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  • De l'audace au PS ?

    Quelques mois avant l'élection municipale, la fédération de Paris du Parti Radical de Gauche (PRG) publiait un "petit livre jaune" de 46 propositions pour changer radicalement la ville et l'envoyait à Bertrand Delanoë pour nourrir ce qui allait devenir Paris, un Temps d'Avance, le projet de la gauche rassemblée défendu par les candidats et les liste unissant PS, PC, PRG et MRC.

    Ce petit livre s'intitulait "De l'Audace pour Paris" et c'est avec plaisir que nous avons découvert "De l'audace", le livre que Bertrand Delanoë vient de publier ! Bien sûr, c'est sans doute une coîncidence, à moins que notre titre et ce qu'il suggerait lui ait plus !

    Mais c'est surtout son contenu et la polémique que le maire a soulevé à gauche en s'affirmant "socialiste et libéral" qui n'est pas pour déplaire à un radical de gauche. Le PRG ne s'affirme-t-il pas depuis longtemps comme le parti de la gauhce moderne, le parti des libertés, le parti de l'entrepreuneuriat solidaire, et même parfois de liberal de gauche ? Car pour nous, la gauche doit apporter du progrès social dans une économie mondialisée.

    Nous ne pouvons donc que saluer la démarche d'un leader politique de gauche qui se réclame du libéralisme politique et aussi d'un certain esprit réformateur assumé concernant l'économie et le social, et qui promeut une gauche de manager. Bien sûr, il ne revient pas au PRG de prendre parti pour tel ou tel candidat au poste de premier secrétaire du PS, mais nous pouvons nous réjouir qu'un débat idéologique s'amorce enfin au PS dont l'hégémonisme sur la gauche est indéniable.

    Pour ne pas être accusé de Delanoïsme aigü, je note que le chapitre consacré à la laïcité confirme une fois de plus les divergences entre nos positions au PRG Paris et celles du maire de Paris pour qui la laïcité semble s'apparenter à un oeucuménisme religieux qui n'est pas éloigné d'un certain électoralisme sous couvert de tolérance et qui est sans aucun doute très éloigné de la neutralité que l'on doit attendre des pouvoirs publics. Nous, nous restons fidèles à une application stricte de l'article 1 de la loi de 1905 qui dit que "la République ne salarie ni ne reconnait aucun culte", n'en déplaise aux demandes toujours plus insistantes des associations confessionnelles, et nous nous refusons toujours aux hommages publics aux chefs religieux tels que la place Jean-Paul II.

    Cependant, si les socialistes parvenaient enfin à faire leur aggiornamento et à laisser au rencard les postures protestataires et les vieilles antiennes marxistes, une fédération de la gauche et du centre gauche que le PRG appelle depuis longtemps de ses voeux pourrait enfin voir le jour, autour d'un projet concret et alternatif à la politique de Sarkozy. Sinon, nous risquons de nous retrouver en 2012 soit divisés, soit unis uniquement par un Tout Sauf Sarkozy sans propositions concretes, et donc voués à l'échec.

    Malheureusement, il semble à entendre certains socialsites que la préservation des tabous et des postures gauchisantes est plus importante que de trouver des idées.

    Tout cela nous confirme qu'il est bon de ne pas être au PS, mais que nous pouvons espérer que l'audace ne soit pas qu'une vertue radicale !

  • Préservons l'héritage du Conseil National de la Resistance

     

    65e anniversaire de la création

    du Conseil National de la Résistance

    mardi 27 mai 2008 

    Discours de Fabrice MOULIN


     

    Mesdames, messieurs les élus,

    Mesdames et messieurs les présidents et représentants des associations du Monde combattant,

    Mesdames, Messieurs,

     

    Nous sommes réunis ce matin devant la mairie du 12e arrondissement pour commémorer le 65e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance.

     

    Je tiens tout d’abord à remercier messieurs Robert Hallouin et Jacques Weiller, qui président dans notre arrondissement l'Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance (ANACR), ainsi que monsieur Maurice Cassan, président du Comité d’Entente, pour l’organisation de cette cérémonie.

     

    Vous savez que la maire du 12e arrondissement, Michèle Blumenthal, que j’ai l’honneur de représenter ce matin, est membre de l’ANACR 12e. Elle ne peut être parmi nous ce matin car elle assiste au Conseil de Paris mais vous connaissez son attachement comme l’ensemble de la municipalité à commémorer la création du CNR.

