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  • Le droit accordé au Vatican de reconnaître des diplômes est une entorse à la laïcité

    Le droit accordé au Vatican de reconnaître des diplômes est une entorse à la laïcité, par Jean-Michel Baylet

    Tribune parue dans Le Monde, du 21 mai 2009

    Dans la conception qu'en ont toujours eue les radicaux, le principe de laïcité n'est absolument pas une pensée de combat antireligieuse. C'est, au contraire, la vision d'un rempart de neutralité absolue protégeant toutes les institutions publiques - et spécialement l'école - contre les influences confessionnelles certes, mais aussi économiques ou partisanes. Selon cette approche, c'est la laïcité elle-même qui garantit le libre exercice des choix de conscience, notamment des choix religieux par des citoyens librement éclairés. Telle est la philosophie qui nous permet aujourd'hui encore, pour ce qui concerne la France, d'affirmer que l'école libre est l'école de la République.

    En application de ce principe, l'Etat détient le monopole de la délivrance des diplômes, monopole qu'il exerce, pour l'enseignement supérieur, par le biais des universités publiques. Hors le cas des départements concordataires d'Alsace-Moselle, les instituts d'enseignement supérieur privés existant en France doivent faire valider leurs formations profanes (l'enseignement théologique n'étant à l'évidence pas de la compétence de l'Etat) par des universités publiques ou par des jurys installés par l'autorité étatique.

    Tout aurait pu continuer ainsi, à la satisfaction des parties concernées, sans la volonté du chef de l'Etat, exprimée dans son fameux discours de Latran, de replacer l'identité collective et républicaine française dans une sorte de berceau chrétien, ou encore de matrice catholique, renvoyant à égalité les figures emblématiques du curé et de l'instituteur, incarnations de la foi et de la raison.

    C'est sous cet éclairage très particulier que doit être lu le décret subreptice paru le 19 avril et rendant applicable un accord signé le 18 décembre 2008 entre la France et le Vatican, celle-là s'engageant à reconnaître, sans autre procédure, les diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur habilités par celui-ci. Il appartiendra aux juristes de dire si un accord d'une telle importance pouvait être rendu applicable comme une simple mesure technique et non par une autorisation législative. Tenons-nous en pour l'heure aux principes en cause. Ils sont nombreux et essentiels.

    SOUS L'AUTORITÉ CANONIQUE

    Tout d'abord, le monopole de délivrance des diplômes constitue une garantie concrète de l'égalité entre les étudiants d'une part, entre leurs professeurs d'autre part. C'est aux mêmes critères, à la même aune, que l'autorité publique évalue la qualité des formations universitaires. Cette règle d'égalité est aujourd'hui rompue puisqu'une simple habilitation par le Saint-Siège, dont on comprend bien qu'elle peut être accordée sur des critères non scientifiques, vaut reconnaissance par l'Etat de certains diplômes.

    Ensuite, il convient de souligner que la colonne vertébrale laïque de notre enseignement supérieur garantit également l'égalité entre les religions elles-mêmes. Qu'adviendra-t-il demain si d'autres autorités religieuses exigent, comme elles y seraient fondées, la reconnaissance par la France de titres universitaires sur lesquels l'Etat serait privé de toute appréciation ? La faveur aujourd'hui accordée à la religion catholique fournit l'occasion de rappeler à Nicolas Sarkozy que l'idée laïque n'est pas le plus petit dénominateur commun des influences religieuses, mais un principe intransigeant, non susceptible de négociation, voire de modernisation.

    Mais le paradoxe est peut-être ailleurs : la rupture opérée par le décret porte atteinte à la liberté des institutions d'enseignement catholique elles-mêmes. Etre strictement laïque ne signifie pas être intégriste de la laïcité et, pour les radicaux (qu'on se rappelle les controverses entre Clemenceau et Jaurès !), l'enseignement peut n'être pas public. Il doit toutefois éclairer les consciences. Or en étendant l'accord aux enseignements profanes, la France a remis sous l'autorité canonique mais aussi "scientifique" du Vatican des institutions qui s'accommodaient mieux du contrôle tolérant de l'Etat que des injonctions vétilleuses de l'Eglise catholique. Un seul exemple en convaincra : les cinq "cathos" françaises devront-elles demain traiter à parts "scientifiques" égales le créationnisme et l'évolutionnisme ? Allons, il est encore temps de reculer et de renoncer à ce funeste accord. Temps aussi de dire aux autorités de l'Etat que, dans une République conséquente, la loi doit respecter la foi, mais la foi ne doit pas dicter la loi.


    Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG) et sénateur du Tarn-et-Garonne

  • Le PRG attaque la reconnaissance des diplomes du Vatican

    DIPLÔMES UNIVERSITAIRES VISÉS PAR LE VATICAN : LE GROUPE DU RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN (RDSE)  DEMANDE L’ANNULATION DU DÉCRET AU CONSEIL D’ÉTAT

    Quatorze sénateurs du Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE) déposent devant le Conseil d’État, ce mardi après-midi, un recours en référé demandant la suspension du décret paru au Journal Officiel le 19 avril dernier qui rend applicable l’accord signé le 18 décembre 2008 entre le gouvernement français et le Vatican. Ils demandent dans le même temps l’annulation sur le fond de ce décret.

    Au travers de l’accord signé le 18 décembre 2008 entre le gouvernement français et le Vatican, la France s’engage à reconnaître les diplômes délivrés par les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d’enseignement supérieurs habilités par le Saint-Siège.

    Jusqu’à présent, seul l’État avait le monopole de la reconnaissance des diplômes. Cet accord permet désormais la reconnaissance automatique par la France des diplômes visés par le Vatican, sans passer par la labellisation et l’aval de l’Université publique. Or, cet accord, qui modifie la loi du 18 mars 1880, aurait dû être ratifié par le Parlement en vertu de l’article 53 de la Constitution.

    Au cours de la séance des questions d’actualité au gouvernement du jeudi 14 mai dernier, Yvon COLLIN, Président du RDSE et sénateur PRG du Tarn-et-Garonne, avait déjà interpellé le Premier ministre au sujet de ce décret.

    Le Président Yvon COLLIN (RDSE - PRG) et ses collègues condamnent un tel accord qui entame le monopole de l’État dans la délivrance des diplômes universitaires et *remet en cause la neutralité de l’État et le principe de laïcité, cher aux sénateurs RDSE et aux Radicaux de Gauche.

    Liste des signataires : Yvon COLLIN, Nicolas ALFONSI, Jean-Michel BAYLET, Michel CHARASSE, Anne-Marie ESCOFFIER, François FORTASSIN, Françoise LABORDE, Daniel MARSIN, Jacques MEZARD, Jean MILHAU, Aymeri de MONTESQUIOU, Jean-Pierre PLANCADE, Robert TROPEANO et Raymond VALL.

  • L'intégration de la Turquie dans l'UE est une priorité

    L'intégration de la Turquie dans l'UE, une "priorité", selon Baylet (PRG)

    PARIS, 18 mai 2009 (AFP) - Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), a estimé lundi que l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne était "une priorité si on souhaite que la démocratie se fortifie dans ce grand pays musulman et moderne".

    "La position de la France et de l'Allemagne doit évoluer si on ne veut pas que le peuple turc se tourne vers des choix politiques qui l'éloigneraient de nous", écrit-il dans un communiqué, soulignant que le PRG s'était prononcé dès 2004 "pour une adhésion de la Turquie dans un délai de dix ans".

    Le sénateur de Tarn-et-Garonne s'est également "félicité de la vigueur du courant laïque en Turquie qui a encore démontré sa vivacité en organisant une grande manifestation à Ankara" ce dimanche.

    Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre a rappelé lundi l'opposition de Nicolas Sarkozy et du parti présidentiel à l'entrée de la Turquie dans l'UE et leur préférence pour "un partenariat privilégié" avec ce "grand pays", et a demandé aux candidats socialistes, écologistes et MoDem "de dire clairement leurs positions" sur cette question.

  • Baylet : «Pas question d’appeler à voter PS»

    Interview parue dans le Parisien, propos recueillis par Ph.M. | 19.05.2009

    JEAN-MICHEL BAYLET, sénateur PRG du Tarn-et-Garonne

    Le fossé se creuse entre les radicaux de gauche et les socialistes, qui n’ont offert aucune place éligible sur leurs listes européennes au PRG que préside Jean-Michel Baylet.

