi plus du double de l'investissement total, et le triple de ce que le groupe Chrysalis aura investit!

    Au moins me direz-vous, cela ne coûtera pas au contribuable que nous sommes !

    Pas si sûr...

    Car le modèle économique choisi du PPP mais surtout son équilibre est une aberration.

    Certes le PPP a été parfois utilisé par la Ville de Paris et peut avoir son utilité pour certains de ses projets.

    Mais dans ce cas, outre le fait qu'il offre à Bouygues de tripler sa mise, ce PPP repose en effet sur une fréquentation bien supérieure à ce qu'elle a jamais été : car pour pouvoir payer cette rente annuelle, le Muséum d'histoire naturelle devra tabler sur une fréquentation du zoo de 1,4 millions de visiteurs annuel.
    Si le Museum ne peut payer c'est l'Etat donc le contribuable qui se substituera pour payer... jusqu'à quand ?
    Ne risque-t-on pas de nous retrouver dans quelques temps de nouveau avec sur les bras un zoo en faillite abandonné, un éléphant blanc comme on dit aux J.O (et au zoo).

    Comme le dit le Ministère des Finances, le PPP confie à "une entreprise la mission globale de financer, concevoir tout ou partie, construire, maintenir et gérer des ouvrages ou des équipements publics et services concourant aux missions de service public de l’administration, dans un cadre de longue durée et contre un paiement effectué par la personne publique et étalé dans le temps."
    "Les avantages de cette forme nouvelle de contrats sont multiples : l’accélération, par le préfinancement, de la réalisation des projets ; une innovation qui bénéficie à la collectivité par le dynamisme et la créativité du privé ; une approche en coût global ; une garantie de performance dans le temps ; une répartition du risque optimale entre secteur public et privé, chacun supportant les risques qu’il maîtrise le mieux."

    Mais alors il faut que l'Etat donne une réponse précise aux parisiens-contribuables à toutes ces conditions ?

    Car l"écueil majeur de ce type de contrat est que la personne publique transfert au partenaire privé un certain nombre de risques mettant en jeu l'intérêt même de la collectivité : qualité et niveau du service attendu par exemple, exigences de maintenance, économies d'énergie...Le risque majeur de ne pas atteindre l'objectif initial de la collectivité est lié à l'écart potentiel des intérêts qui animent les deux partenaires public et privé.
    Sur quelles bases ce contrat a été négocié ? Quels sont les risques supportés par le partenaire privé ? Quel sera son rôle exact dans la gestion du zoo ?
    Comment compte-t-il atteindre 1,4 millions de visiteurs dans un contexte de crise et de baisse du tourisme international ?
    Le MNHN explique dès maintenant qu'il va falloir multiplier l'évènementiel pour rentabiliser, quel est exactement leur cahier des charges ? Restera-t-il scientifiquement pertinent où va-t-on développer un Disneyland dans le Bois de Vincennes ?

    Autre problème : pendant la période d'exécution du contrat de partenariat, notamment en phase d'exploitation et de maintenance, le savoir-faire et les moyens de la collectivité seront irrémédiablement diminués du fait du transfert vers le secteur privé. Se posera alors le problème de la qualité de la gestion et de l'exploitation de l'ouvrage lorsque, à la fin du contrat de partenariat, celle-ci reviendra à la collectivité qui se verra incapable de reprendre l'exploitation du site, faute des compétences nécessaires.

    D'un point de vue de l'efficacité économique pour nos consitoyens, quitte à réduire l'engagement initial de la collectivité, il eut été sans doute plus judicieux de créer une Société Anonyme d'Economie Mixte d'Etat avec une Délégation de Service Public.

    Ce PPP et son montage économique si avantageux pose question. La plus importante reste, avec un Etat qui se désengage chaque jour un peu plus de ses missions, quelle garantie réelle avons-nous de la pérennité de ce zoo si le Museum ne peut payer sa redevance durant les 25 prochaines années ?

    Et la question subsidiaire, avec des tarifs déjà annoncés pour l'instant à 14 euros pour les futurs visiteurs, sans parler des évènements, le zoo restera-t-il accessible à tous les Parisiens et les familles ?


    Par Fabrice MOULIN

  • Autolib', un projet qui avance et intéresse

    Hier à l'école Bignon, notre mairie accompagné de la Mission Autolib' et de la Direction de la Voirie et des Déplacements (DVD) de la Ville de Paris ont présenté aux habitants de l'arrondissements l'avancement du projet Autolib'.