     

    Pourquoi le 27 mai 1943 est-elle une date d’importance ?

     

    Souvenons-nous d’abord que c’est dans un Paris occupé, où résonnent les bruits de botte de l’Allemagne nazie, que se réuniront 19 hommes recherchés.

     

    De l’armistice de 1940 jusqu’à la libération, des milliers d’hommes et de femmes vont former ce qu’on appellera l’armée des ombres, ceux qui refuseront la capitulation et le déshonneur de la collaboration.

     

    Mais pour que la Francese relève, qu'elle retrouve son rang et son indépendance parmi les Alliés, il fallait que cette Résistance intérieure qui n'était d'abord, selon le mot d'André Malraux, qu'un « désordre de courage », soit unifié autour du général de Gaulle. Cette unification de la Résistance restera l'œuvre capitale de Jean Moulin.

     

    Le renouveau de la Francepassait par le redressement de l'État. Et ce n'est pas une simple coïncidence que le premier chef de la Résistance fut un préfet d'une République qui n'avait pas abdiqué. C'est le signe qu'il ne pouvait y avoir de sursaut sans renaissance de l'Esprit républicain, prélude au retour de l'État républicain.

     

    Représentant du Général de Gaulle, Jean Moulin va réussir le tour de force de réunir au sein du CNR les représentants des huit grands mouvements de résistance, des deux grands syndicats d'avant-guerre et des six principaux partis politiques de la Troisième République.

     

    Peu après sa création, Jean Moulin sera capturé par les SS, torturé, et décèdera sans avoir rien dit à ses tortionnaires. Son courage empêchera les nazis de démanteler le CNR.

     

    Fidèle de Jean Moulin, Robert Chambeiron, Président-délégué de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) expliquera les conséquences de la création du CNR, dont il a organisé cette première réunion le 27 mai 43, avant d’en devenir le Secrétaire général adjoint :

     

    « Le CNR n’est l’instrument ni de la droite ni de la gauche. Par sa composition même, il est le reflet de la France en lutte dans sa diversité. Les conséquences sont considérables : en métropole, avant le 27 mai, il y avait des résistances ; après, il y a la Résistance. Le combat a changé d’âme et l’espoir de camp. »

     

    Avec la création du Conseil national de la Résistance, la France occupée devient un pays allié à part entière et, à ce titre, sera présente lors de la capitulation des armées nazies, le 8 mai 1945.

     

    Le CNR a également constitué une plate-forme politique pour la France d'après la Libération, un programme dont les mesures appliquées après la guerre, comme la création de la Sécurité Sociale, des Comités d’entreprises, la création du Salaire minimum ou encore la réduction du temps hebdomadaire de travail, ont fondé le modèle social auquel les Français sont encore aujourd’hui très attachés.

     

    Le temps passe inexorablement mais l’événement d’aujourd’hui participe du devoir de mémoire et cet anniversaire n’est pas sans enseignement pour les Français d’aujourd’hui.

    Car nous devons nous souvenir du courage et des idéaux qui animaient les 19 personnes recherchées par la Gestapo et la police de Vichy qui se sont réunis le 27 mai 1943, et de toutes celles et tous ceux qui ont résisté au nazisme l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

     

    Parce qu’il y a eu le CNR et de Gaulle, la France sera, lors de la création de l’Organisation des Nations unies, l’une des cinq grandes puissances à occuper un siège permanent au sein du Conseil de sécurité. Et la France doit aujourd’hui continuer à défendre les Droits de l’Homme comme une valeur universelle.

     

    Avec eux, nous devons garder l’esprit de Résistance pour défendre la démocratie et les libertés partout où elles sont menacées, porter plus haut l’idéal de la justice sociale, tendre la main aux opprimés, qui sont parfois si proche de nous.

     

    Dans la France en paix, c’est la défense de ces valeurs toujours d’actualité qui doit nous réunir aujourd’hui dans la commémoration de la création du CNR.

  • Mieux vaut Shangaï 2010 qu'une expo universelle dans le 12e...