    Le PRG appellera-t-il à voter PS aux européennes ?


    Jean-Michel Baylet.
    Il n’en est pas question ! L’accord que nous souhaitions avoir avec le PS n’a pas été possible parce que Martine Aubry ne nous a pas fait de propositions sérieuses.

    Nous avons donc fait savoir aux socialistes que nous ne participons pas à leur campagne, que nous ne soutenons pas leurs listes et que nous leur interdisons d’utiliser notre logo, comme ils en avaient l’intention.

    Vous ne donnerez aucune consigne de vote ?


    J’ai laissé l’ensemble de nos militants libres de voter en leur âme et conscience, en leur recommandant de voter à gauche. En ce qui me concerne, je voterai blanc.

     

    Pourquoi les relations entre le PS et le PRG sont-elles aujourd’hui si tendues ?


    Le PS est devenu agressif. Il a tendance à reproduire à l’extérieur la violence de son fonctionnement interne. Ses mauvais scores prévisibles aux européennes rendent très nerveux ses dirigeants. Les Français n’apprécient pas leur stratégie d’opposition systématique. Le comportement du PS est lié aussi à son incapacité à rassembler. Tant que ce parti, qui est le premier de la gauche, ne remplira pas sa mission fondamentale, la gauche sera en difficulté.

     

    Vouloir constituer votre propre groupe à l’Assemblée n’est-il pas un facteur de division ?


    Nous avons un groupe au Sénat qui fonctionne très bien et il y a longtemps que le PRG a décidé d’en avoir un autre à l’Assemblée. Cela devient maintenant possible avec l’abaissement du nombre de députés nécessaire. Nous allons donc le faire, que cela plaise ou non au PS.

     

    Les primaires en vue de la présidentielle pourraient bien se passer entre socialistes…


    Ce serait une catastrophe ! Nous avons vu ce que cela a donné la dernière fois… Il faut organiser des primaires ouvertes, avec l’ensemble des formations de gauche et les citoyens qui se retrouvent dans notre camp. Arnaud Montebourg, qui pilote ce dossier au PS, a demandé à me voir pour parler de tout cela. Nous verrons bien.

  • Le gouvernement refuse de lister les sectes

    Voilà un rapport qui a de quoi intéresser notre arrondissement, nous qui avons le triste privilège d'avoir le siège de la Scientologie en France situé rue Jules Cesar, entre la Gare de Lyon et la Bastille. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDE) vient en effet de publier son rapport annuel.

    Selon ses préconisations, les sectes présentant un danger seraient listées. Selon Georges Fenech, son Président, « il s’agit, lorsque nous sommes saisis de plaintes – c’est-à-dire qu’il y a un danger réel – d’ouvrir des dossiers, des référentiels qui serviront à répondre aux maires, aux présidents de conseils généraux, etc., quand ceux-ci nous interrogent sur tel ou tel mouvement. Nous avons déjà commencé, et répertorié environ 200 mouvements ou pratiques qui posent un problème. Il devrait y en avoir 500 ou 600 à terme. Ces référentiels seront à disposition des professionnels qui pourront venir les consulter dans nos locaux. Ils respecteront le contradictoire : les organisations seront informées du fait qu’elles sont répertoriées et leurs observations seront versées au dossier. »

    Problème : le gouvernement, notamment le bureau des cultes au Ministère de l'Intérieur, s'y oppose.

    Est-ce une conséquence de la sympathie de Nicolas Sarkozy envers Tom Cruise, et plus généralement de sa conception très américaine de la "liberté" religieuse qui entraîne chez son gouvernement une réticence à s'attaquer de front aux dérives sectaires ?

    Matignon craindrait une "stigmatisation" des organisations cultuelles... Il semblerait qu'il ait moins de réticence quand il s'agit de ficher les personnes innocentes pour toutes sortes de raisons comme on l'a vu avec EDVIGE.