    Nos amis Verts qui semblent refuser le système par pur idéologie anti-voiture - même électrique - (rappelons que Montreuil dont la maire est Dominique Voynet est une des rares communes limitrophes à avoir refusé de participer au syndicat mixte Autolib'), ne se sont pas exprimés cette fois, tant leurs arguments ne semblent plus porter. En effet, tous les participants montraient par leur questions précises que le public s'est déjà approprié le projet comme une alternative supplémentaires de transport "commun mais individuel" répondant à certains usages, à côté des transports en commun et des taxis.

    Les participants à la réunion étaient visiblement intéressés, avec beaucoup de questions sur le futur fonctionnement du service, le gabariit du véhicule, la possibilité de transporter familles, enfants, meubles et courses, les liens avec la banlieue, les tarifs, etc.

    L'appel d'offre est lancé et plusieurs groupements d'entreprises travaillent sur le projet selon les spécifications du cahier des charges de la mairie. On nous a confirmé notamment que les voitures électriques devraient être en "trace directe", c'est-à-dire qu'un véhicule est pris à une station et peut-être laissée dans une autre, comme Vélib'. Le tarif devrait être fixé à 15 euros d'abonnement par mois et 4 euros la demi-heure .

    Il semble y avoir actuellement une hésitation sur la taille du véhicule entre 2 et 4 places, et une possibilité laissée par la Ville à un projet de  système avec véhicule biplace, SMART aillant répondu à l'appel d'offre.

    J'ai rappelé à la DVD que les usages demandés par les gens imposent de choisir une voiture de 4 places pouvant embarquer enfants, fauteuils roulant, meubles, etc. C'est le système le plus facile à mettre en oeuvre et cohérent, bien plus encore qu'un système mixte avec voitures 2 et 4 places qui compliquera grandement la répartition des véhicules. J'espère que nos conseillers de Paris pourront veiller à ce que le projet s'oriente bien dans ce sens.

    Il faudra aussi que les projets d'urbanisme et de voirie intègrent dès leur conception l'arrivée prochaine d'Autolib' pour ne pas multiplier les travaux.

    J'ai enfin demandé de veiller à ce que le nombre de stations dans le 12e (35 en surface et 17 en souterrain) soient suffisante et assurent un maillage efficace de l'arrondissement. Il semble déjà que le plan est cohérent  et que les gares seront bien desservies, mais il faudra rester attentif et remonter au créneau si nécessaire au conseil d'arrondissement et dans les réunions internes en mairie.

     

  • Delanoë et Hidalgo sur le marché d'Aligre

     

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    Dimanche 14 février, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et sa première adjointe Anne Hidalgo, tête de liste PS/PRG à Paris pour Jean-Paul Huchon, sont venus sur le marché d'Aligre rencontrer les habitants du 12e avec notre maire Michèle Blumenthal et le député de la circonscription Patrick Bloche.

     

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    Saint-Valentin oblige, PS et PRG font campagne main dans la main, à l'image de la seule candidate du 12e, Magali Vergnier-Covo (PS), et moi-même.

     

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    J'avais ajouté une surprise aux projets Huchon distribués aux clients du marché, un tract PRG Paris présentant nos candidats et les propositions PRG reprises dans le programme, à commencer par l'ouverture du métro la nuit du samedi au dimanche !

     

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    Par Fabrice Moulin

    (merci à Mathieu Delmestre pour les photos)