    Réponse de Jean-Bernard BROS, adjoint au maire de Paris chargé du Tourisme et des Nouveaux médias locaux, au voeu de l'UMP proposant une exposition universelle dans le 12e arrondissement en 2020... Conseil de Paris de mai 2008 :

    Les liens historiques entre le Bureau International des expositions et la ville de Paris, sont forts et anciens, puisque sept Expositions se sont déjà tenues à Paris.

    Les expositions universelles sont filles de Paris, et le visage de Paris a été façonné en grande partie par les expositions. Le siège du BIE se trouve à Paris et sa langue de travail officielle est le Français.

    En tant qu’adjoint au maire chargé du Tourisme, mais aussi en tant que Président de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel – symbole de la ville de Paris ainsi que de l’histoire des Expositions Universelles – je ne peux que me réjouir que votre famille politique finisse – avec 150 années de retard tout de même - par découvrir les vertus des expositions universelles.

     Les trois projets d’Expostions à Paris élaborés au cours des vingt dernières années ont tous échoué, notamment du fait de résistances politiques mises en œuvre par les formations politiques de droite.

    L’Exposition Universelle de 1989, souhaitée par le Président de la République François Mitterrand pour célébrer la commémoration du bicentenaire de la Révolution Française devait se dérouler à Paris. Les porteurs de ce projet ont butté sur la résistance du maire de l’époque, Jacques Chirac.

    L’Exposition Universelle « portes de Paris 1997 » avait pour thème les biotechnologies, et devait se tenir près de la ville nouvelle de Marne La Vallée avait été repoussé par la Présidence de la République de Jacques Chirac.

    Beaucoup plus alarmant est le cas de l’Exposition Internationale « images 2004 » qui devait se tenir en Seine-Saint-Denis, et ce n’est pas Christian Sauter – alors ministre des finances – qui me contredira.

    Les premiers contacts avaient d’abord été pris par le délégué de la France au BIE avec Jean Tibéri, maire de Paris. Il est ressorti de ces discutions qu’il y avait une volonté partagée d’entreprendre, mais aucune possibilité de faire sur le territoire de Paris, faute de foncier. Je pose au passage la question : pourquoi alors n’avoir pas pensé à regarder du côté de la porte de Bercy et de Charenton ?

    De nouveaux contacts ont ensuite été établis avec le Conseil Général de Seine-Saint-Denis. Ces contacts ont permis l’élaboration d’une candidature par une association créée pour l’occasion : « Seine-Saint-Denis – Porte de France ». Je rappelle ici que la ville de Paris avait voté une subvention de soutien à l’association, vote auquel vous n’avez pas pris part, madame de Panafieu.

    Une fois la réélection de Jacques Chirac à la Présidence de la République et la nomination de Jean-Pierre Raffarin au poste de Premier Ministre passées, ce dernier prononce l’annulation du projet, en la justifiant par des économies budgétaires.

    Cette annulation annoncée à quelques semaines des premiers coups de pioche occasionne un coût de 65 millions d’euros aux collectivités impliquées dans l’élaboration du projet, et la France se dédit vis-à-vis de ses engagements internationaux. Soit le prix qu’aurait coûtée cette exposition dans son hypothèse de fréquentation la plus basse.

    Il y a donc là au moins deux projets disponibles « clé en main » - particulièrement Val de Marne 1997 et Seine-Saint-Denis 2004 - pour une exploitation et une mise en œuvre rapides.

    Pour conclure je voudrais profiter de cette occasion pour rappeler que le maire de Paris m’a missionné en janvier dernier pour suivre et porter le dossier d’une candidature commune Ville de Paris – Région Ile de France – Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, au sein du pôle de l’aire des meilleurs pratiques urbaines (« Urban Best Practices Area » (UBPA)) de l’Exposition Universelle de Shanghaï 2010, dont le thème est meilleure ville, meilleur vie («  Better City, Better Life »). Fin mars, le comité de sélection Chinois a annoncé que notre candidature était retenue pour figurer au sein de l’aire des meilleures pratiques urbaines.

    Une preuve de plus qu’au-delà d’un ectoplasmique Grand Paris dont l’horizon semble chaque jour un peu plus électoraliste et tacticien, Paris Métropole existe bien, et que ses différents degrés de gouvernance travaillent ensemble, et qu’ils créent et construisent au quotidien.

