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jeudi, 03 septembre 2009

Une Université d'été peut en cacher une autre...

Il ne faut pas être devin pour savoir que l'Université d'été du PRG qui se tient ce week-end à la Rochelle aura infiniment d'écho que celle des socialistes au même endroit il y a une semaine. Quand on milite chez les Radicaux il faut s'y habituer. Mais paradoxalement c'est sur une proposition radicale que les socialistes se sont, en apparence, rassemblés autour de leur première secrétaire.


Les quadra du PS crient tous victoire en feignant d'oublier que l'idée des primaires ouvertes a été portée par un de nos anciens ministres et députés, Roger-Gérard Schwartzenberg qui avait présenté une proposition de loi détaillée dès 2006. Elle avait bien sûr été proposée aux socialistes qui n’avaient pas juger bon à l’époque de réfléchir à cette option, préférant des primaires internes qui eurent le résultat que l’on connaît… Tout comme nous avions proposé en 2003 une confédération de la gauche qui fait cruellement penser à la « Maison commune » de Martine Aubry…


Les débats de notre université d’été devraient donc rebondir sur celui de la primaire et ses modalités pour lesquelles nous voyons déjà des différences avec le PS. Pour nous en effet l’adhésion à ce système n’est concevable que si ce sont des primaires ouvertes et organisées par les partis de gauche pour désigner un candidat unique de la gauche, et non du seul parti socialiste. Cela veut dire également que nous nous préparions dans le même temps présenter un(e) candidat(e) radical à ces primaires. Pour ceux qui pensent que la gauche sera toujours en ordre dispersée, rappelons qu’en 1974 François Mitterrand était dès le premier tour le candidat unique de l’Union de la Gauche composée du PS, du PC et du Mouvement des Radicaux de Gauche.


Qui dit candidat dit projet et le projet radical est le thème de l’Université d’été. Et je ne suis pas sûr que malgré nos bonnes résolutions notre attention soit focalisée sur ces réflexions plutôt que sur les combinaisons tactiques qui agitent nos voisins. Pourtant avouons que nous devons encore travailler nos propositions et surtout associer plus largement la société civile, les syndicats, les entrepreneurs, des experts et des scientifiques, etc. pour proposer aux primaires au reste de la gauche les idées humanistes et pragmatiques qui font défaut actuellement. Notamment en matière d’écologie et de fiscalité ou encore de réforme des marchés financiers où il me semble que nous ne pouvons pas nous contenter de critiquer sans nuance ou d’applaudir sans réserve les propositions du gouvernement.


En parlant de gouvernement, il me semble qu’il est devenu indispensable de faire taire une fois pour toute les rumeurs sur une possible entrée de Paul Giacobbi comme ministre de Fillon, qualifiée fréquemment par la presse et la droite de ralliement des radicaux de gauche à Sarkozy et à sa majorité. Surtout après le grotesque incident technique du service de com de Matigon... On ne peut aujourd’hui confirmer que Paul Giacobbi ait accepté quoi que ce soit mais son silence nous oblige a clarifier notre position. Et je sais que tous les élus et militants du PRG sont sur la même ligne d‘une opposition constructive mais ferme. Il suffirait donc que le Comité Directeur vote une résolution « préventive » affirmant que "le PRG se situe dans l’opposition à la politique du gouvernement et que quiconque rejoindrait ce gouvernement sera exclu immédiatement et ne représentera que lui". Sarkozy ayant décidé d’empoisonner le débat encore des semaines en reportant le remaniement, ce ne serait pas un déshonneur de mettre les points sur les i avant les régionales.


Les régionales, bien entendu ce sera le sujet qui va occuper la majorité de nos discussions, même si ce n’est pas au programme officiel. Et je suis sûr qu’avant de nous lancer dans des discussions avec les uns et les autres, c’est-à-dire les Verts et le PS, toutes les fédérations devraient travailler ensemble sur des propositions radicales pour nos régions et essayer de communiquer autour d'elles, comme nous l’avons fait à Paris pour les municipales. Car c’est le seul moyen d’être pris en compte dans les très dures négociations qui s’annoncent pour faire réélire nos nombreux conseillers régionaux. Et je pense que nous devrions adopter une position commune à tous concernant les alliances, pour ne pas commettre les mêmes erreurs que le Modem aux municipales.


Enfin, en parlant du Modem, il me semble indispensable que notre Université d’été rappelle haut et fort que le Modem et surtout ses dirigeants ne sont pas des réformateurs de gauche mais des opportunistes, et que seul le PRG peut incarner le centre-gauche. C’est nécessaire pour la survie du radicalisme mais aussi pour celle de toute la gauche qui a tout à perdre dans le jeu de dupe d'un François Bayrou qui n’a pas besoin de nous pour venir le repêcher alors qu’il est en difficulté.

Fabrice MOULIN, secrétaire national du PRG

20:21 Écrit par Fabrice Moulin dans Politique, PRG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

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