  • Défendons Trousseau et Saint-Antoine, signez la pétition

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    L'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est le grand hôpital de la métropole parisienne.
    Lieu d'excellence, de renommée internationale, et de proximité, l'AP-HP est l'acteur essentiel de la santé des Franciliens. Elle incarne les valeurs de l'hôpital public.
    Elle est le garant de l'accès aux soins de qualité pour tous, bien au-delà même de la région parisienne. Elle est aussi le lieu de la recherche médicale dont sont issus plus de 50 % de la recherche française en sciences du vivant.
    Pour toutes ces raisons, l'AP-HP est un pilier de la République, garant du pacte social. Aujourd'hui, l'AP-HP est menacée. La suppression annoncée dans la presse de milliers d'emplois la rendrait exsangue et paralysée. Le retard de l'investissement hospitalier entrave sa modernisation.
    La communauté hospitalière dans son ensemble - médecins, personnels soignants, administratifs, psycho-socio-éducatifs et techniques - est aujourd'hui mobilisée comme jamais contre cette mise en péril pour garantir un accès de chacun à une médecine de qualité, de proximité et d'excellence. C'est un combat éthique.
    C'est pourquoi, nous élu(e)s des territoires d'Ile de France, représentant(e)s au conseil d'administration de l'AP-HP, et président(e)s de conseil de surveillance, lançons solennellement un appel citoyen à la mobilisation pour la défense de notre hôpital.
    Nous appelons chacune et chacun d'entre vous à signer cet appel pour affirmer votre soutien aux équipes de l'AP-HP qui, chaque jour, se mobilisent pour notre santé. Nous demandons solennellement au gouvernement de retirer son plan de suppression d'emplois et de donner à l'AP-HP les moyens de notre avenir.

    Premiers signataires : Bertrand DELANOE, Président du conseil d’administration de l’AP-HP, Maire de Paris - Jean-Marie LE GUEN, président suppléant du conseil d’administration de L’AP-HP
    Les membres élu(e)s du CA : Aline ARROUZE - Francine BAVAY - Liliane CAPELLE - Pascal CHERKI - Alain DESMAREST - Christian FOURNIER - Jean-Louis MISSIKA - Pascal POPELIN - Abdel Madjid SADI - Yves TAVERNIER - Dr Sylvie WIEVIORKA.
    Les président(e)s de conseil de surveillance : Dominique BERTINOTTI - Michèle BLUMENTHAL - Gilles CATOIRE - Bernadette CALISKAN - Claudine CORDILLOT - Jérôme COUMET - Claude DARGENT - Claude ESTIER - Rémi FERAUD - Anne HIDALGO - Serge LAGAUCHE - Fatima LALEM - Geneviève LAROQUE - Jean-Luc LAURENT - Alain LOSTHIS - Christophe NAJEM - Catherine PEYGE - Danielle POURTAUD - Gilbert ROGER - Karen TAIEB - Didier VAILLANT - Serge WAJEMAN.

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  • Un loi pour interdire le Bisphénol A ?

    Alors que la Ville de Paris vient de décider d'interdire les biberons contenant du Bisphénol A dans les crèches municipales, les sénateurs radicaux de gauche du groupe RDSE ont présenté une proposition de loi interdisant ce produit dangereux dans les plastiques alimentaires.

    Extrait d'un article d'Actualité Santé :

     

    Bisphenol A biberons

    Il y a tout juste une semaine, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments reconnaissait pour la première fois l'existence de signaux d'alerte relevés dans des études récentes sur le Bisphénol A. Toutefois l'agence estimait qu'il n'y avait pas urgence et indiquait poursuivre son travail d’expertise.

    Le 24 mars prochain les sénateurs seront appelés à se prononcer sur une proposition de loi tendant à interdire le Bisphénol A dans les plastiques alimentaires. Elle a été présentée le 27 juillet dernier par MM. Yvon COLLIN, Jean-Michel BAYLET, Michel CHARASSE, François FORTASSIN, Mme Françoise LABORDE, MM. Jacques MÉZARD, Jean MILHAU, Robert TROPEANO et Raymond VALL, sénateurs du groupe Rassemblement démocratique social européen (RDSE).

    Cette proposition de loi comporte un article unique : Sont interdites la fabrication, l'importation, l'offre, la détention en vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit, la mise en vente, la vente ou la distribution à titre gratuit de plastiques alimentaires contenant du Bisphénol A (n° CAS 80-05-7).

    Dans l'exposé des motifs ayant conduit les sénateurs à présenter cette proposition de loi, il est indiqué que certaines études ont démontré que ce composé chimique agissait comme perturbateur endocrinien et ont même établi des liens entre le BPA et les cancers de la prostate ou du sein, l'obésité, le diabète, les dysfonctionnements thyroïdiens ainsi que des troubles du comportement et de la reproduction. Il aurait également des effets néfastes sur le développement du cerveau des foetus et des nouveau-nés.

    Dans cet exposé il est également fait référence au principe de précaution appliqué par le Canada et plusieurs états américains qui ont interdit l'utilisation du BPA dans la production de biberons.