    L’exposition universelle Shanghai 2010 ouvre ses portes le 1er mai 2010 et la ville de Paris sera au centre du jeu pour effectivement lier les contacts pertinents et appréhender l’esprit des expositions modernes, et ainsi élaborer avec pragmatisme et intelligence – très loin de tout effet d’annonce électoraliste – une possible candidature pour la tenue d’une exposition aux portes de Paris métropole en 2017 ou 2020.

     

     

  • Réponse au voeu des Verts sur la Foire du Trône

     La Foire du Trône, comme les cirques, sont des divertissements populaires, familiaux, touristiques qui drainent beaucoup de visiteurs parisiens, d’Ile-de-France, voire de plus loin pendant les vacances scolaires.

    La Foire c’est aussi notre patrimoine, c’est un monument vivant du 12e que l’on pourrait comparer à la Tour Eiffel ou d'autres monuments accueillant beaucoup de visiteurs. Ce n’est pas pour rien que nous avons le Musée des Arts Forains dans le 12e.

    Il est nécessaire de concilier la présence de la Foire du Trône dans Paris avec la qualité de vie des riverains et la qualité de l’environnement.

    C’est déjà ce que nous faisons par la concertation, et continuerons à faire.

    Ce vœu n’est donc pas nécessaire, et pourrait même être mal interpréter comme une stigmatisation des forains et de la Foire qui compte chaque année plus de 2000 emplois saisonniers ; emplois qu’il convient plutôt de sécuriser que de fragiliser ou attaquer.

    C'est pourquoi le PRG ne peut voter pour ce voeu.

  • Vote des subventions au Comité d'entente et à l'ANACR 12e

    Projet de délibération DASES 2008 – 34 : Il est proposé d’attribuer une subvention de fonctionnement de 750 € au Comité d’Entente des Associations d’Anciens Combattants et Victimes de Guerre du 12e arrondissement. Le Comité d’Entente avec son président, Maurice Cassan, participe activement à l’organisation des cérémonies traditionnelles du souvenir, que ce soit la Victoire du 8 mai 1945 ou la Journée du Souvenir de la Déportation, que nous avons pu commémorer récemment en mairie et dans l’arrondissement, mais aussi l’Appel du 18 juin, la Libération de Paris, la journée de la Résistance, le 11 novembre, et d’autres manifestations commémoratives d’importance. Le Comité d’Entente défend également les intérêts matériels et moraux des personnes et organismes du monde combattant. La subvention accordée de 750 € est stable par rapport à l’année 2007 et correspond à la demande de l’association qui remplit avec efficacité sa mission de travail de mémoire dans notre arrondissement. C’est pourquoi je vous invite à voter pour ce projet de délibération.

    Projet de délibération DASES 2008 – 55 : Il est proposé d’attribuer une subvention de fonctionnement de 900 € au Comité du 12e arrondissement des Anciens Combattants de la Résistance – A.NA.C.R. L’ANACR 12e a pour objet la perpétuation du souvenir des héros de la Résistance et la défense des intérêts matériels et moraux des anciens résistants. Elle organise des randonnées du souvenir pour ses adhérents qu’elle réunit aussi à l’occasion de diverses manifestations dans l’arrondissement. Je me permets d’ailleurs d’inviter mes collègues du conseil, ainsi que les habitants présents ce soir à assister à la cérémonie de l’ANACR et du Comité d’Entente pour le 65e Anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance, mardi 27 mai à 11h devant la mairie. La subvention accordée de 900 € est la reconduction de celle accordée les 3 années précédentes, conformément à la demande de l’association. C’est pourquoi je vous invite à voter pour ce projet de délibération.

  • Le PRG reconduit Baylet, reste divisé sur l'ouverture au centre

    PARIS (AFP) — Le Parti radical de gauche (PRG), réuni en Congrès à Paris samedi et dimanche, a reconduit à sa tête Jean-Michel Baylet, chef du parti depuis douze ans, mais derrière ce consensus se cachent de vives divergences entre partisans et adversaires d'une ouverture au centre.

    Les quelque 400 délégués du PRG ont voté, à la quasi-unanimité -avec une abstention et trois votes contre- pour la reconduction du sénateur du Tarn-et-Garonne, 61 ans, seul candidat en lice.

    Allié, depuis sa fondation en 1972, du PS, au point d'être taxé de "satellite", le PRG a aujourd'hui des états d'âme après la défaite en 2007 de la candidate socialiste Ségolène Royal, qu'il soutenait dès le premier tour, et le score de François Bayrou qu'il voit sur ses plates-bandes.

