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samedi, 26 avril 2008

Nous souvenir des souffrances de la déportation

 Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation dans le 12e

Samedi 26 avril 2008 

Discours de Fabrice MOULIN

Adjoint à la Maire du 12e arrondissement

Chargé de la Mémoire, du Monde Combattant et du Tourisme

 
 

Madame la Maire,

Mesdames, messieurs les élus,

Mesdames et messieurs les présidents et représentants des déportés et des familles de déportés,

Mesdames, Messieurs, 

Nous sommes réunis ce matin dans le 12e arrondissement à la veille du dimanche de Journée nationale. 

Et permettez-moi tout d'abord de témoigner du regret de madame la maire du 12e arrondissement, Michèle Blumenthal, que j'ai l'honneur de représenter, avec mes collègues élus, de ne pouvoir être parmi nous ce matin. 

Vous savez que Michèle Blumenthal a toujours été et sera toujours à vos côtés, avec la mairie du 12e arronissement, pour commémorer la mémoire de celles et ceux qui ont connu la déportation dans les camps de concentration pendant la seconde guerre mondiale, et pour rendre hommage au courage et à l'héroïsme de ceux et de celles qui en furent les victimes. 

Car cette tragédie terrible dans l'histoire de l'humanité nous impose un devoir de mémoire pour perpétuer le souvenir de la souffrance des hommes, des femmes, des enfants précipités vers l'abîme par la folie criminelle d'autres hommes. 

Devoir de mémoire pour nous souvenir que les nazis, dans leur folie barbare, voulaient exterminer les juifs, tous les juifs. 

Nous souvenir que 6 millions de juifs mourront dans les camps d'extermination en Europe. Et en France, ce sont plus de 75.000 juifs, femmes, hommes, enfants, vieillards, qui ont pris le chemin des camps de concentration. Et bien peu sont revenus… 

Il faut que les jeunes générations entendent cette vérité de la Shoah, une vérité irréfutable, une vérité inoubliable. 

Transmettre cette vérité à la jeunesse est la meilleure leçon contre le racisme et l'antisémitisme. 

Nous devons nous souvenir que les nazies déportaient et voulaient éliminer les Tziganes, les personnes handicapés, les homosexuels, les asociaux, les opposants politiques, et tous ceux qui dont ils ne toléraient pas les différences et qui se sont retrouvés dans l'enfer des camps. 

Nous devons nous souvenir que les nazies voulaient éliminer tous ceux qui ont résisté contre leur folie meurtrière. 

Parmi elles, il y eu la grande résistante Germaine Tillion, qui s'est éteinte il y a quelques jours.

Et nous avons pu lui rendre un dernier hommage jeudi lors de ses obsèques à l'Eglise du Saint-Esprit, dans le 12e arrondissement. 

Chef du réseau de résistance du Musée de l'Homme de 1940 à 1942, elle sera dénoncée, arrêté et déportée en 1943 au camp de Ravensbrück. Elle y perdra sa mère, l'écrivain Émilie, grande résistante, déportée en 1944 et gazée en mars 1945. 

Germaine Tillion avait cherché à comprendre la mécanique terrifiante des camps et l'expliquer à ses codétenues, se disant que, si elle ne survivait pas, d'autres seraient en mesure de raconter : car disait-elle «Comprendre une mécanique qui vous écrase, démonter mentalement ses ressorts, envisager dans tous ses détails une situation apparemment désespérée, c'est une puissante source de sang-froid, de sérénité et de force d'âme. Rien n'est plus effrayant que l'absurde.» 

Nos pensées vont vers celles et ceux de vos camarades, de vos proches qui ne sont pas revenus, et vers ceux qui peuvent témoigner de l'horreur. 

Car vos témoiniages auront toujours raison de l'oubli. 

C'est pourquoi nous devons appeler au travail de mémoire pour que l'oubli ne l'emporte pas, pour faire mentir les bourreaux et pour confier à la jeunesse votre message de vigilance et de résistance. 

Nul ne peut mettre en perspective la violence absolue faite à l'humanité. Ces personnes fusillée, gazée, assassinées du fait de leur existence.

Et si nous devons comprendre l'inconcevable et nous souvenir de l'indicible, c'est bien pour qu'il ne se reproduise plus. 

Si nous sommes là, aujourd'hui, c'est aussi parce que des hommes et des femmes se sont unis pour combattre le nazisme. 

Et unis dans la même émotion et dans le même recueillement, ce matin, nous nous souvenons de tous et chacun pour ne jamais oublier. 

Je vous remercie.

16:10 Écrit par Fabrice Moulin dans Mémoire et Monde Combattant | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | |

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