    Les auteurs de cette proposition de loi ont également rappelé que le Réseau environnement santé (RES), qui réunit des ONG, des professionnels de santé et des scientifiques, a déjà tiré le signal d'alarme en demandant l'interdiction du BPA dans les matériaux en contact avec les aliments.

    Rappelons qu'en France plusieurs municipalités ont procédé au retrait des biberons contenant du BPA de leurs crèches.

  • Présentation du projet régional par Anne Hidalgo

    En compagnie de nombreux élus et militants socialistes et aussi de beaucoup de Radicaux de gauche, j'étais ce mardi 9 février à la Maison de la Mutualité à la réunion où Anne Hidalgo et nos candidat-e-s ont présenté le programme régional de Jean-Paul Huchon et les grands projets qui concernent Paris.

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    Anne Hidalgo a présenté les propositions du projets et Bertrand Delanoë replacé cette campagne dans le contexte politique parisien face à l'offensive du gouvernement contre la démocratie locale , rappelant au passage que notre liste est la seule rassemblant plusieurs mouvements politiques de la majorité régionale.

    L'un de nos candidats PRG, Olivier Maillebuau, a présenté les propositions concernant la santé.

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    Seule candidate sur la liste issue du 12e, Magali-Vernier Covo était également présente, à côté de l'adjointe à la maire du 12e chargée de la petite enfance, Lunise Marquis.

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    (Photos Mathieu Delmestre et Adrien DERAIN)

  • Identité nationale : "Il faut conclure ce débat lamentable"

    Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, a souhaité lundi que le séminaire gouvernemental sur l'identité nationale soit "l'occasion de conclure ce débat lamentable qui a été mené avec beaucoup d'amateurisme par le ministère de l'Immigration".

    "Le constat par le ministre de l'Immigration lui-même de l'échec de ce débat la semaine dernière et le désengagement du président de la République qui a renoncé à animer ce séminaire devraient encourager le gouvernement à abandonner cette aventure politicienne sans lendemain", écrit le sénateur du Tarn-et-Garonne dans un communiqué.

    Les radicaux de gauche "espèrent que le séminaire gouvernemental sur l'identité nationale sera l'occasion de conclure ce débat lamentable qui a été mené avec beaucoup d'amateurisme par le ministère de l'Immigration et qui a donné lieu à toute sorte de débordements regrettables".

    "L'urgence n'est pas à un débat qui divise les Français mais bien à un affermissement des valeurs inscrites dans notre devise, liberté, égalité, fraternité, auxquelles doivent s'ajouter la solidarité et la laïcité", fait-il valoir

    Par AFP

  • Un voile sur Trotsky

    Une candidate voilée sur une liste du NPA aux régionales dans le Vaucluze ? On dirait une blague mais non, c'est vrai, elle se déclare même, malgré son foulard islamique, "féministe" et bien sûr "anti-capitaliste" ! Olivier Besancenot, lui, n'y voit rien à redire et accuse même d'islamophobie ceux qui osent critiquer ce voile jeté sur sa liste.On croirait entendre Tariq Ramadan ! Etrange paradoxe que de voir troskystes et intégristes sur la même ligne. Sans parler de la défense apportée par la très catholique Christine Boutin ou la députée européenne d'Europe écologie Eva Joly qui défendent de concert le port du foulard islamique dans une assemblée d'élus... C'est Trotsky qui doit se retrouner dans sa tombe, dont le prétendu héritier ne semble pas se souvenir de l'adage marxiste qui voit dans la religion "l'opium du peuple".

    Il ne s'agit pas de stigmatiser une jeune femme dans sa pratique d'une religion dans la sphère privée. Mais cette femme est aussi responsable politique, trésorière départementale du NPA, et personne ne peut nier qu'à ce titre, sa présence sur une liste éléctorale arborant un foulard islamique est un surgissement du religieux dans la sphère publique qui porte atteinte au principe républicain de laïcité. Rien d'illégal évidemment mais tout de politique !