    Pour les élections européennes de 2009, M. Baylet - qui a initié depuis un an un dialogue avec le Parti radical valoisien de Jean-Louis Borloo- a estimé "possible" une alliance avec ce parti et le MoDem de Bayrou. "Alliance des 3 B - Baylet-Bayrou-Borloo"- préconisent des militants. Le débat n'est pas tranché et reporté à une Convention.

    "Les enjeux des scrutins étant différents, les alliances devraient l'être aussi", résume Elisabeth Boyer, secrétaire nationale. Aux européennes, le PRG, partisan d'une Europe fédérale, ne peut s'allier aux "nonistes" du PCF ou du PS, argue-t-elle. En revanche, aux régionales de 2010 et à la présidentielle de 2012, il reviendrait au bercail de la gauche.

    Habituellement souple et consensuel, M. Baylet n'a pas hésité à lever la voix contre les "procureurs de l'immobilisme" dans son parti, qui lui ont reproché l'ouverture au centre.

    "Je n'autoriserai personne de m'interdire de dialoguer avec qui que ce soit". Au PRG, "il est interdit d'interdire!", a-t-il lancé reprenant un slogan de mai 68.

    Thierry Braillard, maire-adjoint de Lyon, n'avait pas mâché ses mots samedi en s'y opposant: "la discussion avec les Valoisiens était troublante et troublée. Il faut clôturer un débat polluant qui n'aurait jamais dû naître", "l'avenir du PRG est à gauche".

    Reflétant les réticences de nombre de militants -notamment de la Fédération de Paris, fidèle à l'alliance à gauche- Claudette Brunet Lechenault, conseillère générale de Saône-et-Loire, a martelé: "je ne veux pas que mon parti fasse alliance avec un parti qui a des membres au gouvernement de Nicolas Sarkozy".

    De son côté, M. Baylet a réaffirmé l'appartenance du PRG au camp de la gauche: "Nous voulons être et nous sommes à gauche", il faut "rechercher encore et toujours l'union de la gauche, à laquelle il faut une doctrine adaptée au siècle. Je mènerai combat pour l'union", s'est-il engagé.

    L'identité du parti était aussi au centre des préoccupations: "notre territoire se rétrécit, se rabougrit", souligne le vice-président Thierry Jeantet, rappelant "le positionnement de Jean-Louis Borloo qui veut un Grenelle du radicalisme", de François Bayrou qui "marche sur nos plates-bandes" et du PS qui "revêt le manteau du radicalisme" en prônant "réforme et laïcité".

    L'ancien président Jean-François Hory est appelé à la rescousse pour mener une réflexion doctrinale.

    Quant à l'offre de service de Bernard Tapie pour 2008, elle a été balayée par M. Baylet qui a rappelé qu'il "n'est plus membre du PRG" depuis son ralliement à Nicolas Sarkozy.

    Ne dérogeant pas à la mode en vogue à gauche -au PS, au PCF, à la LCR- le changement du nom du parti a été évoqué mais finalement les militants se sont dits "attachés à l'intitulé radical, lié aux valeurs historiques de notre parti", a souligné Elisabeth Boyer.

  • Faire le pari de la réforme à gauche !

    Contribution au Congrès de Paris du PRG des 16, 17 et 18 mai 2008,
    présentée par les élus et militants de la Fédération de Paris du PRG.

    Le succès de la gauche aux dernières municipales comme l’impopularité actuelle du Président de la République et de son gouvernement nous apportent deux enseignements majeurs.

    Premièrement, la gauche se renforce encore davantage dans les zones urbaines, car au niveau local, son projet répond mieux que la droite aux problématiques quotidiennes des Français, comme la crise du logement, le travail précaire, le pouvoir d’achat, ou bien encore les évolutions sociétales et le vivre ensemble. On ne peut donc faire l’économie de cette expérience urbaine pour élaborer et porter un projet national qui soit en phase avec la société française.

    Deuxièmement, ce succès ne doit pas occulter nos échecs antérieurs aux élections nationales. Au PRG comme ailleurs, nous ne devons pas nous épargner la remise en question globale à laquelle doivent s’atteler tous les partis progressistes pour pouvoir espérer reconquérir le cœur et l’esprit des Français.