    Autres volonté de la MIVILUDE : s'attaquer à l'actuelle multiplication des pseudos psychotérapeutes et autres charlatans des médecines douces, un milieu où pullulent les rabatteurs des sectes et autres gourous aux pratiques douteuses.

    Bonne nouvelle : un amendement au Sénat devrait permettre de réglementer la profession des psys et de faire enfin le ménage.

    Vous pouvez consulter sur le site de la MIVILUDE l'intégralité du rapport 2008.

  • Vouloir l'Europe fédérale

    Même si le PRG ne participe pas aux élections européennes, le PRG reste le plus européen et fédéraliste des partis de gauche et il le prouve avec ce manifeste adopté lors de la Convention de la Rochelle : Vouloir l'Europe fédérale.pdf

  • 8 mai 2009, aux oubliés de la République

     

     

     

     

     

    64e anniversaire de la

    victoire de 1945

     

    Vendredi 8 mai 2009

     

    Discours de Fabrice MOULIN

    Adjoint à la Maire du 12e arrondissement

    Chargé de la Mémoire, du Monde Combattant et du Tourisme

     

    Madame la Députée,

    Mesdames, messieurs les élus,

    Mesdames et messieurs les présidents et représentants des associations du Monde combattant,

    Mesdames, Messieurs,

     

    Nous sommes aujourd’hui rassemblés pour exercer notre devoir de mémoire à l’égard de celles et ceux qui sont morts pour que la France recouvre sa liberté, qui se sont battus pour mettre fin à la barbarie nazie.

     

    Connus ou anonymes, ces hommes et ces femmes étaient des soldats, troupes des armées Alliées et combattants de la France libre, des civils, des résistants, des français de France ou d’outre mer, des étrangers qui avaient été formés aux idéaux des droits de l’homme.

    Les armes à la main, ces hommes et ces femmes se sont élevés contre la dictature d’un régime violent, raciste et antisémite. Ils ont combattu une idéologie totalitaire qui a plongé l’Europe dans un bain de sang et causé des millions de morts.

    Ils ont vaincu l’Allemagne nazie dont le 8 mai 1945 marque l’échec final.

    SCNBSM 20090508.JPG

    Nous devons honorer leur extrême courage et leur extraordinaire détermination. Mais nous avons aussi le devoir de rappeler que dans notre pays, celui du siècle des Lumières, d’autres ont collaboré et cédé à la tentation du bannissement, de la violence, de l’exclusion.

     

    Aujourd’hui encore, certains essayent de nier ou de minimiser les crimes contre l’Humanité commis au nom de la supériorité de la race. C’est pour cela qu’il est important, pour nous tous réunis ici, que les jeunes et moins jeunes restent vigilants.Défilé2 20090508.JPG

    Il y a 2 semaines, nous nous sommes souvenus des victimes et des héros de la déportation, avec 2 expositions dans notre mairie.

    Nous célébrerons aussi bientôt la création du Conseil national de la Résistance et l’Appel du 18 juin.

    Autant d’évènements liés par le fil de l’Histoire dont les commémorations ont chacune leur importance pour inculquer les valeurs de solidarité, de compassion, de courage et de tolérance qui sont garantes de la paix.

     

    Si nous voulons transmettre cette mémoire à la France plurielle du 21e siècle, nous devons également ne pas oublier que notre liberté a été aussi chèrement payée par les combattants «indigènes» : goumiers, zouaves, tabors, tirailleurs, spahis engagés dans l'armée française. Ce serait l'honneur de notre Nation que de leur rendre enfin justice.

     

    Dépot gerbe2 20090508.JPGEnfin, cette année peut-être encore plus qu’une autre, nous devons nous rappeler que dans l’Europe en guerre et en ruine, les ennemis d’hier, la France et l’Allemagne, se sont tendus la main dès 1950 pour construire une Europe démocratique.

    Une communauté devenue Union européenne qui, quoi qu’on en dise, est aujourd’hui garante de la paix entre tous les peuples qui la composent.

    Bien sûr, il y eut la guerre froide et il y a encore des conflits sur notre planète. Mais la paix en Europe, c’est aussi cela qu’annonçait la victoire du 8 mai 1945 !

     

    Je vous remercie.

     

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