    Et le fait politique est que l'ex-LCR, dont la mue en NPA n'a pas donné les résultats escomptés, tente de surfer sur le ressentiment social et le sentiment de stigmatisation provoqué par le débat sur l'identité nationale pour conquérir un électorat issu de l'immigration. Confondant, au même titre que l'UMP et Nicolas Sarkozy, ce dit électorat avec une hypothétique communauté musulmane. C'est ainsi qu'un signe de soumission patriarcal est brandi sans rire comme l'étendard de la libération des masses et de l'émencipation des Français discriminés... A qui veut-on faire croire que le voile est compatible avec la libération de la femme, sauf à accréditer l'idée que la soumission à Dieu et aux hommes est une idée des Lumières ? Quel message envoie le NPA à toutes les femmes et tous les hommes qui veulent s'affranchir du poids des traditions et de l'obscurantisme religieux et se vivre avant tout comme membres égaux et à part entière d'une République fraternelle ?

    Plus que d'un anti-capitalisme inopérant, la France de la diversité a avant tout besoin que la gauche tienne bon sur les principes républicains à même de fonder une communauté de destin. La liberté de pratiquer sa religion est un fait, mais c'est aussi un fait que porter un signe ostentatoire d'appartenance religieuse est incompatible avec une fonction politique de par le caractère laïc de la charge d'un élu de la République, qui se doit de représenter l'ensemble du peuple et non une communauté.

    Il est vrai que le NPA, qui refuse toujours toute alliance dans des majorités de gauche pour contrecarrer la politique du gouvernement, ne risque pas de représenter qui que ce soit ! Ouf !

    Par Fabrice Moulin

  • Les sénateurs Radicaux contre les gardes à vue abusives

    Les conditions de garde à vue vont évoluer

    Véhicules de police
    Véhicules de police/Jacques Demarthon AFP/Archives

    JUSTICE - Les déclarations se multiplient, et la réforme de la procédure pénale approche...

    Les gardes à vues dans le collimateur. Après la polémique déclenchée par les avocats concernant «les droits de la défense», François Fillon en a rajouté une couche, ce mercredi. Le Premier ministre s'est dit «choqué», non seulement par leur «nombre», mais aussi par «la manière dont elles sont utilisées», à savoir «comme un moyen de pression».

    «Le Parlement doit se prononcer sur un texte législatif» pour revoir ce dispositif, a insisté François Fillon, car selon lui, il reste «de nombreux cas où la garde à vue n'est pas nécesssaire». Un discours déjà entendu, puisqu'en novembre dernier, alors que le bâtonnier de Paris affirmait que les gardes à vue françaises étaient illégales, François Fillon avait jugé qu'il fallait «repenser» les conditions du placement en garde à vue.

    Réforme de la procédure pénale

    La polémique a rebondi fin janvier. Le ministère a reconnu que le nombre de gardes à vue pour 2009 avait été sous estimé, et s'élevait en réalité à 800.000. «800.000 gardes à vue (...) c'est inefficace, intolérable», s'est emporté ce mercerdi Jacques Mezard, sénateur du Cantal. Son groupe du RDSE (à majorité radicaux de gauche), a d'ailleurs déposé une proposition de loi «visant à permettre à toute personne placée en garde à vue d'être immédiatement auditionnée en présence de son avocat», sauf en matière de terrorisme.

    Michèle Alliot-Marie, a répété qu'elle souhaitait mieux encadrer la garde à vue dans la réforme de la procédure pénale. La garde des Sceaux propose notamment de la limiter aux délits passibles d'une peine d'emprisonnement. Mais les modifications annoncées sont jugées insuffisantes, notamment par les avocats

    Par Julien Méniell, sur 20 Minutes
  • Une dénomination Ilan Halimi, pour quoi faire ?

    Notre Conseil municipal a voté hier soir à l'unanimité (des présents) un voeu présenté par Karen Taïeb au nom de tous les groupes de notre majorité demandant que le nom d'Ilan Halimi soit attribué à un lieu de vie ou un jardin de l'arrondissement.

    Ilan Halimi, chacun le sait, est un jeune homme enlevé par le "gang des barbares" et victime d'un calvaire de 24 jours de tortures ignobles qui se sont achevés par une mort encore plus atroce. De l'aveu même du chef de ce gang, Youssouf Fofana, la victime a été choisi car né juif sous prétexte que les juifs ont de l'argent. Le caractère foncièrement antisémite de cet acte n'est donc pas à prouvé et a même été juridiquement reconnu lors du procès des membres du "gang des barbares". Il nous interpelle sur la persistance des préjugés et d'une haine antisémites chez certains de nos concitoyens, souvent des jeunes qui nient la Shoah ou cultivent leur haine des juifs sur le terreau des guerres au Moyen-Orient.