    Deux échecs électoraux qui ont de quoi nous alarmer

    Car après l’échec de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002, Ségolène Royal, candidate d’une gauche plus rassemblée que jamais, a également échoué à remporter cette élection majeure dans la vie politique française. Et dans les deux cas, la principale cause en fut le flou du projet et surtout le manque de vision d’une gauche qui ne débat plus de ses divergences de fond et donc ne se connaît plus elle-même. De même, la marginalisation du MoDem, qui pourrait nous réjouir, doit nous faire réagir car elle signe avant tout une reprise en main par la droite sarkozyste de l’électorat centriste.

    Inutile d’épiloguer sur les échecs et les errements de Nicolas Sarkozy ainsi que ses manquements à certains principes républicains ou dans la défense des Droits de l’Homme à l’étranger depuis mai 2007, si ce n’est pour confirmer qu’ils interdisent tout rapprochement ou compromission avec son gouvernement ou des formations politiques qui le soutiennent.

    L’inefficacité et l’injustice de la politique du Président et de son gouvernement nous imposent au contraire l’urgence de reconstruire une opposition de proposition progressiste, et donc de changer la gauche pour donner au pays la chance de l’alternance en 2012.

    Il y a donc péril en la demeure, à gauche comme au PRG, dont les candidats n’ont que peu bénéficié de la victoire aux municipales, surtout lorsqu’ils concouraient sous leurs propres couleurs.

    Personne n’est à blâmer, si ce n’est notre incapacité collective à définir, à conserver sur la durée et donc à faire exister notre doctrine radicale dans une société dont les repères sont flous, un régime politique toujours plus bipolarisé et des médias toujours enclin à la simplification. L’échec même de la stratégie du MoDem et l’incompréhension de son « ni droite, ni gauche », et ce malgré un score très élevé de François Bayrou à la dernière présidentielle, est la démonstration qu’un parti politique se doit de définir sa position sur l’échiquier politique et s’y tenir s’il veut éviter l’incohérence et donc l’effacement. Et pour le PRG, cette place a toujours été et ne peut être que le centre-gauche.

    Radical de gauche ou gauche radicale ?

    Dans l’opinion, les médias et même parfois dans la nouvelle génération politique, le nom ou l’adjectif « radical » n’est plus associé au radicalisme, philosophie politique dont est issu le Parti Radical de 1901, mais à l’extrémisme, qu’il soit de droite ou de gauche, ou à l’intégrisme religieux. C’est ainsi que l’expression « gauche radicale » désigne exclusivement la mouvance alter mondialiste ou trotskyste, dont Olivier Besancenot est le porte-parole le plus médiatique ; en contradiction complète avec la gauche moderne que nous prétendons incarner. Ils sont peu aujourd’hui, même chez nos partenaires politiques, à se souvenir des fondateurs de l’Union de la gauche dont la signature a contribué à l’apparition du Mouvement des Radicaux de Gauche en 1972.

    Faut-il pour autant changer de nom, par exemple nous appeler Parti Radical Réformateur de Gauche ? Il y a surtout urgence à redéfinir, pour nous même et pour l’opinion, les principes du radicalisme au 21e siècle en les adaptant aux défis posés à la société française de 2008 dans une économie mondialisée. Cette clarification de notre identité est essentielle pour éviter la disparition de notre mouvement philosophique et par là même d’un centre-gauche progressiste et laïque.

    Assumons le besoin de réformes économiques et sociales

    Le PRG doit devenir le parti de la réforme à gauche. Car nous ne servons pas nos concitoyens, à commencer par les plus modestes, si nous nions l’importance des déficits budgétaires et de la dette publique française et si nous nous contentons de promettre toujours plus de moyens sans essayer de trouver des solutions innovantes à des problèmes structurels. Le PRG doit prouver par l’audace de ces propositions qu’en économie, entre le socialisme et le libéralisme, il y a le radicalisme.

    Car faire évoluer aujourd’hui la gestion publique de la France ne signifie pas tirer un trait sur le rôle de l’État, comme le prouvent les choix opérés par les sociétés du nord de l’Europe. Rappelons-nous surtout que la libéralisation d’un marché ne signifie pas son abandon, que le dialogue social ne signifie pas désengagement de l’État. Les choix économiques doivent être guidés par la lucidité politique et non une doctrine inflexible : Pierre Mendès France et son principal collaborateur pour les questions économiques, Gabriel Ardant, l’affirmaient il y a déjà 35 ans.

    Depuis plus d’une décennie, dans ses programmes comme par ses représentants, le PRG est au confluent des mondes urbains et ruraux, des centres-villes et des banlieues, des classes moyennes et des professions libérales. Notre sensibilité nous permet, mieux que d’autres à gauche, de comprendre les évolutions des citoyens vers plus d’individualisme et de liberté, la nécessité de réformer l’Etat, de dynamiser l’économie pour mieux redistribuer, l’importance de la solidarité pour retisser le lien social, le besoin de valoriser le travail et le mérite. A l’image des premiers radicaux, nous devons promouvoir le solidarisme et le développement de l’économie solidaire.

    A l’origine, avec Joseph Caillaux, de l’impôt sur le revenu, nous devons aujourd’hui inventer la réforme de la fiscalité française pour créer un système à la fois efficace et juste. Le PRG doit inciter la gauche à faire de la création et du développement des entreprises une priorité, la création de richesse étant le préalable à sa redistribution.

    Nous devons aborder les enjeux économiques sans tabous, comme la question de l’ouverture des commerces le dimanche en centre-ville, si cela crée des emplois, ou une réforme équitable du marché du travail et de l’assurance chômage. Les relations avec les syndicats de salariés et d’employeurs doivent pour cela être reconstruites sur des bases de respect mutuel, où réformer ne veut pas dire soustraire mais rénover et enrichir.

    Quant à la mondialisation, notre programme doit assumer qu’une plus grande circulation des biens et des personnes est une chance pour l’économie, mais il doit accompagner les évolutions qu’elle suppose, tout en luttant sans cesse pour une meilleure régulation du marché comme moteur d’un progrès social pour tous.

    Pour relever le défi de la mondialisation, il faut un investissement massif des énergies dans le progrès humain, en combinant public et privé pour renforcer la recherche et l’enseignement supérieur, et en conjuguant l’éducation à la formation de l’individu, sa construction personnelle : l’instruction préconisée par Condorcet.

    La constitution d’une Europe fédérale doit rester l’objectif des Radicaux, quand tant d’autres semblent renier l’idéal européen, notamment du fait que l’union du continent est nécessaire pour répondre collectivement aux grands enjeux que sont la faim dans le monde ou le réchauffement climatique.
    Après l’échec des européennes de 2004, le PRG doit revenir au Parlement Européen dans le cadre d’un rassemblement à gauche, avec comme objectif de moyen terme de constituer un Parti Radical de Gauche Européen. Renouer les liens entre le politique et le citoyen passe aussi aujourd’hui par la conquête de nouveaux territoires, celle des fédérations européennes des partis.

    Pour la justice et les Droits de l’Homme

    Etre réformateur ne signifie en rien renier les valeurs républicaines qu’ont toujours défendues les Radicaux de gauche, parmi lesquels la laïcité et l’humanisme.
    L’humanisme radical doit nous conduire à défendre chaque fois qu’il est nécessaire le respect des Droits de l’Homme et de la dignité humaine dans le cadre des lois républicaines. Il en va ainsi de la défense des enfants sans-papiers scolarisés et des travailleurs sans-papiers – comme nous l’avons vu dernièrement avec les employés de l’hôtellerie-restauration qui payent charges et impôts depuis de nombreuses années sans être pour autant immigrants légaux. Notre opposition aux politiques des quotas d’expulsion ou à la logique concentrationnaire des centres de rétention doit être sans faille.

    De même, nous devons avoir une parole forte contre les peines extrajudiciaires qui, au motif de protéger la société d’éventuels récidivistes, transforment l’institution judiciaire en outil de vengeance. Nous devons également être à l’avant-garde de l’amélioration des conditions de vie en prison pour sauvegarder sa mission de réhabilitation.

    Le durcissement législatif consécutif aux menaces terroristes ne peut justifier les dérives sécuritaires en France, comme cela a pu être le cas aux Etats-Unis avec les lois Patriot Act I et II qui légitiment l’arbitraire d’Etat. Ainsi, les Radicaux de Gauche doivent combattre la propension toujours excessive des pouvoirs politiques et policiers de ficher informatiquement la population ou de recourir de manière systématique à la vidéosurveillance, au contrôle abusif d’Internet, à la limitation de la liberté d’expression, d’opinion et de presse.