    J'ai voté pour ce voeu car j'adhérais à tous ses considérants et il me semble important de rappeler solennellement et collectivement notre refus vicéral de tout racisme et anitsémitisme contre lesquels les Radicaux de gauche se sont toujours battus. C'est ainsi que nous avons créé le Comité de vigilance contre l'extrème-droite dans les années 90, rejoint par tous les partis de gauche.

    Mais je ne peux m'empécher de me poser des questions sur l'opportunité de proposer l'attribution du nom d'Ilan Halimi à un lieu de l'arrondissement.

    Notre municipalité fait beaucoup pour transmettre la mémoire de l'holocauste, lutter contre le négationnisme et passer ainsi aux jeunes générations la connaissance des horreurs commises au nom d'un antisémitisme d'Etat. C'est ainsi qu'en tant qu'adjoint à la Mémoire, j'ai sollicité l'Association pour les Déportés, Internés et Résistants (ADIRP 12) pour réaliser une exposition sur les camps d'extermination dans notre mairie, ou commémoré les poses de plaques pour les enfants juifs déportés avec l'AMEJD.

    Et justement, je m'interroge sur le rapprochement symbolique que ce voeu crée entre les victimes de la barbarie nazie, d'une machine étatique au service d'une idéologie meurtriète, d'un crime contre l'Humanité d'un côté, et d'une victime d'un fait divers antisémite commis par une bande de voyous de l'autre. Le crime est dans tous les cas effroyable mais fait-on oeuvre de bonne pédagogie en les rapprochant ? J'avoue ne pas parvenir à trancher cette question.

    Autre interrogation : ce voeu ne risque-t-il pas de relancer la compétition des mémoires ou des tensions communautaires comme on l'a vu sur d'autres sujets ? Ou encore une certaine surenchère politicienne au cas où d'autres crimes racistes ou particulièrement odieux touchaient un habitant du 12e ? Comme son chef de file, Nicolas Sarkozy, l'UMP est en effet toujours prompte à surfer sur l'actualité pour faire triompher le pathos sur la raison. On l'a bien vu par l'instrumentalisation des problèmes d'insécurité en 2002 que leur gouvernement est pourtant incapable d'enrayer depuis 8 ans.

    Enfin, reste la question du quand et où ? Ilan Halimi était un enfant du 12e qui travaillait dans le 11e, où il a fait connaissance de la jeune fille qui servit d'appat au "gang des barbares". Il a subi les horreurs de sa détention à Bagneux dans les Hauts-de-Seine avant de mourir en Essonne. Où une plaque en sa mémoire est-elle la plus utile pour avoir un effet pédagogique sur ceux qui pourraient développer des sentiments antisémites ? Le procès en appel du "gang des barbares" doit avoir lieu fin 2010. Il ne remettra pas en cause le caractère antisémite du crime, mais ne devrions-nous pas par principe temporiser et respecter le calendrier judiciaire ?

    Un élément de réponse à mes interrrogations est qu'il existe déjà à Paris des plaques en mémoire de Malik Oussekine (victime de la police), Brahim Bouharam (tué par des skinheads) et Sohanne (brulée vive pour avoir voulu vivre en femme libre). Alors pourquoi pas Ilan ?

    Toutes ces questions et d'autres, je sais que beaucoup de mes collègues élus de la majorité se les sont posés. Certains ont choisi de ne pas prendre position, préférant s'éclipser au moment du vote... C'est malheureusement un travers classique chez nos amis socialistes que de ne pas choisir...

    Il me semble que le sujet est trop important pour ne pas assumer un vote, j'ai donc voté pour l'attribution du nom d'Ilan Halimi à un lieu de vie ou un jardin de l'arrondissement, en espérant que mes craintes ne soient pas fondées. Je n'ai pas souhaité non plus les exprimer publiquement pour ne pas créer un débat public qui pourrait être mal interprété ou utilisé à des fins politiciennes. Je pense pour autant que l'apposition d'une plaque Ilan Halimi doit s'accompagner pour être efficace d'un travail pédagogique auprès des habitants de l'arrondissements, prioritairement des jeunes autour du respect des Droits de l'Homme, de la République, de l'Humanisme, contre le racisme, l'antisémitisme et l'intolérance.

    Par Fabrice MOULIN

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