    Les Radicaux de Gauche doivent également rester à l’avant-garde du combat contre toutes les discriminations dans le cadre de la République une et indivisible et hors de toute logique communautariste. Et également dans la condamnation d’une société du chacun pour soi et de la déshumanisation, dont le boîtier anti-jeunes ou le répulsifs anti-SDF sont les dernières manifestations caricaturales.

    Enfin, ils développent une vision libérale en débattant sans dogmatisme des questions de société actuelles, comme l’ouverture du mariage républicain aux personnes de même sexe, l’homo-parentalité, la procréation médicalement assistée, ou encore le droit de mourir dans la dignité.

    Une laïcité neutre et protectrice

    Comment ne pas réagir aux discours de Latran et Ryad d’un Nicolas Sarkozy qui remet en cause le principe de Séparation des Eglises et de l’Etat en épousant successivement les thèses de la droite catholique la plus réactionnaire et des néo-conservateurs américains ? Face à ces attaques délibérées qui s’appuient sur des interprétations fallacieuses de la loi de 1905 et sèment la confusion chez les Français, les Radicaux de gauche doivent s’entendre clairement sur le concept de laïcité qu’ils entendent promouvoir.

    La définition d’une laïcité « positive » par Nicolas Sarkozy démontre bien son absolue incompréhension, car la laïcité est par nature une démarche positive, signal du passage à une morale de l’intérêt général, et à la philosophie positiviste d’un Auguste Comte.

    Nous devons adopter une conception d’une laïcité qui privilégie la neutralité des pouvoirs publics et de la sphère publique dans le respect de toutes les croyances et philosophies. Si la tolérance est une vertu radicale, la laïcité n’est pas la facilitation de l’exercice des cultes, dont l’égalitarisme œcuménique cache souvent la soumission aux pressions communautaristes et le recours au clientélisme de la part des politiques.

    Cette neutralité peut et doit nous amener à prendre des positions courageuses car en apparence à rebours d’une opinion publique modelée par les médias. Il faut les expliquer en s’appuyant sur notre fidélité à nos principes. Pour défendre la liberté d’expression des caricaturistes de Mahomet, par exemple. Ou lorsque les élus radicaux parisiens s’opposent, contre leur majorité, à la dénomination d’une place Jean-Paul II, à la désignation du Dalaï Lama comme citoyen d’honneur, ou au subventionnement de crèches confessionnelles.

    Comment ne pas être préoccupés par la rupture affichée par Nicolas Sarkozy et son entourage sur la question des sectes ? Pour les radicaux de gauche, la « neutralité » laïque doit parfois se muer en laïcité « protectrice » face aux dérives et manipulations d’organisations sectaires qui arguent de la liberté religieuse pour poursuivre des activités à buts lucratifs, si ce n’est criminel.

    La nécessité reconnue par les partis politiques de défendre la laïcité face à ces attaques répétées devrait amener le PRG a les rassembler au sein d’un Comité de vigilance national de la Laïcité, comme nous l’avions fait contre le Front national il y a 10 ans.

    Une ligne assumée et revendiquée par nos élus

    Le PRG ne sera un grand parti indépendant à gauche que si nous travaillons à redéfinir une ligne politique claire, assumée, tout en gardant l’essence de ce que Ferdinand Buisson définissait comme « un parti bourgeois qui a l'âme d'un parti du peuple ». Pour devenir ce parti réformateur, humaniste et laïque, il faut nous ouvrir aux talents extérieurs, aux économistes, aux sociologues, aux entrepreneurs, aux associatifs et à la société civile, à tous ceux qui peuvent nourrir notre projet et nous aider à innover.

    Bien sûr, cette profonde entreprise de clarification de notre doctrine ne prendra sens que si elle est assumée et relayée par nos Parlementaires, nos élus dans les assemblées et collectivités locales et nos militants. Elle devra être popularisée lors des prochaines élections européennes de 2009 et régionales de 2010 sur des listes autonomes ou de rassemblement à gauche. Elle n’est viable que si nous excluons totalement toute compromission ou alliances avec Nicolas Sarkozy ou un parti soutenant son gouvernement.

    Nous redonnerons alors à notre radicalisme et au vocable « radicaux de gauche » son véritable sens de « réformateurs de gauche ».

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